Les Projets de Surf Park en France : Fonctionnement, Défis et Controverses Actuelles

Le surf, discipline qui a brillé aux Jeux Olympiques de Paris 2024, connaît une popularité croissante, suscitant un désir grandissant d'offrir aux athlètes et aux surfeurs amateurs des lieux d'entraînement accessibles sans devoir prendre l'avion pour des destinations lointaines. Ce besoin a donné naissance au concept des surf parks, des installations capables de générer des vagues artificielles. Cependant, si ces projets promettent un avenir où il sera possible de glisser sur la vague parfaite loin des côtes, leur développement en France est semé d'embûches et de controverses, notamment en ce qui concerne leur impact environnemental et leur viabilité économique. L'ambition de créer des infrastructures de surf artificiel se heurte souvent à des préoccupations légitimes concernant la consommation d'eau et d'énergie, l'artificialisation des sols et la préservation de la biodiversité.

L'Émergence et l'Évolution des Vagues Artificielles

L'histoire du surf, décrite à la fin du XVIème siècle par l'anthropologue espagnol Fray José de Acosta dans son ouvrage Histoire naturelle et morale des Indiens, était initialement un support à l'activité de pêche des peuples indigènes du Pérou. Au XVIIIème siècle, le surf a acquis un caractère divin, permettant une ascension sociale au sein des communautés hawaïennes et polynésiennes. Nageur médaillé olympique, le surfeur hawaïen Duke Kahanamoku est considéré comme le père du surf moderne, ayant réussi à rendre ce sport universellement populaire. Les années 60 ont vu naître une identité forte autour du surf, mêlant musique, cinéma et culture, tandis que les planches en bois endémiques ont cédé la place aux planches en polyuréthane, dérivé du pétrole.

Face à cette popularité grandissante, le surf a cherché à se développer loin des côtes, en milieu artificiel, avec l'émergence d'une première génération de piscines dédiées aux États-Unis, au Japon et même en France à Étampes. Les années 2000 ont vu l'arrivée des piscines à vagues dites statiques ou flowriders. Dans ces bassins de petites dimensions (15 mètres sur 10 mètres pour un volume de 160m3), l'eau est projetée à forte puissance sur un plan incliné, créant ainsi une vague statique permettant au pratiquant d'évoluer sur un bodyboard ou flowboard. Cette activité, à la fois fun, ludique et accessible, procure des sensations issues du surf, du snowboard, du skateboard et du wakeboard.

Cependant, il a fallu attendre 2015 pour voir surgir, après 10 ans de recherches, la première construction offrant des vagues artificielles dynamiques, aussi appelées surf-parks. Imaginée par Kelly Slater, il s'agissait d'une gigantesque structure, bâtie dans le désert californien et s'étendant sur un terrain de 10 hectares. Des investissements financiers de l'ordre de 30 millions ont été mobilisés pour concevoir, développer et construire cette piscine. « Jusqu’à la vague de Kelly Slater, ce type de structure était considérée comme fictive, inimaginable. » Malgré sa démesure et un impact environnemental évident, la construction du multiple champion du monde a séduit l'écosystème du surf, incluant les pratiquants, l'industrie et les médias. Impensable il y a encore une décennie, il est désormais envisageable de surfer au milieu du désert californien ou sur une île artificielle des Émirats Arabes unis.

La Technologie Wavegarden et les Projets Internationaux

Pour la création de vagues artificielles dynamiques, une technologie capable de produire différentes vagues qui se rapprochent des conditions naturelles est essentielle. Dans ce contexte, la société Wavegarden s'est imposée comme le leader mondial de la production de vagues artificielles. Aujourd’hui, il y a une dizaine de projets dans le monde utilisant cette technologie, qui a donc été éprouvée. Le champion olympique de surf français, Kauli Vaast, s’entraîne lui-même dans le centre de recherche et développement Wavegarden du Pays-Basque espagnol.

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De nombreux projets de surf park ont vu le jour à travers le monde, témoignant de la maturité de la technologie Wavegarden Cove. Par exemple, le Surf Abu Dhabi, ouvert depuis octobre 2024 sur l’île Hudayriyat, est le plus grand parc de surf artificiel au monde, ayant accueilli une compétition inédite en février 2025 dans le cadre du championnat du monde de surf professionnel. L'Australie, une nation forte du surf mondial, s’est munie de plusieurs installations, notamment à Queenland, Melbourne et Sydney. L’Olympic Park de Sydney, haut lieu du sport olympique, accueille désormais le premier parc de surf Wavegarden de Nouvelle-Galles du Sud, grâce à un investissement de plus de 75 millions de dollars australiens. Ce parc devrait fonctionner 16 heures par jour, 7 jours sur 7. URBNSURF à Melbourne, situé à quelques minutes de l’aéroport Tullamarine, est le premier parc de surf public Wavegarden Cove dans l’hémisphère sud.

D'autres exemples incluent Surfland Brasil, le premier surf resort en copropriété doté d’un Wavegarden Cove, et le plus grand parc de surf d’Asie qui est l’attraction principale d’un nouveau complexe marin de luxe. Aux États-Unis, DSRT SURF à Palm Desert en Californie sera la première destination surf de ce genre, tandis qu'Atlantic Park, prévu en 2025 à Virginia Beach, est soutenu par Pharrell Williams. El Nido et un projet à Bahreïn prévoient également des Wavegarden Cove de 52 modules. Même Madrid accueillera bientôt le plus grand parc de surf et la plus grande plage urbaine d’Europe, et le Portugal, avec le projet “SURFERS COVE” à Óbidos, aura son premier Wavegarden Cove. Ces complexes intègrent souvent un large éventail de boutiques, restaurants, hébergements de type boutique, biens immobiliers et espaces culturels, transformant le surf park en une destination multi-usage.

Le Projet de Canéjan : Une Ambition à la Française

En France, l'idée de développer des surf parks suscite un vif intérêt. Dans la petite ville de Canéjan, en banlieue de Bordeaux (Gironde), des promoteurs veulent construire deux piscines à vagues artificielles, utilisables été comme hiver, à moins d'une heure de l'océan. Ce projet, appelé "l'Académie de la glisse", pourrait devenir le tout premier surf park de l'Hexagone, bien qu'il existe déjà des installations similaires en Suisse, en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. La métropole bordelaise a été choisie car la région regroupe le plus grand nombre de surfeurs en France, mais ne comporte aucun centre d'entraînement pour les sportifs. Les promoteurs souhaitent pallier ce manque en installant deux grands bassins, capables de générer des vagues artificielles parfaites, aux dimensions voulues par les pratiquants.

Le projet doit être installé sur un ancien parking, dans une zone industrielle, à proximité de l'autoroute. L'artificialisation du sol serait limitée puisque les deux bassins du surfpark seraient construits sur une friche industrielle de 3,6 hectares qui était goudronnée depuis des années. Le site choisi est une ancienne usine IBM des années 70 avec sa station d'épuration et 10.000 m² de panneaux solaires, ce qui est mis en avant par les promoteurs pour rendre le surf park autonome en énergie. Edouard Algayon, cocréateur du projet, explique que « Nous allons réhabiliter cette friche industrielle, en plein cœur de la zone industrielle, pour faire le projet du surf park. »

Cependant, le projet de Canéjan divise. Si certains y voient une opportunité de "faire bouger les choses" et d'y faire "venir du monde", d'autres se montrent méfiants face à un projet "complètement aberrant" avec "l'océan à 40 kilomètres". L'eau est au cœur des inquiétudes. Pour fonctionner, les deux bassins nécessitent 20.000 mètres cube d'eau, soit l'équivalent de huit piscines olympiques. Pour leur remplissage, la moitié de l'eau viendra des nappes profondes et l'autre de l'eau de pluie récupérée sur les toits. Cette technique est censée rassurer sur l'utilisation d'une ressource qui va devenir de plus en plus rare en France dans le contexte du changement climatique. Edouard Algayon assure que « Nous allons pouvoir pallier comme ça l'évaporation des bassins tout au long de l'année en stockant cette eau qui tombe sur ces toitures et qui jusqu'à maintenant n'était pas récupérée ou revalorisée », et que le projet est « largement autosuffisant pour pallier aux problèmes de l'évaporation même en cas d'année sèche ».

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Ces calculs sont contestés par les opposants. Deux organisations écologistes, Surfrider Foundation et Sepanso Gironde, ont attaqué le permis de construire de l'Académie de la glisse en justice, estimant que l'évaporation est sous-estimée. Rémy Petit, du collectif "Non au surfpark à Canéjan", avance : « On dit que ça va être deux évaporateurs géants. Parce que les deux cumulés, c'est l'équivalent de huit piscines olympiques et parce qu'il y a ces vagues qui peuvent faire jusqu'à deux mètres, qui sont des vagues déferlantes, et qui projettent de l'eau et accélèrent considérablement l'évaporation ». Selon les opposants, les études des promoteurs se basent sur des moyennes de précipitation des 20 dernières années, des modèles jugés dépassés. Florence Bougault, de la Sepanso, dénonce : « On demande aux gens de faire attention à ce qu'ils font, de faire de la sobriété, de limiter les déplacements, de ne pas arroser le gazon l'été quand ça manque d'eau et là, on est sur un projet qui va profiter à quelques-uns, au détriment de l'usage de l'eau ». Face à la polémique, la mairie de Canéjan a refusé les demandes d'interview tant que la procédure judiciaire est en cours. Le chantier est à l'arrêt en attendant la décision de la justice administrative.

La Controverse de Talmont-Saint-Hilaire : Proximité de l'Océan et Opacité

À quelques centaines de mètres de l’Atlantique, un autre projet de surf park suscite une vague d’indignation en Vendée. Talmont-Saint-Hilaire pourrait bientôt accueillir une infrastructure de surf artificiel d’envergure, à seulement 250 mètres de l’océan Atlantique. Porté par la société « Les Frangines », le complexe prévoit deux bassins extérieurs de 120 mètres de long avec un système générant des vagues en continu, une zone sur pilotis avec des restaurants, des magasins et des espaces bien-être, ainsi qu’un parking de deux étages surmonté de panneaux photovoltaïques. Le projet, initialement présenté comme une simple « extension et restructuration de l’aquarium existant », couvrirait 4,26 hectares et doublerait la consommation électrique du site actuel.

Ce projet soulève de vives inquiétudes, notamment en raison de sa localisation : à 250 mètres de l’océan, au cœur d’un environnement déjà fragilisé et voisin immédiat d’une zone Natura 2000. Le collectif AC de Vagues dénonce l'artificialisation ou imperméabilisation de 7380 m² pour la construction de la piscine à vagues de technologie Wavegarden Cove, complétée d'espaces commerciaux et de restauration en plus de la surface déjà occupée par l'aquarium. Il est craint que cet ensemble ne mette en danger la zone Natura 2000 par le bruit et les vibrations des pompes et moteurs (capables de générer de 300 à 600 vagues par heure), la fréquentation importante, l'organisation d'événements et la circulation routière augmentée.

L’eau de mer, pompée par des structures déjà utilisées pour l’aquarium, sera filtrée et traitée avant de remplir les bassins. Cependant, la capacité de pompage interroge. L’accord actuel entre l’aquarium et la Direction Départementale des territoires et de la mer (DDTM) de Vendée permet à la société de prélever de l’eau de mer à hauteur de 120 m3 par jour. L’aquarium nécessite 30 m3 d’eau quotidiennement, ce qui laisserait théoriquement 90 m3 pour les bassins à vague. À ce rythme, il ne faudrait pas moins de cinq mois pour remplir les 13 500 m3 du surf park. Le complexe utiliserait de l'eau de mer dessalée sans que soient précisés le volume d'eau concerné ni la technique utilisée, une opération énergivore et créatrice de déchets. En cas de fuite des bassins, il y a un risque de salinisation des sols du bois de La Mine situé en aval du projet.

Mais ce n’est pas seulement la démesure technique du projet qui scandalise, c’est également l’opacité qui l’entoure. Dès juin 2024, le projet a bénéficié d’un feu vert préfectoral et s'est vu dispensé d’une étude d’impact environnemental, et en septembre, le maire de Talmont, Maxime de Rugy, a accordé un permis de construire au promoteur. Stéphane Heron, représentant du collectif citoyen AC de Vagues, dénonce : « Tout a été fait pour que ce projet-là ne fasse pas de vagues et ne soit pas connu trop de la population ». Il ajoute : « Le signalement du permis de construire, on l’a eu trois mois après. Les deux mois de délai autorisés pour le recours contentieux étaient largement passés. » Le chantier n’excédant pas 10 hectares, l’étude d’impact environnementale n’est pas obligatoire. Cependant, Stéphane fustige : « L’évaluation des incidences Natura 2000 n’a pas été faite, alors que ça, par contre, c’est obligatoire. » Les opposants soulignent que le permis de construire présente beaucoup d'approximations concernant le traitement des eaux (présence de désinfectants ou pas), le volume de pompage existant insuffisant, les évacuations des vidanges et trop-pleins dues aux fortes pluies inexistantes, la consommation énergétique, la présence d'une fosse de plongée de 40 m de profondeur, et l'évaluation des incidences Natura 2000 ignorée, pourtant obligatoire pour garantir la préservation de la biodiversité de ces zones protégées.

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Face à cette opacité et à ce qu’ils qualifient d’« aberration écologique », les citoyens s’organisent. Le collectif AC de Vagues a lancé une pétition, qui a déjà réuni plus de 10 000 signatures, refusant ce projet illégitime et indécent moralement, socialement et écologiquement, au regard des détériorations climatiques et de l'atteinte à la biodiversité. La communauté de communes Vendée Grand Littoral a par ailleurs mis en place un Plan Climat Air Énergie Territorial dont l'objectif 5.1 est de « limiter l'artificialisation des sols sur le long terme, dans une logique d'économie circulaire et de solidarité territoriale ».

Impacts Environnementaux et Critiques Générales des Surf Parks

Une piscine à vagues artificielle consomme de l’électricité et de l’eau, c'est indéniable. Néanmoins, les promoteurs affirment maîtriser assez bien la consommation électrique de la technologie et pouvoir anticiper la production électrique sur site, souvent via des sources renouvelables. Surftown, par exemple, présente une installation autosuffisante à 80% en énergie, en s’appuyant sur des énergies renouvelables telles que le solaire et l’éolien, et utilisant l’énergie géothermique pour le refroidissement et le chauffage. Wavegarden annonce une consommation de 455 kWh pour une session d’1h, se revendiquant comme la solution la plus frugale du marché grâce à un haut rendement énergétique couplé à du photovoltaïque. Cependant, le bilan énergétique reste extrêmement énergivore. Un kWh peut être utilisé pour diverses activités, mais pour un surf park, cela représente une part significative des ressources.

Le sujet de l’eau est bien entendu au cœur de la communication des concepteurs. Si l’exploitation en circuit fermé de l’eau est un argument commun, la provenance et le traitement de l’eau restent néanmoins deux facteurs de différenciation. La solution de Wavegarden pour alimenter ses piscines est la récupération d’eaux de pluie et naturelles (puits, lacs, rivières). Sur leur site, il est indiqué qu’« aucune vidange ou remplissage n’est nécessaire, sauf pour compenser les pertes par évaporation. Comme l’eau n’a pas besoin d’être renouvelée, l’eau n’est pas perdue ». Pourtant, l'accélération de l’évaporation due aux vagues peut amener à quadrupler le volume d’eau annuel, ce qui représenterait, selon le Sispea (Observatoire national des services d’eau et assainissement), l’équivalent de la consommation annuelle en eau domestique de 4500 personnes.

En France, la réglementation de la baignade artificielle en bassin fermé est plus stricte et devrait s’appliquer, imposant une à deux vidanges sanitaires par an selon les agences régionales de la santé. Des incidents, comme un décès constaté en 2018 au Texas à la suite d’une intoxication à l’amibe mortelle dans une piscine de surf, soulignent l'importance de ces régulations sanitaires.

La politique d’artificialisation des sols, menée par le binôme concepteur/promoteur, est également fortement critiquable. Sur l’intégralité des sites opérationnels du fabricant espagnol Wavegarden, seulement 15% ont fait l’objet d’une réhabilitation de sites inutilisés, comme à Sydney avec la réutilisation d’équipements sportifs olympiques, et la réutilisation d’anciens sites en Écosse (ancienne carrière) et au Pays de Galles (ancienne aciérie). Cela contraste avec la bétonisation de terres naturelles que certains projets impliquent. En Gironde, un projet visant à réhabiliter une friche industrielle de 3,6 hectares a été stoppé après l’annulation du permis de construire par le tribunal administratif de Bordeaux, en raison de la présence de nombreuses substances chimiques polluantes.

Enfin, concernant les émissions de gaz à effet de serre (GES), l'exercice périlleux consistant à comparer les émissions entre les pratiques dans des milieux artificiels et naturels est souvent critiqué. Les leaders industriels s'octroient de nombreuses hypothèses et omissions sur le scope 3 (émissions indirectes) permettant d’optimiser le résultat de leur bilan carbone. Ne sont souvent pas prises en compte les GES émis pour la conception et la fabrication de la piscine, ni les émissions liées aux déplacements de ces utilisateurs. Cette opération évidente de greenwashing de l’industriel est parfois assumée sur son site internet.

L'idée de voir se dérouler des compétitions internationales dans ces milieux artificiels gêne une partie de la communauté. Le Global Footprint Network mesure une empreinte écologique par habitant de 8,7 hag (hectare global) en 2022 pour certains pays, les positionnant au 3ème rang des pays les plus pollueurs, ce qui pose question sur la pertinence de tels projets. L'accessibilité des transports aériens offre au surfeur amateur la possibilité de réaliser ses rêves de voyager à l'autre bout de la planète, mais un vol aller-retour Paris/Bali représente 4,45 tCO2 eq. Les surf-parks sont alors présentés comme une solution pour réduire l’empreinte carbone évidente du surfeur-voyageur, tout en offrant aux pratiquants vivant loin de l’océan la possibilité de glisser. Cependant, en 10 ans, seulement une vingtaine de surf-parks se sont implantés dans le monde, ce qui paraît peu au regard du nombre de pratiquants, s'expliquant par des investissements conséquents, oscillant entre 200 millions d’euros et 2 milliards pour certains projets.

L'Accessibilité et l'Élitismec du Surf Artificiel

Sur l’aspect social, les surf-parks divisent également. Destinées initialement à rendre accessible le sport à un plus grand nombre, les tarifs d’entrée de l’ordre de 60 €/heure représentent un frein indiscutable à l’accessibilité. Surfer dans l’océan n’engendre aucun coût supplémentaire à celui du matériel et son déplacement, quelle que soit la durée passée dans l’eau. Or, une session dans une piscine à vagues transforme le surf en une pratique élitiste. Kelly Slater, par exemple, privilégie un positionnement premium en ne réservant l’accès à son ‘Ranch’ qu’à des surfeurs soigneusement sélectionnés, aux marques et à la WSL pour l’organisation de compétitions ou événements prisés. Michael Mohr, cofondateur du surf-park Surftown, défend cette accessibilité au surf en tablant sur 200 000 visiteurs par an qui pourront s’entraîner toute l’année près de la maison, mais le coût reste un obstacle majeur pour une pratique régulière.

Les promoteurs du projet de Canéjan mettent en avant l'importance d'un centre d'entraînement pour les sportifs et son utilité pour rendre la pratique du surf accessible aux personnes en situation de handicap. Nicolas Padois, l'un des promoteurs du projet, moniteur et ancien entraîneur des équipes de France de surf, souligne qu'« avec une machine à vague, en une semaine ou en quelques jours, on gagne un mois ou deux d'entraînement en milieu naturel ». Mais la question de l'élitisme des coûts persiste.

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