Il est parfois difficile de s'y retrouver entre les nombreux types de voiles présentes sur nos bateaux. Pour la grand-voile, le choix, grâce aux matériaux modernes, est plus limité. La grand-voile est la principale voile de propulsion sur un voilier et son fonctionnement est similaire à une aile d'avion.
Grand-voile classique (semi-lattée)
Dite classique, la grand-voile semi-lattée est bien adaptée aux voiles d'une surface inférieure à 25/28m². Elle est facile à utiliser et très polyvalente, mais elle se déforme plus vite quand le vent forcit.
Avantages : forme (creux) et surface de voile optimisées, pas de risques de blocage dans l’enrouleur, son prix (la moins chère).
Inconvénient : nécessite une prise de ris par bosse de ris, rangement du lazy bag après affalage.
Grand-voile full batten
La grand-voile full batten est très souvent équipée, de série, de 4 lattes forcées et de chariots sur le guindant facilitant l'envoi et l'affalage. Le principal avantage de ce produit est la longévité ! Tous les bateaux construits par le chantier NEEL Trimarans sont équipés de grand-voile à corne afin de garantir une surface de voile optimisée et des performances optimales. Une grand-voile lattée est, par définition, plus bloquée qu'une grand-voile classique.
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Lattes de grand-voile : un élément fondamental
Les lattes de la grand-voile sont un élément fondamental du plan de voilure. C’est de ces petits composants que dépendent la forme et l’efficacité de la voile principale. Bien que peu visibles, les lattes (les marins anglo-saxons les appellent « batten ») sont en fait un élément fondamental de la grand-voile. Leur principale fonction est de maintenir la meilleure forme de la voile et donc son efficacité. De plus, les lattes empêchent le guindant de se replier sur lui-même, donnent une forme linéaire et régulière à la chute et rendent la chute stable.
Les lattes ont une rigidité décroissante différente vers la base de la voile. Cela signifie que la rigidité des lattes diminue à partir du haut. Au sommet, le vent est plus intense et la latte doit être plus rigide car elle subit une plus grande charge, lentement en descendant vers la base, le vent est moins fort et la latte doit être moins rigide.
En ce qui concerne leur construction, après les premiers exemplaires en bois du passé, les lattes de grand-voile sont actuellement fabriquées en résine de polyester, le plus souvent en vinyle, tandis que les modèles plus technologiques et plus légers utilisent la fibre de carbone. Les lattes en fibre de verre, plus lourdes et moins flexibles, sont utilisées sur la grande majorité des grand-voiles de croisière. En revanche, ceux qui recherchent le meilleur compromis entre poids, performances et coût choisissent ceux fabriqués en résine vinylique, notamment les propriétaires de yachts de course, car ce matériau offre 5 à 10 % de rigidité en plus. En réalité, depuis quelques années et seulement sur des bateaux absolument futuristes, on utilise des lattes pneumatiques spéciales qui réduisent le risque de rupture : en pratique, on applique des poches étanches à la voile, surtout aux focs, qui remplissent la fonction de raidissement mais qui, lors des virements de bord et des empannages, en cas de contact accidentel avec le mât, cèdent par flexion.
Lattes courtes ou longues ?
Aujourd’hui, outre les matériaux, la caractéristique la plus évidente des lattes des grand-voiles des voiliers courants est leur longueur : il existe des lattes courtes (que les anglo-saxons appellent « leech »), qui se limitent à la fonction de raidissement de la chute, et des lattes longues, qui traversent au contraire la grand-voile du guindant à la chute. Dans le premier cas, une grand-voile traditionnelle comporte 4 ou 5 lattes, dont seule la première, la plus haute, est pleine longueur, tandis que les autres sont plus courtes. Dans le cas des longues lattes utilisées sur les grand-voiles communément appelées full-battens, ces composants traversent la grand-voile d’un côté à l’autre. Leur nombre dépend de la taille de la voile, mais il varie généralement d’un minimum de 4 à plus de 10 lattes.
Les différences entre l’adoption de la version courte ou de la version « complète » sont variées et sont principalement dictées par les choix des concepteurs en matière de plan de voilure, mais aussi des voileries et finalement des propriétaires. D’une manière générale, on pourrait penser que la longue latte est l’apanage des bateaux de course, alors que les propriétaires de bateaux de croisière à cabines n’adoptent que des lattes courtes, plus économiques et plus faciles à manier, même avec un équipage réduit. Le véritable et seul avantage des lattes courtes est qu’elles coûtent moins cher et qu’elles ne nécessitent pas d’équipement spécial pour lofer la voile sur le mât. Bien entendu, ils offrent moins de performances et ont un impact négatif sur la longévité de la voile elle-même. En revanche, le système de « full-batten » permet de contrôler à volonté la courbure de la voile, de lui donner plus ou moins de profondeur et donc de la rendre plus ou moins « grosse ». La forme de l’aile de la grand-voile ne subit pas non plus d’altération lors de la navigation dans la houle ou les rafales de vent, garantissant une efficacité maximale dans toutes les conditions. Enfin, la durée de vie de la voile bénéficie aussi grandement de la présence d’un système de « full-batten » car il y a une énorme réduction des secousses et des contraintes sur le tissu à chaque virement de bord et chaque fois que vous vous dirigez vers le vent.
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Les différentes coupes de voiles
Qu’il s’agisse de la grand-voile, des voiles d’avant ou portantes, il existe deux principales coupes de voiles :
- La coupe radiale : on parle de Croos Cut. Les laizes sont assemblées de façon parallèles. Il s’agit des voiles les moins chères à coudre. Elles sont adaptées aux enrouleurs et sont idéales pour la croisière.
- La coupe Tri-radiale : ici, les laizes partent des trois points (drisse, amure et écoute) et "rayonnent" vers le centre. Les tissus travaillent alors dans le sens de l'effort, optimisant la répartition des efforts à partir des 3 points de fixation. Une voile tri-radiale est une voile de voilier fabriquée avec une méthode de coupe radiale qui utilise trois jeux de panneaux de tissus coupés en forme de triangles pour optimiser la forme et les performances de la voile. Ce type de couture demande plus de travail et est aussi plus chère.
Grand-voile sur enrouleur
GV sur mât enrouleur : Système permet à la grand-voile de venir s’enrouler autour du mât. Avec ce système, la voile peut être équipé de lattes verticales.
Avantage : facilité d’utilisation pour tous, rangement automatique dans le mât ne nécessitant pas de lazy bag.
Inconvénient : surface de voile grandement réduite, risque de blocages si l’angle mât/bôme n’est pas optimisé, forme de voile moins creusée = moins performante qu’une voile classique.
La bôme sur enrouleur : Système permettant à la grand-voile de venir s’enrouler autour de la bôme.
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La prise de ris
La prise de ris (verbes associés : « prendre un ris » ou « ariser une voile ») consiste à réduire la surface d'une voile en la repliant en partie : l'objectif est d'adapter la surface de la voilure à la force du vent lorsque celui-ci forcit. La voile est réduite en la repliant généralement sur la bôme (sur la vergue sur un gréement carré de la marine ancienne). Sur un voilier moderne cette manœuvre concerne la grand-voile ; la voile d'avant étant soit enroulée, soit remplacée pour répondre à la même situation, à l'exception notable du solent à ris.
Equipé de ris semi-automatique : Ce système nécessite de devoir accrocher/bloquer le point d’amure avec une cravate au pied de mât. La bosse d’écoute automatique revient au poste de bar, évitant d’avoir à se déplacer au pieds de mât pour la régler.
Ou de ris automatiques : Constitué d’une seule bosse de ris continue qui permet de prendre le ris tout en restant au poste de bar. Sur le NEEL 43, il existe deux configurations possibles:
- Sur mât aluminium : 2 ris présents
- Sur mât carbone : 3 ris présents
Dans les deux cas, on est sur une prise de ris automatique (permettant de manœuvrer tout en restant au poste de bar) avec 2 bosses séparés par ris, ce qui permet d’avoir moins de longueur de bosse et d’obtenir un réglage affiné du point d’amure, avant le point d’écoute.
Matières de fabrication des voiles
Voiles tissées
Comme son nom l’indique il s’agit de voile tissées perpendiculairement à partir d’une trame et d’une chaîne. Pour cela, les différentes fibres utilisées sont les suivantes :
- Le Dacron : il s’agit d’un polyester résistant et abordable, idéal pour les voiliers de plaisance et les budgets limités.
- L'Hydranet : mélange de Dacron et de Spectra tissé. Le fait d’être un tissé et non un laminé élimine de fait tous les problèmes de délaminages (de désolidarisation). Le tissé apporte aussi une bien meilleure résistance aux risques de moisissures. De durée de vie équivalente ou légèrement supérieur au Dacron, leur matière et leur coupe permettent de garder une forme et un creux optimisé bien plus longtemps. Elle se déforme beaucoup mois vite. Elle sont a privilégier pour la croisière OFF SHORE.
- Le Nylon ou polyester : principalement pour les tissus de très gros spis et dans certains cas les gennakers. Le fil polyester ayant des qualités d’allongement bien supérieures au nylon, cela permet de faire des voiles plus plates.
Voiles laminées
Ces voiles combinent plusieurs couches de matériaux pour améliorer la résistance et la légèreté des voiles, mais à un coût généralement plus élevé. Ces voiles sont fabriquées en :
- Mylar : Un des laminés que nous utilisons le plus pour les voiles de croisière est le Sandwich Mylar ; il est composé d’un film Mylar protégé sur les deux faces par un taffetas Polyester léger. Ce taffetas protège le Mylar du raguage et des UV. Avec un collage propre ces laminés peuvent durer presqu’aussi longtemps que les meilleurs Dacron, avec un poids plus faible et une bien meilleure résistance à l’allongement. Ces fibres haut de gamme permettent de réduire le poids des voiles de 25%, tout en offrant une excellente résistance à l’allongement, aux UV et une grande solidité. C’est pourquoi ces fibres sont souvent utilisés pour les grandes courses au large comme le Vendée Globe.
En standard, les voiles des trimarans NEEL sont en dacron, full batten, à corne et en coupe radiale. Idéales pour la croisière. En option, possibilité de choisir des voiles hydranet, full batten, à corne et en coupe radiale ou tri-radiale.