L'Aube d'une Nouvelle Ère pour les Multicoques Océaniques
L'univers de la course au large est en perpétuelle évolution, repoussant sans cesse les limites de la technologie et de la performance. Au cœur de cette révolution se trouve le Maxi Edmond de Rothschild, baptisé Gitana 17, un pionnier qui a redéfini les standards des grands multicoques océaniques volants. Conçu et développé dans une quête incessante de vitesse et d'efficacité, ce trimaran représente une étape charnière dans l'histoire des bateaux de la lignée Gitana. Dès sa conception, l'objectif était clair : transcender la navigation archimédienne pour embrasser pleinement le vol, une aspiration qui a guidé chaque choix architectural et technique. Cet article explore les facettes de ce géant des mers, de son ingénierie avant-gardiste à sa carrière mouvementée, en passant par l'importance fondamentale de ses éléments structurels, notamment la hauteur de son mât, un facteur déterminant de sa performance.
Gitana 17 : Un Précurseur au Cœur de la Révolution Volante
Gitana 17, le Maxi Edmond de Rothschild de son nom de baptême, a été imaginé, développé et construit plus spécialement pour des navigations en solitaire, mais il s’est également révélé parfaitement taillé pour les grands records en équipage. Sa mise en construction a été confirmée en mai 2015, lors d'une visite au chantier Multiplast, marquant le lancement d'un maxi multicoque océanique à "tendance volante". Le chantier a démarré en septembre chez Multiplast dans le plus grand secret, avant la révélation des formes et de la décoration du trimaran lors d'une conférence de presse à Paris. Mis à l'eau le 17 juillet 2017 à Vannes au chantier Multiplast, le trimaran a rapidement montré son potentiel. Dès le 28 juillet, il effectuait une première sortie au large de Lorient avec un seul foil, entamant une série de sorties à un rythme très élevé jusqu'à la mi-octobre, en équipage puis en double. Le trimaran volait très vite, ce qui a entraîné l'apport de quelques modifications ou renforts.
La philosophie de conception du Gitana 17 le positionne à la croisée des chemins entre un bateau archimédien et une unité volante. Tout dans les formes de ses flotteurs et de sa coque centrale appelle au vol. Il est doté des dernières avancées architecturales et techniques en termes d’appendices. Comme sur les unités de la Coupe de l’America, le Maxi Edmond de Rothschild est doté de trois coques planantes aux étraves inversées permettant de rester au-dessus de l’eau et de « transpercer » les vagues. Cette configuration, avec des flotteurs à fond plat, est conçue pour créer une portance, éviter d'être aspiré par le bas, augmenter la capacité à voler et assurer une excellente stabilité par mer formée. Cette approche globale a fait de Gitana 17 un véritable pionnier, le premier de cette nouvelle génération de grands multicoques océaniques à être imaginé et conçu pour voler au large.
L'Ingénierie de la Portance : Foils, Safrans et Optimisation Aérodynamique
L'innovation majeure du Maxi Edmond de Rothschild réside dans ses appendices. Ils sont la genèse du projet. Ces « morceaux de carbone » profilés ont demandé des heures de navigation sur le Multi70 Edmond de Rothschild, véritable laboratoire d’essai, et des calculs aux ingénieurs du Team Verdier. L’objectif était d'augmenter le rendement, minimiser le frein, autrement dit aller vite, toujours plus vite selon l’état de la mer. Le choix s’est porté sur des foils en L aux dimensions XXL et des safrans en T qui joueront le rôle d’élévateur. Ces foils en L mesurent plus de 5,4 mètres de hauteur, une caractéristique technique qui témoigne de l'ambition de vol du trimaran. Les safrans en T sont rétractables pour ne pas gêner la glisse du bateau et minimiser les risques de casse sur le flotteur au vent.
Partir des principes physiques premiers de l’objet a été le point de départ de l’étude de l’équipe de Guillaume Verdier. L'utilisation de ces immenses plans porteurs (les foils en L et les safrans en T) implique de la hauteur pour les flotteurs et un maximum de raideur pour la plate-forme. Les bras reliés à la coque centrale demeurent donc rectangulaires - et non courbes - afin d’optimiser la rigidité. Cela représente « un surcoût en poids, mais un gain en fiabilité ». L’équipe d’architectes et d’ingénieurs du bureau d’études Gitana, sans cesse à la recherche d’un aérodynamisme exemplaire, a trouvé la solution du « carénage » pour ces bras droits, afin de les intégrer au mieux dans la ligne du bateau et de réduire la traînée.
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L’aérodynamisme de la plateforme a été particulièrement soigné. La coque centrale affiche également une forme « tulipée », avec un fond plat, comme les flotteurs, pour une portance diabolique, une largeur modérée, et une hauteur significative pour un meilleur rempart à la mer. Le cockpit, nerf de la guerre du Maxi Edmond de Rothschild, a été longuement pensé par le bureau d’études Gitana pour demeurer ultra-ergonomique. La nacelle, ou casquette, rapportée à la coque centrale permet de créer une cellule de vie très protégée et des plus efficaces. Racée et profilée pour diminuer le fardage et rester dans le caractère aérodynamique du bateau, cette casquette prolongée jusqu’au bras arrière est dotée de hublots minutieusement positionnés pour une vision optimale du plan de voilure. Les architectes ont cherché à créer un effet de plaque en minimisant l’espace entre cette casquette et le plan de voilure afin que la plate-forme soit le prolongement de la voile. Le réglage des flaps, l'incidence des foils, le circuit hydraulique… toutes ces composantes sont cruciales pour la transition de l'archimédien au vol, un processus que le Gitana Team a décortiqué grâce à des animations 3D.
La Hauteur du Mât du Gitana 17 : Une Caractéristique Structurale et Fonctionnelle Essentielle
Au-delà des formes de coque et des appendices, le mât représente un élément structural et fonctionnel de première importance pour un trimaran de cette envergure, car il supporte l'intégralité du plan de voilure et transmet les forces propulsives au reste de la plateforme. La hauteur du mât du Gitana 17 est intrinsèquement liée à sa capacité à générer de la puissance vélique nécessaire pour soulever le bateau hors de l'eau et maintenir son vol.
Bien que la hauteur exacte du mât ne soit pas directement mentionnée dans toutes les descriptions techniques, un événement marquant dans la vie opérationnelle du Maxi Edmond de Rothschild fournit une indication cruciale. Lors de son convoyage retour vers Lorient, après la Finistère Atlantique, le maxi-trimaran a subi un démâtage spectaculaire au large des côtes Sud de l’Espagne. Les rapports ont précisé que le bateau venait de démâter, « perdant plus de 17 mètres d’espar, soit la moitié de son mât ». Cette information permet d'inférer avec certitude que la hauteur totale du mât du Gitana 17 excédait les 34 mètres. Cette dimension imposante est indispensable pour déployer une surface de voilure suffisante et générer la puissance requise par un Ultim de 32 mètres conçu pour le vol océanique.
Le mât, dans sa conception et son intégration, doit également répondre aux exigences de rigidité et d'aérodynamisme de la plateforme. Le cockpit aérodynamique s'étend jusqu'au pied de mât, pratique pour les manœuvres. Les opérations de mâtage et de démâtage font partie intégrante de la vie du bateau, que ce soit pour des révisions, des réparations ou des changements de configuration. Par exemple, le 30 novembre, le mât a été retiré de la plateforme à Lorient pour des travaux d'entretien. Plus tard, alors que le trimaran était devenu Actual Ultim' 4, il a été remis à l'eau le 18 mars, le mât étant présent sur le quai avant d'être remisé puis mâté le lendemain, le 19 mars, pour la mise en place des voiles le 23 mars. La réparation du mât après l'incident a été envisagée pour la vente du bateau, avec l'anticipation d'un léger surpoids, mais rien de significatif pour la performance.
La hauteur et la robustesse du mât sont donc des caractéristiques vitales, non seulement pour la propulsion, mais aussi pour la résilience structurelle du bateau face aux forces extrêmes rencontrées en haute mer. L'incident de démâtage, bien que grave, a mis en lumière la capacité de l'équipe à gérer des situations critiques et à envisager la réparation d'un élément aussi complexe.
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Conception et Construction : L'Alchimie du Gitana Team et de Guillaume Verdier
Le succès du Maxi Edmond de Rothschild repose sur une collaboration étroite entre le bureau d’études maison de l’écurie aux cinq flèches et le Team Verdier. Dessiné par l’architecte Guillaume Verdier et son équipe, en collaboration avec le bureau d’études Gitana, le trimaran est le fruit d’une expertise poussée. Le bureau d’études Gitana est une entité clé, composée de huit personnes à temps plein, des profils jeunes et très talentueux issus de formations d’architecte naval ou d’ingénieur avec des champs d’expertise très pointus comme le calcul de structure.
La phase d’assemblage de la plateforme, notamment pour son successeur Gitana 18, est menée par les équipes du Gitana Team, associées à celles de l’architecte Guillaume Verdier et aux membres du chantier CDK Technologies, qui sont à pied d’œuvre à Lorient. Le chantier CDK Technologies, derrière les portes de son hangar Keroman à Lorient, est le lieu où ces géants de carbone prennent vie. Pierre Tissier, directeur technique de Gitana, et Stéphane Digard, directeur général de CDK Technologies, orchestrent la construction. Tanguy Redon, responsable du bureau d’études de CDK Technologies, partage la scène avec Pierre Tissier dans cette partition complexe.
Le processus de conception intègre des éléments innovants. Par exemple, les bras reliés à la coque centrale, qui sont rectangulaires et non courbes, ont été choisis pour optimiser la rigidité, un compromis assumé pour un gain en fiabilité malgré un surcoût en poids. Le « carénage » de ces bras droits par l’équipe d’architectes et d’ingénieurs du bureau d’études Gitana démontre une recherche constante d’un aérodynamisme exemplaire. La conception du cockpit est également emblématique de cette approche. Longuement pensé par le bureau d’études Gitana, il demeure ultra-ergonomique. Alice Duvivier, ingénieure et architecte navale au sein du bureau d'études Gitana, est en charge de ce poste clé. En collaboration étroite avec Charles Caudrelier et la cellule navigante, elle conçoit le cockpit et la cellule de vie du Maxi Edmond de Rothschild, s'appuyant sur l'expérience accumulée avec Gitana 17 et un cahier des charges très détaillé du skipper. La nacelle, ou casquette, rapportée à la coque centrale, permet de créer une cellule de vie très protégée et des plus efficaces. Elle est racée, profilée pour diminuer le fardage et rester dans le caractère aérodynamique du bateau, et est prolongée jusqu’au bras arrière, avec des hublots minutieusement positionnés pour une vision optimale du plan de voilure.
Le dessin et le concept architectural de ces ULTIM sont le fruit d’une étroite collaboration entre l’écurie aux cinq flèches et le Team Verdier, ce qui est mis en évidence par les témoignages de Sébastien Sainson, responsable du design Team Gitana, et Guillaume Verdier, architecte principal.
Une Vie en Mer : Opérations, Incidents et Réparations du Gitana 17
La carrière de Gitana 17, en tant que Maxi Edmond de Rothschild, a été jalonnée de moments de gloire et d'incidents techniques, témoignant des défis inhérents à la navigation sur des machines aussi complexes et performantes.
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Après sa mise à l'eau en juillet 2017, le trimaran a rapidement entamé une phase d'essais intensifs. En équipe puis en double, les sorties se sont enchaînées, permettant de vérifier les capacités de vol du bateau et d'apporter des ajustements. Cependant, la Transat Jacques Vabre de 2017 a été compliquée dès le départ : "plusieurs problèmes s'enchaînent, plus d'AIS, panne moteur et avant l'Equateur, les foils se brisent chacun leur tour." Le convoyage retour s'est fait en compagnie de Sodebo Ultim'. Le 7 mai, Gitana 17 a été remis à l'eau, et le 14 mai, il a réalisé une première sortie avec une pointe à 41.8 nœuds au large de Groix, démontrant son potentiel de vitesse.
La Route du Rhum a également été marquée par un incident où "l'étrave est retrouvée, dans un bon état après autant de temps en mer, sur une plage de Cornouaille dans le sud de l'Angleterre." Une nouvelle étrave a été fabriquée chez Multiplast et greffée au trimaran à Lorient. Gitana 17 s'est ensuite imposé "sur le fil sur la Fastnet Race devant Macif." Après cette victoire, il est rentré en chantier mi-août pour une révision générale, la réparation de la dérive abîmée et l'installation d'un profil aérodynamique de 34 m² sur le bras arrière. Il a ensuite pris le départ de Brest Atlantiques en étant le grand favori, puis est rentré en chantier dès son retour à Lorient pour des réparations suite aux petites casses, des améliorations ergonomiques et l'optimisation de l'aérodynamisme pour la tentative du Trophée Jules Verne.
Les tentatives pour le Trophée Jules Verne ont été particulièrement mouvementées. Le 25 novembre 2020, Franck Cammas, Charles Caudrelier et leur équipage se sont élancés, mais le 27 décembre 2020, suite à une collision et des dégâts sur un foil et un safran, l’équipe a dû faire demi-tour. Une deuxième tentative a débuté le 10 janvier, marquée par des records aux caps de Bonne Espérance et des Aiguilles. Cependant, au 13ème jour, près des 50èmes sous Madagascar, le safran tribord a vu sa mèche ne plus être complètement opérationnelle pour la haute vitesse, forçant un retour à la base pour 3 mois et demi de chantier. Un autre incident est survenu le 3 juillet, lorsque le trimaran a tapé un OFNI dans le golfe de Gascogne, occasionnant des dégâts à la coque centrale, à sa dérive, et entraînant la perte de la pelle du safran, avec une petite voie d'eau. Le 8 décembre, l’équipe a annoncé son renoncement à une tentative sur le Trophée Jules Verne suite à la perte de l’aile de raie sur la dérive centrale lors d’un convoyage retour depuis la Martinique, également due à un impact avec un OFNI.
Ces incidents, y compris le démâtage mentionné précédemment, ont souligné la robustesse nécessaire et la complexité des systèmes embarqués sur un tel bateau. La maintenance et les réparations sont devenues une part essentielle de la vie opérationnelle de Gitana 17, souvent entrecoupées de stages d'entraînement et de courses.
En 2022, le trimaran a fait l'objet d'une préparation pour la Route du Rhum, avec la mise en place d'une nouvelle grand-voile et de nouveaux foils. Le 25 septembre, il a rejoint Saint-Malo pour la course. Finalement, la vente de Gitana 17 au Groupe Actual a été annoncée le 22 janvier, transformant le bateau en Actual Ultim' 4. Il a continué à naviguer, participant à la Rolex Fastnet Race et à la Transat Café L'OR. Même sous ses nouvelles couleurs, le bateau a connu des avaries, comme le retrait du foil tribord en fin d'année, et des phases de chantier pour entretien et réparation, illustrant la nature exigeante de ces machines de haute technologie.
Les Triomphes Sportifs : Charles Caudrelier et l'Arkéa Ultim Challenge
Malgré les défis techniques et les incidents, le Maxi Edmond de Rothschild a gravé son nom dans l'histoire de la voile grâce à des performances sportives exceptionnelles, notamment sous les commandes de Charles Caudrelier. L'éclatante victoire de Charles Caudrelier et du Maxi Edmond de Rothschild sur l'Arkéa Ultim Challenge Brest est un moment emblématique de sa carrière. Il y a un an déjà, au terme d’un parcours épique de près de 29 000 milles sur les plus grands océans de la planète, Charles Caudrelier, tout juste cinquantenaire, devenait le premier navigateur solitaire à accomplir un tour du monde à bord d’un multicoque volant.
La série documentaire du Gitana Team, « Flying Offshore », a d'ailleurs consacré sa saison 3 à cette épopée de 50 jours, plongeant dans l’intimité de Charles Caudrelier et de son équipe tout au long de l’aventure. Charles Caudrelier a franchi la ligne d’arrivée de l’Arkéa Ultim Challenge après 50 jours, 19 heures, 7 minutes et 42 secondes de course. Le parcours n'a pas été sans embûches. Le 1er février, alors qu'il était largement en tête et venait de passer le Point Némo, une décision stratégique a été prise de se mettre au centre d'une petite dépression, de rouler les voiles d'avant et de progresser à très faible allure, afin de ne pas se retrouver au Cap Horn moins de 48 heures plus tard et d'éviter une "énorme tempête casse bateau". Le 19 février, alors qu'il se trouvait au sud-ouest des Açores, l'équipage a annoncé que le carénage du bras avant était cassé depuis le quatrième jour de course. Le 21 février, malgré une avance de 2000 milles, une escale à Horta, aux Açores, a été nécessaire pour laisser passer une grosse dépression sur l'Atlantique Nord.
Ces choix tactiques et techniques, associés à la résilience du skipper et de son équipe, ont permis à Gitana 17 de s'imposer. D'autres courses ont également marqué son palmarès, comme la Finistère Atlantique. En 2024, le Maxi Edmond de Rothschild a participé à cette épreuve inédite entre Concarneau et Antibes. Parfaitement calé en 2e position en Méditerranée, Charles Caudrelier et son équipage ont livré un duel intense avec d'autres Ultim, prouvant la compétitivité continue du bateau. Cependant, c'est aussi lors de cette Finistère Atlantique 2024, alors que le Maxi Edmond de Rothschild ralliait Lorient après avoir terminé deuxième, que s'est produit le démâtage déjà évoqué au large de l'Espagne, une preuve des défis permanents posés par la course au large de haut niveau.
L'Avènement du Gitana 18 : La Prochaine Génération de Multicoques Volants
Fort de l'expérience acquise grâce aux très belles années de Gitana 17, qui était le pionnier de cette nouvelle génération de grands multicoques océaniques, la lignée Gitana se tourne vers l'avenir avec Gitana 18. Dès décembre 2023, la mise en construction d’un nouveau maxi-trimaran océanique destiné à remplacer Gitana 17 a été annoncée. Gitana 18, tel est son nom de projet, sera la 28ème unité de la légendaire lignée de bateaux de la famille d’Ariane de Rothschild.
Selon Sébastien Sainson, responsable du bureau d’études Gitana, « Gitana 18, c’est un peu la consécration de plein de choses que l’on savait et que l’on aurait pu faire avant mais que l’on n’avait peut-être pas osé faire. Avoir la chance de relancer un tel projet nous permet aussi, après sept ans d’exploitation de Gitana 17, de mettre toutes nos idées à l’œuvre sur un nouveau projet en repartant d’une page blanche. » Guillaume Verdier, l'architecte, confirme cette ambition : « On s’est challengé pour ne pas faire un bateau qui était juste une petite évolution pas à pas. » L'écart de performance attendu est significatif, Sébastien Sainson assurant qu'il y aura « plus d’écart entre Gitana 17 et Gitana 18 qu’il n’y en avait entre Gitana 17 et la génération précédente de bateaux. Tout est 100% optimisé pour le vol. »
Le nouveau Maxi Edmond de Rothschild, Gitana 18, grandit jour après jour dans le plus grand secret au cœur du chantier CDK Technologies de Lorient. Après plus de vingt mois de travail, le concept architectural très audacieux de ce nouveau maxi-trimaran volant a été dévoilé de manière spectaculaire par Ariane de Rothschild. La silhouette racée, les lignes tendues de ce géant de 32 mètres paré d’appendices révolutionnaires, sont sublimés par une décoration monumentale.
Le 14 février dernier, après de longs mois de travail et une attente palpable, la mise à l’eau a marqué la fin d’un cycle et amorce le début de la vie maritime de ce géant. Équipé de son premier foil - un appendice pendulaire en Y aux dimensions inédites, inspiré des monocoques de la Coupe de l’America -, le géant de 32 mètres a effectué ses premiers bords en vol. La performance est d’autant plus remarquable que les conditions étaient particulièrement légères, entre 10 et 13 nœuds au large de Belle-Île. L'équipage a su trouver le bon mode et les premiers réglages pour obtenir un vol stable en moins de trente minutes. Charles Caudrelier décrit un bateau « très raide et nerveux, ce qui correspond exactement à nos attentes. Nos foils sont vraiment la touche finale de Gitana 18, l’une des grandes nouveautés. »
Cependant, la complexité de la conception des foils a entraîné des retards, mais l'équipe n'a pas perdu de temps, s'appuyant sur l'expérience du team et le travail de projection et de navigations virtuelles réalisé grâce au jumeau numérique sur simulateur. Les délais sont courts, notamment avec la Route du Rhum en ligne de mire, mais l'objectif ambitieux de Gitana 18, dès les phases d’études, était de viser le vol parfait.