Ce guide a pour but de faciliter l'identification des oiseaux plongeurs que l'on peut observer dans les étangs, en s'appuyant sur des critères physiques et comportementaux distinctifs.
Les Bergeronnettes (Motacillidés)
Caractéristiques Générales
Les Motacillidés sont des passereaux de petite à moyenne taille (11 à 24 cm), caractérisés par une longue queue, de longues pattes et des doigts munis de longs ongles. Leur plumage est souvent discret et cryptique, arborant des motifs bruns et striés. Certaines espèces présentent des couleurs plus vives, comme le noir et le blanc, ou des teintes jaunes et orangées sur les parties inférieures. Ces oiseaux fréquentent principalement les milieux herbacés ouverts, souvent à proximité de l'eau, et passent la majorité de leur temps au sol.
Bergeronnette des Ruisseaux (Motacilla cinerea)
La Bergeronnette des ruisseaux est très dépendante de l’eau, surtout des eaux courantes. C’est au bord de l’eau et même en eau peu profonde qu’elle recherche habituellement sa nourriture. Tous les cours d’eau sont susceptibles de l’héberger, mais elle a quand même une préférence pour les eaux torrentueuses, ce qui fait qu’elle est souvent amenée à côtoyer le Cincle plongeur.
Identification
La Bergeronnette des ruisseaux présente un dimorphisme sexuel marqué.
- Mâle nuptial: Facilement reconnaissable à sa bavette noire, sa tête gris-cendre, ses lores noirs, ses moustaches blanches bordant la bavette noire et ses arcs oculaires blancs au-dessus et en dessous de l'œil sombre. Le bec est noir.
- Mâle en hiver: Perd sa bavette noire et ressemble à la femelle, mais conserve un jaune plus prononcé sur les parties inférieures. Le dessus reste gris, permettant de la différencier de la Bergeronnette printanière.
- Femelle nuptiale: Similaire au mâle, mais sans la bavette noire, tout au plus quelques mini-taches grisâtres.
- Femelle en hiver: Parties inférieures moins jaunes, flancs blanchâtres.
- Juvénile: Ressemble à une femelle pâle, avec un dessus légèrement nuancé d'olive et un dessous blanchâtre, souvent avec une poitrine crème à saumon pâle. Le jaune est confiné aux sous-caudales.
Critères spécifiques : Le critère spécifique est la couleur du dessus. Le manteau, le dos et une partie des couvertures sont gris. Ce seul critère permet d’écarter la possibilité d’une B. printanière. Le croupion et les sus-caudales sont jaune-olive. Les parties inférieures sont jaunes, le cas échéant plus pâles au niveau des flancs. Les rémiges sombres ont leur base blanche, ce qui se voit bien en vol. La queue est très longue, beaucoup plus en proportion que celle de la printanière. Elle est noire au centre avec les 3 paires de rectrices externes blanches, bien visibles au vol également. Les pattes sont rosâtres à brunâtres.
Lire aussi: Distinction des oiseaux noirs plongeurs
Habitat et Comportement
Pour la nidification, elle a besoin d’un substrat vertical où construire son nid. Le nid est le plus souvent caché à la vue par la profondeur du creux, par une pierre, une touffe d’herbe, une racine, un embâcle, etc. Elle peut se trouver aussi bien en milieu ouvert qu’en forêt. Il est probable qu’on puisse la trouver en agglomération lorsqu’un cours d’eau la traverse. Elle niche alors dans le bâti. Elle attire l’attention par sa façon de déambuler au bord de l’eau, également par la longueur et la grande mobilité de sa queue qui bat en permanence de haut en bas.
Alimentation
Elle est insectivore au sens large. Elle se nourrit principalement d’insectes à larves aquatiques et de ces dernières, éphéméroptères, trichoptères, plécoptères, odonates, diptères chironomides, etc. Elle capture aussi des gammares, crustacés amphipodes, et de petits mollusques. Pour cela, elle déambule en eau peu profonde ou chasse sur la terre voisine. Des proies exclusivement terrestres sont aussi capturées, coléoptères, orthoptères, araignées, etc. Elle est capable de capturer en vol des insectes au départ du sol ou d’un perchoir, par exemple au moment des émergences.
Canard Colvert (Anas platyrhynchos)
Le Canard colvert est le plus commun des canards dits « de surface », c’est à dire des canards qui n’ont pas la capacité de plonger de par leur morphologie. C’est aussi le plus grand d’entre eux.
Identification
Le dimorphisme sexuel est très important.
- Mâle nuptial: Tête et cou vert brillant, séparés de la poitrine brun-marron sombre par un collier blanc. Le dos est brun clair, bordé par les scapulaires grises et brunes. Le dessous du corps est gris clair. Le croupion et les sous-caudales sont noirs avec les côtés blancs de la queue bien détachés. Les rectrices centrales noires sont recourbées en crosse. Les ailes sont brunes dessus, blanches dessous. En vue supérieure, l’aile montre un miroir bleu irisé bordé de deux traits blancs au niveau des rémiges secondaires, signal très visible en vol. L’œil sombre ne ressort pas du tout. Le bec est jaune-citron avec l’onglet noir. Les pattes sont orange.
- Femelle: Plumage couleur feuilles mortes, brun roussâtre, avec une alternance de zones claires roussâtres et de zones brun sombre sur chaque plume. La tête est plus unie, avec une calotte brunâtre et un trait sombre sur l’œil. Le bec est bicolore, brun-gris avec du jaune-orange sur la marge et à l’extrémité. Les rectrices externes blanches sont également bien visibles. L’aile présente le même miroir bleu que chez le mâle. Les pattes sont orange.
- Mâle en éclipse: Ressemble un peu à la femelle, mais il est plus grand, a une tête grise avec une calotte très sombre, mais surtout garde le bec jaune. Cette phase de fin d’été est brève.
- Juvénile: Ressemble beaucoup à la femelle, mais son plumage est globalement plus sombre et plus froid. Son bec est entièrement grisâtre, avec au plus une nuance jaune.
Habitat et Comportement
Le Canard colvert a des exigences faibles en termes d’habitat. Il fréquente toutes sortes de milieux humides, eaux stagnantes comme courantes de toutes tailles, du petit point d’eau saisonnier aux plus grands plans d’eau et du petit ruisseau aux plus grandes rivières. En reproduction, les eaux douces sont préférées, mais les eaux salées ne le rebutent pas. Il apprécie les eaux peu profondes riches en végétation de pleine eau et riveraine et leur cortège d’invertébrés. Seules les eaux profondes et oligotrophes comme celles de certains réservoirs ne l’attirent pas. Il n’est pas trop farouche, ce qui l’amène à fréquenter les plans d’eau d’agrément publics ou privés en zone urbaine. La nuit, les colverts peuvent quitter les points d’eau pour explorer la campagne environnante, prairies et cultures, où ils se nourrissent.
Lire aussi: Adaptations au vol à voile chez les oiseaux
Le Canard colvert est un canard de surface dit « barboteur« , se nourrissant à la surface dans les eaux peu profondes. Il progresse lentement en basculant son corps et en plongeant la tête sous la surface, la queue tenue verticalement. Il se maintient dans cette position par des battements des pattes tandis que le bec fouille la vase ou la végétation. Il se redresse régulièrement pour respirer.
Alimentation
Le Canard colvert est éclectique pour son alimentation. C’est un omnivore. En période de reproduction, la nourriture animale domine (escargots, limaces, lombrics, insectes et leurs larves, petits poissons, têtards…). Son bec est capable de filtrer des proies aquatiques de petite taille. En intersaison, il est plus nettement végétarien et se nourrit de plantes et de graines variées, aquatiques ou non.
Autres Espèces d'Oiseaux d'Étang
Poule d’Eau
La poule d’eau se rencontre en général sur l’eau, dans les étangs, mares et les cours d’eau lents à végétation fournie. On peut aussi la rencontrer sur les bords de l’eau, où elle marche de manière saccadée, en hochant la queue, ce qui fait apparaître les marques blanches de celle-ci. Presque jamais en vol, sauf pour les migrations, mais peut courir sur l’eau en battant des ailes. Les juvéniles sont bruns plus clairs et n’ont pas la couleur du bec de l’adulte. Le corps est d’une couleur gris-noir, presque uniforme. La queue est courte et semble même ne pas exister quand l’oiseau nage. La marque la plus importante pour l’identification est le bec blanc, ainsi que le front. Ce bec est visible de loin.
Foulque
La foulque plonge pour se nourrir, contrairement à la poule d’eau. Elle consomme principalement des végétaux, mais parfois aussi de petits invertébrés. Elle court sur l’eau pour décoller. On le rencontre dans toutes les pièces d’eau proches des villes, jardins publics, parc. Mais il y est souvent croisé avec des espèces domestiques, ce qui fait que son plumage est dans la réalité très variable. Le corps est d’une couleur gris-noir, presque uniforme. La queue est courte et semble même ne pas exister quand l’oiseau nage. La marque la plus importante pour l’identification est le bec blanc, ainsi que le front. Ce bec est visible de loin.
Cygne
Le mâle typique pendant la période de reproduction a une tête et un cou vert métallique, bordé par un liséré blanc. La poitrine est brune, tandis que le reste du corps est gris, avec une queue noire et blanche. Le mâle en éclipse est beaucoup plus discret. Il perd son plumage vert marron et gris pour prendre une couleur brune, proche de celle de la femelle. Mâle et femelle ont une tâche bleu métallique sur les ailes, visible en vol et que l’on appelle le miroir. Se reconnaît à son plumage entièrement blanc chez les adultes, et surtout à son bec caractéristique orange et noir à la base. Le mâle se reconnaît à son tubercule noir surmontant le bec, en particulier au printemps. En vol, les bruits des battements d’ailes s’entendent de loin. C’est le cygne le plus commun en France. Il a longtemps été domestiqué dans les parcs et les jardins, mais il revient maintenant à l’état sauvage. Les jeunes sont grisâtres les deux premières années.
Lire aussi: Comment reconnaître les oiseaux plongeurs bicolores
Héron Cendré
Grandes pattes, ailes et dos gris, cou gris clair et long bec caractérise cet oiseau. L’adulte possède une petite aigrette noire sur la tête. On le rencontre principalement au bord de l’eau, complètement immobile, en attente d’une proie. Il passe ainsi complètement inaperçu des proies, et aussi des passants. On le confond aisément avec les roseaux. Le héron cendré niche en colonies dans les arbres et les roselières. En vol, paraît très grand, vole avec le cou replié, comme posé sur les épaules, contrairement aux grues et aux cigognes avec lesquelles on aurait pu le confondre.
Canard Siffleur
C’est un canard de taille moyenne (42 à 50cm). On le reconnaît à son petit bec gris, noir à l’extrémité. Petit cou, tête caractéristique, avec un front fortement marqué. La queue est assez pointue. C’est un canard de surface : il ne plonge pas, mais bascule son corps en avant pour se nourrir dans l’eau. Le mâle en plumage nuptial ne peut pas être confondu : Corps gris, tête brune au front jaune; queue noire et blanche. La femelle est plus difficile à identifier : le plumage est variable de couleur brun-roux ou grisâtre. Le ventre est blanc. Regarder le bec gris et noir.
Canard Souchet
Il est facilement reconnaissable à son bec caractéristique en forme de spatule. Le mâle en plumage d’été a une tête verte, des flancs roux bordés de blanc et le haut des ailes gris noir, ce qui lui donne un aspect très contrasté. La femelle est beaucoup plus terne : elle est brune tachetée, assez semblable aux jeunes. Il vit principalement sur les côtes européennes mais on le trouve maintenant de plus en plus à l’intérieur des terres grâce aux bassins de décantation qui l’attirent.
Canard Colvert Femelle
La femelle se reconnaît du mâle par l’absence de tubercule rouge sur le bec, pendant la saison nuptiale (printemps, été). Seul le mâle est facilement identifiable : il a une nette tâche jaune à l’arrière. Tête marron avec tache verte barrant la tête et le cou. Le plumage du mâle en éclipse (période durant laquelle le plumage change de couleur, après la reproduction : Août-Septembre) est identique à celui de la femelle, ainsi qu’à celui du juvénile : marron terne. C’est un canard de surface : il ne plonge pas, mais se nourrit à la surface de l’eau. Elle aime aussi se nourrir sur les vasières, au bord des étangs vidés. Elle vole très vite et est partiellement migratrice.
Sarcelle d’Été
La femelle est identique aux jeunes avec un plumage marron-brun, semblable à celui de la sarcelle d’hiver femelle. Assez farouche et discrète, elle migre vers l’Afrique tropicale en août - septembre, pour revenir en février - mars. Il vit dans tous les milieux aquatiques d’eau douce riche en végétaux et en cachettes car il aime rester discret. Omnivore, il se nourrit de végétaux, graines, insectes et crustacés.
Râle d’Eau
La femelle et le mâle adulte sont identiques : long bec rouge pointu, tête et poitrine gris cendrée, dos et ailes brunes et flancs noirs barrés de blanc. Le dessous de la queue est blanc. Les pattes sont longues et rougeâtres. On le repère principalement à sa voix, le plus courant est un Krui Krui Krui de porcelet égorgé, d’où le nom de cet oiseau. Il est assez courant dans les lacs et étangs fournis en végétation. Il peut se rencontrer dans différents milieux, par exemple forestier ou ouvert.
Grèbe Huppé
Le mâle en plumage nuptial (été) a la tête, la poitrine, le dos et la queue noirs. Les flancs sont blancs. Il a une huppe noire retombant sur la nuque. Le bec est gris à bout noir. L’oeil jaune est visible d’assez loin. Les flancs et le dessus des ailes sont gris pâles. L’oeil est rouge.
Plongeon Arctique
Gros oiseaux de la taille d’une oie se nourrissant essentiellement de poissons, les plongeons font partie des espèces d’oiseaux les plus primitives et existaient déjà sur Terre à l’ère de l’Eocène, il y a 30 millions d’années, sous une forme proche des espèces contemporaines. Oiseaux aquatiques des eaux douces en été, ils deviennent marins en hiver. Le Plongeon arctique a un bec en poignard avec un culmen légèrement convexe. Le front est souvent abrupt, le profil de la nuque légèrement arrondi. Le cou est trapu. La poitrine est souvent saillante au niveau de la ligne de flottaison. En plumage nuptial (mai à septembre) ♂ et ♀ (il n’y a pas de dimorphisme sexuel) ont des airs d’aristocrates avec leur costume noir et blanc et la large cravate noire. En hiver, un plumage nettement différent. Les parties supérieures de l’adulte sont très foncées, presque noires sur le dos, plus claires sur la nuque et la tête. Le bec est gris, très droit. Le gris de la calotte descend sous les yeux qui sont noirs. Le devant du cou est blanc, bordé d’une fine ligne noire.
La disposition des pattes, très en arrière du corps, facilite la nage mais rend les déplacements au sol difficiles. Le plongeon arctique parcourt de longues distances en vol pour migrer ou se nourrir. Si le décollage laborieux (course sur l’eau sur plusieurs mètres), ses ailes, plutôt longues et effilées, lui permettent un vol puissant et direct. Le plongeon arctique se déplace sous l’eau à grande vitesse (de 2,5 à 5 m/s) et parcourt parfois de 200 à 400 m en une seule plongée. Cela implique un plumage entretenu et imperméable au froid et à l’eau. C’est assuré par la structure particulière des plumes. L’oiseau consacre de longs moments à sa toilette : le lissage et l’huilage des plumes, l’ oblige à prendre des positions surprenantes qu’ils peuvent maintenir pendant plusieurs minutes. Pour plonger, il allonge son corps au maximum offrant le moins de résistance possible à l’eau. Puis il redresse peu à peu le cou pour pouvoir le détendre brusquement au moment de la capture. En pêche, il plonge pendant 45 secondes et descend à une profondeur allant de 3 à 6 mètres. Les plongeons arctiques se regroupent à plusieurs pour pêcher ensemble, tôt le matin.
Oiseaux Marins Observables en Bord de Mer
En complément des oiseaux d'étang, voici quelques espèces marines fréquemment rencontrées sur le littoral :
Goéland argenté : Oiseau blanc et gris de taille moyenne, commun sur les plages et les ports de pêche.
Cormoran huppé : Grand oiseau noir au long cou et au bec crochu, souvent en groupes sur les rochers.
Sterne pierregarin : Aussi appelée "hirondelle de mer", avec un plumage blanc cendré et une calotte noire.
Huîtrier pie : Plumage bicolore noir et blanc, présent sur les côtes françaises.
Pluvier argenté : Migrateur fréquentant les baies et estuaires, surtout en hiver sur le littoral breton.
Gravelot à collier interrompu : Petit oiseau migrateur nichant sur les plages, reconnaissable à son collier noir interrompu.
Tournepierre à collier : Petit échassier trapu, brun-orange avec des zones noires, présent toute l'année sur les plages.
Mouette rieuse : Mouette blanche à ailes grises et tête brune (blanche en hiver), très commune.
Sterne caugek : Se reconnaît à son bec noir à pointe jaune et sa calotte noire avec une huppe sombre.
Chevalier gambette : Oiseau brun-gris à pattes rouge vif, souvent en groupes sur les plages.
Fou de Bassan: Grand oiseau marin au plumage blanc pur avec des pointes noires aux ailes, pratiquant des plongeons spectaculaires.