Guide pratique pour accoster et mouiller à Malte : Ports et mouillages

Le mouillage est une étape essentielle pour tout plaisancier. Il consiste à immobiliser le navire en mer ou dans une zone prévue à cet effet, à l'aide d'une ligne de mouillage. Bien maîtriser cette manœuvre est indispensable pour assurer la sécurité du bateau, éviter les dérives et préserver les fonds marins. En effet, un mouillage mal exécuté peut entraîner de nombreux risques : collision, mauvaise tenue au vent ou dégradations environnementales. Que vous prévoyiez de mouiller dans les criques de vos rêves pendant votre prochaine croisière ou que vous ayez besoin de mouiller en urgence pour vous abriter lors d’une navigation, il est très important de maîtriser la manœuvre. Dans ce guide, on vous explique tout ce que vous devez savoir pour un mouillage serein et sécurisé de l’arrivée jusqu’au départ. Avec les bons équipements et accessoires de mouillage, votre manœuvre sera une réussite.

Les différents types de mouillages

Le mouillage simple est la technique de mouillage la plus répandue, la plus simple et pratique, avec une seule ancre. Le rayon d’évitage est important (veillez à l’anticiper !), et il faut penser à allonger la chaîne en cas de mauvais temps. L’affourchage est un mouillage sur deux ancres, positionnées en forme de V à l’avant du bateau à un angle minimum de 90°. C’est un mouillage qui permet de réduire le champ d’évitage, mais qui n’est pas conseillé en cas de mauvais temps. L’embossage est une technique utile lorsque le mouillage est encombré, puisqu’elle supprime tout simplement l’évitage. En positionnant une ancre par l’avant et une par l’arrière, le navire garde le même axe. Enfin, l’empennelage est une technique indiquée en cas de mauvais temps afin d'éviter tout décrochage et dérive du bateau. Il s’agit d’ajouter une deuxième ligne de mouillage sur l’ancre principale, plus longue que la distance de la profondeur. Au moment de partir, les ancres se relèvent l’une après l’autre.

La ligne de mouillage et ses composants

La ligne de mouillage constitue tous les équipements dont vous aurez besoin pour mouiller. Elle comprend une ancre, pièce maîtresse, qui doit être choisie en fonction du type de fond marin (sable, vase, roche…) et de sa forme. Une ancre secondaire est utile en complément de l’ancre principale ; elle permet de stabiliser le bateau en cas de forts courants ou de vents importants et est également utile pour réaliser un mouillage en affourchage ou en empennelage. Une chaîne, élément clé pour assurer un bon mouillage, peut être entièrement métallique ou associée à un câblot en textile. Il faut prévoir un cordage avec épissure sur chaîne ainsi qu'un point d’étalingure pour le câblot pour sécuriser son mouillage ou au contraire le couper en cas d’urgence. Les accessoires comprennent : davier, amortisseur de chaîne, guindeau manuel ou guindeau électrique, compteur de chaîne, marqueur de chaîne, orin (pour permettre de repérer son ancre et la remonter lorsqu’elle est bloquée). La ligne de mouillage est un élément de confort mais aussi de sécurité, c’est pourquoi vous devez être en mesure de libérer votre ancre rapidement, en cas de danger ou d’imprévu, de panne de moteur par exemple.

Réussir son mouillage : anticipation et contrôle

Un mouillage sécurisé nécessite une anticipation. Avant de jeter l’ancre, observez le plan d’eau, les autres bateaux, l’orientation du vent et des courants. Veillez à la marée et au marnage : optez de préférence pour un mouillage peu profond pour éviter trop de poids à gérer lors de la remontée. Pour jeter l’ancre, mettez-vous face au vent, jetez l’ancre et laissez doucement culer le navire afin de bien étaler la chaîne au fond, sans créer un tas qui sera inefficace. Le poids de la chaîne, bien réparti sur le fond, sera déterminant dans la bonne tenue de votre ancre. S’il n’y a pas de vent, mettez un léger coup de marche arrière. Une fois l’opération finie, contrôlez la bonne tenue de votre mouillage, effectuez un relevé de plusieurs amers (repères fixes à terre) que vous contrôlerez régulièrement, afin de vous assurer que votre mouillage tient bien, et d’éviter une mauvaise surprise.

Calculer la longueur de chaîne nécessaire

La longueur de la chaîne est déterminante pour assurer la tenue de l’ancre et éviter tout décrochage. Pour la calculer, il faut prendre en compte la profondeur de l’eau et les conditions météo. On recommande généralement une longueur de chaîne d’environ 3 à 5 fois la hauteur de l’eau. Prévoyez plus si le vent est fort et moins si votre rayon d’évitage est petit. En effet, plus la chaîne est longue et plus le rayon d’évitage sera grand. En cas de zone encombrée, il faudra ajuster la longueur pour éviter toute collision.

Lire aussi: L'art de bien accoster et mouiller

Les zones et distances de sécurité

Aujourd’hui, alors que le nombre d’embarcations au mouillage augmente, de plus en plus de zones spécifiques se développent afin de parer au mouillage “sauvage”, qui endommage l’environnement à cause du raclement des fonds marins ou de l’abandon d’amarrage sur place. Ces zones sont nommées des ZMEL : zone de mouillage et d’équipements légers. Elles sont aussi plus sécurisées. Si votre mouillage n’est pas un mouillage d’urgence, définissez tout d’abord une zone où le mouillage est autorisé (reportez-vous aux cartes et aux guides nautiques). La nature du fond est aussi importante, puisqu’elle exerce une grande influence sur la bonne accroche de votre ancre. Ne jetez pas votre ancre dans le corail qui a trop longtemps souffert de la négligence des plaisanciers ! S’il n’y a pas de distance “réglementaire” prévue, il faut une chaîne de mouillage calculée en fonction de l’espace disponible. Il s’agit de doser : une chaîne trop longue risque de faire empiéter votre bateau sur l’espace du voisin, si vous la réduisez trop, vous courrez un risque de décrochage. Si vous êtes en voilier, prévoyez plus d’espace encore afin d’éviter que la quille ne se prenne dans la chaîne d’un voisin. Enfin, il est préférable de mouiller derrière un navire et non devant afin d’éviter que les lignes ne s’emmêlent au moment du départ.

Destinations et escales emblématiques à Malte

L’archipel maltais, situé au sud de la Sicile, est composé de 8 îles dont deux principales : Malte au Sud et Gozo au Nord, avec entre les deux l’île de Comino. Avec 58 mouillages et 13 ports référencés sur Navily, Malte regorge d’escales possibles pour une croisière réussie. Dwejra Bay, sur l’île de Gozo, est souvent cité comme le meilleur mouillage de l’archipel. Situé au cœur d’un paysage unique, une eau azure bordée par de grandes falaises blanches, c'est un lieu exceptionnel, une escale époustouflante à ne pas manquer. Le mouillage est très bien protégé des vents venant du Nord au Sud en passant par l’Est. Vous pouvez mouiller facilement dans un fond composé d’algues, de sable et quelques plaques de rochers à éviter.

Proche de Gozo, l’île de Comino offre des mouillages comme Blue Lagoon South et Taht il-Mazz. Blue Lagoon South est un lieu paradisiaque où l’eau est d’un bleu presque magique. Vous pouvez jeter l’ancre dans des fonds de sable de bonne tenue. Taht il-Mazz est l’alternative parfaite : beaucoup moins fréquenté et plus sauvage. Sur l’île principale de Malte, le mouillage de Little Armier, à l’extrême Nord, est un lieu reculé moins touristique et idéal pour commencer la visite. Dans le sud, Rinella Bay est une excellente alternative pour visiter La Valette avec une vue imprenable. Si vous cherchez un mouillage sauvage, Il-Hofra I-Kbira offre une eau étincelante et de bons fonds sableux. Enfin, Blue Grotto Bay, à l’extrême sud de l’île, permet d'explorer des grottes magnifiques. Pour finir, Ghajn Tuffieha, au Nord-Ouest, est une escale de choix pour conclure un séjour avant de repartir.

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