Gitana 18 : L'évolution technologique et l'audace architecturale d'un nouveau géant des mers

Le monde de la course au large vient de basculer dans une nouvelle dimension. Un an après en avoir une première fois évoqué l’hypothèse, Cyril Dardashti et Ariane de Rothschild ont confirmé que Gitana 17 aurait un successeur dans moins de deux ans, Gitana 18, et que ce serait une nouvelle fois un trimaran Ultim. C’est au cœur du chantier CDK Technologies de Lorient que grandit, dans le plus grand secret, le nouveau géant de 32 mètres. Ce bateau est la 28e unité de la légendaire lignée des bateaux de la famille d’Ariane de Rothschild. Annoncé en décembre 2023, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild, Gitana 18 de son nom de projet, marque une étape majeure.

La genèse d'un projet hors normes

Qu’est-ce qui a fait la différence finalement pour un nouvel Ultim ? « Il y a d’abord notre histoire, nous avons une très large préférence pour le multicoque, explique Ariane de Rothschild. Un monocoque aurait pu être un passage temporaire pour garder un rythme continu dans notre projet et ne pas passer deux ans sans naviguer pendant le temps de la construction, mais nous serions de toute façon retournés au multicoque. »

Depuis plus de vingt mois, le nouveau Maxi Edmond de Rothschild, Gitana 18, grandit jour après jour dans le plus grand secret au cœur du chantier CDK Technologies de Lorient. Le dessin et le concept architectural de cet ULTIM est le fruit d’une étroite collaboration entre le bureau d’études maison de l’écurie aux cinq flèches et le Team Verdier. Fort de l’expérience acquise grâce aux très belles années de Gitana 17, qui rappelons-le était le pionnier de cette nouvelle génération de grands multicoques océaniques, Gitana 18 est un bateau pensé dans la même veine que son prédécesseur. Lancée en janvier 2024, la construction aura nécessité 50 000 heures d’études, près de 200 000 heures de fabrication et 3 000 heures pour la conception du gréement.

L'expertise technique au service de la performance

Interrogés sur les domaines dans lesquels il est possible de faire des gains significatifs, les acteurs du projet se sont montrés précis sur les objectifs. « Sur les carènes, on peut encore faire en sorte que le passage dans la mer soit plus facile et que les bateaux volent mieux, estime Guillaume Verdier. Il y a encore énormément de nœuds à gagner en aérodynamisme, on a des vents apparents quasiment tout le temps proches de 45-50 nœuds, il faut vraiment soigner cet aspect. »

Charles Caudrelier a également le sujet des voiles en tête, confiant : « J’avais beaucoup d’ambition sur le plan de voilure, on ne peut pas faire d’aile rigide (interdite par la jauge), c’est un projet fou que j’avais en tête, mais je pense qu’il y a quand même des idées pour améliorer le moteur. » Le bureau d’études Gitana, dirigé par Sébastien Sainson et composé de sept membres aux profils variés, poursuit quotidiennement la conception. Au sein de ce collectif, Alice Duvivier, ingénieure et architecte navale, conçoit le cockpit et la cellule de vie, utilisant l’expérience accumulée avec Gitana 17 et un cahier des charges très détaillé du skipper.

Lire aussi: Analyse technique du mât du Maxi Edmond de Rothschild

L'innovation au cœur des appendices

Le dévoilement du concept architectural a marqué les esprits. Parmi les innovations, les safrans ont particulièrement retenu l'attention. Ils mesurent près d’un mètre de plus que ceux de Gitana 17, atteignant 4 mètres. « Nous avons tranché pour le U », arbitre Cyril Dardashti concernant la forme de ces appendices. Sébastien Sainson précise : « Si les safrans de G18 sont énormes, ce n’est pas pour voler plus haut, même si, in fine, on pourra voler un peu plus haut. L’idée, c’était surtout de voler plus longtemps et de gagner en stabilité. »

Ce géant de 32 mètres de long pour 23 mètres de large est équipé d'appendices révolutionnaires. Il intègre des foils en Y et une dérive en T, fruit d'une recherche poussée sur la portance et le vol hauturier. La collaboration avec des fournisseurs de pointe comme Re Fraschini pour les foils et Southern Spars pour le mât souligne la recherche de perfection technique qui anime le Gitana Team.

Un équipage en quête de maîtrise

Charles Caudrelier, skipper du Gitana Team, est une ancre, un moteur et un précurseur. « J'aime être intensément impliqué », a-t-il déclaré. « La grande différence entre avant et maintenant, c'est que nous avons maintenant un simulateur. Nous avons passé des heures et des heures, notamment à naviguer sur ce bateau sur ordinateur. » Cette préparation virtuelle a permis aux concepteurs d'ajuster le design du foiling en fonction des retours du skipper.

Pierre Tissier, directeur technique, décrit Charles Caudrelier comme « un skipper de la vieille école qui travaille comme un skipper de la nouvelle génération ». Son humilité et sa curiosité sont comparées par Ariane de Rothschild à celles de grands champions comme Michael Schumacher. « Il sent le bateau. On ne peut pas se contenter de penser que c'est une question de mathématiques ou de chiffres. C'est lui qui utilise le bateau », ajoute l'armatrice.

La dimension esthétique et symbolique

Au-delà de la performance, le Maxi Edmond de Rothschild est une œuvre d'art flottante. La silhouette racée et les lignes tendues sont sublimées par une décoration monumentale signée Florian et Michaël Quistrebert, en collaboration avec le Palais de Tokyo. Ariane de Rothschild a souhaité poursuivre la démarche artistique initiée il y a près de 10 ans. Des artistes ont pu s’exprimer sur les 2 000 m2 de surface développée, coques et voiles. Cette alliance d'intelligence, d'art et d'ingénierie inscrit Gitana 18 dans la continuité de la lignée tout en ouvrant la voie à une nouvelle génération de multicoques.

Lire aussi: L'esthétique audacieuse des trimarans Gitana

#

Lire aussi: Découvrez l'aquabike au son des rythmes Gitanos

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *