L’art de l’accostage et du mouillage : Techniques de maîtrise pour le plaisancier

En navigation, l’accostage est une technique qu’il faut bien maitriser. Cette page vous renseigne sur l’accostage qui se définit comme l’action d'approcher un bateau d’un quai ou d’un ponton avec ou sans catway pour l’amarrer. L'accostage rend les navigateurs nerveux ; vous ajoutez un peu de vent et de courant dans le mélange et vous risquez de vous sentir submergé par le stress et l’inquiétude. Pour un débutant ou un chef de bord qui loue un bateau pendant ses vacances, la circulation dans un port entre les pontons est une source de stress et une très grande difficulté à cause de l’effet du vent et de la méconnaissance de la conduite du bateau.

Les principes fondamentaux de la circulation portuaire

Dans les ports, la vitesse des bateaux est limitée (3 à 4 N) pour entrer dans votre place ou pour vous amarrer le long d’un ponton. Quand vous êtes sorti de votre place, il est préférable de naviguer sous le vent du ponton pour éviter les problèmes. Si vous naviguez au vent d’un ponton ou d’un quai, une rafale peut vous faire dériver dessus ou si vous êtes obligé de ralentir pour différentes raisons, votre bateau dérive sur les navires amarrés. Les dégâts sont souvent importants : coque enfoncée par une ancre, moteur hors-bord arraché du tableau arrière. Pour vous sortir de cette situation difficile, vous immobilisez le bateau pendant que des équipiers mettent des pare-battages ou débordent pour limiter les dégâts.

Le barreur ne connait pas la sensibilité de la manette des gaz et de l’efficacité de l’hélice sur les mouvements du bateau. Une action sur la manette peut provoquer aucun effet ou une accélération violente projetant le bateau sur un autre. Dans un port, vous naviguez à une petite vitesse qui permet de maitriser la trajectoire et de vous arrêter rapidement. Il est primordial de comprendre que le comportement du navire dépend du rôle du safran, du pas d’hélice et du fardage (influence du vent).

Dynamique du navire à vitesse réduite : Safran et pas d’hélice

Le safran est crucial en marche avant. Grâce au "coup de fouet", qui est une accélération rapide et forte du moteur (environ 2 ou 3 secondes), vous pouvez faire pivoter le bateau sans prendre de vitesse. Les filets d’eau générés par l’hélice projetés sur le safran font pivoter le bateau autour de sa quille. Si le safran est sur tribord, le navire vire sur tribord. En marche arrière, ce phénomène n’existe plus, mais le pas de l’hélice devient prédominant.

La majorité des bateaux possède un pas d’hélice à droite. Lorsqu’un bateau monomoteur est en marche arrière, l’hélice tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre et les pales produisent une force latérale qui fait déraper l’arrière du bateau sur bâbord ou à gauche et l’avant sur tribord. En marche arrière, une barre franche a tendance à se plaquer brutalement d’un côté ou de l’autre. Lors des manœuvres, vous devez vous souvenir de cet effet qui aide à manœuvrer. Quand vous êtes amarré à tribord à un quai, le pas vous aide à quitter facilement votre place, en marche arrière en faisant virer le tableau arrière vers bâbord.

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Le rayon de giration est également à prendre en compte : lorsqu’un bateau avance et que vous tournez la barre, il a tendance à chasser. Il tourne autour d’un point qui s’appelle le centre de giration au centre du bateau. Son déplacement se compose d’une progression vers l’avant avec une dérive latérale. Vous avez l’impression que l’arrière dérape.

Techniques d’approche et amarrage au ponton

La préparation est la clé de la sécurité. Vous préparez les pare-battages en les fixant aux filières et un équipier en garde un à la main. Vous préparez des amarres avant et arrière en les fixant aux taquets, en les passant par les chaumards et par l’extérieur des filières, en ne les prenant pas trop longues pour faciliter leurs mises en place.

Pour entrer dans une place avec un catway, la manœuvre diffère en fonction de la direction du vent et du courant. Si vous avez peu de place entre deux autres bateaux, vous présentez l’étrave sur le ponton au milieu de la place avec un angle de 30°. Un équipier met des pare-battages à l’étrave. Vous maintenez l’étrave le long du ponton et l’équipier débarque avec une amarre qui, fixée sur un taquet à l’avant du bateau, est attachée au taquet du ponton au niveau du milieu du bateau. Vous faites une marche avant lente. La garde avant fait virer l’arrière vers le ponton, vous mettez en place la garde arrière pour éviter qu’il ne s’écarte du ponton ensuite les deux pointes.

Concernant l’accostage d’une vedette le long d’un ponton, cette procédure s’applique aux bateaux à moteur hors-bord ou Z-drive. Commencez par évaluer le vent et le courant. Si le vent et le courant ont tendance à vous éloigner du quai, vous aurez besoin d'une approche plus rapide pour conserver suffisamment de vitesse. Commencez avec un angle de 30 à 45°. Lorsque votre étrave est proche du ponton, à une demi-longueur de bateau, faites pivoter le gouvernail vers tribord (à l'écart du quai). Une fois le gouvernail tourné, accélérez le moteur pendant un instant pour donner un coup de fouet. Ceci diminue votre vitesse et rapproche la poupe du bateau à bâbord, plus près du quai. Lorsque le bateau a cessé d'avancer, vous le mettez au neutre.

Accoster un voilier le long d’un quai doit être fait avec beaucoup de soin. Avant que le bateau ne soit dirigé au quai, les pare-battages doivent être suspendus avec un nœud de cabestan sur les filières à une hauteur offrant une protection maximale à la coque. L'approche finale du quai est faite avec un angle de 30°. Le bateau est ralenti, et l’amarre de poupe est fixée sur le quai. Lorsque cela est fait rapidement, le vent maintient la proue près du quai. Il est sécurisé avec une amarre de proue. Courant et vent du quai est la situation la plus difficile : l’approche du quai doit être rapide, de bonnes défenses sont mises à l’avant, et l’amarrage avant est fixé sur un taquet du quai au niveau du milieu du bateau.

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Le mouillage : définition et enjeux

Le mouillage consiste à immobiliser un bateau en mer ou dans les ports de plaisance, en le fixant à un emplacement spécifique, grâce à une ancre, une chaîne ou un cordage. C’est une manœuvre indispensable en navigation. Une zone de mouillage est un espace dans lequel un navire peut être ancré ou amarré. Une ZMEL (zone de mouillage et d’équipements légers) est une zone de stationnement autorisée pour les bateaux de plaisance. L’objectif de ce type de mouillage est d’éviter les problèmes de sécurité, d’insalubrité et de destruction de l’environnement que peuvent causer les mouillages sauvages.

Pour choisir votre zone de mouillage, vérifiez la composition sous-marine de la zone, contrôlez la marée et le courant, choisissez une zone à l’abri du vent et assurez-vous de la sécurité de la zone. Quel que soit le type de mouillage, vous devez faire une demande d’autorisation d’occupation temporaire (AOT). Le mouillage simple est la manœuvre la plus facile à effectuer : arrivez doucement, face au vent ou au courant, dépassez le point choisi, cassez l’erre, mouillez en vous aidant de la marche arrière et filez la chaîne (environ trois à quatre fois la profondeur).

Il existe d’autres techniques pour des conditions spécifiques. L’affourchage consiste à mouiller deux ancres sur l’avant pour réduire le rayon d’évitage. L’embossage demande une ancre par l’avant et une par l’arrière pour supprimer l’évitage. L’empennelage consiste à rapper sur l’ancre principale une deuxième ligne de mouillage pour mieux résister aux vents forts.

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