L'aviron est une discipline sportive exigeante qui repose sur une technicité précise et un matériel spécialisé. Si vous démarrez l'aviron ou avez l'intention de le faire, il est impératif d'adopter dès le début la terminologie correcte. Tout d'abord, n’utilisez jamais le terme « rames » ! Vos « rames », ce sont en fait des avirons, que l’on nomme dans le langage courant des pelles. La maîtrise de ces outils passe par la compréhension du rôle de la dame de nage, qui est le support mobile dans lequel vient se fixer l’aviron, et par l'apprentissage des directions spécifiques : vous ne tournerez pas « à droite » ou « à gauche », mais vous virerez à tribord ou à babord. Vos repères seront inversés, car lorsque vous ramez, vous n’êtes pas assis dans le sens de la marche.
Pour vous aider, des couleurs sont apposées sur les pelles : la couleur rouge indique babord (gauche dans le sens de la marche… mais droite pour les rameurs) et la couleur verte indique tribord (droite dans le sens de la marche… mais gauche pour les rameurs). Une astuce mnémotechnique utile est le « TGV » : Tribord, Gauche, Vert.
L'évolution historique du siège mobile
L'accessoire qui a radicalement changé la façon de ramer est le banc de nage à roulette, ou « sliding seat ». Les archéologues confirment que l’examen attentif d’un certain nombre de bas-reliefs, en particulier celui découvert en 1859 par le sieur Lenormant dans les ruines d’Erechteion, ne laisse aucun doute sur le fait que les rameurs grecs poussaient déjà sur leurs jambes pour avoir un coup d’aviron plus efficace. Le « sliding seat » n’étant pas encore à la mode, il fallait se « graisser l’arrière-train » pour en assurer le déplacement du corps du rameur et ainsi augmenter l’angle de balayage de l’aviron.
Il faut attendre 1870 pour que Walter Brown dépose un brevet d’un « sliding seat » constitué d’un siège en bois coulissant sur deux rails cylindriques en métal de 25 cm de long. En Europe, un Anglais nommé Scarle équipe un bateau destiné au célèbre match Oxford-Cambridge d’un banc en bois doté à chaque angle d’un « bouton » en os qui glisse sur des baguettes cylindriques en verre plein. Plus tard, on utilisa le tube d’une bande de cuivre pour préserver le pantalon du rameur. En 1871, le Catalogue illustré propose un équipement nettement plus élaboré consistant à interposer entre le fessier du rameur et le bateau une fine lame de bois dur, droit de fil dans le sens du bateau, poncée finement, puis suiffée à refus.
Mécanique et fonctionnement moderne du siège
Aujourd'hui, le siège mobile fait l’objet d’innovations constantes. On en augmente l’amplitude pour une même course sur les rails : il roule sur deux rails plats fixés de part et d’autre d’un guide. Le dispositif est devenu respectable, presque un véritable train d’atterrissage. Certains systèmes complexes utilisent jusqu'à huit roulettes pour un seul homme. Les sièges à roulement modernes reposent sur des coussinets en téflon ou sont montés sur des roulements à billes pour minimiser la friction.
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Les constructeurs privilégient désormais la résistance à l’oxydation, utilisant des portées en matériaux composites ou des rails en acier inoxydable. Pour la structure, des ouvertures sont pratiquées dans le plateau du siège pour ménager les ischions de nos rowingmen. Du fait de la mobilité du rameur, il est nécessaire que ses pieds soient fixés au bateau par des chaussures solidaires d’une planche inclinée. L’angle de cette planche est généralement réglé entre 42 et 45 degrés selon la souplesse du rameur. Un angle trop faible place le rameur trop sur l’avant, empêchant les tibias d’être verticaux lors de la prise d’eau.
Les fondamentaux de la technique de nage
L’aviron est un sport avec un geste cyclique. La phase de propulsion s'étend de l'attaque au dégagé, tandis que la phase de replacement correspond au retour avec un contrôle de la vitesse de la coulisse. À l’attaque, juste avant la prise d’eau, les bras sont en hyper extension, les épaules et le haut du dos sont relâchés, le bas du dos est tenu et gainé. Les jambes entament alors une poussée dynamique.
Il est crucial de ne pas forcer avec les bras, car c’est un défaut que l’on a tous lorsque l’on débute. Les bras ne servent qu’à accompagner le mouvement. De même, ne serrez pas trop vos pelles ; cela ne sert à rien et donne des ampoules. Efforcez-vous de mettre vos pelles « au carré » avant de les entrer dans l’eau en tournant vos poignets pour faire pivoter les pelles d'un quart de tour. Faites ensuite un « renvoi de mains » très rapide : une fois que vos pelles sont sorties de l’eau, ramenez très vite vos mains à hauteur des genoux. Prenez garde à la hauteur de vos mains : elles doivent être ni trop hautes, au risque de toucher l’eau, ni trop basses.
Réglages et maintenance du matériel
Les réglages d’un bateau et des pelles sont des valeurs moyennes adaptables selon les gabarits. Le levier intérieur, mesure du bout de la poignée jusqu’au collier, détermine l’angle de balayage de l’aviron, qui doit être voisin de 90 degrés en pointe et 105 degrés en couple. L'angle d’attaque, ou « coiffe », est la position de la palette lors de son entrée dans l’eau. L’inclinaison est correcte lorsque l’immersion est complète ; si la pelle « coiffe », elle ne pénètre pas assez, si elle « coule », elle s’enfonce trop, rendant le bateau instable. Une valeur proche de 5 degrés est généralement idéale.
L’état de surface intérieur comme extérieur d’un bateau doit rester en parfait état. Les axes des coulisses et des dames de nage doivent être le plus propres possibles ; au besoin, utilisez du dégrippant pour retirer les dépôts. Lors de la mise à l’eau, veillez à ne pas laisser traîner les avirons sur le ponton. Placez la palette verticalement sur le ponton pour éviter de la coincer entre deux planches. Les Yoles et les Yolettes se mettent à l’eau perpendiculairement au ponton, tandis que les Outriggers se mettent à l’eau parallèlement.
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