La navigation de plaisance en mer, qu'elle soit pratiquée sur un voilier ou un autre type d'embarcation, est encadrée par des règles strictes visant à garantir la sécurité de tous à bord. Parmi les dispositifs de sécurité essentiels, la bouée de sauvetage occupe une place prépondérante, souvent au centre des interrogations des plaisanciers. Alors que tous les équipiers peuvent être munis d'un gilet de sauvetage, la présence d'une bouée de sauvetage à bord demeure une exigence fondamentale, car ce dispositif est obligatoire selon la réglementation en vigueur. L'idée selon laquelle le gilet remplacerait la bouée est une méprise, tout comme l'absence de bouée sous prétexte de rester près du bord. C'est la Division 240, la référence en matière de "règles de sécurité applicables à la navigation de plaisance en mer sur des embarcations de longueur inférieure ou égale à 24 M", qui apporte les précisions nécessaires à cette obligation.
La Bouée Couronne : Un Dispositif de Sauvetage Indispensable et son Marquage
La bouée couronne est un élément de sécurité bateau parmi les plus représentatifs du sauvetage en mer. Il s'agit d'un objet flottant facilement identifiable qui peut supporter le poids d'un homme à la mer. Une bouée couronne est un équipement de sécurité obligatoire en vertu de la convention SOLAS et de la Division 240. Ce type de bouée a la forme d'une couronne et est utilisée de manière spécifique selon la distance à un abri. Pour la navigation à moins de 1 mille d'un abri, la bouée couronne est le type de bouée de sauvetage obligatoire.
Un aspect crucial lié à cette exigence est le marquage de la bouée. En effet, il comporte soit le nom et le numéro d'immatriculation du navire, soit le nom de l'établissement organisant l'activité physique et sportive pour laquelle le navire est utilisé. Cette identification est portée sur toutes les parties du dispositif susceptibles d'apparaître, soit de manière permanente, soit temporaire, comme par exemple par le moyen d'une bande autoagrippante velours-crochet, résistante au milieu marin. Cette mesure assure une traçabilité essentielle en cas d'incident et renforce l'efficacité des opérations de sauvetage, permettant de faire un lien direct entre le dispositif récupéré et son embarcation d'origine. La bouée couronne Solas est reconnue comme la bouée de sauvetage la plus répandue dans le monde.
Diversité des Bouées de Sauvetage : Couronne, Fer à Cheval et Autres Formes
Au-delà de la bouée couronne, la Division 240, portant sur les réglementations en vigueur dans le monde du nautisme, rend obligatoire la possession d'un équipement permettant de localiser et d'aider une personne en mer. Ainsi, cette bouée pourra être une bouée couronne (ronde), une bouée fer à cheval, mais aussi une bouée Silzig ou même une bouée autogonflable. Ces sont les deux types de bouées de sauvetage obligatoires.
Plus précisément, une bouée en fer à cheval s’utilise dans tout bateau qui se trouve à plus de 2 milles d'un abri, tandis qu'une bouée couronne, comme mentionné précédemment, se trouve à moins de 1 mille d'un abri. Une bouée en fer à cheval est un type de bouée qui ressemble à un fer à cheval et qui est utilisée en complément d’une perche IOR. Il est généralement rangé dans une caisse blanche. Il faut lancer la caisse à l’eau en laissant un bout attaché au bateau. Son déclenchement ou gonflage est automatique. Une bouée de sauvetage est un dispositif flottant conçu pour sauver des vies. Une bouée de sauvetage est une bouée que l'on lance depuis un bateau ou la berge pour secourir une personne en détresse.
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Il est impératif de ne pas confondre ces dispositifs essentiels avec les bouées de loisir. Une bouée tractée est une bouée de loisir et non de sauvetage. Une bouée tractée est remorquée derrière un bateau à moteur sur lac ou en mer, pour une ou plusieurs personnes, et destinée à une pratique de loisir nautique. Le conducteur du bateau ajuste sa vitesse et son cap en fonction des sensations recherchées. Les bouées tractées sont largement répandues sur les grands lacs et les plages touristiques pour la pratique des loisirs nautiques. Elles ne doivent surtout pas être confondues avec les bouées obligatoires à posséder sur un bateau. Une bouée de sauvetage diffère d'une bouée remorquée à plusieurs égards. Une bouée de sauvetage, par exemple, n'a pas de poids pour la maintenir en place. Elle flotte librement à la surface de l'eau.
La Division 240 : Pilier de la Sécurité en Plaisance
La Division 240 régit les règles de sécurité applicables à la navigation de plaisance en mer sur des embarcations de longueur inférieure ou égale à 24 mètres. Ce cadre réglementaire est précis et évolutif, témoignant d'une volonté constante d'adapter les exigences de sécurité aux pratiques nautiques et aux avancées technologiques. Un nouvel arrêté en date du 11 octobre 2024, portant modification de l’arrêté du 23 novembre 1987 relatif à la sécurité des navires et la prévention de la pollution, apporte des précisions significatives dans la Division 240. Parallèlement, il simplifie la Division 244, qui vise à harmoniser les exigences en matière de matériel d’armement et de sécurité pour les navires traditionnels de longueur maximale de 24 mètres avec celles applicables aux autres navires de même taille.
La Division 240 précise le matériel d'armement et de sécurité applicable pour la navigation de plaisance et les loisirs nautiques. Parmi les clarifications et modifications importantes, on note :
- La clarification du matériel embarqué de lutte contre l'incendie requis.
- L'exigence d'un registre de vérification spéciale pour tous les navires de plaisance proposés à la location.
- La présence à bord d'autant d’Équipements Individuels de Flottabilité (EIF) présentant un niveau de performance d’au moins 100 N de flottabilité que de personnes embarquées.
Un élément central pour la compréhension de ces réglementations est la définition d'un "abri". Selon l'article 240-2.04, un abri est défini comme un endroit de la côte où tout engin, embarcation ou navire et son équipage peuvent se mettre en sécurité en mouillant, atterrissant ou accostant et en repartir sans assistance. Cette définition est cruciale car elle détermine les exigences en matière d'équipement selon la zone de navigation. Concernant la navigation entre 2 et 6 milles, une autre modification significative doit être prise en compte et elle se retrouve dans l'article 240-2.04.
L'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) : Une Protection Personnelle Adaptée
L'Équipement Individuel de Flottabilité (EIF) est un dispositif permettant à une personne de flotter plus facilement en cas de chute dans l’eau. Cela englobe les aides à la flottabilité et les gilets de sauvetage. Il doit être adapté à la morphologie des utilisateurs, et le chef de bord doit veiller à ce que chaque personne embarquée en soit munie.
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Les conditions d’utilisation des EIF sont également bien définies. L’EIF doit porter un marquage « CE » ou « barre à roue », attestant de sa conformité aux normes européennes. La classification des EIF est désormais alignée sur la norme NF EN ISO 12402, avec trois niveaux de performance distincts : 50, 100 et 150 Newtons. Pour du basique, la résistance doit être de 50 Newtons, tandis que 150 Newtons sont requis pour l’hauturier, la valeur étant indiquée sur le gilet. Il existe des brassières qui se gonflent automatiquement au contact de l’eau grâce à une cartouche de sel. Si l'on saute à l’eau avec la brassière, elle se déclenche et il faut ensuite changer la cartouche.
On accroche à la brassière une longe (une corde) avec deux mousquetons au bout. Cet accessoire est à mettre en place quand les conditions deviennent musclées, de nuit, ou lorsque le numéro 1 doit effectuer une opération à l’avant du bateau, par exemple.
Sécurité à Bord : Des Équipements Variés pour Chaque Situation
Outre les bouées de sauvetage et les EIF, une panoplie d'autres équipements est requise ou fortement recommandée pour assurer la sécurité à bord, chacun ayant un rôle spécifique dans la prévention des accidents ou la gestion des situations d'urgence.
Le coupe-circuit est un élément de sécurité essentiel. Le port du coupe-circuit est obligatoire pour le pilote à bord des bateaux à moteur hors-bord avec commande à la barre ou en déporté, ou sur les véhicules nautiques à moteurs. Il fonctionne comme un interrupteur qui coupe l’alimentation électrique du moteur en cas d’urgence. Les conditions d’utilisation stipulent que le coupe-circuit doit être relié au poignet, à la jambe ou à l’équipement de flottabilité du conducteur lorsque le moteur est allumé. Il ne peut pas être modifié (rallongé ou déplacé) pour faciliter les mouvements. Avant tout déplacement du conducteur sur le bateau, le moteur doit être éteint ou placé au point mort pour garantir que l’hélice ne peut tourner. Ces consignes s’appliquent également aux navires équipés de coupe-circuits électroniques. Dans ce cas, le conducteur pouvant s’éloigner sans être retenu par un fil, un passager doit rester au poste de pilotage afin d’éviter toute manipulation de la manette des gaz. Un second coupe-circuit doit être facilement accessible à bord et son emplacement doit être connu de tous les passagers.
Le compas magnétique est un équipement obligatoire à bord des navires. C'est un instrument de navigation qui indique le nord grâce à un système d'aiguilles aimantées. Il permet aux plaisanciers de se repérer en mer et de maintenir un cap précis.
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Le harnais et sa sauvegarde (longe) assurent un lien permanent entre les passagers et l’embarcation. En conditions de navigation difficiles, ils sécurisent les déplacements sur le pont du bateau. Ils doivent s’attacher à une ligne de vie ou un point d’accrochage sur le navire.
En ce qui concerne les moyens d'assèchement, sur certains bateaux, une pompe fixe est intégrée dans la coque. Il suffit de pomper pour aspirer l’eau contenue dans les cales. Il existe également des modèles amovibles. Ces équipements sont obligatoires si le moteur est in-bord ou hors-bord avec une puissance supérieure à 120 kW, ou pour les navires avec un espace habitable comportant un couchage ou une cuisine.
Les dispositifs anti-voie d'eau incluent des morceaux en bois ou plastique de différentes tailles appelés « pinoches », permettant d'obturer rapidement une brèche.
Pour la ligne de mouillage, il est essentiel d'en posséder une pour faire un mouillage sûr. Il est également nécessaire de vérifier les dates de péremption des différents composants, garantissant ainsi leur efficacité. L'exigence de disposer d'une ligne de mouillage est obligatoire si la masse du bateau est supérieure ou égale à 250 kg.
Enfin, la lutte contre l'incendie fait l'objet d'une clarification des matériels embarqués requis par la Division 240, soulignant l'importance d'équipements adaptés et fonctionnels pour prévenir et gérer les départs de feu.
Localisation et Communication en Mer : Des Outils pour l'Alerte et le Repérage
En cas de personne tombée à la mer ou de détresse du navire, les moyens de localisation et de communication sont vitaux pour l'alerte et le repérage.
Une perche IOR est une « tige » que l'on lance à la mer avec une lampe qui se déclenche automatiquement sur l’extrémité. Elle est souvent associée à la bouée fer à cheval. Une torche étanche est également un moyen de signalisation lumineuse pour attirer l'attention. Une flash light est une lampe que chaque personne à bord peut porter et qui se déclenche au contact de l’eau, facilitant le repérage individuel.
Pour les situations de détresse plus critiques, les transmetteurs de signal sont des outils indispensables. C’est un transmetteur qui émet un signal en cas de détresse et donne l’emplacement. Ces dispositifs, tels que les balises EPIRB (Emergency Position Indicating Radio Beacon) ou PLB (Personal Locator Beacon), ne sont pas obligatoires en Méditerranée pour certaines catégories de navigation, mais leur présence est fortement recommandée pour accroître les chances de sauvetage rapide.
Les systèmes de communication et d'identification modernes offrent également une aide précieuse :
- L’AIS (Automatic Identification System) est un système qui émet sur des canaux VHF la position et la nature des navires équipés AIS. Ainsi, si vous êtes équipés d’un récepteur AIS, vous pourrez détecter les autres bateaux ayant un émetteur AIS, améliorant la sécurité par la connaissance du trafic maritime environnant.
- Le BLU (Bande Latérale Unique) est un mode de transmission radio à longue portée, essentiel pour les navigations au large.
- Le système Navtex (NAVigational TEXt Messages) est un service international de diffusion d’informations concernant la sécurité maritime, indispensable pour le large.
- Pour le grand large, au-delà de 300 milles, c’est le réseau de satellites Inmarsat qui est utilisé, offrant une couverture mondiale pour les communications et les alertes de détresse.
Pour connaître la profondeur d’eau, on peut utiliser soit un sondeur électronique, soit une sonde à main, des outils essentiels pour la navigation côtière et l'approche des abris. Enfin, même si le journal de bord n'est plus obligatoire, les documents de référence comme les cartes marines et les livres des feux restent incontournables pour une navigation éclairée et sécurisée. Le bouquin qui décrit l’ensemble des signalisations maritimes ayant des feux ou signaux de brume dans une zone de couverture spécifique est un outil précieux.