Lexique technique et vocabulaire fondamental du kitesurf

Le kitesurf est une discipline fascinante, souvent décrite comme un mélange de surf et de voile, qui impose l'apprentissage d'un jargon spécifique. Quand on débarque dans le monde du kite, on tombe vite sur un mur de vocabulaire : aspect ratio, taquet, pumping, stall, LEI, foil kite, breeze… Pas de panique. Ce lexique complet permet de décoder tous les mots clés, des bases essentielles aux termes plus techniques, afin de vous accompagner dans votre progression sur l'eau.

L'équipement de base : du kite à la planche

Le premier terme que vous rencontrerez probablement sur votre chemin est « kite », qui fait référence à l’aile de kitesurf que vous tiendrez et manœuvrerez à l’aide de la barre. En kitesurf, on ne parle pas de « voile » comme on entend souvent, mais d’une aile. C’est ce grand cerf-volant qui va nous tracter sur l’eau, grâce à la force du vent. Le « shape » est à l’origine la forme d’une planche de surf, le shapeur étant son fabricant et son concepteur. Les planches, ou board, sont l’équipement sur lequel le kitesurfer se tient. Elles ressemblent à des planches de wakeboard, mais sont spécialement conçues pour le kitesurf.

Une planche de kitesurf « twin-tip » est une planche de kite symétrique à l’avant et à l’arrière, ce qui permet de naviguer de droite à gauche, sans avoir à faire pivoter la planche pour faire les demi-tours. La carre est le bord de la planche. En kitesurf, les carres sont généralement en ABS. Les pads sont des éléments de l’accastillage de la planche. Parfois en silicone, parfois en mousse, vous posez les pieds dessus. Ils amortissent les vibrations, vous procurant un meilleur confort, et doivent permettre en transmettant nos appuis de contrôler la planche. Les straps sont les « cale-pieds » qui permettent de garder la planche aux pieds et d’agir sur elle pour la contrôler. Le stance est l’écartement des pieds sur la planche.

Une planche directionnelle est, par opposition aux planches twin-tip, une planche qui présente un sens de navigation ; elle a un avant et un arrière. Par exemple, un surf est une planche directionnelle. Le kitesurfeur qui ride avec un surf directionnel devra effectuer une manœuvre (jibe) lors du changement de direction. Le « strapless » consiste à naviguer avec un surf sans strap. Aujourd’hui la plupart des kitesurfeurs qui naviguent avec un surf n'utilisent pas de strap. Les ailerons (fins) se situent sous la planche de kitesurf et permettent de suivre une direction tout en crantant.

La structure de l’aile et les systèmes de gonflage

Les ailes à boudins sont équipées de chambres à air préalablement gonflées qui donnent le profil de l’aile. Les lattes gonflables font la structure de l’aile. Elles sont directement reliées au bord d’attaque. Le bord d’attaque est la partie avant de l’aile. Il s’agit de la zone du boudin principal de l’aile de kite. Il pénètre en premier dans l’air quand l’aile se déplace. Le terme LEI (Leading Edge Inflatable) désigne un kite à bord d’attaque gonflable. Le boudin avant et les lattes se gonflent à la pompe, ce qui donne sa rigidité à l’aile et lui permet de flotter sur l’eau.

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À l’opposé, les ailes à caissons (foil kite) sont des ailes sans boudins gonflables. Comme pour les parapentes, ces ailes sont composées de multiples caissons où l’air est retenu prisonnier et est légèrement comprimé. Seuls quelques caissons sont ouverts sur le bord d’attaque pour permettre à l’air de rentrer. Les autres caissons sont fermés, l’eau n’y rentre pas et donc, non, une aile à caisson ne coule pas. Elles sont souvent utilisées dans le vent léger et en course racing, leurs performances étant bien meilleures qu’une aile à boudin. Le bridage est l’ensemble des fils qui équipent l’aile pour en assurer le profil, la maniabilité. Au bout du bridage, on vient fixer les lignes qui relient l’aile à la barre.

Typologies de formes d'ailes

L’aile « Bow » (ou aile plate) désigne une aile de forme presque plate, et donc très peu « archée », au bord de fuite concave. Posée sur le bord d’attaque, leur profil est très légèrement arrondi. Les ailes de cette forme étaient une avancée en terme de sécurité vers 2005, car elles permettaient un depower bien plus important grâce à un bien meilleur border-choquer. L’aile « C-Shape » est une aile de kite dont le profil est plus marqué. Les ailes en arche ont été les premières ailes à boudin sur le marché ; leur forme leur prodigue une puissance brute parfois impressionnante.

L’aile « Delta » possède un profil de voile posé sur son bord d’attaque arrondi. La voile est plus large au centre qu’aux extrémités (forme delta). La portance est donc supérieure, ainsi qu’à taille égale la puissance. Ce sont des voiles stables et puissantes, ayant une excellente redecollabilité. Les hybrides sont à l’origine des kites reprenant la forme en C des voiles en arche et le bridage des ailes plates ou ailes Bow, afin de garantir redecollabilité et sécurité. L’aile « Sigma » reste jusqu’à présent une spécialité de la marque Naish. Elles ont un bord d’attaque en forme de W. Le but recherché était d’assurer au spi une tension permanente.

Pilotage et gestion de la puissance

La barre permet au kitesurfeur de piloter son aile de droite à gauche. Elle est l’élément de contrôle où arrivent les lignes, elles-mêmes attachées à la voile. Le « border-choquer » permet de gérer la puissance délivrée par l’aile de kite. On borde son aile en tirant la barre (on rapproche la barre de soi, ce qui augmente la puissance et la portance) et on choque l’aile en poussant la barre (on éloigne la barre, ce qui diminue la puissance). Le « trim » se situe au niveau des lignes, vers la barre. Il permet de donner plus ou moins de puissance à l’aile. C’est un réglage qui peut se faire en navigation.

Le zénith est le point au-dessus de votre tête où l’aile ne tire plus. Monter son aile au zénith permet donc de se mettre au repos si elle y est stable. Le bord de fenêtre est la zone où le vent ne génère plus du tout de traction sur l’aile. La fenêtre de vent est l’espace dans lequel vole ton aile de kitesurf avec plus ou moins de puissance selon sa position. Plus le kite est proche du bord de cette fenêtre, plus tu perds de la puissance. Faire « vivre l’aile » consiste à la balancer de gauche à droite et de droite à gauche pour qu’elle ait assez de force pour nous tracter.

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Techniques de navigation et manœuvres

Le « water-start » est l’action de prendre un départ de l’eau en montant sur sa planche depuis la position semi-allongée sur le dos. C’est le début de la gloire ! C’est lorsque, assis dans l’eau, prêt à naviguer, planche aux pieds, on lance l’aile assez fort pour que l’on puisse sortir de l’eau. Le « crantage » consiste à appuyer fortement sur sa jambe arrière lorsque l’on glisse sur l’eau sur sa planche. Bien cranter permettra de remonter au vent et aussi d’engager un saut. Le « pop » est l’effet « ressort » d’une planche ; quand on donne une impulsion avec notre jambe arrière pour se soulever un peu, c’est un basique pour certaines figures freestyle.

Remonter au vent est le fait de gagner de la latitude par rapport au point de départ. L’inverse est « descendre au vent ». Descendre au vent peut être volontaire, par exemple pour faire un « downwind » (le fait de descendre au vent pour profiter d’une session sans se préoccuper de remonter au vent). Descendre au vent peut aussi être la conséquence d’un crantage pas assez franc. « Caper » est la technique de navigation permettant de remonter au vent par bords successifs. Tirer un bord est l’action en kite de se déplacer sur l’eau dans une direction précise en trajectoire rectiligne.

La nage tractée se passe dans l’eau, sans planche, mais avec l’aile. Le but, c’est de comprendre comment « faire vivre l’aile » pour qu’elle ait assez de force pour nous tracter. On pratique aussi la nage tractée lorsqu’en navigation, on perd notre planche. Il faut alors remonter au vent en nage tractée pour pouvoir la récupérer. Le « virement de bord » est lorsque l’on fait un demi-tour, pour repartir dans l’autre sens. La transition est la manœuvre qui consiste à changer de bord soit en allant vers le vent, soit en allant sous le vent. Le « jibe » est un changement de bord, ou un virage sous le vent, en gardant la planche au planning.

Environnement et conditions de vent

L’anémomètre est un instrument électronique qui permet de connaître la force du vent. Vérifier la force du vent avec un anémomètre est très pratique pour choisir la taille de son aile. En langage marin, les nœuds expriment la force du vent (1 nœud = 1,852 km/h). Le vent « offshore » vient de la terre et souffle vers la mer. Il est fortement déconseillé de naviguer avec du vent offshore car il est souvent rafaleux et comporte un risque de dériver vers le large. Le vent « onshore » souffle de la mer vers la plage. Le vent « side » souffle parallèlement à la plage.

Le vent thermique est un phénomène local provoqué par un différentiel de température au sol et en surface de l’eau. Il vient renforcer le vent météo ou le contrarier. Le clapot résulte de la force du vent, des houles qui se croisent et de la hauteur des fonds. Selon les endroits, vous en aurez plus ou moins. On utilise souvent les termes anglais « flat » (plat) ou « choppy » (agité) pour qualifier l’état du plan d’eau. La dévente est un endroit du spot où le vent est moins fort, causé par un obstacle perturbant le flux du vent (dunes, digues, maisons, immeubles, arbres).

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