Arnaud Boissières et La Mie Câline : Une Aventure Humaine et Sportive au Cœur de la Course Océanique

Arnaud Boissières, affectueusement surnommé "Cali", est bien plus qu'un simple marin ; il incarne une figure emblématique de la voile française, dont le parcours est tissé d'une passion inébranlable pour l'océan, d'une résilience face aux défis et d'un engagement profond, tant sur l'eau qu'à terre. Natif de Bordeaux, sa passion pour la voile a germé dans le bassin d’Arcachon, avant que Les Sables d’Olonne ne l'adoptent comme son port d’attache, un lieu devenu synonyme de ses exploits maritimes. Accompagné par son fidèle partenaire La Mie Câline, une enseigne profondément ancrée dans les valeurs vendéennes, Cali s'apprête une fois de plus à défier les océans, notamment à travers l'emblématique Route du Rhum, une course qui, comme pour tout marin, est "particulière" et "fait rêver".

Le Marin aux Quatre Vendée Globe : Un Parcours Hors Norme

Le parcours d'Arnaud Boissières est singulier et jalonné de réalisations qui le distinguent dans le monde exigeant de la course au large. Il est l'unique skipper ayant terminé quatre Vendée Globe consécutifs, une prouesse qui témoigne d'une ténacité et d'une expertise rares. Depuis 2008, il a participé à toutes les éditions sans discontinuer, s'imposant comme un véritable marathonien de la course, avec pas moins de dix-neuf passages de l’équateur à son actif. Cet amour des mers du globe, de l’aventure et de l’adrénaline que la course au large lui procure est le moteur constant de sa carrière.

Au-delà de ses performances sportives, Arnaud Boissières se révèle être un homme aux multiples facettes, guidé par des principes forts. Sa philosophie de la compétition est claire : "Immédiatement! Je suis d’abord heureux d’être en mer et ensuite je suis un compétiteur." Cette dualité entre le plaisir de naviguer et l'ardeur du compétiteur définit son approche de chaque course. En plus de ses engagements sportifs, Cali est activement impliqué auprès de l’Institut Bergonié, le Centre de lutte contre le cancer de Nouvelle Aquitaine, une cause qui lui tient particulièrement à cœur. Il a lui-même été soigné pour une leucémie lorsqu’il était plus jeune, transformant une épreuve personnelle en un engagement altruiste et inspirant.

Son regard sur le monde de la voile moderne est également perspicace. Bien qu'il estime ne pas être "connu comme Jean le Cam" et ne pas avoir de "Community manager", il reconnaît l'importance incontournable des réseaux sociaux. Il souligne la nécessité d'une communication prudente : "En deux phrases il est possible de nuire." Une anecdote révélatrice de son attachement aux fondamentaux de la préparation maritime concerne la Mini Transat, où il observe une évolution des priorités : "Ce qui me choque le plus c’est le gars qui arrive sur la Mini Transat avec sa voiture floquée avant d’avoir le bateau. De mon temps nous accordions plus d’attention à la préparation du bateau quitte à dormir dans la R9 de mon grand-père." Pour lui, "L’apparence est très importante maintenant", une observation qu'il ne formule pas comme une critique acerbe, mais comme le constat d'une évolution des mœurs.

La Mie Câline : Un Partenariat Ancré dans les Valeurs Vendéennes

Le soutien de La Mie Câline est un pilier essentiel dans l'aventure d'Arnaud Boissières. Cette enseigne vendéenne, créée en 1985, est spécialisée dans les pains, viennoiseries, pâtisseries, sandwichs et salades. Elle s'est développée en un réseau de magasins en franchise, comptant aujourd’hui plus de 2 200 franchisés et collaborateurs et 242 points de vente. Basée à Saint-Jean-de-Monts, l'entreprise défend des valeurs fondamentales de respect, de compétence professionnelle et de solidarité, des principes qui résonnent avec la personnalité de son skipper.

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L'histoire de ce partenariat est "totalement étonnante, inattendue", comme le confie Arnaud Boissières lui-même. La rencontre avec La Mie Câline est liée à son ancien partenaire Akena Veranda. À l'époque, Arnaud avait monté une société et parmi ses actionnaires figurait le meilleur ami de Rémi Bartau, le fondateur de La Mie Câline. Lorsque Akena a cessé son partenariat, créant une "cellule de crise", Arnaud a contacté Rémi, qui a initialement refusé. Un an plus tard, il a réitéré sa demande, essuyant un nouveau refus. Déterminé, après avoir racheté un IMOCA, l’ancien Virbac Paprec 2 de Jean-Pierre Dick, et s'être entouré de nombreux petits partenaires, il a ramené le bateau de Barcelone pour le chantier. C'est à ce moment qu'il a rappelé La Mie Câline.

La stratégie fut innovante : il prit rendez-vous avec le neveu du Directeur Général, qui avait acheté la licence Vendée Globe pour vendre des fèves en formes de bateau. Arnaud avait préparé une décoration du bateau proposant 80% de l’affichage pour 40 % du financement, expliquant son modèle économique basé sur de nombreux petits budgets. Au départ, La Mie Câline recherchait seulement quelques journées de promotion. Le neveu repartit avec deux feuilles A4, l’une pour la décoration, l’autre pour le budget, et l'accord fut obtenu quelques jours plus tard. La surprise fut ensuite faite à l’ensemble des salariés lors de sa présentation. Ce partenariat, initialement prévu pour le Vendée Globe 2016/2017, fut rapidement renouvelé pour quatre ans jusqu’en 2021, offrant aujourd’hui à Arnaud une visibilité jusqu’à la Transat Jacques Vabre 2025, un "énorme confort pour moi et l’équipe."

Les retombées pour La Mie Câline sont tangibles : "Après le Vendée Globe mon partenaire a gagné cinq points de notoriété dont trois directement liés au projet voile." La priorité de l'enseigne est également portée sur l’interne, comme en témoigne la venue de tous les salariés en famille lors de l’ouverture du village de la Vendée Arctique pour visiter le bateau. Au quotidien, il est également jugé "important de voir les franchisés", renforçant le lien entre le projet sportif et le réseau de l'entreprise. Arnaud souligne l'importance d'un environnement favorable au sponsoring en Vendée : "Le tissu de sponsors potentiels en Vendée est important, je dis toujours aux skippers de venir s’installer aux Sables d’Olonne et d’essayer d’être propriétaire de leur bateau. Quand le sponsor principal est le propriétaire, il tient le projet et c’est lui qui va chercher des composants partenaires autour du projet." Cette approche souligne son propre engagement entrepreneurial, qui le passionne de plus en plus, le rôle d'entrepreneur prenant beaucoup de temps par rapport à celui de sportif. Il trouve "excitant d’aller voir un chef d’entreprise pour lui demander de venir me sponsoriser, moi qui n’ai pas fait une école de commerce."

Les Coulisses de la Course : Entre Performance et Imprévus

La vie en mer est une succession de défis, de moments intenses et d'imprévus. Arnaud Boissières en témoigne avec lucidité et émotion. Les conditions de navigation peuvent être impitoyables : "L’indien ne laisse pas de répit ! On est au contact avec mon groupe, avant l'Indien j’étais plutôt à l’avant de ce groupe, désormais je suis plutôt derrière mais ça donne une bonne dynamique d’être entouré. On regarde les pointages, les trajectoires des autres… ça donne du rythme." Malgré l'intensité de la compétition, des moments de doute peuvent survenir, comme lorsqu'il a eu "du mal à faire avancer [son] bateau" pendant deux jours, inspectant quille et safrans sans trouver d'anomalie. La combinaison d'une "mer n'était pas belle" et d'un "courant" important l'a rendu "un peu chafouin !".

La solidarité entre marins reste une constante dans ce milieu exigeant. Arnaud exprime son inquiétude et son soutien après avoir appris le démâtage d'une consœur : "J'ai appris le démâtage de Pip cette nuit. J'espère qu'elle va bien. Pip c'est une fille géniale, toujours souriante, toujours la patate." Cependant, les aléas peuvent aussi toucher directement Arnaud. Récemment, il a dû faire face à un incident majeur : "Arnaud Boissières, le skipper de La Mie Câline a prévenu son équipe qu’il avait démâté ce jeudi matin." Actuellement 27e, il progressait "à plus de 2 500 milles de l’arrivée, à la longitude du Cap-Vert au sein d’un groupe de cinq skippers". La bonne nouvelle est que "Arnaud va bien et a précisé qu’il avait sécurisé son bateau. Il continue de l'inspecter."

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Cette saison avant la Route du Rhum a été un "bilan avec beaucoup d’enseignements". Il a participé à deux courses où il était "bien placé, à la bagarre avec le premiers tiers de la flotte" avant que "des choix ou des circonstances" ne rendent les "résultats finaux contrastés forcément". L'abandon lors de la Vendée Arctique a eu un "impact à deux niveaux : au niveau technique et au niveau psychologique." Bien qu'il ait "la réputation de finir toutes [ses] courses", il rappelle qu'il ne les fait pas "uniquement pour les finir, mais pour bien les finir." Il a jugé "que ce n’était pas sérieux de finir cette course, même à quelques milles de l’arrivée." En termes de préparation, peu de modifications ont été apportées à son bateau. L'accent a été mis sur la navigation intensive cet été, parcourant "près de 4 000 milles en entraînement avec un aller-retour en méditerranée, en faux solo avec Gérald Véniard, jusqu’à Port Camargue." Cette escale a également été l’occasion d’établir un nouveau record de la Tartine Cup, une épreuve imaginée par Kito de Pavant sous forme d’un run de vitesse sur une distance de 20 milles le long de la Camargue.

La Route du Rhum : Une Course Mythique aux Enjeux Inédits

La Route du Rhum occupe une place à part dans le cœur de chaque marin. C'est une "course de légende qui fait rêver", et sa rareté - elle n'a lieu que tous les quatre ans - en renforce le caractère mythique. Pour sa quatrième participation, Arnaud Boissières est plongé dans l'effervescence d'une édition exceptionnelle. Cette année, "nous sommes 37 en IMOCA" et, quelle que soit la place dans cette flotte, tous les concurrents seront "très serrés." Cette édition est perçue comme "une année de transition", où "quasiment tous les skippers ont changé de bateaux", ce qui la rend "assez excitante." C'est une Route du Rhum "inédite, il n’y a jamais eu autant d’IMOCA et jamais avec un niveau aussi élevé." Face à "10 potentiels vainqueurs", Arnaud est "impatient et excité à la fois."

Malgré les récents événements et les défis constants, la joie de la compétition et le sens de l'accomplissement restent au premier plan. Arnaud a eu l'occasion de battre un record personnel avec un temps de "13 jours, 19 heures, 37 minutes et 20 secondes", un moment qu'il décrit avec enthousiasme : "C’était humide, c’était chouette, intense, au départ comme à l’arrivée ! Bravo Cali, on est très fiers de te voir porter nos couleurs sur toutes les vagues du monde !"

Perspectives d'Avenir et Réflexions sur la Course au Large

Au-delà de la compétition immédiate, Arnaud Boissières nourrit des réflexions profondes sur l'évolution de son sport et son propre avenir. Les débats techniques animent la classe IMOCA, et la question des foils est centrale. Sa position est claire : "Je vais être très bref : je laisse ce qui concerne la classe Ultim à la classe Ultim. Et si des questions se posaient en IMOCA, elles seraient discutées en interne." Concernant la polémique des grands foils, il estime qu'il "ne faut pas être mauvais joueur dans la vie." Pour lui, "L’avenir c’est le foil!", et il est "contre les classements de bateaux à dérives droites." Il fait la distinction que "certaines dérives droites sont des vrais dérives et d’autres sont des plans porteurs", soulignant la complexité technique derrière ces choix.

L'aspect entrepreneurial de sa carrière prend une place de plus en plus importante et passionnante. À la fin de cette histoire, il pourra décider de vendre son bateau ou de continuer sur la Route du Rhum 2026 avec son équipe de cinq personnes. Il envisage aussi une phase de transmission : "après un dernier Vendée Globe, je serais très attiré pour piloter un jeune en double sur la Jacques Vabre 2025, passer la main en 2026 et ensuite reconstruire un bateau pour moi." Cette vision à long terme, facilitée par la visibilité de son partenariat avec La Mie Câline, est un "énorme confort" qui lui permet de planifier l'avenir de son projet sportif et personnel.

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Échos du Monde de l'IMOCA : Un Contexte de Haute Compétition et d'Innovation

Le monde de l'IMOCA est un écosystème dynamique, où performances remarquables, incidents de course et innovations technologiques s'entremêlent constamment. La Vendée Arctique, par exemple, est une course à part dans le calendrier IMOCA, une "épreuve unique qui emmène les skippers dans des eaux que n’explore aucune autre compétition de voile océanique." Cette course est empreinte d'une "magie" particulière, même si les conditions peuvent être extrêmes. Après "deux jours et demi à se faire secouer dans tous les sens, les marins de la Vendée Arctique - Les Sables d'Olonne retrouvent enfin un peu de douceur," et les "points de vie remontent, le cercle polaire approche."

Les classements et les récits de cette course témoignent de l'intensité de la compétition. Les "Pos. Report" mettent en lumière des performances comme celles d'Élodie Bonafous (Association Petits Princes-Quéguiner), qui s'est classée quatrième, et Francesca Clapcich (11th Hour Racing), cinquième. Nico d'Estais, à bord de Café Joyeux, a franchi la ligne d'arrivée de la Vendée Arctique en sixième position, après "10 jours 7 heures 15 minutes et 22 secondes" d'une course exigeante. Les incidents de course font également partie de cette réalité, comme le moment de tension vécu par Ambrogio Beccaria lors de la Vendée Arctique, contraint de plonger sous son IMOCA Allagrande Mapei pour se libérer d’un casier de pêche emmêlé dans sa quille.

Parallèlement aux courses en cours, le développement de nouveaux bateaux propulse la classe IMOCA vers l'avenir. Justine Mettraux, après une performance historique lors du dernier Vendée Globe où elle s’est illustrée comme la femme la plus rapide de l’épreuve mythique en solitaire, ne cache plus ses ambitions et s’entoure des meilleurs experts pour donner naissance à "une unité neuve." De même, Thomas Ruyant a récemment mis à l’eau son nouveau voilier à Lorient, le présentant comme "l'un des monocoques le plus rapide du monde." Ces innovations constantes soulignent le dynamisme et la quête de performance qui animent l'ensemble de la flotte IMOCA, un environnement dans lequel Arnaud Boissières continue d'évoluer avec passion et détermination.

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