L'écurie Gitana, forte de 150 ans d'histoire maritime, s'inscrit incontestablement dans le temps, repoussant sans cesse les limites de l'innovation dans le monde de la voile océanique. Cette tradition de l'excellence et de l'audace se manifeste à travers ses machines, notamment les Maxi Edmond de Rothschild, des trimarans conçus pour la vitesse et le vol en haute mer. Ces géants des mers incarnent une quête perpétuelle de performance, où la technologie de pointe rencontre une vision artistique distinctive.
Le Maxi Edmond de Rothschild (Gitana 17) : Le Pionnier du Vol Hauturier
Le Maxi Edmond de Rothschild, baptisé également Gitana 17, a marqué l'histoire comme le trimaran océanique le plus rapide au monde à la fin de l’année 2019. Mené par les skippers Franck Cammas et Charles Caudrelier, ses performances ont été remarquées, notamment lors de son passage en tête au Cap (Afrique du Sud), deuxième et dernière marque de parcours de Brest Atlantiques. Cette compétition, une longue boucle entre la France, le Brésil, l’Afrique du Sud et retour à Brest, a été le théâtre de démonstrations impressionnantes de ses capacités.
Ce trimaran à foils de 32 mètres de long sur 23 mètres de large peut porter 650 mètres carrés de voile, une surface impressionnante qui lui confère une puissance considérable. Ses performances étaient telles que le Maxi Edmond de Rothschild est capable de « voler » sur ses appendices porteurs à plus de 40 nœuds. Cette vitesse exceptionnelle, comme le souligne l'observation, est atteinte quand il y a du vent et que Gitana 17 peut exploiter à fond son extraordinaire potentiel. Ce n’est évidemment pas toujours le cas, et la gestion du bateau en cas de vents faibles s’avère épuisante pour l’équipage, même pour un duo aussi expérimenté que Franck Cammas et Charles Caudrelier. Ces marins, qui comptent parmi les meilleurs au monde, ont su tirer parti de cette machine fabuleuse, faisant des premières navigations sur le Maxi Edmond de Rothschild des moments qui ont rebattu les cartes pour Charles Caudrelier, relançant sa carrière et ses envies de large. Gagner la Route du Rhum avec ce bateau était un rêve, et cette victoire a gardé une place particulière pour le skipper.
Si Gitana 17 a bousculé les standards il y a près de sept ans avec l'avènement du vol hauturier, son design a également fait sensation. En 2017, pour le lancement du Maxi Edmond de Rothschild, le team franco-suisse avait défrayé la chronique en confiant la décoration du bateau à un grand nom du street art, Cleon Peterson, en partenariat avec le Palais de Tokyo. Le design du précédent Gitana, le 17, était ainsi signé d’une star du street art, Cleon Peterson, intégrant l'art contemporain au cœur de la haute performance nautique.
L'Héritage et la Vision Audacieuse de l'Écurie Gitana
L'écurie Gitana, qui se prépare à lancer un nouveau Maxi-Trimaran, s'inscrit dans une longue lignée d'innovations. Cette écurie aux cinq flèches est aujourd'hui représentée par Ariane de Rothschild et ses filles, portant une "culture de l'innovation et de l'audace". Pour Ariane de Rothschild, le nom de sa famille signifie planifier des projets à long terme et prendre un certain niveau de risque. Elle a souligné que, dans sa famille, il y a toujours eu une passion pour la compétition, la performance et aussi pour les ruptures technologiques.
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Le nouveau "Maxi Edmond de Rothschild" est le vingt-huitième bateau en bientôt 150 ans d'histoire de l'écurie Gitana. Ce bateau, comme l'a dit Ariane de Rothschild dans une interview, est l'incarnation de l'art français de la construction navale. Il représente l'excellence française et montre un niveau de technologie et d'ingénierie difficile à trouver. C'est le cas de "Gitana 18", qui a succédé à "Gitana 17", un bateau qui a remporté de nombreuses courses et réalisé de nouvelles performances, comme le record du monde, et notamment la victoire lors de l'Arkea Ultim Challenge 2024 avec le skipper Charles Caudrelier. Dès 2017, Ariane de Rothschild et le Gitana Team étaient les premiers à croire que la course au large était l'avenir de la course au large. Huit ans plus tard, enrichie de l'expérience de "Gitana 17" sur plus de 200 000 milles nautiques et galvanisée par de nombreux succès, l'écurie lance aujourd'hui "Gitana 18" dans la course, incarnant une nouvelle étape dans cette quête.
Le Projet Gitana 18 : L'Aube d'une Nouvelle Ère du Vol Océanique
L’annonce de la construction d’un nouveau Maxi était attendue. C’est finalement un nouveau maxi-trimaran que l’écurie Gitana va construire. Son successeur, un Ultim de 32 mètres de long pour 23 mètres de large, ne devrait pas non plus manquer d’arguments. Pensée pour respecter le cadre architectural de la classe Ultim, notamment les dimensions et les règles principales, cette nouvelle unité conservera cependant une certaine liberté dans des développements ciblés. Cette approche a déjà été fructueuse avec Gitana 17, notamment sur les sujets d’asservissement.
Dans les grandes lignes du cahier des charges de cette nouvelle unité aux cinq flèches figurent les deux grands axes immuables : l’amélioration du « moteur », c’est-à-dire les voiles et tout ce qui est au-dessus du pont, et la limitation de la traînée. Ce projet est le fruit d'un travail collectif intense. Depuis des mois, le team d’architectes Verdier et le design maison de Gitana ont débuté les études. Charles Caudrelier a consacré environ 99% de son temps à ce projet au cours de l'année écoulée, travaillant des heures et des heures sur le simulateur du bateau, donnant son avis aux designers, ce qui a vraiment modifié beaucoup de choses sur les foils.
Une grande nouveauté fait également partie du projet Gitana 18, puisque le nouveau géant sera construit chez CDK Technologies. L’écurie aux cinq flèches a en effet choisi de faire confiance à Stéphane Digard et ses équipes de CDK Group. Leurs dernières réalisations tant chez les Ultim que dans d’autres classes, le sérieux de leur démarche, la qualité de leurs infrastructures avec un outil industriel de pointe qui répond à l’ensemble des attentes et des process de fabrication ont motivé le choix final. La proximité a également été un atout, tant dans la gestion du projet que pour la démarche d’impact en place chez Gitana.
Le projet du premier Maxi Edmond de Rothschild était un défi, une page blanche, mais aussi une démarche collective grâce à laquelle le bateau a été dessiné. Le travail d’équipe avec les collaborateurs - Véronique Soulé, Romaric Neyhousser, Hervé Penfornis, Loïc Goepfert et Romain Garo entre autres - ainsi que la confiance dans laquelle s’est déroulée la mise au point avec l’équipe Gitana ont été essentiels. Aujourd’hui, le désir est de continuer l’histoire. Avec ce nouveau bateau, l'équipe a envie de faire le pas suivant, et il y a beaucoup de matière et de pistes. L'estimation est d'être peut-être au tiers des connaissances sur le vol océanique, et encore. Dans le nouveau projet, les études ont montré qu’il y avait du potentiel, promettant à la fois des petits pas et des grandes ruptures technologiques.
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Innovations Techniques Majeures de Gitana 18 : La Quête du Vol Intégral
Avec "Gitana 18", une nouvelle ère de vol à plein temps s'ouvre. Ce bateau est une réinvention, pensée pour le vol intégral et la haute performance. Le directeur technique Pierre Tissier explique la différence : "Avec 'Gitana 17', nous avons été les premiers à aborder le thème du vol constant au large sur foils. Avec 'Gitana 18', nous savons comment voler, mais nous poussons les concepts de vol avec ce bateau, nous voulons atteindre un vol plus constant." Cet objectif, volontairement ambitieux, est de voler à 100 %, non seulement sur les circuits courts comme le SailGP, mais aussi en haute mer.
En matière d’aérodynamisme, un effort important sera consacré à la plateforme puisque ce Maxi sera le premier construit autour d’une nouvelle règle de visibilité, mais aussi au gréement. Côté hydrodynamisme, l’ensemble des appendices (foils, safrans, dérive aile de raie) sera revu notamment pour voler plus tôt et bénéficiera non seulement de l’état de l’art mais aussi et surtout de l’expertise acquise grâce à la somme de datas collectés sur Gitana 17. Sur le foil, les deux ailes peuvent être réglées indépendamment l'une de l'autre. Cela permet de générer du lift et de réduire la dérive. Le moment de redressement est également augmenté par la possibilité d'avoir des options d'orientation différentes pour les deux wings. Sous les flotteurs, ses foils en Y réglables sur trois axes, Gitana 18 s'inspire directement des AC75 de la Coupe de l'America, mais sur une unité de 32 mètres. Chaque foil possède une aile de plus de 5 mètres d'envergure, permettant une portance accrue tout en adaptant les réglages en fonction des allures et de l'état de la mer. Cette modularité est l'un des éléments clés de la recherche de stabilité à haute vitesse. Le T-Foil sous le fuselage principal permet, en combinaison avec les deux safrans dans l'eau, un mode de vol plus stable, particulièrement vrai par mer formée.
Les safrans, qui ont moins de torsions grâce à leur forme en U, maintiennent le bateau dans un mode de vol plus stable. Le T-Foil et les trois safrans en forme de U n'ont pas été usinés en fibre de carbone, mais dans un alliage métallique spécial. L'équipe est restée discrète sur la composition de l'alliage métallique et sur son poids, cela reste pour l'instant l'un des rares secrets avec lesquels la mission de la "Gitana 18" débute. Les bras des deux foils et leurs ailes, ainsi que la partie centrale d'environ 2,50 mètres de long, sont toutefois fabriqués en carbone pour des raisons de poids.
Le nouveau concept de mât fait également sensation. Par rapport au mât du "Gitana 17", le nouveau mât est plus court et plus étroit dans sa forme d'aile. Le skipper Charles Caudrelier le qualifie de "révolution". C'est un mât de cantonnement avec des barres de flèche réglables qui, pour la première fois sur un bateau de cette taille, peuvent être réglées jusqu'à 35 degrés vers l'arrière. Avec ces barres de flèche réglables, il est possible de courber davantage le mât dans la phase si importante de transition vers le mode de vol, d'aplatir ainsi les voiles, de rendre la forme de la voile nettement plus flexible et de mieux l'adapter à la vitesse.
L'intégration du marin dans la plateforme a été repensée, car les efforts de ces bateaux ne sont pas du tout à l'échelle humaine. Rendre cela accessible au navigateur est une responsabilité clé. Le rouf est également différent et se distingue par de très nombreuses fenêtres qui doivent permettre au skipper Charles Caudrelier d'avoir une meilleure vue d'ensemble. Ce concept a été réalisé à l'aide d'un programme de réalité virtuelle qui a montré le positionnement parfait des fenêtres. Sous le pont, l'aspect noir du carbone nu a été conservé à la demande de Charles Caudrelier. Le skipper espère notamment que cela réduira la réflexion des écrans de données omniprésents et se sent en principe plus à l'aise dans un environnement plus sombre.
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Performance Attendue et Ambitions de Records pour Gitana 18
De quoi sera capable ce "Maxi Edmond de Rothschild" qui, sur le papier, pourrait être 10 à 15% plus puissant que son prédécesseur ? Charles Caudrelier, qui classe le nouveau "Gitana 18" comme une Formule 1 perfectionnée pour la mer, répond qu'il sera "un peu plus que 'Gitana 17', même si ce n'est pas beaucoup plus". Il anticipe que "en mer agitée, nous serons plus rapides, mais pas tant que ça". Avec ce nouveau bateau, l'équipe espère atteindre un vol aussi parfait que possible. Dans l'idéal, ils pourront voler très haut sans jamais toucher les vagues. L'espoir est de pouvoir voler dans des vagues de trois mètres de haut et d'atteindre une vitesse de navigation moyenne de près de 40 nœuds.
Caudrelier pense qu'ils peuvent battre les 40 jours, faisant référence au record Jules Verne d'"Idec Sport" de 2017 qui est de 40 jours et 23 heures. Il ajoute que cela aurait été tout aussi possible avec 'Gitana 17', mais maintenant, les chances sont plus grandes. Le Tour du Monde, l’Arkéa Ultim Challenge qui l’attend, représente un défi Ultim. Charles Caudrelier, qui a tant voulu faire le Vendée Globe, se trouve à quelques jours de son premier tour du monde en solitaire en course et à la barre d'un des bateaux les plus emblématiques. L’annonce de la construction d’un nouveau Maxi est forcément une grande et belle nouvelle.
Ce nouveau bateau vise à posséder les mêmes atouts en termes de performance mais en comblant ce qui a été identifié comme des points faibles. Un des gros critères aussi dans la démarche est la durabilité, en cherchant au maximum des solutions innovantes pour minimiser les impacts et les détériorations qui en découlent. C'est un pas vers l'avenir, avec 50 000 heures de recherche et 200 000 heures de construction ayant marqué les 36 mois de développement. Plus de 200 personnes ont participé au projet jusqu'au premier dévoilement à La Base de Lorient. Comme son prédécesseur, le 'Maxi Edmond de Rothschild' doit ouvrir de nouvelles voies.