Le Vendée Globe : L'épopée ultime des marins solitaires

Le Vendée Globe, surnommé l'Everest des mers à cause de sa difficulté, est une course autour du monde à la voile en solitaire, qui va d'Ouest en Est, sans escale et sans assistance. Le Vendée Globe est une course au large qui est autant une aventure humaine qu’un exploit sportif. Cette course a lieu tous les 4 ans et rassemble une seule catégorie de bateaux : les IMOCA de 60 pieds (18,28 m). Le Vendée Globe, initialement le Vendée Globe Challenge, parfois surnommé « l'Everest des mers » pour sa difficulté, est une course à la voile, autour du monde, en solitaire et sans escale ni assistance, qui oppose des voiliers monocoques de la classe 60 pieds IMOCA. Créée par Philippe Jeantot, l'épreuve se déroule tous les quatre ans et s'est courue en 1989, 1992, 1996, 2000, 2004, 2008, 2012, 2016, 2020 et 2024 pour la dixième édition. Elle est organisée depuis 2004 par la SAEM Vendée.

Les conditions de participation et la sélection des skippers

Pour répondre à l’engouement croissant des marins, le nombre de participants a été élargi à 40 skippers pour la 10e édition en 2024. Pour s'inscrire, un skipper doit déjà avoir fait une course transocéanique en IMOCA sans escale et une navigation en solitaire sur un voilier du même type. Il doit être âgé de 21 ans minimum. Face au succès de l’épreuve, l’organisation a renforcé les conditions à remplir pour pouvoir participer. Pour participer au Vendée Globe 2024, le binôme skipper - bateau doit impérativement se qualifier. L'objectif est multiple : attester des compétences du skipper, de la régularité et de la fiabilité de son projet. Cette qualification permet aussi de garantir des bateaux suffisamment éprouvés pour faire un tour du monde. Elle à été pensée pour optimiser la sécurité des marins. Chaque binôme IMOCA/skipper doit être au départ d'au moins deux courses qualificatives (dont une en 2022 ou 2023 et une en 2024). Le skipper devra terminer au moins l'une d'entre elles et son temps de course ne devra pas être plus d'une fois et demi supérieur au temps du vainqueur.

Pour définir les 40 concurrents qui seront au départ du prochain Vendée Globe - parmi les binômes IMOCA/skipper remplissant les critères de qualification, une sélection sera réalisée au nombre de milles parcourus par le skipper en solitaire, en double et en équipage depuis la Transat Jacques Vabre 2021. Contrairement à la qualification, les milles sont comptabilisés par le skipper, peu importe l’IMOCA sur lequel il navigue. Si un skipper est contraint à l’abandon sur une course, les milles qu’il a parcourus avant son abandon sont comptabilisés. L’exception des bateaux neufs : les 13 premiers binômes - IMOCA neuf/skipper - à prendre le départ d’une course qualificative n’entreront pas dans le processus de sélection.

Le parcours et les défis météorologiques

Le parcours du Vendée Globe traverse tous les grands océans de la planète et passe au large des mythiques Cap de Bonne-Espérance et Cap Horn à la pointe extrême de l'Amérique du sud, mais aussi le cap Leeuwin au sud de l'Australie. Les marins du Vendée Globe font le tour de la Terre d'ouest en est, en partant des Sables-d'Olonne pour y revenir. Le parcours a une longueur théorique de 40 075 kilomètres soit 21 638 milles nautiques en ne tenant pas compte de la zone d'exclusion introduite pour éviter les icebergs et des options prises par les coureurs pour optimiser leur course face aux contraintes météorologiques.

La ligne de départ et celle d'arrivée sont situées en baie des Sables-d'Olonne. L'épreuve commence par une descente vers le sud de l'océan Atlantique qui leur fait d'abord traverser le golfe de Gascogne, souvent agité par des dépressions d'ouest, avant d'atteindre la zone des alizés plus favorable. Les coureurs traversent ensuite, au niveau de l'équateur, la zone de convergence intertropicale (pot au noir), une zone de calme aux contours variables et difficilement prévisibles située entre le Brésil et l'Afrique. La partie la plus difficile de la course débute lorsque les voiliers atteignent la latitude des quarantièmes rugissants puis celle des cinquantièmes hurlants. Ces régions sont balayées en permanence par des dépressions très creuses qui lèvent des mers particulièrement fortes car aucune terre ne bloque les vagues. Le courant des Aiguilles, au niveau de la pointe sud de l'Afrique, vient accroitre la dangerosité de la mer en accentuant la hauteur des vagues, tandis que la cordillère des Andes contribue à creuser les dépressions dans la région du cap Horn.

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Il existe une zone d’exclusion pour éviter les glaces dérivantes. Depuis l'édition 2012, les coureurs sont dans l'obligation d'éviter la zone d'exclusion antarctique (ZEA) définie par le comité de course à partir de relevés satellites identifiant la présence d'icebergs via la température de l'eau et de l'air et des observations effectués par les bateaux sur zone. Cette zone interdite est définie par 72 points reliés entre eux, distants d'environ 5° de longitude.

Règles de course et autonomie stricte

Le Vendée Globe est une course en solitaire, sans escale et sans assistance. Le skipper n'est pas autorisé à s'amarrer à un ponton dans un port pour réparer. Il a le droit de s'arrêter pour mouiller dans une crique pour essayer de réparer mais ne doit pas mettre pied à terre. Personne ne doit monter sur son bateau pendant la course. Le skipper ne peut pas se faire aider. Le bateau doit avancer uniquement grâce à la force du vent. Le moteur du bord ne doit servir qu'en cas de danger (il est scellé). S'il se sert de son moteur, le navigateur est éliminé de la course. Sauf s'il l'utilise avec l'approbation de la direction de course (par exemple pour porter assistance à un autre concurrent).

L'assistance médicale ne peut prendre la forme que d'un conseil à distance pour aider un concurrent à se soigner. L’assistance matérielle ou technique est strictement interdite. Le routage est interdit. La direction de course transmet chaque jour aux concurrents un bulletin météo et des fichiers numériques de champs de vent, ainsi qu'une analyse (images satellites et fronts) deux fois par jour. Si un skipper se blesse, il peut bénéficier d'une aide médicale par téléphone ou visioconférence uniquement.

Vie à bord et performance humaine

Pour économiser de la place et du poids, il n'y a pas de salle bain à bord des voiliers de course du Vendée Globe. Et qui dit « pas de salle de bain », dit « pas de toilettes ». Afin de se soulager, les skippers utilisent tout simplement un seau ou bien un sac biodégradable. Les skippers doivent constamment chercher à trouver un équilibre pour aller vite sans endommager leur bateau. Ils peuvent être tentés d’accélérer, mais cela comporte des risques.

Le sommeil est devenu un axe de performance très important, et avant le début de la course, les skippers essaient d’emmagasiner le plus de sommeil possible pour ne pas commencer la course en étant fatigués. Certains travaillent avec des professionnels du sommeil pour apprendre à se relaxer plus facilement après un effort intense et ainsi s’endormir plus vite : chaque minute compte ! Les skippers du Vendée Globe sont généralement vus comme des héros par les passionnés de nautisme, mais aussi par le Grand Public. Ils vont affronter les mers, seuls, sur un voilier de 18 mètres, et sans assistance.

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Technologie et évolution des IMOCA

Les 60 pieds IMOCA sont une classe de voiliers monocoques de 60 pieds, soit 18,288 mètres (longueur hors tout), conçus pour les courses océaniques en solitaire ou en double. L'implication des architectes et de l'industrie nautique française dans la conception de bateaux destinés à la course autour du monde a créé un savoir-faire technique pour les classes open. L'architecture des voiliers 60 pieds IMOCA, qui sont par ailleurs engagés sur d'autres courses océaniques, évolue rapidement en tirant des leçons des résultats de chaque édition. Pour améliorer leurs performances, les architectes introduisent successivement les carènes en forme de luge, la quille pendulaire, le cockpit ouvert dans lequel toutes les manœuvres sont ramenées, les dérives latérales qui sont progressivement remplacées dans les éditions suivantes par les foils.

Tous les IMOCAS sont équipés d’un moteur. Dans un voilier de course, le moteur a deux fonctions : sortir du port (ou entrer) et fournir le bateau en électricité. L’énergie mécanique est transformée en électricité par les alternateurs. L’électricité est stockée dans les batteries. Parfois, les énergies renouvelables prennent le relai quand c’est possible (panneaux solaires et/ou hydrogénérateurs). Avant le départ, des arbitres montent à bord des bateaux et mettent un scellé sur l’arbre de transmission qui transmet le mouvement du moteur à l’hélice. Une fois de retour aux Sables-d'Olonne, le scellé sera vérifié.

Engagement scientifique et préservation des océans

Le Vendée Globe souhaite utiliser la puissance médiatique de l’événement pour sensibiliser le public, tout au long du parcours de la course autour du monde, à la préservation des océans. En parcourant la planète à la voile, les marins du Vendée Globe mettent en lumière la fragilité de notre océan face au réchauffement climatique. De plus en plus de skippers embarquent sur leur bateau du matériel scientifique qui sert pour collecter des données scientifiques sur le monde marin : mieux comprendre les océans pour mieux les protéger. Pour cette 10e édition, 25 skippers sur 40 ont accepté d’apporter ces outils scientifiques sur leur IMOCA. Avec le parcours du Vendée Globe, les marins vont là où personne ne va. Les IMOCA deviennent alors des bateaux d’opportunité pour la communauté scientifique, c’est-à-dire que les skippers effectuent des missions à la place des scientifiques qui ne peuvent se déplacer dans les mers reculées du globe. Par exemple, pendant ce Vendée Globe, Fabrice Amedeo a effectué de nombreuses mesures océanographiques recueillant des données sur la température, la salinité, le taux de CO₂, la concentration en microplastiques, etc. Quant à Clarisse Crémer, la skippeur de l’Occitane en Provence a mis à l’eau une balise dénommée Dream qui permet d’analyser les courants marins.

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