L'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques représente un défi colossal, notamment en ce qui concerne la création et l'adaptation d'infrastructures sportives de pointe. Parmi ces installations, les bassins dédiés au canoë-kayak ont connu une évolution significative, reflétant à la fois les avancées techniques et la popularité croissante de ces disciplines. Londres, en tant que ville hôte des Jeux de la XXXe Olympiade en 2012, a joué un rôle important dans cette histoire, en mettant en lumière des sites adaptés aux exigences olympiques. Cependant, pour apprécier pleinement le contexte londonien, il est essentiel de remonter aux racines de ce sport et d'observer son parcours jusqu'aux installations modernes.
L'Émergence et la Structuration du Canoë-Kayak en France : Un Prélude à l'Excellence Internationale
L'histoire du canoë-kayak est riche et ses développements en France, bien que distincts des infrastructures londoniennes, offrent une perspective éclairante sur l'évolution de la discipline. C'est en 1904 qu’Albert Glandaz, président de la Fédération des sociétés d’aviron et grand mécène, importe des canoës canadiens du Nouveau Monde pour les donner au Canoë Club de France (CCF). Cette initiative marque une étape fondatrice. Initialement, la promenade était l’objectif des fondateurs, qui lancèrent dès la création du Canoë Club de France, un concours de récits de croisières. Les sections de province du CCF devinrent rapidement de véritables clubs, disséminant la pratique à travers le pays. Le club fut basé à Paris à sa création et y resta jusqu’aux années 40 avant de s’implanter à Bry-sur-Marne.
Une véritable révolution technique survient en 1925 lorsqu'un Canadien, le lieutenant Smyth, introduit en Europe la technique indienne de la pagaie simple. Cette innovation transforme la pratique. À partir de 1936, près d’un club house situé au Perreux près du viaduc, des centaines de canoéistes vont apprendre cette technique du maître Alfred Rouan. Cette période a été marquée par la structuration et l'enseignement du sport. Après la guerre, le CCF, qui a évolué vers la compétition, connaît des grands champions. Cette institution est celle qui a précédé le Kayak Club de France (KCF) avant sa fusion avec ce prestigieux Canoë Club de France (CCF), démontrant une longue tradition d'organisation et d'excellence.
Dorney Lake : Le Cœur des Épreuves Nautiques de Londres 2012
Lorsque Londres a été désignée pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2012, la question des infrastructures nautiques est devenue primordiale. Dorney Lake, à Eton, près de Londres, a été choisi pour accueillir les épreuves d’aviron et de course en ligne en canoë-kayak. Ce site n'était pas inconnu du monde sportif international ; il avait déjà été le théâtre des Championnats du monde 2006 d’aviron, qui s’étaient clos après huit jours de compétitions intenses. Six ans plus tard, ce nouveau bassin allait donc accueillir les épreuves phares des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2012.
L'ampleur de l'événement en 2006, prélude aux Jeux, fut impressionnante. Plus de 40 000 spectateurs ont assisté aux compétitions auxquelles ont participé plus de 1 000 athlètes dans 27 classes de bateau, incluant quatre épreuves d’aviron pour athlètes handicapés. Pour les Jeux Olympiques eux-mêmes, 14 épreuves étaient au programme. L'organisation et l'engagement des bénévoles furent salués par les instances internationales. Denis Oswald, le président de la Fédération Internationale des Sociétés d’Aviron (FISA), s’était félicité de leur implication pour organiser des championnats du monde 2006 réussis. Il avait déclaré au comité d’organisation : “Tout a été pensé avec grand soin. Les volontaires, très compétents, connaissent bien l’aviron et sont passionnés par ce sport - cela fait toute la différence”. Les Jeux de la XXXe Olympiade se sont tenus à Londres du 27 juillet au 12 août 2012, avec Dorney Lake au centre des attentions pour les disciplines nautiques sur eau calme.
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L'Impact des Jeux de Londres sur le Canoë Slalom et la Figure de Tony Estanguet
Au-delà des épreuves sur eau calme de Dorney Lake, les Jeux de Londres 2012 ont également mis en lumière le canoë slalom, une discipline spectaculaire qui se déroule dans des stades d'eau vive. C’est en Canoë monoplace Slalom (C1) que Tony Estanguet, qui est aujourd’hui le président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, fut un triple champion olympique. Ses victoires à Sydney en 2000, à Athènes en 2004 et à Londres en 2012 témoignent de sa domination dans cette discipline exigeante.
La discipline du canoë slalom a la particularité de se dérouler dans un stade d’eau vive, ce qui la distingue du Canoë Sprint qui, comme celui pratiqué à Dorney Lake, se déroule sur un stade d’eau calme. Cette différence fondamentale dans le type de bassin requis souligne la diversité des infrastructures nécessaires pour accueillir l'ensemble des épreuves de canoë-kayak aux Jeux Olympiques. Le succès de Tony Estanguet à Londres en 2012 a non seulement gravé son nom dans l'histoire olympique mais a aussi rappelé l'importance des installations spécifiques pour le slalom, même si les détails de leur création à Londres ne sont pas exhaustivement décrits ici.
La Pratique du Kayak Récréatif sur le Regent's Canal : Une Autre Facette Nautique de Londres
Outre les sites olympiques de haute performance, Londres offre également des opportunités pour une pratique plus accessible et récréative du kayak, contribuant à la culture nautique de la ville. Pagayer le long du pittoresque Regent's Canal permet de découvrir des trésors cachés et d’accéder à des informations locales. Cette expérience est proposée en anglais et a reçu une note de 4,87 sur 5 étoiles, issue de 861 commentaires, soulignant son succès auprès du public.
Le lieu de rendez-vous pour ces excursions est The Pirate Castle, situé dans le Grand Londres, NW1 7EA, Royaume-Uni. Les hôtes de ces expériences sont souvent des passionnés profondément impliqués dans la vie nautique locale. Par exemple, une des hôtes a rejoint The Pirate Castle en tant que bénévole il y a 17 ans et a suivi une formation pour devenir skipper de péniche et moniteur de sports nautiques pour la fédération britannique de canoë. En 2016, elle a rejoint l’équipe pour diriger la collecte de fonds et le développement commercial, vivant elle-même dans la région, sur son propre bateau de canal, et se décrivant comme un "vrai bébé de l’eau". Afin de protéger le paiement, il est toujours recommandé d'utiliser Airbnb pour envoyer de l’argent et communiquer avec les hôtes.
Les critères pour les voyageurs sont clairs : les personnes âgées de 18 ans et plus peuvent participer, avec un maximum de 8 voyageurs au total. Le niveau d’activité physique est considéré comme faible, exigeant un niveau de compétence débutant. Pour une expérience en toute sécurité et confort, plusieurs éléments sont à prévoir : des vêtements de rechange complets, au cas où un chavirement accidentel surviendrait (bien qu'il soit précisé que les bateaux pour débutants sont très stables) ; des chaussures adaptées au kayak, comme des baskets ou des sandales à fixation sécurisée (les tongs ou les Crocs sont déconseillées) ; une serviette ; et, par temps chaud, un chapeau et de la crème solaire. Il est conseillé de laisser les objets de valeur et les appareils mobiles/électroniques au Pirate Castle pour les garder en sécurité pendant la visite. L'arrivée est attendue 5 à 10 minutes avant le début de la visite, car les retardataires ne pourront pas se joindre une fois que le groupe et l’instructeur seront sur l’eau. En termes d'accessibilité, des toilettes de plain-pied et un accès de plain-pied sont disponibles. Les conditions d’annulation prévoient un remboursement intégral si l'annulation est faite au moins 1 jour avant le début de l’activité. Ces expériences de sports aquatiques, animées par des surfeurs, des navigateurs et d'autres hôtes expérimentés, mettent en valeur l’originalité de la ville et complètent l'image des infrastructures nautiques londoniennes, des sites olympiques aux canaux urbains.
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Le Bassin de Vaires-sur-Marne : Un Modèle d'Innovation pour les Stades d'Eau Vive en Contexte Olympique
Si Dorney Lake a été le fleuron des épreuves d'eau calme à Londres, les installations modernes pour le canoë-kayak, en particulier pour le slalom, ont continué d'évoluer, avec des exemples remarquables comme le stade nautique olympique d’Île-de-France à Vaires-sur-Marne. Ce site est devenu un véritable modèle d'innovation et une référence internationale, offrant une perspective enrichissante pour comprendre l'évolution des bassins de kayak olympiques.
Depuis plus de 30 ans, le stade nautique olympique d'Île-de-France à Vaires-sur-Marne accueille des compétitions nationales et internationales de canoë-kayak, regardées par des milliers de spectateurs. Après plusieurs années de travaux, ce stade est le premier site olympique livré pour les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Le samedi 13 avril 1991, le bassin de Vaires-sur-Marne, alors appelé « bassin olympique de Champfleuri », a accueilli sa première compétition officielle. C'était la coupe de France des ligues d’aviron, organisée par la Société Nautique de Lagny-sur-Marne avec 100 bénévoles et des partenaires comme la SNCF ou la Poste. Puis, au cours de l’été 1991, du 21 au 25 août précisément, Vaires-sur-Marne a accueilli les championnats du monde de canoë de course en ligne. La France a été classée 4e nation, juste derrière l’URSS qui a disputé l’une de ses dernières compétitions internationales avant sa disparition. L’Allemagne, réunifiée depuis 1990, a dominé le classement avec 16 médailles. Les chaînes Canal +, Antenne 2, France 3 et M6 ont retransmis les images, donnant un avant-goût des régates olympiques.
L'année 1997 fut également marquante avec la création du pôle espoir aviron sur le bassin de Vaires-sur-Marne. Dix jeunes, dont trois seine-et-marnais, allaient profiter du bassin pour s’entraîner quotidiennement. Cette tradition de formation s’est maintenue et en 2021, le pôle espoir de canoë comptait 16 athlètes dont 11 internes et hébergés sur le site. En 1997 également, la coupe du monde d’aviron a fait étape à Vaires-sur-Marne, où les Français ont brillé, confirmant les quatre médailles olympiques décrochées en 1996. Paris s’est portée candidate pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2012, et parmi les sites de la candidature parisienne, celui de Vaires-sur-Marne figurait en bonne place pour les épreuves d’aviron, de canoë-kayak, de para-aviron et de para-canoë. Ce rêve, de devenir site olympique, s’est concrétisé le 13 septembre 2017. Le 23 juin 2019, Vaires-sur-Marne est devenu le premier site olympique de Paris 2024 à être livré et inauguré.
Les Jeux de Paris 2024 verront ce bassin à la base nautique olympique de Vaires-sur-Marne accueillir de nombreuses épreuves d’aviron et de canoë olympiques et paralympiques, devant plusieurs milliers de spectateurs. Pour les épreuves de canoë-kayak, les premières médailles seront décernées le dimanche 28 juillet. La France espère renouer avec les médailles olympiques après une édition 2020 sans succès. Le samedi 3 août, si les épreuves d’aviron se terminent après 8 jours de compétition, ce sera autour du kayak cross. La date du 3 août sera donc une date historique puisque cette nouvelle épreuve fera son entrée au programme olympique. Le départ d’une rampe va donner une dimension spectaculaire.
Le bassin artificiel de Vaires-sur-Marne a déjà prouvé son efficacité, réussissant à l’équipe de France avec un titre olympique pour Nicolas Gestin en canoë et une médaille d’argent pour Titouan Castryck en kayak, lors de la finale de kayak monoplace (C1), le 1er août 2024 à Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), à l’occasion des Jeux olympiques de Paris 2024. Pour voir des Français avec des médailles autour du cou à Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne), il vaut mieux garder un œil sur les épreuves de canoë-kayak. Pendant que l’aviron tricolore voyait son compteur désespérément bloqué à zéro, un peu plus loin, sur le bassin artificiel de slalom, les Bleus enchantent le public. L’image idyllique de ce public fourni dans une grande tribune ensoleillée, qui ne refuserait certainement pas un saut rafraîchissant dans le bassin inauguré en 2019, est pourtant un peu différente avant le début de la compétition. Trois heures avant la demi-finale de kayak slalom, le jeudi 1er août, le bassin était encore vide.
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Ludovic Royé, directeur technique national de la Fédération française de canoë-kayak (FFCK), détaille le fonctionnement de ce type de stade d’eau vive : « Le bassin de canoë-kayak, c'est de l’eau qui est prise par des pompes et montée à 4 mètres de haut. Pendant la descente, après avoir appuyé sur un simple bouton pour lancer la machine, l’eau rencontre de gros blocs de plastique, qui vont permettre la création des différents courants. » Pour faire ces mouvements d’eau, on met sur le chemin ce qu’on appelle des « Lego », que l’on accroche au sol et qui viennent simuler les cailloux. Le dernier dessin de la rivière s’est fait en mai, pour qu’il y ait une certaine équité entre tous les pagayeurs qui font les Jeux olympiques. Tout a été pensé pour éviter que cette rivière ne tarisse. Une coupure de courant en pleine compétition ? Aucun problème pour les spécialistes du slalom. « On a toujours comme sécurité des groupes électrogènes. Même en cas d’orage, le site reste opérationnel », rassure Ludovic Royé. Ce système implique évidemment une consommation électrique assez importante, mais le DTN assure qu’elle n’est pas le principal coût économique du bassin.
Cette rivière d’eau vive est singulière parce que « l’eau va vite, tout en étant assez molle ». Une particularité que connaissent parfaitement les athlètes français, qui s’entraînent sur le bassin depuis plusieurs années. « Naviguer pendant des heures et des heures ici, c’est un vrai avantage, parce qu’on apprend à créer de la vitesse dans de l’eau molle, ce qu’on ne retrouve pas souvent ailleurs. Par exemple, à Pau, c’est de l’eau qui va très vite, mais qui est dure. Quand on place la pagaie, je dirais que le bateau avance presque tout seul. Alors qu’ici, avec le même mouvement, le bateau ne bouge pas », détaille Ludovic Royé. Une connaissance du terrain dont les Bleus ont su profiter, en élevant petit à petit leurs capacités physiques et leur aptitude à donner de la vitesse au bateau, comme l'illustre le canoéiste français Marthin Thomas, spécialiste du Canoë monoplace en slalom. Benjamin Duprez, responsable du Stade Nautique Olympique à l’Île de loisirs de Vaires-Torcy, explique également la différence entre les bassins d'eau vive et d'eau calme dans les podcasts de France Bleu Paris 2024.
Le projet de Vaires-sur-Marne a d'abord été une candidature pour l'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2012, où il figurait en bonne place pour les épreuves d’aviron, de canoë-kayak, de para-aviron et de para-canoë. Cette initiative montre que l'ambition de développer des infrastructures de pointe pour les sports nautiques est une constante, avec des projets qui mûrissent et trouvent leur concrétisation au fil des décennies. Les efforts pour créer des installations de slalom sans grosse difficulté particulière mais soutenues tout du long, avec pas mal de petits rouleaux et déflecteurs, et un bon plat dans les 50 derniers mètres, soulignent la recherche d'un équilibre entre défi technique et équité sportive. L'ouverture au public d’installations similaires, comme un bassin en eau mais sans pagayeurs, prévue pour le mois d’avril 2011, montre également un intérêt pour rendre ces infrastructures accessibles au-delà des compétitions de haut niveau.