Quand on parle de beach rowing sprint, une discipline de l'aviron qui combine la puissance sur l'eau et l'agilité sur le sable, il est des noms qui viennent tout de suite à l’Esprit. Celui d’Edwige Alfred en fait partie. Cette rameuse émérite, originaire de la Seyne-sur-Mer, s'est forgée une réputation solide au fil des ans, marquée par un palmarès éloquent et une persévérance remarquable sur les eaux et les plages du monde entier. Son parcours est une illustration parfaite de l'engagement et de la détermination requis pour exceller dans cette discipline exigeante.
L'Émergence d'une Championne : Des Titres Nationaux aux Consécrations Mondiales en Double
La carrière d'Edwige Alfred est jalonnée de succès qui attestent de sa polyvalence et de sa capacité à performer au plus haut niveau. Son aisance en aviron de mer s'est manifestée très tôt par des performances remarquables sur la scène nationale. Voici cinq ans, alors que son parcours était déjà bien engagé, Edwige Alfred était montée sur la plus haute marche des Championnats de France d'aviron de mer, démontrant sa supériorité incontestable dans cette épreuve. Ce triomphe national n'était qu'un prélude à une consécration encore plus grande. Dans la foulée de ce succès hexagonal, elle a été sacrée championne du monde à Bari (Italie), un titre prestigieux obtenu en double avec Clémence Gourdin. Cette victoire internationale, dans une discipline où la synchronisation et la puissance sont primordiales, a gravé son nom dans l'histoire de l'aviron français et mondial. Le double, une configuration d'embarcation où la collaboration est essentielle, a toujours eu une place particulière dans son cœur. Si la valeur individuelle est importante, elle ne le cache pas : elle préfère le double. Cette préférence pour le partage de l'effort et la stratégie collective sera un fil conducteur de sa carrière.
Plus récemment, lors des « France » à Menton (Alpes-Maritimes), la Creilloise, concourant cette fois en solo, s'est imposée très facilement. Elle a relégué sa suivante, la Basque Jessica Berra, à plus d'une minute et dix secondes, au terme des 6 000 m du parcours. Cette performance, magistrale dans sa démonstration de force et d'endurance individuelle, était de bon augure avec le Mondial en fin de semaine à quelques encablures de là, soulignant sa capacité à dominer aussi bien en équipe qu'en solitaire.
L'Épopée du Double Mixte avec Ludovic Dubuis : Une Alliance Gagnante sur la Scène Internationale
Le parcours d'Edwige Alfred est également indissociable de sa collaboration fructueuse avec Ludovic Dubuis. Ensemble, ils ont formé un duo redoutable en double mixte, marquant la discipline du beach rowing sprint par leurs exploits répétés sur la scène mondiale. L'année 2021 a été le théâtre d'une de leurs premières grandes réalisations internationales. À Oeiras, lors des World Rowing Beach Sprint Finals, elle a terminé avec l’argent en double avec Ludovic Dubuis, une médaille qui attestait de leur synergie et de leur compétitivité.
Leur engagement commun s'est poursuivi en 2022, où, à Saundersfoot, c’est le bronze que les deux Français ont remporté. Cette médaille, bien que de bronze, fut le fruit d'une compétition intense et d'une détermination sans faille, comme en témoignent les détails de l'épreuve. Les World Rowing beach sprint finals à Saundersfoot ont débuté avec les premières courses des premiers rounds, engageant seize Français dans les neuf classes de bateaux au programme. Le programme était chargé, et plus il l'était, mieux c'était pour les équipages français qui espéraient enchaîner les victoires. Les équipages qui courraient en quart de finale devaient, quasiment dans la foulée, poursuivre sur leur demi-finale et leur finale, exigeant une récupération rapide et une endurance constante. La météo et les conditions de la mer sont des facteurs cruciaux dans cette discipline. La mer se retirait tout doucement de la plage de Saundersfoot avec la marée descendante, nécessitant une adaptation constante. Il a même été noté un déplacement de la zone de compétition pour tenir compte de la marée montante, soulignant la complexité logistique et tactique de ces épreuves.
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Dans ce contexte exigeant, Edwige Alfred et Ludovic Dubuis ont démontré leur supériorité en quart de finale. Ils ont aisément triomphé des Néerlandais, affichant une confiance et une maîtrise impressionnantes. Cependant, la demi-finale leur a réservé un défi de taille : ils ont affronté l'équipage espagnol, une équipe très aguerrie qui a eu raison du duo tricolore, terminant le parcours sur la plage largement devant Ludovic Dubuis. Malgré cette déception en demi-finale, l'esprit de compétition d'Edwige Alfred ne s'est pas éteint. Il restait une course à enjeu, celle pour le bronze. La finale 2 promettait donc d’être tendue, et face aux Canadiens, Edwige Alfred et son coéquipier allaient eux aussi lâcher les chevaux, puisant dans leurs dernières réserves pour décrocher une place sur le podium. C’est avec six secondes d’avance que le rameur de la SN Monaco, Ludovic Dubuis, a déclenché le buzzer, synonyme de troisième place mondiale.
Cette médaille de bronze à Saundersfoot avait une signification particulière pour le duo. « Cette médaille, elle représente la confiance qu’on a l’un en l’autre, on a eu tous les deux une saison compliquée, on ne savait pas ce que cela allait donner », a confié Edwige Alfred, mettant en lumière le lien fort et la résilience partagée qui les animent. Leur parcours à Saundersfoot a également inclus un repêchage, où Edwige Alfred et Ludovic Dubuis ont triomphé aisément de l’équipage japonais dans ce deux de couple mixte seniors, en buzzant sur le sable avec plus de 4 secondes d’avance sur les Nippons, prouvant leur capacité à rebondir après un revers initial.
Le secret de cette réussite en double réside en partie dans la vision d'Edwige Alfred elle-même : « Le double, c’est le partage. Je m’entraîne seule toute l’année, ça fait du bien de ramer avec quelqu’un. » Cette déclaration révèle une facette essentielle de son approche du sport : la recherche de la camaraderie et de l'émulation que seul un partenariat peut offrir. Elle se souvient avec humour de la première fois qu'ils ont ramé ensemble : « La première fois qu’on a ramé ensemble, je me suis dit qu’il n’allait pas aimer ramer avec une vieille. Au final, on s’entend vraiment bien. Il faut peut-être y voir un signe du destin. »
La Rigueur du Solo et les Défis de l'Endurance en Beach Rowing Sprint
Bien qu'elle exprime une préférence pour le double, Edwige Alfred n'en demeure pas moins une athlète redoutable en solo, prête à relever les défis de cette discipline individuelle exigeante. Il n’est donc pas étonnant de la voir alignée au départ de la compétition à Ajaccio, en solo pour cette première journée de courses. Et là, le nom générique de course colle bien à la discipline, puisque c’est au sprint, sur le sable, que l’épreuve commence. Cette spécificité du beach rowing sprint exige non seulement une puissance aquatique mais aussi une agilité terrestre, les rameurs devant courir sur la plage pour atteindre leur embarcation puis pour la franchir à l'arrivée.
Lors de cette journée des solos à Ajaccio, la rameuse de la Seyne-sur-Mer a terminé avec le bronze autour du cou. Cette médaille illustre sa capacité à rester compétitive même dans une épreuve où elle est seule à bord. Sur une journée comme celle-ci, les parcours s’enchaînent à un rythme effréné, surtout lorsque l’on atteint les quarts, puis les demies. Il faut savoir vite se reprendre après l’effort, récupérer, une tâche ardue qui met à l'épreuve les limites physiques et mentales des athlètes. Edwige Alfred, forte de son expérience et de son entraînement, le confirme : « On est entraînés, note Edwige Alfred, on est capables d’enchaîner aussi vite. »
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Malgré une carrière longue et illustre, Edwige Alfred aborde les compétitions avec une lucidité et une honnêteté remarquables quant à ses propres sensations. « J’ai de plus en plus de mal à avoir la hargne et l’envie, commente Edwige Alfred. Je ne sais pas si c’est l’âge (45 ans dans quelques jours, NDLR) ou si c’est que je vois ma fille grandir. Plus j’avance, plus j’ai du mal à me dire que je vais les bouffer. » Ces mots révèlent la profondeur de sa réflexion sur sa carrière et les motivations qui l'animent. Cependant, elle ne s’avoue pas vaincue pour autant, car les championnats ne sont pas finis pour elle. Cette résilience est une marque de fabrique de son caractère d'athlète. Dans le cadre de ces épreuves exigeantes, elle a également participé à un second time trial en solo féminin, enchaînant cette course après sa participation en double mixte, démontrant encore une fois son incroyable endurance et sa volonté de relever tous les défis.
Le Paysage de l'Aviron Français : Un Écosystème d'Excellence
L'aviron en France, et en particulier l'aviron de mer, est un domaine où l'excellence est une tradition. Edwige Alfred évolue au sein d'un écosystème riche en talents et en performances, où la compétition est intense et le niveau général élevé. Ce contexte stimulant contribue à pousser chaque athlète à se dépasser.
Le paysage de l'aviron français est jalonné de talents et de performances remarquables, attestant d'une tradition d'excellence et d'une relève constante. Ainsi, de nombreux titres nationaux ont été décernés à diverses catégories, illustrant la profondeur des talents sur tout le territoire. On a vu des équipages tels que Gaïa Umbra-Chiavini, Chloé Philibert, Jacobine Andriessen et Valentine Vincenot être sacrées Championnes de France en 4X+ J18F, soulignant l'émergence de jeunes talents féminins prometteurs. De même, chez les jeunes hommes, Andrea Bolognesi, Joan Civit, Enzo Cassini-Peloux et Donovan Savary ont excellé en devenant Champions de France en 4X+ J18H.
Les catégories seniors démontrent également une forte compétitivité. Les rameuses Coline Cuassin, Clara Stefanelli, Kristine Fortuna et Mélanie Delval se sont distinguées en s'adjugeant le titre de Championnes de France en 4+ SF. Chez les hommes, un équipage particulièrement remarqué, composé de Paul Mosser, Ludovic Dubuis (le partenaire d'Edwige Alfred), Julien Gazaix et Guillaume Blanc, a été couronné Champion de France en 4X+ SH. Mathieu Monfort, François Maury, Gislain Bohrer et Charles-Louis Mauro ont également démontré leur supériorité en remportant le Championnat de France en 4+ SH, ajoutant une autre preuve de la richesse des talents masculins. L'expérience est également célébrée dans la discipline, comme en témoignent Magali Albin, Anne Peglion, Emmanuelle Morin et Céline Marion, couronnées Championnes de France en 4X+ Master F, preuve que la passion et la performance perdurent à tous les âges.
La relève est activement préparée, avec des athlètes qui se distinguent dans les catégories jeunes. Nous avons vu des Vice-Championnes de France en 4X+ J16F, Pauline Filc, Juliette Raimondo, Ginevra Guglielmi, Martina Michelle Sgarbi, ainsi que des Vice-Champions de France en 4X+ J16H, Matteo Gastaud, Louis Fontanili, Lucas Fauché, Thomas Aubel, démontrant la vigueur de la formation. Une Médaille de Bronze a été remportée en 4X+ Mixte J16 par Florent Rocca, Baptiste Bongiovanni, Samantha Synave et Juliette Vincenot, soulignant la diversité et l'engagement des jeunes rameurs. Ces succès multiples, répartis sur différentes catégories et disciplines, soulignent l'environnement compétitif et stimulant dans lequel évolue une athlète comme Edwige Alfred, et attestent de la profondeur du talent au sein de l'aviron français.
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La France sur la Scène Internationale : Au-delà des Réalisations d'Edwige Alfred
L'excellence de l'aviron français ne se limite pas aux performances d'Edwige Alfred, mais s'étend à un ensemble de succès sur la scène internationale, que ce soit en aviron de mer ou en aviron olympique. La France brille régulièrement sur les podiums mondiaux, comme en attestent d'autres résultats. Lors des régates internationales de Ratzeburg en Allemagne, une 1ère place en U23 SH1X a été remportée par Q. Cette performance met en lumière le talent des jeunes espoirs français sur la scène continentale et mondiale. En outre, des rameurs français ont été Champions du monde en SH4X+ Mer, à l'image de M. Raymond, G. Delhon, W. Ader et M., des noms qui incarnent la constance de la France dans les épreuves internationales d'aviron de mer. Ces performances soulignent une présence française constante sur les podiums mondiaux, affirmant le statut du pays comme une nation majeure de l'aviron.
Au-delà des médailles d'Edwige Alfred et Ludovic Dubuis à Saundersfoot, d'autres athlètes français ont également fait preuve d'une grande combativité. Lors de la même compétition, à 15 h 38, Aymeric Fortier, Elise Beguin, Chloe Briard, Alexis Fortier et leur barreur Romain Baudet ont réalisé un très bon départ face aux Irlandais. Bien que ces derniers aient remonté sur la deuxième partie du parcours, ils n’ont pas pu rattraper l’équipage tricolore. Aymeric Fortier a buzzé le premier, envoyant le bateau en demi-finale. Face à la Nouvelle-Zélande et à ses poids lourds à bord, les Français ont tout de même réalisé une belle course, démontrant leur résilience, mais ce sont les rameurs à la fougère qui l’ont emporté. En finale 2, face aux États-Unis, la France a tout donné, illustrant l'engagement total des athlètes. Mais c’est à l’arrivée que tout s’est joué, dans les derniers mètres décisifs.
Les jeunes talents ont également brillé. À 14 h 55, le quart de finale du solo junior féminin a tourné à l’avantage de Maxence Dupuis, qui a pris l’ascendant sur la rameuse espagnole, marquant les esprits par sa performance. En demi-finale, comme pour son homologue masculin, la tricolore a fait un bon départ, mais la Britannique a repris l’avantage sur le retour en ligne droite, et a buzzé la première. La Française a donc terminé son parcours en finale 2, face à l’Italienne, démontrant son potentiel prometteur. Les courses se sont enchaînées rapidement, et à peine 20 minutes plus tard, Evan Cailhau s’alignait à nouveau au départ de sa demi-finale. Face à lui, le rameur tunisien lui a offert un parcours plus compliqué pour le tricolore, qui a mal géré ses virements de bouée. Le Tunisien en a profité pour reprendre l’avantage et, même si les deux rameurs sont arrivés en même temps sur la plage, il a pu plonger sur le buzzer le premier. Nous retrouvions donc le Français en finale 2 pour la troisième place, contre l’Américain qui avait échoué face au Britannique. Malheureusement, même parcours pour Evan Cailhau qui a mal négocié le dernier virement, laissant l’Américain arriver en tête sur la plage. Ce fut une quatrième place pour le tricolore, une performance honorable mais frustrante. Plus tôt dans la journée, à 9 h 45, un nouveau time trial avait été enregistré pour Gislain Bohrer en solo hommes, illustrant l'activité intense et la multiplicité des épreuves au sein de ces championnats du monde.