La Trinité-sur-Mer, ville balnéaire emblématique de la Bretagne sud, s'impose comme un véritable épicentre de la course au large, attirant et formant des générations de skippers. Reconnue pour son port d’exception et son ambiance à la fois moderne et authentique, elle est le théâtre des préparations intenses et des ambitions audacieuses de nombreux marins. Alors que les skippers ne sont pas toujours disponibles en cette période de fin d’année, certains, de passage, ont pu nous faire part de leur ressenti face au port et au tissu économique local. Cet article explore les parcours de plusieurs figures marquantes du monde de la voile, leur lien profond avec La Trinité-sur-Mer, leurs défis et leurs contributions à ce milieu passionnant.
Erwan Le Roux : Un Maître de l'Ocean Fifty et des Courses au Large
Le Morbihannais Erwan Le Roux s'est forgé une réputation solide dans le monde de la course au large, notamment à bord des multicoques de la classe Ocean Fifty. Ancien skipper du bateau FenêtréA, il a su marquer son empreinte par des performances remarquables et une préparation minutieuse, faisant de La Trinité-sur-Mer son port d’attache pour son multicoque violet Koesio.
Les Préparatifs d'une Route du Rhum emblématique
À l'approche de la Route du Rhum 2022, prévue pour le dimanche 6 novembre 2022 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), Erwan Le Roux dévoile les coulisses de sa préparation intense. Les journées sont bien remplies pour le skipper, qui consacre son temps au sport et à la préparation mentale, des éléments cruciaux pour aborder une transatlantique en solitaire. Il prend également du temps pour regarder la météo afin de trouver un trou de souris pour acheminer le bateau jusqu’à Saint-Malo. Le convoyage est prévu samedi 22 octobre avec un départ vers 14h pour une arrivée à Saint-Malo le dimanche 23 octobre au petit matin. Pendant ce trajet, nous allons bosser pas mal de choses. Il faut également penser à finir la préparation du bateau. Pour le moment, nous sommes dans le timing qui a été fixé. Cela va permettre d’être serein pour profiter des premiers jours du village. Et, cela nous laisse également du temps en cas d’imprévu.
Des travaux ont également été effectués sur le bateau pour le fiabiliser et l’entretenir, l’objectif étant de ne rien laisser au hasard pour pouvoir arriver de l’autre côté. Nous avons notamment rajouté des panneaux solaires pour atteindre un total de 400 watts.
Quelques jours avant le départ, l'état d’esprit d'Erwan Le Roux est plutôt détendu et concentré sur les dernières choses à faire. La pression va commencer à monter tranquillement avec l’arrivée à Saint-Malo où il va rester quelques jours après le convoyage avant de revenir dans le Morbihan. Il reviendra ensuite quatre jours avec le départ.
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Un Palmarès Riche et des Objectifs Ambitieux
L'année précédant la Route du Rhum 2022 a été particulièrement active pour Erwan Le Roux. On vous a quitté il y a près d’un an avec une deuxième place lors de la Transat Jacques-Vabre. Depuis la Transat Jacques-Vabre, il a participé au Pro Sailing Tour, une compétition en quatre étapes ouverte aux bateaux de la classe Ocean Fifty, où il a terminé à la 3e place. Au mois de juillet, il a pris la 3e place lors de la Drheam Cup, une course en solitaire. Il y a eu également de nombreuses navigations et notamment en Méditerranée avec les partenaires. Et, depuis le mois de septembre, il prépare tranquillement la Route du Rhum, la dernière épreuve de l’année.
Son histoire avec la Route du Rhum est marquée par des performances exceptionnelles. Il a remporté la Route du Rhum en 2014 en signant un temps de référence de 11 jours et 5 heures, une prouesse qui a marqué les esprits. En 2018, il a de nouveau brillé en prenant la 2e place de cette course mythique. Pour l'édition 2022, son objectif numéro un est d’aller chercher la première place en Ocean Fifty. Toutefois, il reste réaliste, soulignant qu'avant toute chose, il faut déjà arriver en Guadeloupe. Le skipper affirme que son équipe et lui ont les armes pour jouer la victoire, mais il est conscient que la concurrence va être rude avec les autres skippers.
L'ArMen Race Uship et les Stages d'Entraînement : Forger l'Équipe
La préparation d'Erwan Le Roux ne se limite pas aux seuls ajustements techniques et physiques. La cohésion de l'équipage est également au cœur de sa stratégie. À l’occasion de la 14e édition de l’ArMen Race Uship, près de 200 bateaux ont pris le départ de cette course emblématique ce jeudi, à 14 heures, dont cinq Ocean Fifty, parmi lesquels « Koesio », mené par Erwan Le Roux. Cette course a constitué une étape clé dans le rodage de l'équipe.
Dans le même temps, il participe à un stage d’entraînement en baie de Quiberon, organisé par le centre de formation Orlabay et encadré par Daniel Souben. Ce regroupement réunit également d’autres skippers et leurs bateaux, tels que « Lazare », skippé par Tanguy Le Turquais et Erwan Le Draoulec, ainsi que « Upwing by MerConcept », mené par Anne-Claire Le Berre. Le travail effectué lors de ces stages a porté sur les manœuvres, la coordination, mais aussi sur la consolidation de l’équipage, encore en phase de construction.
Cette course viendrait clore notre phase d’entraînement, durant laquelle nous avons plutôt bien tourné avec une équipe encore en rodage, indiquait Erwan Le Roux dans un communiqué en amont de ce rendez-vous morbihannais. Nous aborderons l’épreuve en configuration course, sans pour autant viser un résultat. Ce sera notamment la première nuit en mer pour Maxime Guyon qui a rejoint l’équipe cette saison. La présence d'un champion du monde de crossfit au sein d’une équipe d’Ocean Fifty ce n’est pas commun, apportant une dimension physique et mentale particulière à l'équipage. Le skipper connaît bien cette régate pour y avoir participé à de nombreuses reprises. À bord de « Koesio », il était également entouré d’Audrey Ogereau, Devan Le Bihan, Vincent Domant et Rémi Beauvais, membres de l’équipe technique. Ces expériences sont essentielles pour affiner la stratégie et la performance collective, préparant l'équipe aux exigences des grandes courses au large.
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Antoine Carpentier : L'Expérience du Compétiteur Trinitain et les Défis Portuaires
Antoine Carpentier, coureur ayant rejoint le monde professionnel depuis plus d’une quinzaine d’années, est un skipper trinitain dont le parcours est intimement lié à La Trinité-sur-Mer. Avec un palmarès déjà bien garni, il incarne l'expérience et la persévérance dans le milieu exigeant de la course au large, tout en étant témoin des réalités et des défis logistiques.
De la Route du Rhum à la Construction d'un Class 40 Nouvelle Génération
Antoine Carpentier a fait de La Trinité-sur-Mer son port d’attache dès son premier projet d’envergure : « J’ai réalisé mon premier projet avec la Route du Rhum, et La Trinité-sur-Mer était mon port d’attache », résume le skipper. Cette connexion profonde avec le port du Morbihan a marqué le début de sa carrière professionnelle, établissant un lien fort et durable avec la région.
Aujourd'hui, Antoine Carpentier conduit le projet de construction d’un nouveau Class 40, un modèle de nouvelle génération qui promet d'intégrer les dernières innovations technologiques et architecturales de la classe. Ce type de projet de construction est un investissement majeur et une étape cruciale pour un skipper professionnel, nécessitant une vision à long terme, une expertise technique pointue et un soutien logistique conséquent pour concrétiser ces ambitions de haute performance.
Les Complexités de l'Accès au Port pour les Teams de Course
Malgré son statut de coureur professionnel aguerri et ses liens avec La Trinité-sur-Mer, Antoine Carpentier met en lumière les défis auxquels les teams de course peuvent faire face concernant l'accès aux infrastructures portuaires. Les conditions d’accès au port pour un team de course sont toujours un peu particulières à rassembler. « Il faut un programme de courses et donner de nombreuses informations, nécessaires au directeur du port qui doit instruire le dossier », explique-t-il, décrivant la procédure rigoureuse à suivre.
Une anecdote illustre cette complexité et les contraintes d'espace inhérentes à un port aussi prisé : « Mais il n’empêche que, lorsque je suis revenu avec mon bateau fin août 2018, après avoir remporté la Transat Jacques Vabre en 2017 et juste avant de partir pour la Route du Rhum, il m’a été répondu que l’on n’avait pas de place pour moi », se souvient le skipper. Cet incident, survenu après une victoire prestigieuse à la Transat Jacques Vabre et en pleine préparation pour une autre course majeure, souligne les difficultés d'allocation des places et la saturation possible, même pour les skippers de renom. Il révèle la nécessité d'une gestion portuaire fine et adaptée aux besoins spécifiques des voiliers de course, qui requièrent des infrastructures, des profondeurs et des espaces de manœuvre particuliers. La demande croissante pour le port de La Trinité-sur-Mer, bien que positive pour son dynamisme, pose des défis pratiques constants pour l'accueil de l'ensemble de la flotte de compétition, illustrant la tension entre l'attractivité du port et ses capacités d'accueil.
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Erwan Le Mené : La Voix des Jeunes Loups et les Atouts du Port
Erwan Le Mené représente une figure de la nouvelle génération de skippers qui choisissent La Trinité-sur-Mer comme base pour leurs projets de course. Depuis 2014, il a eu deux bateaux dans le port, témoignant de son engagement et de son attachement à ce lieu emblématique de la voile. Son expérience offre un éclairage précieux sur les atouts du port et les pistes d'amélioration pour les jeunes talents qui aspirent à la course au large.
Les Atouts Incontestables de La Trinité-sur-Mer pour les Skippers
Erwan Le Mené dresse un tableau élogieux des avantages qu'offre La Trinité-sur-Mer aux skippers, qu'ils soient jeunes ou confirmés, contribuant ainsi à son statut de lieu privilégié pour la voile de compétition. « D’abord, La Trinité-sur-Mer est très bien desservie par le train jusqu’à Auray », résume le skipper, soulignant l'accessibilité logistique du site, un facteur non négligeable pour les équipes et les partenaires qui doivent souvent se déplacer avec du matériel et du personnel.
Au-delà de la logistique, la qualité du plan d'eau est un argument majeur qui séduit les navigateurs. « Ensuite, c’est l’un des plus beaux plans d’eau pour s’entraîner. On peut avoir des conditions sympas ou plus musclées si l’on va un peu plus loin. Alors qu’à Lorient, on est tout le temps du côté de l’Atlantique », explique-t-il. Cette diversité des conditions de navigation permet un entraînement varié et complet, essentiel pour la préparation aux différentes courses au large, de la petite brise côtière aux conditions de mer agitée plus éloignées. La possibilité de trouver des conditions adaptées, qu'il s'agisse de navigations tranquilles pour la mise au point ou d'entraînements plus exigeants en haute mer, distingue La Trinité-sur-Mer comme un site d'exception.
L'aspect financier est également un point fort mis en avant par Erwan Le Mené, particulièrement avantageux pour les jeunes talents. « Ensuite, si l’on arrive à être intégré au pôle compétition de la Société nautique de La Trinité (SNT), nous obtenons des conditions financières très avantageuses, c’est-à-dire que cela nous coûte à peu près deux fois moins cher », révèle-t-il. Cette aide significative de la SNT représente un soutien vital pour les jeunes skippers, dont les budgets sont souvent serrés. Il confirme que le port joue très bien le jeu avec les jeunes skippers, mettant en lumière une politique locale favorable à l'émergence et au développement de nouveaux talents dans la voile.
Suggestions pour un Développement Optimal du Port
Malgré ces points positifs, Erwan Le Mené propose des pistes d'amélioration pour renforcer l'attractivité et l'efficacité du port pour les coureurs, témoignant d'une vision constructive pour l'avenir. Quant aux points à améliorer, le jeune skipper propose de « mieux définir les droits et les devoirs des coureurs vis-à-vis du port ». Une clarification des règles et des attentes réciproques pourrait fluidifier les relations entre les skippers et la gestion portuaire, évitant ainsi les malentendus ou les situations complexes qui peuvent surgir dans un environnement où cohabitent compétition et loisirs.
Un pôle d’entraînement avec une structure pour la course au large serait également un plus. Cette proposition vise à créer un écosystème encore plus intégré et performant, offrant des ressources et des installations dédiées spécifiquement à la préparation des courses océaniques. Un tel pôle pourrait inclure des infrastructures pour la préparation physique, des salles de briefing technique, des espaces d'optimisation des bateaux, et des services de météorologie et de routage avancés. Cela créerait ainsi un centre d'excellence pour la course au large, bénéficiant non seulement aux jeunes skippers comme Erwan Le Mené, mais renforçant également la position de La Trinité-sur-Mer comme un lieu incontournable et avant-gardiste pour la voile de compétition à l'échelle mondiale.
La Trinité-sur-Mer : Un Port d'Exception au Cœur du Morbihan
La Trinité-sur-Mer, située en Bretagne sud, dans le département du Morbihan, entre Vannes et Lorient, est une ville balnéaire qui a su se forger une réputation de premier plan dans le monde de la navigation. Au-delà d'être un simple port, elle est un véritable carrefour où se croisent les ambitions des plus grands coureurs et l'enthousiasme des passionnés. Elle est réputée pour son port d’exception, mais aussi pour son ambiance à la fois moderne et authentique, attirant un public varié, des professionnels de la course au large aux amateurs de plaisance.
Un Plan d'Eau et une Accessibilité sans Égale
L'attractivité de La Trinité-sur-Mer repose en grande partie sur son plan d'eau unique, décrit par les skippers comme l'un des plus beaux pour l'entraînement. Les conditions y sont particulièrement favorables, offrant la possibilité d'avoir des conditions sympas ou plus musclées si l’on va un peu plus loin, contrairement à d'autres sites où l'on est tout le temps du côté de l'Atlantique, avec des vagues plus importantes et un environnement moins modulable. Cette flexibilité est primordiale, permettant aux navigateurs d'adapter leurs séances d'entraînement à leurs besoins spécifiques, qu'il s'agisse de manœuvres précises en eaux calmes ou de navigations plus exigeantes en pleine mer.
L'accessibilité de la ville est également un atout majeur, facilitant les opérations logistiques complexes des équipes de course. La Trinité-sur-Mer est très bien desservie par le train jusqu’à Auray, ce qui facilite considérablement les déplacements des équipes techniques, des partenaires et des familles des skippers. Cette infrastructure de transport est essentielle pour la gestion des projets de course au large, où le temps et l'efficacité dans les déplacements du matériel et des personnes sont primordiaux.
Un Écosystème Favorable à la Compétition
Le port de La Trinité-sur-Mer est non seulement un havre pour les bateaux, mais aussi un acteur clé dans le développement de la carrière des skippers. Il joue très bien le jeu avec les jeunes skippers, offrant des conditions financières très avantageuses, notamment pour ceux qui parviennent à être intégrés au pôle compétition de la Société Nautique de La Trinité (SNT). Cette intégration peut diviser les coûts par deux, un avantage considérable pour les budgets souvent contraints des coureurs, facilitant ainsi leur accès au haut niveau.
Cependant, comme le souligne Antoine Carpentier, les conditions d’accès au port pour un team de course sont toujours un peu particulières à rassembler. Il faut un programme de courses et donner de nombreuses informations, nécessaires au directeur du port qui doit instruire le dossier. Ces exigences, bien que nécessaires pour une gestion ordonnée et équitable des ressources portuaires, peuvent parfois créer des situations délicates, même pour des skippers de renommée internationale et ayant un palmarès déjà bien garni. La proposition d'Erwan Le Mené de mieux définir les droits et les devoirs des coureurs vis-à-vis du port, ainsi que la création d'un pôle d’entraînement avec une structure dédiée à la course au large, résonnent comme des pistes prometteuses pour optimiser davantage cet écosystème, assurant ainsi que le port puisse continuer à répondre aux besoins croissants de la flotte de compétition.