La sécurité en mer est une priorité absolue pour tous les plaisanciers, qu'ils soient skippers expérimentés ou novices. Au cœur de cette préoccupation, le gilet de sauvetage se présente comme l’équipement de base de chaque équipier. Si tout le monde ne le porte pas en permanence, il faut reconnaître que les habitudes changent. Il n’est plus du tout exceptionnel de croiser des skippers portant leur gilet, surtout s’ils sont seuls, ou qu’ils naviguent en solitaire. La réglementation sur les gilets de sauvetage est déterminée par la Division 240, qui réglemente l’équipement obligatoire à embarquer à bord d’un bateau en fonction de la zone de navigation.
La Division 240 de l'arrêté du 6 mai 2019 définit les conditions de sécurité, de prévention et l'utilité d'un gilet de sauvetage à bord d'une embarcation afin de naviguer dans des circonstances réglementaires et adaptées. Il est essentiel de rappeler que l'achat d'un gilet de sauvetage doit se faire au regard de la réglementation en vigueur, des conditions et zones de navigation. Ce texte réglementaire français définit le matériel d’armement et de sécurité obligatoire pour les navires de plaisance d’une longueur de coque inférieure ou égale à 24 mètres. Elle s’applique à tous les bateaux à usage personnel ou de formation, quel que soit leur pavillon, dès lors que le propriétaire réside en France et navigue dans les eaux territoriales françaises. Le principe fondamental de cette réglementation repose sur la notion d’abri : un endroit de la côte où un navire et son équipage peuvent se mettre en sécurité en mouillant, atterrissant ou accostant, puis repartir sans assistance. Plus le bateau s’éloigne d’un abri, plus la liste d’équipements obligatoires s’allonge, dans une logique de risque croissant. Cette logique permet d’adapter les exigences au niveau de risque réel. En effet, le texte précise qu’« Une seule règle d’embarquement du matériel de sécurité vaut pour tous les types d’embarcations, en fonction de l’éloignement d’un abri ».
Le Gilet de Sauvetage : Un Équipement Vital et ses Évolutions
Le gilet de sauvetage, ou brassière, est avant tout un équipement de sécurité non négligeable pour garantir la sécurité des plaisanciers lors des pratiques nautiques. Un accident peut vite arriver : un coup de vent, une filière qui lâche, une faute de barre ou simplement une perte d’équilibre peut amener à une chute dans l’eau. Remonter à bord du bateau en toute sécurité peut s’avérer parfois difficile, c’est pourquoi il est important de bien choisir son gilet de sauvetage ! Le gilet de sauvetage, appelé « Engin Flottant Individuel » par la Division 240, ou également Équipement Individuel de Flottabilité (EIF), est un dispositif qui permet à une personne de flotter plus facilement en cas de chute dans l'eau. Ce matériel a pour objectif d’assurer une bonne position de flottaison, de conserver la tête hors de l'eau et assure le retournement pour une personne inconsciente. S'il est porté, un gilet de sauvetage peut vous sauver la vie.
Pour ceux d’entre-nous qui ont encore un doute sur l’importance de porter en permanence notre gilet de sauvetage, voici quelques exemples de risques de chute à la mer. Saviez-vous que l’espérance de vie après une chute à la mer est d’une heure dans une eau de 10°C à 16°C ? Selon la SNSM, le non-port du gilet de sauvetage est l’une des premières causes de noyade, 8 noyés sur 10 auraient pu être sauvés ! Ces chiffres soulignent l'importance capitale de cet équipement.
Il est vrai que l’on a très souvent entendu dire que le port du gilet de sauvetage était freiné par manque de confort lors des manœuvres en bateau. Pendant des régates, il pouvait rendre moins performant, selon les dires, ou tout simplement par habitude du non-port du gilet. Cependant, les fabricants ont fait beaucoup d’efforts depuis pour offrir des gilets de sauvetage modernes, plus agréables et plus confortables tout en offrant plus de sécurité. Grâce aux évènements sportifs, le port du gilet de sauvetage obligatoire se popularise et contribue à une utilisation plus régulière. La Division 240 ne fait pas de distinction entre un gilet classique et un gilet gonflable. Il faut cependant reconnaître que ces derniers sont une avancée en termes de sécurité. Ils sont beaucoup plus simples à porter et facilitent les manœuvres. Ils sont encore plus utiles pour les enfants, car plus faciles à porter… en permanence.
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Il existe plusieurs systèmes de déclenchement : manuel, automatique ou hydrostatique. Si les gilets à déclenchement manuel sont plus abordables, la question se pose de l’intérêt pour une personne tombant à la mer, inconsciente ou en panique. Tous les gilets automatiques possèdent également un déclenchement manuel. Les gilets gonflables manuels correspondront pour des utilisations en plan d'eau intérieur (lacs), kayak, ou rivière. En mer, lors des pratiques sportives en dériveur par exemple, le gilet manuel est très pratique pour éviter les gonflages intempestifs. Lors d'une sortie en mer, il est vivement conseillé de vous orienter vers un modèle à déclenchement automatique en navigation côtière, semi-hauturière ou régate.
Classification des Équipements Individuels de Flottabilité (EIF) selon la Division 240
La classification des EIF est désormais alignée sur la norme NF EN ISO 12402, avec trois niveaux de performance : 50, 100 et 150 Newtons. Suivant la zone de navigation, le gilet de sauvetage devra respecter une certaine capacité de flottabilité exprimée en Newton. Pour un adulte de 65 kg, un EIF de performance 150 doit offrir au minimum 130 N de flottabilité. Pour un enfant de 30 kg, une aide de 50 N nécessite au moins 35 N de flottabilité.
Le gilet de sauvetage doit être homologué et disposer d’une étiquette de conformité pour répondre à la norme. Ces équipements individuels de flottabilité doivent être marqués « CE » ou un logo « barre à roue » sur l’étiquette, attestant de leur conformité aux standards européens.
- Les gilets de 50 Newton, aussi appelés gilets dériveurs, sont des aides à la flottabilité. Ils sont appropriés pour une navigation jusqu’à 2 milles d’un abri. Ces gilets sont souvent utilisés pour des régates en dériveur et protègent le torse et l'abdomen. Ils doivent être à flottabilité positive. Cependant, la limite entre le plus ou moins deux milles d’un abri n'est pas toujours évidente à cerner. En effet, quand on part pour une petite journée de navigation, on ne calcule pas toujours la distance par rapport à un abri.
- Les gilets de 100 Newton sont des gilets de sauvetage. Ils conviennent pour une navigation jusqu’à 6 milles d’un abri. Ce sont les gilets que l’on retrouve le plus souvent sur nos petites unités. Ils ne sont pas excessifs en prix. Ces gilets permettent le retournement d’une personne ainsi que d’assurer que si celle-ci est inconsciente, elle puisse conserver la tête hors de l’eau. Pour les enfants de moins de 30 kg, il est obligatoire de porter un gilet de sauvetage de 100 Newton minimum, quelle que soit la zone de navigation.
- Les gilets de 150 Newton sont obligatoires au-delà de 6 milles d’un abri. Ils assurent le retournement et permettent à une personne inconsciente portant des vêtements d’avoir la tête hors de l’eau. Un EIF de performance 150 est l'équipement exigé dès la zone semi-hauturière.
Dans le même temps, le gilet de sauvetage, appelé « Engin Flottant Individuel » par la Division 240, doit être équipé d’un dispositif lumineux. Ce dispositif lumineux individuel est obligatoire pour chaque personne embarquée, quelle que soit la zone de navigation. Il peut s’agir d’une lampe flash, d’une lampe torche étanche ou d’un bâtonnet cyalume. L’autonomie minimale requise est de 6 heures. Ce dispositif se fixe au gilet ou se porte sur soi. Il représente la première aide au repérage en cas de chute à l’eau de nuit. Pour être secouru, il faut être visible, c'est pourquoi il est impératif de posséder une lampe torche étanche ou un dispositif lumineux individuel pour compléter votre gilet de sauvetage. Cet équipement de sécurité est obligatoire en navigation, même à moins de 2 milles d’un abri.
Le chef de bord est le membre de l’équipage qui a la responsabilité d’embarquer du matériel de sécurité adapté à la navigation pratiquée. Il doit s’assurer que tous ces passagers portent un gilet de sauvetage homologué. L’EIF doit être adapté à la morphologie des utilisateurs, et le chef de bord doit veiller à ce que chaque personne embarquée en soit munie.
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Réglementation par Zone de Navigation : Choisir le Bon Gilet
La Division 240 détermine la réglementation pour tous les bateaux de plaisance à usage personnel ou de formation inférieure à 24 mètres en fonction de la zone de navigation. En France, ce qui détermine le type de gilet est l’éloignement d’un abri. La réglementation classe les obligations en quatre zones - basique, côtière, semi-hauturière et hauturière - selon la distance d’éloignement d’un abri. Chaque zone ajoute des équipements à la précédente, dans une logique de risque croissant.
Voici la synthèse des exigences en matière de flottabilité :
- Zone basique (jusqu'à 2 milles d'un abri) : Un équipement individuel de flottabilité (EIF) de 50 Newton minimum est requis. Pour les personnes embarquant sur un voilier et naviguant dans cette zone, la réglementation impose un gilet de sauvetage de 50 Newton.
- Zone côtière (entre 2 et 6 milles d'un abri) : La réglementation impose des gilets de sauvetage de 100 Newton minimum. Ces gilets que l’on retrouve le plus souvent sur nos petites unités assurent le retournement et le maintien de la tête hors de l'eau d'une personne inconsciente.
- Zone semi-hauturière (entre 6 et 60 milles d'un abri) : Les gilets de sauvetage de 150 Newton minimum sont obligatoires. Ces gilets de sauvetage assurent le retournement afin de maintenir les voies respiratoires et la tête hors de l’eau.
- Zone hauturière (au-delà de 60 milles d'un abri) : Un EIF de 150 Newton minimum est également exigé. En navigation hauturière, il est indispensable de compléter votre gilet d’un harnais et d’une longe.
- Pour les enfants de moins de 30 kg : Quelle que soit la zone de navigation, il est obligatoire de porter un gilet de sauvetage de 100 Newton minimum.
Il est important de bien distinguer le gilet de sauvetage de l’équipement d’aide à la flottabilité. La réglementation mise en place doit être appliquée constamment pour chaque activité nautique, la pêche, les bateaux à moteur, etc. Cependant, uniquement la règle des Newtons et la norme ISO doivent être respectées selon la navigation.
Autres Équipements de Sécurité Obligatoires et les Nouveautés Réglementaires
Outre le gilet de sauvetage, la Division 240, et notamment les modifications apportées par l'arrêté du 11 octobre 2024, encadrent d'autres équipements cruciaux pour la sécurité en mer.
Le Coupe-Circuit : Un Impératif pour les Bateaux à Moteur
Un nouvel arrêté en date du 11 octobre 2024, portant modification de l’arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires et la prévention de la pollution, apporte des précisions dans la Division 240 et simplifie la Division 244. Le port du coupe-circuit est obligatoire pour le pilote à bord des bateaux à moteur hors-bord avec commande à la barre ou en déporté, ou sur les véhicules nautiques à moteurs (VNM). Il fonctionne comme un interrupteur qui coupe l’alimentation électrique du moteur en cas d’urgence.
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Les conditions d’utilisation sont strictes : le coupe-circuit doit être relié au poignet, à la jambe ou à l’équipement de flottabilité du conducteur lorsque le moteur est allumé. Le coupe-circuit ne peut pas être modifié (rallongé ou déplacé) pour faciliter les mouvements. Avant tout déplacement du conducteur sur le bateau, le moteur doit être éteint ou placé au point mort pour garantir que l’hélice ne peut tourner. Ces consignes s’appliquent également aux navires équipés de coupe-circuits électroniques. Dans ce cas, le conducteur pouvant s’éloigner sans être retenu par un fil, un passager doit rester au poste de pilotage afin d’éviter toute manipulation de la manette des gaz. Enfin, un second coupe-circuit doit être facilement accessible à bord et son emplacement doit être connu de tous les passagers. Le coupe-circuit est un dispositif de sécurité fondamental sur les bateaux à moteur hors-bord. L’arrêté du 11 octobre 2024 a renforcé les règles d’utilisation. Si le conducteur tombe à l’eau, le moteur s’arrête immédiatement, évitant un scénario dangereux de bateau circulant sans pilote.
Instruments de Navigation Essentiels
Obligatoire à bord des navires, le compas magnétique est un instrument de navigation qui indique le nord grâce à un système d'aiguilles aimantées. Il permet aux plaisanciers de se repérer en mer et de maintenir un cap précis. Le compas magnétique éclairé est maintenant obligatoire sur les bateaux de plaisance, même si le navire dispose d’un GPS. D’ailleurs, sa présence impérative à bord doit permettre de pallier une éventuelle panne de l’instrumentation électronique. Il doit être étanche, fixé temporairement ou en permanence au navire, de classe A ou B, compensé et disposer d’un éclairage. Si les propriétaires de voiliers sont familiers de cet équipement, les amateurs de motonautisme le sont un peu moins.
Les cartes marines (papier ou électronique), les Règles Internationales pour Prévenir les Abordages en Mer (RIPAM), ainsi que l'annuaire des marées sont également des éléments clés. Pour une navigation en basique et côtière, il suffit d’avoir un moyen de connaître les heures de marées du jour de la zone de navigation. L’emport de l’annuaire complet n’est pas obligatoire dans ces zones.
Sécuriser les Déplacements à Bord : Harnais et Longe
Le harnais et sa sauvegarde (longe) assurent un lien permanent entre les passagers et l’embarcation. En conditions de navigation difficiles, ils sécurisent les déplacements sur le pont du bateau. Ils doivent s’attacher à une ligne de vie ou un point d’accrochage sur le navire. Ces derniers n’ont pas besoin d’être exclusivement dédiés à cet usage, ce qui signifie qu’un taquet, un balcon ou une main courante pourront faire l’affaire.
Communication en Mer : La VHF
La VHF fixe avec ASN (Appel Sélectif Numérique) est obligatoire pour toute navigation semi-hauturière, soit au-delà de 6 milles d’un abri. La VHF portable reste recommandée pour les navigations côtières et constitue un complément indispensable même en basique. À partir de ce jour, tout navire équipé d’une radio VHF (fixe ou portable) doit rester à l’écoute du canal 16 lorsqu’il est en mer, en complément de la veille visuelle et auditive permanente. Pour utiliser une VHF, le chef de bord doit détenir le CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphoniste) ou le permis côtier. Le numéro MMSI doit être programmé dans l’appareil et enregistré auprès de l’ANFR. En 2026, naviguer sans VHF correctement paramétrée au-delà de 6 milles expose à une sanction et surtout à un risque majeur en cas de détresse. La portée d’une VHF portable se limite à 6-15 milles selon l’antenne et les conditions, contre 25-50 milles pour une VHF fixe. Une VHF portable étanche est un équipement obligatoire en navigation hauturière.
Signalisation et Survie
En semi-hauturier, un radeau de survie gonflable est requis. Pour la navigation hauturière, c'est un radeau de survie hauturier (ISO 9650-1) qui est obligatoire, accompagné d'une radiobalise EPIRB (406 MHz). Les trois fusées à parachute et les deux fumigènes ne sont plus requis en dotation semi-hauturière lorsqu’une VHF est embarquée. Les balises MOB AIS doivent respecter des normes strictes intégrant AIS, DSC et classe M.
Autres équipements :
D'autres équipements sont requis en fonction des zones : des extincteurs portatifs, un dispositif d’assèchement manuel, un dispositif de remorquage, et une ligne de mouillage (si masse lège ≥ 250 kg) sont nécessaires dès la zone basique. Une trousse de secours est recommandée en basique et côtier, puis obligatoire en semi-hauturier et hauturier. Le matériel pour faire le point et tracer une route, ainsi qu'un journal de bord, deviennent obligatoires en semi-hauturier. Un pavillon national est requis hors des eaux territoriales.
Simplification Administrative et Nouveautés 2024-2026
L’arrêté du 11 octobre 2024 a apporté des précisions importantes sur le port du coupe-circuit, le choix de l’équipement individuel de flottabilité et l’obligation de veille VHF. Ces évolutions sont applicables dès maintenant et concernent tous les plaisanciers naviguant en eaux françaises. Dans un objectif de simplification administrative, la Division 244 harmonise les exigences en matière de matériel d’armement et de sécurité pour les navires traditionnels de longueur maximale de 24 mètres avec celles applicables aux autres navires de même taille.
Une nouvelle annexe, la 240-A.6, met en place un modèle de déclaration préalable pour les navires et véhicules nautiques à moteur (VNM) proposés à la location ou au prêt. Cette déclaration doit être présente à bord de l’embarcation. Elle joue un rôle essentiel : elle établit un lien direct entre le navire et l’utilisateur du moment, l'objectif étant de faciliter les opérations d’assistance, de sauvetage, ainsi que les missions de contrôle en mer. Ces embarcations sont autorisées à naviguer jusqu’à 6 milles d’un abri dans le cadre d’entraînements ou de compétitions sportives. Pour les véhicules nautiques à moteur conçus pour une seule personne, la navigation est limitée à 2 milles d’un abri. Pour ceux pouvant embarquer plusieurs personnes, elle est limitée à 6 milles d’un abri. Quelle que soit leur distance d’un abri, y compris à moins de 300 m de celui-ci, tous les pratiquants doivent porter en permanence un équipement néoprène (short, shorty ou combinaison intégrale) d’une épaisseur minimale de 2 millimètres.
Entretien, Vérification et Renouvellement des Gilets de Sauvetage et Autres Équipements : "Quand les Changer"
Le bon sens l'impose : les brassières et gilets de sauvetage ne sont utiles que s’ils sont portés ! Néanmoins, le port de votre matériel de sécurité sur le bateau doit évidemment être en bon état, accessoires pour gilets compris. L'entretien et la révision de votre gilet de sauvetage sont des étapes essentielles pour assurer son efficacité et sa durabilité. Un gilet mal entretenu, ou qui montre des signes de faiblesses, n'a pas sa place à bord.
Le loueur a la responsabilité de s’assurer que toutes les dates de péremption du matériel de sécurité sont respectées. Les gilets autogonflants nécessitent une révision régulière des cartouches de CO2 et des pastilles de sel. Ces éléments sont cruciaux pour un déclenchement fiable. Les extincteurs doivent être contrôlés selon les préconisations du fabricant. Les fusées de détresse ont une durée de validité limitée, généralement de quelques années. Un matériel périmé est un matériel inutile, voire dangereux. La batterie de la balise EPIRB a une durée de vie de cinq à dix ans, et son remplacement doit être anticipé. Les radeaux de survie, quant à eux, doivent faire l'objet de révisions périodiques auprès de stations agréées, selon les spécifications du fabricant.
Avant chaque navigation, le chef de bord doit effectuer une vérification systématique du matériel de sécurité. Cette inspection prend moins de dix minutes et peut sauver des vies. Il ne s’agit pas seulement de vérifier la présence du matériel, mais aussi son état de fonctionnement et ses dates de péremption. Un gilet dont la cartouche CO2 est périmée ou un extincteur non révisé sont des équipements défaillants.
Cette vérification se fait en plusieurs étapes :
- Contrôler les équipements individuels : Il faut vérifier qu’il y a autant de gilets que de personnes à bord, et que chaque gilet est adapté au poids de son porteur. Il est impératif de contrôler les pastilles de sel et les cartouches CO2 des gilets autogonflants. S’assurer que chaque gilet dispose d’un dispositif lumineux fonctionnel. Vérifier le bon état du harnais et de la longe pour chaque membre d’équipage sur un voilier.
- Inspecter le matériel collectif : Il est nécessaire de contrôler la date de péremption des fusées de détresse et des feux rouges à main. Vérifier que la bouée fer à cheval est accessible et que son feu fonctionne. Tester la VHF et confirmer que le canal 16 est opérationnel. Vérifier la charge de la batterie de la VHF portable. Contrôler l’état du radeau de survie et sa date de révision.
- Préparer la navigation : Cela inclut la consultation de la météo marine et des bulletins de vent pour la zone de navigation prévue. Informer une personne à terre de l’itinéraire prévu et de l’heure estimée de retour. Vérifier le niveau de carburant et prévoir une réserve suffisante. S’assurer que le coupe-circuit est en place et fonctionnel. Enfin, briefer l’équipage sur l’emplacement et l’utilisation du matériel de sécurité est une étape primordiale.
Pour les bateaux proposés à la location entre particuliers, tout navire doit disposer d’un registre de vérification spéciale, rempli et visé annuellement par le propriétaire. Ce document atteste du bon entretien du navire et du suivi du matériel de sécurité. Le chef de bord doit en prendre connaissance avant chaque sortie. Cette obligation concerne aussi bien les personnes physiques que morales.
Acquisition du Matériel de Sécurité : Choix et Budget
Connaître précisément les exigences réglementaires est indispensable, que vous veniez d’acquérir votre premier bateau, que vous prépariez la remise à l’eau de printemps ou que vous louiez votre embarcation entre particuliers. Le budget matériel de sécurité varie considérablement selon la zone de navigation. En basique, un primo-accédant peut s’équiper pour 150 à 300 euros. En côtier, le budget grimpe à 400-700 euros avec l’ajout de la bouée, des feux et du compas. En semi-hauturier, le radeau de survie et la VHF fixe font passer la facture à 2 000-4 000 euros. En hauturier, la balise EPIRB et le radeau hauturier portent l’investissement à 4 000-7 000 euros.
Ces montants représentent un investissement initial. L’entretien annuel - révision des gilets, contrôle des extincteurs, vérification du radeau - ajoute 100 à 400 euros par an selon l’armement. Les fusées de détresse se renouvellent tous les trois à quatre ans. Un budget prévisionnel réaliste intègre ces coûts récurrents dès l’achat du bateau.
Plusieurs shipchandlers en ligne proposent des gammes complètes d’équipement de sécurité conforme à la Division 240. Les prix varient sensiblement d’une enseigne à l’autre, et les promotions saisonnières permettent de réaliser des économies significatives, notamment au printemps lors de la remise à l’eau. Parmi les principaux distributeurs nautiques français, on retrouve Uship avec son catalogue complet et ses 140 magasins, AD Nautic (Accastillage Diffusion) proposant des offres comme un 3e gilet remboursé et un vaste réseau, BigShip pour sa livraison rapide et son SAV réactif, SVB Marine en ligne avec 25 000 références et un service de révision de gilets, Picksea expert en sécurité nautique et Nootica pour un positionnement discount. H2R Équipements propose également des guides réglementaires détaillés et des packs sécurité par zone via des concessions.
Pour les plaisanciers qui souhaitent équiper leur bateau à moindre coût, les salons nautiques restent une opportunité de premier plan. Les remises sur les gilets, radeaux et équipements électroniques peuvent atteindre 15 à 30 % du prix public. Consultez les offres exclusives des salons nautiques de Cannes et Gênes pour bénéficier de tarifs préférentiels sur les bateaux neufs et leur équipement de série.
Plusieurs stratégies permettent de réduire le budget sécurité sans compromettre la qualité. Acheter en pack complet par zone (basique, côtier, semi-hauturier) plutôt qu’à l’unité génère des économies de 10 à 20 %. Les promotions de début de saison, entre mars et mai, offrent les meilleurs rapports qualité-prix. Le rachat d’équipement d’occasion est possible pour certains articles comme les compas ou les ancres, mais déconseillé pour les gilets autogonflants et les radeaux dont l’historique de maintenance est incertain. Les enseignes à réseau physique comme Uship, AD Nautic et BigShip proposent souvent des bons plans en magasin non disponibles en ligne. Le conseil personnalisé d’un shipchandler local reste précieux pour adapter l’armement au programme de navigation réel. Enfin, ne négligez pas la révision annuelle des gilets et radeaux : un équipement entretenu dure plus longtemps et revient moins cher qu’un remplacement anticipé.