La navigation professionnelle est un secteur exigeant, régi par un cadre légal particulièrement rigoureux. Dans le vocabulaire classique, un skipper désigne le commandant d’un voilier et le capitaine d’un bateau à moteur. Cependant, le statut de skipper en France implique d’exercer une activité professionnelle directement liée à l’exploitation d’un navire, conformément au Décret n° 2015-454 du 21 avril 2015 et à l’article L. Les métiers de la navigation sont relativement diversifiés car ils reprennent tous les métiers de commandement de navire, d’entretien du navire et de service à bord.
Le cadre juridique et la responsabilité du skipper
La responsabilité du skipper, « seul maître à bord », est importante juridiquement et civilement. Le skipper doit en effet, veiller à la bonne marche du navire, s’assurer d’un équipement approprié et en bon état de fonctionnement, décider l’agenda et la route en fonction de la météo et veiller à la sécurité de l’équipage. Ce contrat d’assurance répond parfaitement aux besoins des skippers.
Le skipper professionnel assure tout d’abord le transport payant de passagers vers une destination fixée d’avance. Lors du transport, les passagers ont la possibilité de participer ou non à la manœuvre et à la conduite du navire. Le skipper peut également assurer le convoyage d’un voilier pour le compte d’un tiers propriétaire, locataire ou emprunteur de ce navire. Hors saison, il est employé au convoyage de bateaux de particuliers. Il participe à des compétitions, parfois en solitaire. Il peut aussi s’orienter vers le commandement de navires de plaisance plus importants en devenant capitaine de yacht.
Distinction entre diplômes, brevets et cartes professionnelles
Il existe une distinction fondamentale entre les diplômes et les brevets. La délivrance d’un diplôme, à l’issue d’une formation, permet au candidat de naviguer comme élève officier durant 2 ans, sous réserve d’un temps de service effectif en mer minimum : 12 mois sur 2 ans, accompli à titre professionnel à bord de navires battant pavillon français ou étranger.
Les brevets de Capitaine sont strictement français et ont une durée de validité de 5 ans après la date de délivrance. Pour renouveler son brevet, le titulaire demande sa revalidation au directeur interrégional de la mer de sa région administrative. Il doit justifier qu’il satisfait aux normes d’aptitude médicale prévues, et qu’il maintient ses compétences professionnelles.
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Pour exercer des fonctions d’enseignement à bord d’un voilier, le moniteur responsable de la formation doit détenir une carte professionnelle. Le Brevet professionnel de la jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (BPJEPS), spécialité activités nautiques, est la référence. Remarque : Le moniteur de voile, titulaire du BPJEPS, acquiert le statut de chef de bord lors de la prestation d’enseignement. Pour ce type d’activité, il n’a pas besoin de cumuler BPJEPS et Capitaine 200. Le Certificat de Qualification Professionnelle Initiateur voile (CQP IV) est également une voie d’accès. Toutefois, pour une pratique au-delà de 200 milles nautiques d’un abri, le DEJEPS « perfectionnement sportif » mention voile est nécessaire. Les titulaires de ce dernier doivent effectuer un « stage de recyclage » tous les 5 ans, dans le but d’actualiser les compétences professionnelles du diplômé.
Reconnaissance internationale et normes STCW
La France est signataire de la Convention STCW, et les règles françaises sont en corrélation avec ses exigences. La France reconnaît donc les diplômes des autres territoires étrangers conformes à cette convention. Une demande de visa de reconnaissance doit être formulée à la DDTM de la façade maritime sur laquelle le skipper aura évolué. Cependant, pour les skippers diplômés d’autres pays, un visa de reconnaissance pourra être délivré sous réserve d’avoir au préalable signé un contrat pour une prestation en France ou sous pavillon français.
Il est important de noter que, suite à la fin de la période de transition du Brexit, le Royaume-Uni est dorénavant un pays tiers et n’entre plus dans le périmètre de reconnaissance prévu par la STCW entre les pays membres de l’UE, conformément à la communication de la Commission Européenne sur le retrait du Royaume-Uni dans l’UE et les règles applicables au transport maritime.
Profil et réalité du métier de skipper professionnel
Pour faire très simple, un skipper professionnel est une personne habilitée à enseigner la pratique de la voile sur un quillard. Il est nécessairement titulaire d’un diplôme d’État l’autorisant à exercer la profession de skipper professionnel (la plupart du temps le « Capitaine 200 ») ainsi que d’une Assurance Responsabilité Civile Professionnelle appropriée. Habitué à la vie en mer, capable de gérer un voilier ou un bateau à moteur en solitaire, possédant les connaissances nécessaires pour préparer, réparer, optimiser un bateau, un skipper pro est là pour assurer le bon déroulement des opérations à bord.
Il doit être capable de tout gérer, aussi bien sur le plan technique que sur le plan humain. Son rôle ne s’arrête cependant pas à la seule gestion du bateau. Il doit être capable de gérer les équipes et de donner à chacun sa place à bord. En croisière, un skipper professionnel permet de profiter de ses vacances sereinement, sans s’inquiéter des manœuvres de port, du choix du lieu de mouillage ou des différents aléas qui peuvent survenir. Il peut également dispenser de nombreux conseils pratiques et permettre de se préparer à une future croisière en autonomie. En régate, le skipper pro est souvent présent dans un souci de performance.
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