Les multiples visages de Pierre dans le monde du surf et la notion de visibilité numérique

Le monde du surf, riche en personnalités marquantes et en exploits sportifs, compte plusieurs figures nommées Pierre dont les parcours, bien que distincts, convergent vers une même passion pour l'océan. La question de "qui est Pierre surfeur", en particulier en lien avec des plateformes comme Snapchat, se révèle complexe. Il est important de souligner d'emblée que les informations fournies décrivent divers surfeurs nommés Pierre, sans qu'aucun d'entre eux ne soit spécifiquement désigné comme un "surfeur Snapchat" dans le sens d'une identité ou d'une carrière articulée autour de cette application. En revanche, l'un d'eux, Pierre Rollet, aborde explicitement la question des réseaux sociaux, y compris Snapchat, dans le cadre de l'éducation des jeunes surfeurs, en soulignant leurs limites et en encourageant une reconnexion avec le réel et le partage. Cet article se propose d'explorer les identités et les contributions de ces différents Pierre, en puisant dans les récits de leurs vies et de leurs passions.

Pierre Rollet : Le surfeur de gros entre quête d'équilibre et respect de l'océan

Pierre Rollet, du haut de ses 27 ans (ou 30 ans selon d'autres mentions dans les textes fournis, ce qui témoigne d'une évolution de son parcours), a gagné le respect de toute une génération de surfeurs basques et mondiaux. Originaire de Bayonne dans le Pays Basque, il travaille et habite aujourd’hui dans les Landes, ce qui, selon lui, signifie qu'il est ouvert à d'autres choses et n'est pas restreint au Pays Basque. Discret et humble, il se considère un peu comme Monsieur Tout-le-monde. Sa vie s’articule autour de sa famille, avec une chérie et un petit garçon de 2 ans, et une école de surf dans le camping Naturéo à Seignosse. Ce job principal l'occupe la moitié de l’année, durant toute la saison touristique.

L’École de surf est son quotidien, et il a l’immense chance que cela se marie super bien avec sa passion du surf, notamment le surf de gros. Puisque ces vagues immenses arrivent entre la Toussaint et Pâques, période durant laquelle son école est fermée, il peut se consacrer pleinement à sa passion. Sa saison pour s’exprimer sur sa planche est donc l’hiver. Il exprime un besoin d’équilibre entre surf, famille et travail, car, sans cela, il ne prendrait pas autant de plaisir à faire ce qu'il fait. Cet équilibre est très compliqué à trouver puis à maintenir. Le deal avec sa femme, quand il rentre à la maison, est d’être là à 100%, et c’est tout. Quand il part surfer les grosses vagues, il tâche d’être clair, le but est d’être précis dans le timing, les jours d’absences, etc. Le surf de grosses vagues s’amorce toujours à la dernière minute, en fonction des conditions, donc il faut aussi être souple.

Une vision humaine du surf de gros et la découverte de Belharra

S’il surfe pour la première fois la mythique Belharra en 2013, c’est en 2020 que Pierre s’octroie les clés de l’antre basque en y ridant la plus belle vague jamais surfée dans l’histoire du spot. Pourtant, derrière ces chiffres et les mythes de guerrier que l’on porte à ceux qui « rentrent dans l’arène », Pierre dévoile une personnalité complexe, passionnée et humble qui ne s’articule pas qu’autour de cet océan si attirant. Comme les meilleurs marins, cet athlète d’exception revient toujours à son port d’attache, dans les Landes, où il a choisi de poser son surf, ses leashs et ses dérives et ainsi faire de sa passion son métier grâce à une école dédiée à ce sport.

Pierre Rollet est un habitué de Nazaré, au Portugal, devenu au fil des ans l’un des spots de grosses vagues les plus connus du monde. Très médiatique et très populaire, il estime qu'aujourd'hui, on ne peut même plus se demander si Nazaré a perdu son cœur, on sait qu’il s’est déjà complètement perdu. Pour lui, Nazaré est son plus beau terrain d’entraînement, il n’y va pas pour prendre la plus belle vague de sa vie, c’est l’endroit pour être meilleur sur d’autres spots. Mais la médiatisation a un peu tué le côté surf à Nazaré.

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Belharra, en revanche, c’est la vie. Elle est très mystérieuse : parfois là et pas là juste après. C’est comme une grande danseuse que l’on attend toujours, ce qui fait son charme et provoque un attachement aussi fort. Belharra, il faut y être au bon moment, lorsque les conditions sont réunies. Évidemment, en plus de tout ça, c’est chez nous, à la maison. Il faut savoir la respecter. Belharra n’a pas forcément de limite, en puissance ou en taille et c’est ce qui la rend si mystique. Son record à Belharra, l'une des vagues les plus célèbres au monde, est une de ses plus grandes performances. L'an dernier (selon la date de l'interview), il a apprivoisé cette vague, la plus grosse jamais surfée depuis 2002, dès sa première tentative. Cependant, le record n’a rien changé pour lui, il lui a juste donné envie d’aller encore plus loin et de découvrir encore plus de choses.

"Le Cercle" : Un film pour partager toutes les facettes de sa vie

Récemment, Pierre Rollet a sorti un film avec Oxbow, « Le Cercle ». L’idée du film est née quand il est rentré chez Oxbow. La personne en charge des riders à l'époque trouvait qu'il n'avait pas été mis en avant dans le passé. Cela a été compliqué au début, parce qu'il voulait tout préparer, tout voir, avant de commencer à s’exprimer. Il a mis deux ou trois ans à bien découvrir les endroits où l’on pratique le surf de grosses vagues, Nazaré au Portugal, Mavericks en Californie, Jaws à Hawaï. Il ne voulait pas arriver sans bagage. Quand le film a été enfin lancé, il pouvait dès lors montrer qui il est vraiment, son état d'esprit, comment il travaille.

Pour Le Cercle, l’idée était de montrer toutes les facettes de sa vie. Ça collait bien avec le cercle familial, qu’on étend à celui des amis, puis celui des surfeurs de grosses vagues au Pays Basque, à Belharra, et qui s’agrandit à celui des « big waves riders » à l’échelle internationale. Pour le cercle de Belharra, ça s’est fait en douceur, ils se sont liés d’amitié petit à petit. Ça s’est fait naturellement et c’est ce qui lui a plu. Avant, pendant et après la session, ils partagent. Il aime ce monde-là, pas uniquement celui qu’on peut voir sur la planche. L’idée est de présenter un côté humain, comme tout le monde. L’été, il donne cours dans son école de surf, l’hiver il va prendre ses grosses vagues. Le résultat est très fidèle. Ils voulaient du fun, des sourires, montrer qu’ils s’éclatent, présenter le surf mais aussi un style de vie.

Le film, simple et engagé, met particulièrement l’accent sur les notions de partage et de transmission avec les autres générations. Son but est d’afficher son respect pour ce qui a été fait avant par les pionniers. Ces pionniers, comme il les appelle, l’entourent encore aujourd’hui. Alors que le surf peut être vu comme un sport solitaire, Pierre Rollet semble avoir une équipe autour de lui. Il a toujours été très curieux et il fallait faire les choses petit à petit, et c'est ce qui a beaucoup plu aux anciens de Belharra. Ils lui ont inculqué ce côté équipe et camaraderie, qu'il garde encore et qu'il souhaite avoir en lui le plus longtemps possible. Dans le film, il voulait mettre en avant le fait que chez nous, sur la côte basque, il y a du surf, des grosses vagues, de la vie.

La préparation, la peur et la vision du collectif

Pierre Rollet confie avoir deux approches avant les sessions de grosses vagues. Le surf est un cheminement personnel mais il a besoin du groupe pour y arriver. Il apprécie ce côté respectueux, fait de douceur et d’acceptation, loin de la dialectique guerrière. Il cherche quelque chose avec l’Océan, aimant étudier les cartes, prendre le temps. Faire les choses bien, et lentement. Les films de surf ne montrent souvent que l’entraînement et le risque, alors que le danger transpire. Il fait de la préparation à sec, a une salle de sport à la maison, s’entraîne comme un fou. Mais le côté qu'ils ont voulu transposer, c’est plutôt cette dimension nature : profiter du « dehors » tout en se préparant. Il est très attaché à cet outdoor, synonyme de liberté. Il découvre et s’entraîne en trail, partage à vélo. C’est ce qu’ils voulaient mettre en avant dans le film.

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Quant à la peur, il estime que quand il va surfer, tout est calculé, il le fait quand il se sent bien, quand il s’est entraîné. Si j’arrive à l'eau et que je ne le sens pas, je ne me lance pas. Il est loin d'être une tête brûlée. Il croit que l’on arrive à oublier la peur mais elle reste présente, parce qu'on serait complètement débile de ne pas avoir peur. Parce que sans elle, on ne peut pas gérer. Il se dit "drogué à l'adrénaline", mais il y a de la peur, et il en faut. Le problème avec les films de surf, c’est qu’on ne voit que ça : l’entraînement et le risque. Quand on regarde les images, c’est très clair, il n’y a pas forcément besoin de le dire : le danger transpire. En amont, la peur est évidente, mais elle est une bonne chose, car elle permet d’être lucide, se transformant ensuite en adrénaline pure. S’il trouve que c’est trop dangereux en rentrant dans l’eau, il a une limite et il arrête avant qu’il ne soit trop tard. En montagne, il pense que les riders rencontrent sensiblement la même chose.

Le surf, c’est un cheminement personnel mais on a besoin du groupe pour y arriver. C’est NOUS qui arrivons à surfer ces vagues. Sans ce « nous », il n’est rien du tout : les partenaires, ceux qui aident, celui qui surfe avec lui, ceux qui font les images. Sans cet écosystème, tu n’es rien. Avant d’aller dans l’eau, il consacre beaucoup de temps à la préparation. Il a tellement d’heures de training derrière lui que, lorsqu'il rentre dans l’eau, il se sent prêt. Sur le moment, il n’a pas peur. Il faut avoir du respect face à la nature et rester humble.

L'influence de la famille et la remise en question des réseaux sociaux

Sa carrière s’est ouverte, avec des projets de folie, des films, une web série, depuis qu'il a eu son enfant. Il ne pense pas qu’être père est négatif pour la suite, c’est même un sacré pouvoir d’avoir sa famille derrière lui. Les chiffres lui donnent raison : il a réalisé son plus grand record et sa plus belle vague, à Belharra, en étant père. Pour lui, le surf, en particulier le surf de gros, ressemble énormément au freeride en haute montagne. Tu cherches le graal en montant en haut d’une face, tu as de l’engagement, une notion de danger, un grand respect pour ton environnement.

Il n’a jamais cherché à être le meilleur, il a juste voulu repousser ses propres limites. Pierre Rollet fait bien partie d’une famille spéciale, celle de ces surfeurs de vagues immenses qui défient les limites et les repoussent sans cesse. Cependant, aussi engagé dans son sport qu’avec sa famille, le surfeur d’exception, avec son mental d’argent, sait dissocier le mieux du bien, ce petit trop qui peut parfois faire perdre pied, là où même les géants seraient engloutis par ces monstres que seul l’océan sait produire.

Dans son quotidien, il a besoin de moments où il est seul, notamment quand il s’entraîne et qu’il part vadrouiller, ou va par exemple à la pêche à la mouche. Mais même dans ces moments-là, il essaye de trouver des endroits où personne n’a jamais été, de se reconnecter avec la nature, comme il le fait avec le surf de grosses vagues. Il refuse de partir tout l’hiver avec une équipe médias à Nazaré et bombarder de story sur les réseaux sociaux, car ce n’est pas son but. Son but est de faire les choses proprement, et correctement.

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L'été dernier, lorsque les jeunes arrivaient à son école de surf, il leur proposait un petit défi : couper Instagram, couper Snapchat, et télécharger deux médias, un sport et un classique. Il leur demandait d’arriver un peu en avance, de prendre un petit papier et d’écrire quelques lignes. En fin de semaine, ils avaient cinq ou six pages toutes rédigées. La semaine d’après, il leur disait de remettre Instagram et Snapchat, mais là, ils ne trouvaient plus rien à écrire. Ils ont tous accepté et ont joué le jeu. C’est ce message qui est le bon, celui de partager quelque chose avec les autres, être dans la proximité avec les gens. Son côté proche de la nature, c’est ce qu’il essaye de transmettre aux gamins. Il essaye de leur faire comprendre que les réseaux sociaux sont une communication gratuite extraordinaire mais qui a des limites et qu'il ne faut pas se faire avoir pas cette spirale-là. Il y a beaucoup de fake.

En 2012, son dicton préféré était « L'important n'est pas le futur mais de le rendre possible ». Ce dicton est toujours d’actualité pour lui. Récemment, on lui a envoyé une autre citation qu'il aime beaucoup, de Voltaire : « Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire; elles le submergent quelquefois, mais sans elles il ne pourrait voguer ». Il a découvert cette citation il y a six mois. Cela a amené à lancer de nouveaux projets, notamment une web série à venir. Dans le film, on montre que tout est beau, tout est rose, là ils veulent montrer que tout n’est pas beau ni rose. Ils veulent plonger les gens dans ce quotidien, montrer que c’est compliqué de vivre avec eux, les faire entrer dans leur univers, en ayant des images uniques. Et leur défi pour cette web-série, portée par Oxbow et Mercedes notamment, c’est de voyager partout en Europe en véhicule électrique. Parce qu'il sait qu'il prend l’avion pour parcourir le monde, il connaît l’empreinte qu'il laisse, et il veut prendre sa part de responsabilité pour la nature.

Pierre Agnès : Le leader visionnaire de l'industrie du surf et son héritage

Un autre Pierre marquant dans le monde du surf est Pierre Agnès, dont la disparition en mer en 2018 a profondément ému la communauté. Cet ancien surfeur et actuel patron de Quiksilver avait un rapport particulier avec le monde du surf. Homme discret, ce Bayonnais est devenu en 30 ans l'un des hommes les plus influents dans le milieu du surf.

Pierre Agnès, 54 ans, avait quitté Capbreton à 7h le mardi 30 janvier pour une sortie de pêche. Son bateau a été retrouvé sur les plages d’Hossegor dans les Landes peu après vers 9h. Il a alors été porté disparu à 9h17. Mardi 30 janvier, son bateau avait été retrouvé renversé sans occupant sur la plage du Boîteux, à Hossegor. Dès 9 h 17, le centre régional opérationnel de surveillance (CROSS) d'Etel diffusait un message d'alerte "Mayday Relay" et engageait un important dispositif de sauvetage pour "suspicion d'homme à la mer", selon un communiqué de la préfecture maritime de l'Atlantique. Ont été mis immédiatement en œuvre des moyens maritimes (deux vedettes de la SNSM, une vedette de la gendarmerie maritime, un navire des Affaires maritimes), aériens (quatre hélicoptères, dont un espagnol) et terrestres. Le bulletin météo du jour faisait état d'une mer agitée (1,25 à 2,5 m), de bancs de brouillard mais d'un vent faible. Suspendues à 21 h 22, les recherches en mer reprenaient mercredi à 7 h 45 au moyen de trois vedettes et d'un jet-ski. À 14 h 35, après concertation avec le directeur du CROSS d'Etel, le préfet maritime de l'Atlantique décidait de suspendre les recherches en mer sans avoir pu retrouver ce passionné de surf et d'océan. Le 1er février, les recherches pour le retrouver s’arrêtaient, et il ne restait aucune chance de retrouver vivant Pierre Agnès.

Le groupe Boardriders Inc. (Quiksilver, Roxy, DC shoes) devait se résoudre à publier ces lignes dans un communiqué de presse : "C’est avec une profonde tristesse que nous confirmons aujourd’hui que les efforts de recherche et de sauvetage n'ont pas permis de retrouver notre PDG, Pierre Agnès, disparu en mer depuis mardi matin." Cinq ans après, Surf Session a souhaité lui rendre hommage.

Un parcours exceptionnel, du surfeur champion au PDG mondial

Mordu de surf, Pierre Agnès racontait, dans un reportage de France 3 Aquitaine, avoir remporté le championnat des Landes et le championnat de France universitaire. En 1984, il participait aux Jeux olympiques de Los Angeles, où le surf était alors sport de démonstration. En 1986, il remportait en tant que capitaine de l'équipe de France la quatrième place aux championnats du monde ISA à Newquay, en Grande-Bretagne. "Le goofy foot [pied droit à l'avant de la planche] participait régulièrement aux championnats de France Masters, surtout quand ceux-ci se disputaient dans les Landes où il excellait dans les tubes", a écrit la Fédération française de surf. [Pierre Agnès était un] exemple de réussite à la française qui n'a jamais oublié l'essentiel, ne jamais arrêter de surfer !

Autodidacte, Pierre Agnès n'avait que 23 ans lorsqu'il a lancé à Hossegor, dans les Landes, Omareef, une entreprise fabriquant et distribuant des combinaisons, lunettes et montres. "Pour le fun", résumait-il en 2015 au quotidien économique Les Echos. Âgé de la vingtaine, il débute chez Quiksilver France il y a plus de 31 ans lorsque la marque commence à se développer à l'international. Pendant quatre ans, il s’est occupé du design des produits en tant que chef de projet. "Je me suis consacré au département marketing. Je suis plutôt un homme de produit", confiait-il il y a quelques années à nos confrères des Échos. Après quatre ans à travailler pour la marque australienne, passée sous pavillon américain depuis, Pierre Agnès crée à 28 ans une entreprise "pour le fun". Baptisée Omareef, elle est spécialisée dans la fabrication de combinaisons de surf, de lunettes et de montres. Il l'installe à Capbreton, sa ville de cœur, tout en ouvrant un vaste "surfshop" dédié à Quiksilver et en développant une agence de voyages spécialisée pour les surfeurs. Rapidement, Quiksilver s’intéresse à Omareef et lui propose de vendre ses produits avec une licence mondiale. En 2002, la marque de surf passe la vitesse supérieure et rachète l’entreprise de Pierre Agnès.

De retour chez Quiksilver, Pierre Agnès est nommé directeur général adjoint au QG de la marque, le Na Pali (du nom d'une célèbre plage hawaïenne), à Saint-Jean-de-Luz. Rapidement, il s'occupe de la restructuration du département marketing et développe les "surfshops". Il a monté rapidement les échelons et a pris en 2005 la présidence de Quiksilver Europe. Moins de dix ans plus tard, il a fini par s'installer à la tête du groupe Monde en novembre 2014. À la barre du groupe Boardriders Inc. depuis 2014 (où il a succédé à Andy Mooney), Pierre Agnès aura résisté à de nombreuses tempêtes. En janvier, Boardriders annonçait le rachat de son concurrent australien Billabong, fusionnant ainsi deux grandes entreprises solidement implantées dans le monde de la glisse (surf, ski et skate). "De la même manière que LVMH et Kering ont su regrouper les plus belles marques dans le luxe, partager la même plate-forme va permettre à nos marques d'investir plus fortement dans les produits, l'innovation, le marketing", assurait Pierre Agnès aux Echos.

En plus d’être un chef d’entreprise brillant, Pierre Agnès a été pendant la plus large partie des années 80 capitaine des équipes de France de surf. Il a notamment participé en 1986 aux championnats du monde à Newquay, en Angleterre. Père de trois enfants, cet amoureux du littoral atlantique n'était pas un adorateur de la lumière. Selon Les Echos, le PDG était "timide, bosseur et peu attiré par l'univers people" et avait "horreur des photos". Il était très proche de Kelly Slater, légende de la discipline et 11 fois champion du monde, et très proche du surfeur français Jérémy Florès, qu’il avait pris sous son aile quand il avait 9 ans et qui le décrit comme un deuxième père.

Dans le monde du surf, le choc fut immense parmi ceux qui l'ont connu. "C'est quelqu'un avec qui j'ai partagé beaucoup de compétition nationale et internationales, en tant que compétiteur et aussi organisateur, témoigne avec tristesse Eric Rougé, shapeur, un des pionniers du surf de grosses vagues en France et figure du milieu au Pays basque. Tous ceux qui ont croisé Pierre, ne serait-ce qu'une fois, pourront faire part de sa simplicité, de sa gentillesse. Pour nous, les anciens, disparaît un peu de notre jeunesse. Je n'arrive pas à y croire, c'était vraiment un très très chic garçon, avec une belle réussite professionnelle dans notre sport, notre passion. Pierre était un grand monsieur, tout simplement." Les témoignages ont également afflué sur les réseaux sociaux. Pierre Agnès aimait ses expéditions de pêche au petit matin, sa famille, Quiksilver, le surf, ses amis, les motos, Capbreton. L'un des premiers surfeurs de tubes, l'Australien Tom Carroll, a salué "le talent de visionnaire" porté vers autrui de celui qu'il a vu faire ses débuts chez Quiksilver. Toujours guidé par la même passion de l’océan, cet enfant de Capbreton était un sportif, un pêcheur et un surfeur au teint marqué par le vent, vestige du temps passé dans l’océan. Mais Pierre Agnès était aussi « un capitaine », menant le paquebot Quiksilver à travers vents et tempêtes. Non sans une certaine réussite.

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