La confrontation de l'être humain avec les éléments naturels, qu'il s'agisse de la fureur imprévisible des océans ou des soubresauts dévastateurs de la terre, révèle souvent des histoires qui marquent profondément la conscience collective. Qu’il s’agisse d’une enfant emportée par les courants marins ou d’une jeune victime piégée par une catastrophe volcanique, ces récits soulèvent des questions fondamentales sur le courage, la vulnérabilité et le rôle crucial du témoignage dans nos sociétés modernes.
Le sauvetage miraculeux dans le golfe de Corinthe
Une fillette de trois ans a été emportée par la mer ce lundi au large du golfe de Corinthe. Restée fermement accrochée à sa bouée licorne, elle a été secourue par l'équipage d'un ferry. Les images ont fait le tour des réseaux sociaux. L'équipage d'un ferry a sauvé de la noyade une enfant de trois ans, emportée par le courant au large de la plage d'Antirion, en Grèce, ce lundi 24 août. D'après le récit des médias locaux, la fillette a été emportée « en un rien de temps ». Alors qu'elle se baignait avec son père, le vent a « changé brusquement et les courants ont balayé » l'énorme bouée. Les baigneurs se sont alors rués en direction de l'embarcation, tentant de la rattraper. En vain. Entre la force des bourrasques et la peur de renverser l'enfant, l'embarcation était rapidement hors d'atteinte.
Apeurés, les parents ont décidé de rapidement alerter les secours, qui ont immédiatement réagi. Afin d'éviter de perdre du temps, ils ont contacté un ferry touristique à proximité afin qu'il réalise la manœuvre au plus vite. La suite a été filmée depuis le bateau, qui réalisait la liaison entre le Péloponnèse à la Grèce-Occidentale. Sur les flots, une bouée blanche et rose, en forme de licorne. Et accrochée au cou de l'animal féerique, une fillette. Fermement agrippée, elle est calme et se laisse porter par les flots. Sur le pont du ferry, on voit des membres du « crew », patienter à mesure que l'engin se rapproche de l'enfant. Ils ont ensuite envoyé une corde à la fillette, puis l'ont ramenée sur le ponton.
Bien accrochée à sa licorne, elle a pu rentrer saine et sauve mais est « en état de choc », selon le capitaine du « Salaminomachos », qui a réalisé la délicate manœuvre. « Elle était bien accrochée à sa bouée gonflable et ne bougeait pas, elle était pétrifiée », a ainsi témoigné Grigoris Karnesis, à la chaîne Mega. Si la fillette paraît sereine sur les images, elle s'est « immédiatement mise à hurler » une fois saine et sauve.
L’épopée humaine face à l’immensité : La jeune fille et la mer
Le thème de la survie en mer, souvent traité dans la fiction inspirée du réel, trouve un écho particulier dans le film La jeune fille et la mer. Parmi les films les plus visionnés sur Netflix en ce moment, La jeune fille et la mer est un long-métrage d'aventure familial inspiré d'une histoire vraie. À force de volonté, une ado australienne affronte ses peurs pour réaliser son rêve de devenir la plus jeune skipper à boucler un tour du monde à la voile en solo.
Lire aussi: L'évolution du surf à travers le temps
Ce long-métrage familial centré sur l'épopée inspirante d'une héroïne déterminée a tout pour séduire les grands et les petits, surtout que son intrigue est basée sur une histoire vraie hallucinante. La jeune fille et la mer est en effet adapté des mémoires True Spirit: The Aussie Girl Who Took On The World de Jessica Watson, la plus jeune personne à avoir fait le tour du monde en solitaire, sans escale. Née le 18 mai 1993, la jeune navigatrice australienne a reçu la médaille de l'Ordre de l'Australie après avoir effectué ce tour du monde à l'âge de 16 ans. Elle entame donc ce tour au départ de Sydney le 18 octobre 2009 à bord de son bateau, Ella's Pink Lady à coque rose sponsorisée par Ella Baché, une marque française de soin pour la peau. Elle se dirige vers le nord-est pour traverser l’Équateur dans l'océan Pacifique et prend ensuite la route des océans Atlantique et Indien avant de revenir à Sydney le 15 mai 2010, trois jours avant son dix-septième anniversaire.
Le calvaire d'Omayra Sanchez : Une tragédie gravée dans l'objectif
À l'opposé de ces histoires de survie, certaines épreuves humaines atteignent une dimension symbolique qui dépasse la simple tragédie individuelle. Le 16 novembre 1985, le monde découvrait le destin tragique d'Omayra Sanchez, une jeune Colombienne de 13 ans emprisonnée par la boue suite à l'éruption du volcan Nevado del Ruiz. Trois jours plus tôt, le volcan, situé à plus de 5 300 mètres d'altitude, entre en éruption après 140 ans de sommeil. Rapidement, la neige et la glace qui recouvraient son sommet fondent sous l'effet de la chaleur. Des milliers de tonnes de boue et de cendres, formant des « lahars », des vagues de plus de 20 mètres, dévalent la pente du volcan et ensevelissent la ville d'Armero-Guayabal.
La catastrophe fera plus de 20 000 morts. Parmi les victimes, la petite Omayra Sanchez se retrouve prisonnière des débris charriés par le courant. Ses jambes sont coincées sous l'eau, entre le cadavre de sa tante et la structure en ciment du toit de sa maison. Seul son visage émerge de la boue froide et meurtrière. Les secours, mal équipés, ne parviennent pas à la dégager. En quelques heures, la jeune fille devient l'icône de cette catastrophe. Les médias s'emparent de son histoire, celle d'une élève brillante, qui rêvait de devenir architecte et qui a dit au secouriste qui l'a découverte : « Je voudrais pouvoir sortir… J'ai déjà manqué l'école. Je vais perdre mon année. »
Le rôle du photographe et l'éthique de l'urgence
Le photographe Frank Fournier, de l'agence Contact Press Images, est l'auteur du célèbre cliché d'Omayra. « Le 14 novembre, je reçois un message sur mon répondeur : on m'annonce qu'un volcan a explosé en Colombie. Je prends un avion à midi, j'arrive à Bogota à minuit, et je prends un taxi pour aller sur la zone sinistrée d'Armero », raconte-t-il, près de 30 ans plus tard. Le 16 novembre, le photographe décide de marcher jusqu'au centre de la catastrophe. Il arrive sur les lieux à la levée du jour. Sur place, il rencontre un paysan qui lui parle d'une petite fille. Il arrive au chevet d'Omayra, alors entourée de quelques sauveteurs. Il restera jusqu'au décès de l'enfant, trois heures plus tard. L'agonie de la jeune fille aura duré 60 heures.
Sa photo est publiée le 29 novembre 1985 en Une de Paris Match, qui titre : « Adieu Omayra, celle qu'on n'oubliera jamais ». Le cliché révolte une partie du public. « Comment peut-on photographier cette enfant qui est en train de mourir au lieu de l'aider ? Pourquoi personne ne l'a aidée à s'en sortir ? » Le photographe est accusé de sensationnalisme, comparé à un charognard, mais sera récompensé par un World Press Photo l'année suivante.
Lire aussi: Plongez dans l'histoire des champions de la natation
Frank Fournier s'explique sur la réalité du terrain : « Quand il y a ce genre d'accident, sortir quelqu'un qui est coincé est pratiquement impossible. Non seulement, il faut des grues ou des bulldozers pour soulever les murs, mais il faut surtout des équipes médicales et de sauvetage très compétentes. Pour Omayra, le pan du mur qui la coinçait était comme un garrot et lui bloquait le sang. Quand vous le soulevez, le sang n'est pas ré-oxygéné et devient toxique. Beaucoup de gens sortis trop rapidement des décombres y restent. »
#
Lire aussi: Histoires vraies de plongée