Le monde subaquatique exerce une fascination indéniable, un appel silencieux vers des royaumes inexplorés, riches en vie et en couleurs. Pour beaucoup, cette aventure commence simplement, avec un masque posé sur le visage, un tuba et une paire de palmes. Cette approche, à la fois intime et accessible, ouvre les portes d'un univers où l'exploration se mêle à l'émerveillement, et où l'art trouve des expressions insoupçonnées, que ce soit à travers la main d'un artiste peintre ou la vision d'un sculpteur immergeant ses œuvres. Des jeunes plongeurs découvrant les premiers bancs de poissons aux artistes aguerris cherchant l'inspiration dans le silence des fonds marins, le masque est le lien commun, la fenêtre sur un spectacle d'une beauté à couper le souffle, une expérience qui transforme la perception de notre planète bleue et la manière dont l'art peut s'y intégrer harmonieusement.
L'Appel du Monde Subaquatique : Premiers Pas avec un Masque et Tuba
La découverte des fonds marins ne nécessite pas toujours un équipement lourd ou une formation complexe. La randonnée palmée, par exemple, est une activité idéale pour les familles et les personnes qui veulent continuer leur séjour avec une activité sportive douce. Avec palmes, tuba et masque, les participants partent à la découverte des fonds marins depuis la surface. Cette approche légère comprend également de petites phases d’immersion dans l’eau, permettant une première rencontre rapprochée avec la vie marine. C’est un excellent moyen de s’initier à la plongée car cela habitue au matériel et entraîne les muscles à mieux gérer la palme, préparant ainsi le corps à des explorations plus profondes.
La plongée en apnée, quant à elle, représente la façon la plus minimaliste de plonger. Elle ne nécessite que peu de matériel : un masque, un tuba, des palmes, et une combinaison si l’eau est froide. Une fois équipé, le plongeur est fin prêt à s'immerger. À faible profondeur, l’apnée n’impose pas d’encadrement particulier, offrant une liberté précieuse pour l'exploration personnelle. Pour un débutant, le temps de plongée sera naturellement court, oscillant entre 30 secondes et 1 minute, généralement à des profondeurs modestes comprises entre 3 et 5 mètres. Ces expériences initiales, menées avec un simple masque, sont souvent le point de départ d'une passion durable pour l'océan, révélant la richesse insoupçonnée des écosystèmes côtiers. Ces premières excursions permettent de se familiariser avec la flottabilité, la respiration sous-marine via le tuba, et les mouvements des palmes, éléments fondamentaux pour toute incursion future dans les profondeurs. La sensation de glisser silencieusement sous la surface, observant la faune et la flore évoluer dans leur habitat naturel, est une expérience mémorable qui marque durablement l'esprit du jeune explorateur comme celui de l'adulte.
Belle-île : Un Sanctuaire Sous-Marin pour Tous les Explorateurs
Certains lieux privilégiés offrent un cadre exceptionnel pour ces premières immersions et bien au-delà. Belle-île, par exemple, a été gâtée par les dieux de la plongée ! Avec plus de 80 km de côtes, 12 réserves naturelles et une diversité de fonds marins exceptionnelle, toutes les conditions sont réunies pour passer de merveilleux moments sous l’eau. Cette île, la plus grande de Bretagne, propose une tranquillité en toute saison, offrant des conditions optimales pour des plongées en sécurité. Même au plus fort de l’été, les meilleurs sites de plongée bellilois ne sont pas pris d’assaut, garantissant une expérience sereine et peu perturbée. Le trafic maritime, moins important que sur le continent, est également beaucoup plus calme en été, contribuant à cette atmosphère paisible.
Une foule de créatures marines attend les curieux à seulement quelques mètres de profondeur. L'observateur attentif pourra apercevoir des homards embusqués dans des failles rocheuses, des congres qui serpentent avec grâce entre les roches, et des araignées de mer qui tapissent les rochers par dizaines, formant des tapis vivants. Des poulpes malicieux et des seiches en lévitation au-dessus du sable, se déplaçant tels des aéroglisseurs tout droit sortis d’un film de science-fiction, complètent ce tableau vivant. La côte entre Le Palais et Locmaria, avec ses grandes plages de sable, est parfaite pour les débutants et pour avoir un premier aperçu de la faune et la flore locale. Ici, des bancs de maërl, une algue de couleur rouge vif, offrent un show coloré sous la surface. Poissons et céphalopodes aux formes étonnantes « voguent » à leurs occupations tout proches de la surface. Parmi eux, les poissons plats comme les soles se dissimulent habilement sur le fond sablonneux. À la fin de l’été, il est très probable de croiser la seiche qui navigue avec élégance entre les nuages de sable, une observation fascinante. La seiche est aussi délicieuse au goût et sa saison de pêche se situe de la fin de l'été au début de l'automne, comme le souligne Erwan Amice.
Lire aussi: Quand l'art rencontre le surf
Les options de plongée à Belle-île sont variées et adaptées à tous les niveaux. Pour une exploration douce, des sorties encadrées d’1h30 de randonnée palmée, pouvant accueillir jusqu’à 8 personnes, sont proposées depuis Deuborh, une activité parfaite pour une promenade aquatique en famille. Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, Angélus Plongée, au départ de Deuborh, propose des formules qui correspondent aux envies des plongeurs de tous les âges et niveaux : baptêmes, cours pour enfants et adolescents, ainsi que des stages de plongée. David Godec, moniteur de plongée installé à Belle-île depuis 20 ans, est un guide passionné qui montre toute la beauté de l’une des plages les plus vivantes du Morbihan. À seulement quelques mètres de profondeur, une troupe de poissons et crustacés vaquent à leurs occupations : des bancs d’anchois nageant à l’unisson, des poulpes se déplaçant sur le tapis rocheux ou des groupes d’araignées de mer accrochées aux parois rocheuses. Proche du rivage, la flore marine est aussi magnifique. Les laminaires, des algues ressemblant à des rubans et atteignant une longueur de 4 mètres, tapissent les rochers, créant des paysages sous-marins époustouflants. Plus au large, un spectacle étonnant attend le plongeur avec l’anémone bijoux. Des centaines d’individus de couleurs différentes recouvrent la roche, offrant un kaléidoscope de teintes. Verte, violette, rouge, orange, rose, jaune, blanchâtre ou brune, l’anémone bijoux illumine littéralement les plongées des chanceux qui la croisent.
La flexibilité des sites de plongée est également un atout majeur de Belle-île. Pour des sorties bien abritées du vent d’ouest, la côte de Sauzon et la pointe des Poulains, avec ses petites criques, donnent accès à des fonds marins où règne une vie intense : araignées de mer, homards, ou bars nageant paisiblement entre les algues. Parmi les spots recommandés figurent Port Puce, Deuborh, Bordéry, et Penhoet. Lorsque le vent d’est souffle et que la mer est agitée à l’est, les plongeurs peuvent se tourner vers la conquête de l’ouest avec une excursion sur la côte sauvage. Ici, les hautes falaises pouvant atteindre 40 mètres de hauteur protègent les petites criques des bourrasques et de la houle. Le relief déjà impressionnant en surface se prolonge sous l’eau, créant des paysages sous-marins spectaculaires. Les spots comme Grands-Sables, Bordardoué, Port York sont alors des refuges idéaux. Les baptêmes de plongée, accessibles à partir de 8 ans, exigent que le plongeur passe 25 minutes sous l’eau, avec des profondeurs atteintes plus importantes que lors d'une simple randonnée palmée, ouvrant la voie à une exploration plus complète.
L'Art Subaquatique : Quand la Création Rencontre l'Océan
L'océan n'est pas seulement un lieu d'exploration ; il est aussi une source d'inspiration intarissable pour les artistes, certains allant jusqu'à y immerger leur processus créatif. Olga Nikitina est une artiste russe qui travaille dans le domaine florissant de la peinture sous-marine. Après s’être installée en Égypte et avoir travaillé comme instructeur de plongée sous-marine dans la mer Rouge, Nikitina est tombée amoureuse des coraux et de la vie marine qui contrastent avec le paysage désertique environnant. Sa démarche artistique est unique : totalement immergée dans l’environnement marin, Nikitina peint sur une toile spéciale en utilisant des peintures à l’huile non toxiques. Cette pratique est rendue possible grâce à André Laban, le pionnier de cette technique et ingénieur de l’équipe de Jacques Cousteau, qui a développé les matériaux adaptés à cette forme d’art singulière.
Dans une interview exclusive, Olga Nikitina partage son quotidien alliant sa passion pour la peinture et la mer, ainsi que sa pratique unique de l’art. Pour elle, l’heure du réveil est très importante. Elle aime se lever en même temps que le soleil et passer quelques heures dehors. Habitante d'un petit village de Safaga, en Égypte, juste en face de la Mer Rouge, elle aime commencer la matinée en faisant du sport à l’extérieur, en courant le long de la mer ou en faisant du yoga sur la plage. Quand elle ne fait pas de plongée sous-marine, le meilleur moyen pour passer du temps dans la mer et trouver de l’inspiration est de faire de la plongée avec un tuba tôt le matin. Elle apprécie également les séances de peintures sous-marines à l'aube. Le soleil est encore bas dans le ciel et les couleurs dans l’eau sont très vives, oscillant entre le jaune, le rouge et l'orange. Les poissons se réveillent peu à peu et se nourrissent, créant une atmosphère très calme et agréable propice à la création artistique.
Son inspiration vient tous les jours de la mer. Elle fait très souvent de la plongée sous-marine ou de l’apnée et, même lorsqu'elle est au centre de plongée, elle voit encore les paysages marins avec des couleurs différentes selon la position du soleil. Elle passe probablement la moitié de son quotidien dans la mer à créer. Lorsqu'elle fait de la plongée, elle regarde toujours la vie sous-marine au travers de sa vision artistique ; ou à l’inverse, ce qu'elle voit passe par ses yeux, son cœur, son âme, et son cerveau crée des images dans son esprit. Très souvent, si elle ne peut pas peindre directement après la plongée, elle note dans son carnet ce qu’elle veut refléter à travers ses souvenirs. C’est ainsi qu'elle en est venue à créer son art sous-marin, exprimant ses sentiments par rapport à ce qu'elle vit sur le moment précis dans l’environnement marin.
Lire aussi: Éveiller la jeunesse par l'art et le surf
Son espace de travail varie en fonction de la technique. Si elle travaille avec de la peinture traditionnelle, elle le fait dans son studio chez elle, à la plage ou sur un bateau. Elle aime beaucoup travailler en plein air. Pour les séances de peinture sous-marine, elle choisit les récifs à proximité, dans des eaux peu profondes de 5 à 10 mètres, ou d’autres beaux endroits de plongée accessibles depuis le bateau. Actuellement, elle passe beaucoup de temps dans la Mer Rouge, et sa collection principale de peinture sous-marine s’appelle « Influence de la Mer Rouge ». Elle a également lancé des projets dans d’autres pays et océans et espère pouvoir bientôt partager ces nouvelles collections de peinture sous-marine. Se lancer dans la peinture sous-marine a été un processus très long mais intéressant, plein de nouveautés. La communauté des artistes sous-marins n’est pas grande et il n’y a que quelques personnes dans le monde qui pratiquent cet art. Il n’existe pas de livres, d'instructions ou de vidéos qui expliquent la façon de faire ; il y avait juste quelques artistes avec qui parler et dont elle a appris. Elle a donc dû faire de la recherche elle-même au travers de la pratique, avec des erreurs et des découvertes. Finalement, elle a trouvé une technique pratique en peignant à l’huile sur toile avec un couteau à palette. Une autre chose importante pour peindre sous l’eau est l’indissolubilité des couleurs, qui doivent aussi adhérer à la toile. Cette pratique est également écologique : rien n’est jeté dans la mer et tout ce qu'elle apporte sous l’eau remonte avec elle.
Quant à son style de peinture, elle a d’abord commencé à peindre la nature : que ce soit des natures mortes de coraux, des portraits de poissons ou d’humains, des paysages marins ou des récifs impressionnants. Mais dès qu'elle a amélioré ses compétences et acquis plus d’expérience, elle a pu se concentrer davantage sur ses sentiments et ses émotions. Elle a remarqué que sous l’eau, on ressent une sorte de transe, et il est très grisant de retraduire exactement cette humeur et cette perception au moyen de l’abstraction. Quand elle travaille en studio, elle aime la lumière naturelle du matin, le silence ou une musique relaxante, selon son humeur et ce qu'elle crée, et avoue aimer beaucoup manger du chocolat pendant qu'elle peint. Quand elle travaille sous l’eau, elle écoute simplement sa respiration et le bruit des poissons. Il est parfois difficile de s’arrêter de travailler sur une œuvre d’art. À chaque fois, elle a de nouvelles idées ou souhaite changer ou ajouter quelque chose. Très souvent, elle surcharge l’œuvre et elle devient un peu lourde. Mais ce n’est pas le cas pour la peinture sous-marine. Tout d’abord, on est limité par l’alimentation d’air et par le temps de décompression. Elle essaie de finir le travail de peinture sous-marine en une seule séance, parce qu’on ne retrouve jamais la même ambiance, le même environnement, les mêmes lumières et les mêmes couleurs d’une fois sur l’autre. Le processus créatif fait partie intégrante de sa vie. C’est une langue internationale qui lui permet de parler avec les autres, de montrer son monde et de partager ses opinions. C’est un outil puissant pour dénoncer certains problèmes et mettre en lumière de grandes choses ; c’est aussi un environnement où l’on peut apprendre et se développer. Si son art peut toucher quelqu’un d’autre et susciter des émotions dans son cœur, alors c’est la meilleure récompense pour elle.
Musées Subaquatiques et Sculptures Immergées : Des "Art-lantides" Modernes
Au-delà de la peinture, l'art sous-marin prend également la forme de sculptures immergées, créant de véritables musées subaquatiques. Mieux que l’Atlantide, ce sont des « art-lantides », pourrait-on dire, qui affluent depuis une quinzaine d’années aux quatre coins de la planète. À l’origine de cette idée, l'artiste Jason deCaires Taylor, qui a immergé en 2004 une première série de ses sculptures dans la mer des Caraïbes, au large de la Grenade (Antilles), avec pour objectif de repeupler les récifs endommagés par l’ouragan Ivan. Pour ce faire, il utilise un ciment à pH neutre favorable à l’implantation de certaines espèces marines, fusionnant ainsi l'art et la protection environnementale.
Trois ans plus tard, ce sculpteur a récidivé à Cancún (Mexique), aux côtés de cinq autres artistes, avec cinq cents statues à taille humaine, créant ainsi le tout premier musée sous-marin au monde, et le plus grand à ce jour. En août dernier, la Grèce a également rendu accessible l’épave d’un navire chargé de quatre mille amphores, dont le naufrage au large de l’île d’Alonissos remonte au Ve siècle avant notre ère, transformant une tragédie historique en un site d'exploration unique. C’est le même Jason deCaires Taylor qui se trouve à l’origine et au cœur des trois projets français qui s’apprêtent à voir le jour, témoignant de l'engouement croissant pour cette forme d'art et d'écologie.
Les précédents exemples ont servi de modèle à Antony Lacanaud, fondateur du musée subaquatique de Marseille. François Ollandini, propriétaire du musée Marc Petit, à Ajaccio, s’en réclame également. Quant à la Ville de Cannes, un contrat d’exclusivité de cinq ans l’unit au sculpteur britannique, dont six œuvres, des masques de deux mètres - un clin d’œil à l’homme au masque de fer, le prisonnier le plus célèbre des environs - devraient prendre place au mois de novembre au sud de l’île Sainte-Marguerite, dans une zone de baignade classée Natura 2000, un réseau européen de sites naturels protégés par l’Union européenne.
Lire aussi: Découvrez Hendaye et son surf
À Ajaccio, François Ollandini se démarque comme étant le plus rapide et le plus ambitieux de ces initiateurs de musées sous-marins en France. Le collectionneur corse a commandé il y a cinq ans une trentaine de sculptures à Marc Petit, artiste phare de sa collection privée. Accessible au public sur rendez-vous, cette collection est destinée à être gérée par le Palais Fesch après sa mort. Trois statues devraient venir compléter, ce mois-ci, un ensemble de sept sculptures déjà plantées à quinze et vingt-cinq mètres sous l’eau, au pied de la tour de l’Isolella, constituant un spot de plongée idéal. Pour la vingtaine de sculptures restantes, Ollandini ne souhaite pas dépasser les quatre mètres de profondeur, afin que le plus grand nombre puisse profiter de cette installation.
Marc Petit fait également partie des dix artistes sélectionnés par Antony Lacanaud - avec Benoît de Souza, Evelyne Galinski, Christophe Charbonnel - qui prévoit de son côté un parc de sculptures figuratives, installées à cinq mètres de profondeur, situé à cent mètres au large de la plage des Catalans, en plein cœur de Marseille. Cette proximité dispensera les nageurs d’enfiler combinaison, palmes et bouteille d’oxygène, rendant l'accès facile avec un simple masque. De même à Cannes, les sculptures de Taylor n’iront pas plus loin que quatre mètres sous la surface de l’eau, afin d’attirer un large public, y compris les jeunes explorateurs équipés de masques et tubas. Ce qui distingue les projets cannois et marseillais du projet ajaccien, c’est un désir commun de transmettre par l’intermédiaire de programmes éducatifs forts. Il s’agit, selon Antony Lacanaud et François Ollandini, de sensibiliser les jeunes générations à l’écologie, de leur donner envie de préserver l’environnement. Antony Lacanaud suggère, à juste titre, : « Ne sommes-nous pas plus enclins à protéger ce que l’on connaît ? ». Il a déjà noué deux partenariats avec un lycée et un collège de Marseille dont les professeurs ont tous passé cet été leur baptême de plongée avec pour objectif de se familiariser avec les lieux pour préparer au mieux leur programme pédagogique.
À Cannes, des ponts sont également en train de se créer entre l’œuvre de Taylor, l’association de loisirs Cannes Jeunesse, les aquariums de l’île de Sainte-Marguerite et une classe de sixième du collège de l’Institut Stanislas, amenée à suivre chaque étape du chantier. Il est question de documenter la transformation des deux sites en filmant en temps réel leur colonisation par la vie marine, et en créant éventuellement un espace d’exposition terrestre où partager certaines découvertes. Le maire de Cannes avait proposé au sculpteur Jason deCaires Taylor de créer à Cannes son premier écomusée sous-marin de France et de Méditerranée. Connu dans le monde entier pour sa démarche sociétale et environnementale, l'artiste a imaginé pour la ville une œuvre inédite inspirée du thème du masque. David Lisnard, maire de Cannes, a exprimé sa joie : « Quelle joie de pouvoir contempler l’aboutissement de ce magnifique projet ! Mêlant beauté et pédagogie, l’écomusée sous-marin de Cannes symbolise mon attachement à deux valeurs fondamentales : la nécessité culturelle et la préservation de l’environnement. L’œuvre de Jason deCaires Taylor est une œuvre forte, artistique et écologique, immergée dans un environnement précieux, où les fonds marins ont été restaurés et sont désormais protégés. »
L’installation des sculptures à Cannes sanctuarise aujourd’hui une zone de baignade agrandie, un écrin propice à la découverte de la vie sous-marine. Les eaux y sont claires, le sol est sablonneux, et les statues devraient pouvoir jouer leur rôle d’hôtes pour la faune et la flore. Le mouillage des bateaux y a été interdit, faisant de cet endroit un lieu réservé à la baignade et aux nageurs venant du rivage à une centaine de mètres de là. D’une hauteur de deux mètres et d'un poids proche de dix tonnes chacune, les six statues du musée ont été fabriquées dans un matériau marin écologique à pH neutre, offrant un refuge à la vie subaquatique. Installées entre 84 et 132 mètres du rivage et à une profondeur de 3 à 5 mètres, elles sont accessibles au plus grand nombre avec un simple masque et un tuba. La thématique, choisie conjointement par le Maire de Cannes et l'artiste, évoque le mystérieux Homme au masque de fer, emprisonné pendant onze ans sur l’île Sainte-Marguerite, et rend également hommage au 7e art, dont Cannes est l’écrin. Les six visages ont été transportés par barge puis immergés près du rivage sud de l’île Sainte-Marguerite, dans une zone de baignade agrandie et réservée aux nageurs. Ces sculptures évolueront avec le temps, se couvrant d’algues, de coquillages et de coraux, devenant des récifs artificiels vivants, des symboles de la collaboration entre l'art et la nature pour la préservation des océans.