L'équipe Sodebo Voile incarne une quête incessante de dépassement et d'innovation, solidement ancrée dans l'expérience et la persévérance. À travers ses exploits récents et ses défis à venir, elle démontre la vitalité d'un projet mené par des hommes passionnés, dont le parcours est indissociable des avancées technologiques et des ambitions sportives les plus audacieuses de la course au large. Thomas Coville, figure emblématique de cette aventure, partage une philosophie où la confrontation est un moteur essentiel de progression, non seulement pour son équipe, mais pour l'ensemble de la classe des Ultims.
Thomas Coville : Un Parcours de Légende au Service de la Performance
À 55 ans, Thomas Coville possède un palmarès qui le place parmi les marins les plus expérimentés de sa génération. Il compte huit tours du monde à son actif, dont trois en multicoque en solitaire et deux en équipage, des chiffres qui témoignent de sa longévité et de sa maîtrise des océans. Des épreuves aussi prestigieuses que le Trophée Jules Verne, le Trophée Saint-Exupéry ou la Route du Rhum garnissent son armoire à trophées, illustrant une carrière riche en succès et en défis relevés.
La Transat Jacques Vabre a toujours constitué un véritable fil conducteur du parcours de Thomas Coville et de son partenaire Sodebo. Leur longue et belle histoire est justement née sur cette Route du Café en 1999 avec une victoire en Imoca du duo Thomas Coville-Hervé Jan. Un an plus tard, en 2000, le succès est de nouveau au rendez-vous : Thomas Coville, associé à Jean-Luc Nélias, s’offre une deuxième victoire sur la Transat Jacques Vabre. Plus récemment, quatre ans après ces victoires, pour le retour de la classe Ultim sur la Route du Café, il était associé à Thomas Rouxel. Alors que les deux skippers occupaient les avants-postes, ils furent victimes dès le deuxième jour d’une avarie les obligeant à s’arrêter aux Canaries, puis de repartir en direction de la Martinique. Quelques jours après, ils achevèrent cette course en 5ème position. Pour l'édition 2023, Thomas Coville a choisi de s’aligner, comme en 2021, avec Thomas Rouxel, qui l’accompagne depuis maintenant quatre ans au sein du Team Sodebo Voile.
Cette édition 2023 revêt une saveur particulière pour Thomas Coville, puisqu’elle marquera les 24 ans de sa première course sous les couleurs de Sodebo. Il exprime cette signification profonde : « Que de chemin parcouru depuis ! Il y a un quart de siècle, je disputais effectivement ma première Transat Jacques Vabre, qui marquait également mes grands débuts avec Sodebo. Cerise sur le gâteau, nous avions gagné en Imoca avec Hervé Jan, ce serait magnifique de célébrer cet anniversaire par une nouvelle victoire avec Tom ! Je suis persuadé que nous avons toutes les armes pour y arriver. » Cette déclaration souligne la force d'un engagement qui s'inscrit dans la durée et l'ambition renouvelée.
La philosophie de Thomas Coville est imprégnée d'une recherche constante de dépassement de soi, comme il le résume si bien en citant Antoine de Saint-Exupéry : « L’homme se découvre quand il se mesure à l’obstacle : cette phrase d’Antoine de Saint-Exupéry dans Terre des hommes a résonné dans ma tête pendant des années avant que j’en comprenne toute la force. […] En me confrontant à l’espace et au temps, en décidant que mon désert serait liquide et à l’échelle de la planète tout entière, j’ai repoussé mes rêves. » Cette approche audacieuse et réflexive guide chaque décision et chaque préparation au sein du Team Sodebo.
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Thomas Rouxel : Le Partenaire Indispensable
Doucement, mais sûrement, Thomas Rouxel s’impose à 40 ans comme l’un des marins français les plus expérimentés au large. Son parcours, bien que différent, complète parfaitement celui de Thomas Coville. Car s’il a débuté, comme beaucoup, par la voile légère avec son frère du côté d’Erquy (Côtes d’Armor), où ses parents tenaient un hôtel-restaurant, le Breton a ensuite été happé par le large. Ce sportif accompli, adepte des sensations fortes, cultive au quotidien un sens aigu de la glisse, même lorsqu'il n'est pas au large, s'adonnant au funboard, au Moth à foil, au kite. Cette passion explique pourquoi il s’est pris d'une telle affection pour les Ultims : « Ces bateaux sont incroyables, leurs performances exceptionnelles, je prends énormément de plaisir à barrer, à chercher les petits réglages qui permettent d’aller plus vite, c’est vraiment une série qui me convient bien. »
La relation entre Coville et Rouxel est basée sur une confiance mutuelle et une complémentarité avérée. Thomas Coville décrit son coéquipier en ces termes : « C’est un garçon discret et humble vu de l’extérieur, mais très cash et précis dans les débriefings. Dès le début, on lui a donné la possibilité de s’exprimer et d’influencer le groupe, ça lui a permis de prendre confiance et de nous faire partager sa connaissance et son assurance, donc de faire progresser toute l’équipe. Sur l’eau, on voit qu’il a une vraie passion du large : il a des gestes précis, un déplacement très assuré, et à la barre, il place le bateau où il veut. J’ai vraiment l’impression que nous sommes devenus interchangeables, notre duo est désormais vraiment bien installé. » Thomas Rouxel confirme cette harmonie : « Dès que je suis arrivé, j’ai tout de suite senti qu’on m’accordait beaucoup de confiance, ce qui m’a permis de vite m’intégrer. Avec Thomas, cela fait maintenant quatre ans que nous partageons des expériences très fortes, nous avons beaucoup navigué ensemble, si bien que dès que nous montons sur le bateau, nous arrivons rapidement à trouver les bons réglages. »
En prévision de la Transat Jacques Vabre, le Costarmoricain conclut, à propos du défi qui attend les deux hommes : « Nous aurons peu de temps entre la mise à l’eau et le moment où nous partirons au Havre, donc il faudra être encore plus efficaces que d’habitude pour s’adapter aux modifications faites sur le bateau, le challenge est relevé mais passionnant. » Cette efficacité et cette capacité d'adaptation sont les piliers de leur succès.
Le Triomphe du Trophée Jules Verne : L'Audace Récompensée
L'effervescence était palpable ce dimanche, peu après 13 heures, à l'arrivée de l'équipage de Thomas Coville au port de Brest où les nouveaux détenteurs du Trophée Jules Verne ont été accueillis en héros. Un public nombreux est venu accueillir Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Guillaume Pirouelle, Frédéric Denis, Nicolas Troussel, Pierre Leboucher et Léonard Legrand, qui ont amélioré le record du Trophée Jules Verne. Le 26 janvier 2026, l'équipage du trimaran le plus rapide de la planète, après avoir parcouru les quatre océans, a rejoint son port d'attache en milieu d'après-midi.
Après 40 jours, 10 heures et 45 minutes de navigation, Sodebo Ultim 3 a franchi la ligne d’arrivée entre Ouessant et le cap Lizard, établissant un nouveau record du tour du monde à la voile. Cet exploit a marqué l'histoire de la course au large. Il aura fallu neuf ans et treize tentatives - dont trois pour Sodebo - pour voir tomber ce record mythique. Au-delà de la performance purement sportive, cette aventure s’impose comme une grande réussite humaine et collective, suivie avec ferveur par le public.
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Thomas Coville, visiblement ému, partage sa joie : « C’est une joie intense, à la fois du soulagement et beaucoup d’excitation. On est entouré de la famille, des amis, des partenaires et de nombreux salariés de Sodebo. On est très heureux et très fiers de partager ce moment avec eux, comme nos marins l’ont fait tout au long de leur parcours. C’est le résultat de la belle histoire commune que nous écrivons depuis 27 ans avec Thomas (Coville). » Cet équipage éclectique mais ô combien complémentaire a marqué l'histoire ! En bouclant leur tour du monde en 40 jours, 10 heures et 45 minutes, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel s’offrent l’iconique record autour du monde, le Trophée Jules Verne. Leur exploit, fruit d’un travail de longue haleine, est une démonstration éclatante de la vitalité de la classe ULTIM, deux ans après l’Arkéa Ultim Challenge, le premier tour du monde en solitaire disputé sur ces multicoques de géant.
Ils l’ont fait ! En remportant le Trophée Jules Verne, Sodebo Ultim 3 a réalisé un sacré tour de force. Ces neuf dernières années, treize tentatives avaient eu lieu dont quatre menées par Thomas Coville et son équipage. L’hiver précédent, leurs tentatives s'étaient arrêtées subitement à l’équateur puis dans l’océan Indien. Un an plus tard, les mêmes skippers présents en 2025 ont décidé de retenter leur chance, démontrant une persévérance inébranlable.
Le Nouveau Record : Une Analyse Météorologique et Technologique
La performance de Sodebo Ultim 3 a été saluée par l'ensemble de la communauté de la voile, notamment par les concurrents directs. Charles Caudrelier, Armel Le Cléac’h, Anthony Marchand et Tom Laperche ont tous exprimé leur admiration. Ils saluent « leur mérite » (Charles Caudrelier), « leur super Trophée Jules Verne » (Armel Le Cléac’h), « leur magnifique parcours » (Anthony Marchand) et « leur capacité à aligner toutes les planètes » (Tom Laperche). Armel Le Cléac’h ajoute : « Nous sommes tous fiers pour Thomas qui est une figure de la classe, pour l’équipe et le sponsor historique. » Tom Laperche poursuit : « Ils ont été récompensés pour tout leur travail, leur persévérance et la belle longévité dont ils font preuve. » Et Charles Caudrelier confirme : « L’équipe et le sponsor y ont toujours cru. »
Dès le départ, Sodebo Ultim 3 a impressionné. L’équipage a fait preuve d’audace en s’élançant dès le 15 décembre, au tout début de son stand-by. Il a bénéficié de conditions météos favorables pour descendre l’Atlantique nord à proximité de l’orthodromie. Anthony Marchand souligne l'évolution de la stratégie météorologique : « On constate à quel point les fenêtres météo pour les bateaux archimédiens et les nôtres sont très différentes. Ce qui compte désormais, ce n’est pas d’avoir du vent plus fort mais un flux le plus constant. » Néanmoins, Sodebo Ultim 3 a bénéficié d’un scénario météo très favorable jusqu’à l’équateur, atteint après 4 jours et 4 heures seulement, battant un premier record. « Ils ont été impressionnants dans la descente de l’Atlantique jusqu’à l’équateur, reconnaît Tom. » Charles Caudrelier tempère cette observation en ajoutant : « Leur premier tronçon a été extraordinaire mais ensuite, ils n’ont pas eu des enchaînements météo faciles, notamment dans les mers du Sud. » Armel Le Cléac’h rappelle un contraste : « Les skippers d’IDEC Sport avaient eu des conditions exceptionnelles entre Bonne Espérance et le cap Leeuwin où ils n’avaient pas fait un empannage. »
Au-delà du scénario météo, Sodebo Ultim 3 a démontré une nouvelle fois la fiabilité des Ultims par tous les temps. Tom Laperche l'affirme : « Nos bateaux progressent et ils ont un potentiel de vitesse beaucoup plus conséquent qu’IDEC Sport en 2017. J’ai toujours été convaincu que le record de Francis (Joyon) serait battu avec nos bateaux. » Armel Le Cléac’h partage cette conviction : « Entre ce tour du monde, l’Arkéa Ultim Challenge et les dernières transatlantiques, nous avons tous prouvé que nos bateaux sont désormais fiables et qu’ils se rapprochent de leur potentiel maximum. » Charles Caudrelier ajoute avec un sourire : « Forcément, plus on va vite, plus ça crée des efforts et plus ça provoque des problèmes. »
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L'Impact sur la Classe ULTIM et les Prochaines Ambitions
Dans toute la classe, ce record donne forcément des idées. Le Team Banque Populaire a annoncé en début d’année envisager de s’élancer l’an prochain. Chez SVR-Lazartigue et Actual, si aucune annonce n’a été faite en ce sens, Tom Laperche évoque « son envie » de le tenter à moyen terme et Anthony Marchand assure « être intéressé par le challenge ». Charles Caudrelier, dont le nouveau Maxi Edmond de Rothschild Gitana 18 sera bientôt mis à l’eau, souligne : « Battre ce nouveau record et passer sous la barre des 40 jours, c’est très tentant. »
Samuel Tual, Président de la Classe ULTIM, salue cette performance avec enthousiasme : « Le Trophée Jules Verne est un monument de la course au large et ce record, qui a tenu 9 ans, a une saveur particulière. Cette victoire est avant tout celle de la persévérance. Celle de Thomas Coville, qui n’a jamais cessé d’y croire, et celle de son partenaire Sodebo, engagé à ses côtés depuis près de 30 ans. Ce record est très inspirant, pour les marins bien sûr, mais aussi pour les armateurs et l’ensemble de l’écosystème de la course au large. Il démontre que l’audace, lorsqu’elle s’inscrit dans la durée, permet de prétendre à de grandes victoires. » Ce message résonne comme un appel à l'action pour toute une filière.
Maintenance et Préparations pour les Futures Régates
Une fois le triomphe du Trophée Jules Verne célébré, l'équipe Sodebo Voile se tourne déjà vers l'avenir et les importants travaux de maintenance. Une équipe dévouée va s'atteler à remettre en état le maxi trimaran. Pour ce que l'on connaît des dégâts, en plus du démontage et de la vérification de tous les systèmes hydrauliques, électriques, électroniques, il va y avoir du travail du côté du jeu de voiles, du balcon avant arraché, de tout le système de relevage et de carénage du safran tribord, une vérification de tous les appendices et leur réparation pour les petits chocs, le carénage du bras avant et la vérification de l'intégrité de la poutre, ainsi que l'aéro du bras arrière. Dans une moindre mesure, les éoliennes qui ont disparues rapidement lors de ce tour du Monde et sans doute plein d'autres petites choses, dont nous n'avons pas connaissance, nécessiteront également une attention.
Le trimaran Sodebo Ultim' 3 a un premier rendez-vous fin avril, avec les autres Ultims', pour la première course de la saison à Antibes, l'Odyssée Ultim'. Il reste deux bons mois pour le remettre à neuf, tout en sachant que l'équipe travaille aussi actuellement depuis plusieurs mois sur l'Ocean Fifty Sodebo Fifty, qui va rentrer en peinture ou/et décoration et qui sera skippé par Léonard Legrand. La préparation est donc double, engageant l'équipe sur plusieurs fronts simultanément.
Le 24H ULTIM 2025 : Une Épreuve Clé pour la Saison
Le 24H ULTIM 2025 est un événement attendu avec impatience, comme en témoigne la deuxième participation de Thomas Coville. « J’aime bien ce format de course qui fait partie intégrante de notre programme, » déclare-t-il. « Cela ponctue notre saison, cela permet d’avoir un rendez-vous où tout le monde est là. C’est une belle confrontation qui valorise aussi le travail de dizaines de personnes, voire une centaine si on globalise toutes les équipes. » Ce format court mais intense est jugé très stimulant, avec une vraie émulation pendant ces trois jours, mêlant runs et une course de 24 heures. Coville est heureux de retrouver toutes ces équipes qu’il admire beaucoup, soulignant l'importance du partage dans une vie d’athlète.
Il compare ce type de course à un polaroïd, « comme une photo qui s’efface dans le temps, dont on ne se souviendra pas, mais qui marque le moment et qui, j’espère, s’installera dans le calendrier des prochaines années. Car ce genre de format est très utile pour s’essayer, se confronter et s’étalonner. Je suis impatient. Nous avons envie et besoin de confrontation. Nous allons utiliser nos adversaires. Il y aura du match grâce à cette émulation de classe qui fait que tout le monde progresse énormément. » Cette philosophie de la confrontation comme moteur de progression est chère à l'équipe. Le leader, Maxi Edmond de Rothschild, a clairement poussé Sodebo vers cette progression. Le bateau SVR est également intéressant à observer. Thomas Coville aime tenter de lire la progression d’Armel Le Cléac’h, car elle est souvent très pragmatique. Du côté d’Actual, il se dit très heureux pour Anthony Marchand, de le voir à la tête de ce projet.
Le team Sodebo Voile aspire à de grandes victoires. Thomas Coville explique l'approche de l'équipe : « C’est sans doute par sérendipité une nouvelle fois, le fait d’avoir tenté, cassé… qui nous rend aussi ambitieux dans nos changements et dans nos évolutions de bateaux, ce qui me plaît beaucoup, car c’est une nouvelle démarche pour nous. Nous aspirons à grande victoire. Et nous nous sommes donné les moyens en allant plus loin que ce qui était prévu au départ. Je pense que nous sommes l’une des équipes qui aura le plus fait fructifier l’expérience de la Route du Rhum, que ce soit en termes de chantier ou d’évolution du bateau. Que ce soit moi, ou notre couple avec Thomas Rouxel. Et cela nous place dans une dimension bien différente de celle que nous avions il y a deux ans, au départ de la dernière Jacques Vabre. » Le 24H ULTIM 2025 promet donc « la vitesse, la stratégie, le show ».