Le patinage artistique, aussi plaisant et spectaculaire soit-il à regarder, est loin d’être simple à comprendre. Une partie peut s’avérer particulièrement complexe pour les non-initiés : la notation des juges. Les téléspectateurs des Jeux olympiques 2026 de Milan-Cortina profitent d’une belle couverture du patinage artistique où la France rêve de deux podiums avec Adam Siao Him Fa chez les hommes et le duo Fournier Beaudry-Cizeron en danse sur glace. Mais un point du règlement semble assez méconnu des supporters : la signification des carrés verts, jaunes et rouges pendant leurs passages. Les explications de RMC Sport.
La genèse du système de notation moderne
Ce nouveau système de notation a été instauré en 2003, après le scandale des Jeux olympiques de Salt Lake City. À l’époque, le barème de notation était compris entre 0 et 6, 6 correspondant à la perfection. Marie-Reine Le Gougne, juge française, avait révélé avoir subi des pressions de la part de Didier Gailhaguet, alors président de la Fédération française des sports de glace, pour favoriser un couple russe aux dépens des Canadiens. Après enquête, le couple canadien avait été crédité d’une médaille d’or, et la juge française ainsi que Didier Gailhaguet avaient été suspendus pour une durée de trois ans. Mis en place après la modification du système de notation dans la foulée du scandale des JO 2002 de Salt Lake City et l’instauration du CoP: les Code of Points (Code des Points), ces indicateurs visuels assurent désormais une transparence accrue.
La symbolique des couleurs en patinage artistique
Pour espérer voir les Français remporter la médaille d’or, il faudra garder un œil sur la partie gauche de l’écran en espérant voir des petits carrés s’allumer en vert plutôt qu’en rouge ou en jaune. À la télévision, les carrés en haut à gauche représentent chaque élément (sauts, pirouettes ou séquence de pas), s'ils deviennent verts l'élément est réussi.
Pendant le passage des compétiteurs, les trois juges tirés au sort parmi les neuf qui vont participer à la note finale vont évaluer la performance d’un point de vue technique. Concrètement, cela signifie que ces trois juges sont là pour dire si la figure exécutée est conforme au programme présenté par le patinage et si elle a été bien réalisée.
Un carré vert signifie que la figure est la bonne et a été bien exécutée. Par exemple, un Lutz peut devenir un "Flutz". Un carré rouge permet d’indiquer que le concurrent n’a pas réalisé la bonne figure. Enfin, un carré jaune signale un doute de la part des juges et leur donne un peu de temps pour revisionner la séquence avant de valider ou invalider l’élément technique. En clair, lui donner un carré vert ou un carré rouge (et donc le noter sur la base d’un élément moins bien côté dans la notation). Les juges peuvent d’ailleurs demander des appels vidéos sur certains éléments, afin de les revoir après le passage des patineurs : sur les écrans des téléspectateurs, des petits carrés s’affichent en jaune au moment de l’élément en question.
Lire aussi: Impact environnemental de la cire
Évaluation technique et artistique : au-delà des couleurs
Un sans-faute ne signifie pas forcément la meilleure note. Pour comprendre le classement, il faut ensuite ajouter la note des composantes (la composition, la présentation et l’habileté de patinage) pour obtenir sa note finale. Les patineurs obtiennent des points en fonction de deux éléments principaux : la note de l'élément technique (TES - Technical Element Score) et la note des composantes du programme (PCS - Program Component Score), comme indiqué dans le système de notation de l'ISU.
La note technique évalue la qualité des éléments du programme, elle est donnée en temps réel. La note artistique évalue la composition, la présentation et les compétences de patinage. Pour le côté artistique, les juges se focalisent sur cinq points : l’habileté de patinage, les transitions, l’interprétation, la qualité d’exécution et bien sûr la chorégraphie. Le jury est composé de deux spécialistes techniques et d'un contrôleur technique, qui évaluent le niveau d'exécution des éléments techniques. Une fois la valeur de base déterminée, les juges attribuent une « note d'exécution » (GOE - Grade of Execution) allant de +5 à -5, en fonction de la qualité d'exécution de chaque élément.
Parallèles avec la progression en kayak : le système des "Pagaies Couleurs"
Si les carrés de couleur au patinage servent à valider une exécution technique immédiate, le monde du kayak utilise également un système de progression chromatique, bien que son application soit différente. Le niveau pagaie verte est la troisième étape de la progression Pagaies Couleurs. Les pagaies vertes sont attribuées par discipline. Le niveau s'obtient après avoir démontré ses capacités en terme de sécurité, de technique et de culture sportive et ses connaissances de son environnement de pratique.
Dans ce système de progression, les couleurs reflètent une maîtrise croissante de l'environnement :
- Les pagayeur·euses de niveaux Blancs sont des pagayeur·euses débutants. La·le pratiquant·e va s’adapter au milieu et à l’embarcation.
- Les pagayeur·euses de niveaux Jaunes sont des pagayeur·euses débrouillés et dépendants de l’encadrement.
- Le niveau rouge identifie un·e pagayeur·euse qui maîtrise sa discipline. Elle·il prend des initiatives dans un environnement complexe, sans être un encadrant.
- Le niveau noir désigne un·e pagayeur·euse expert·e dans sa discipline, capable de prendre des décisions dans un environnement complexe et non connu.
Complexité des environnements et cotation
Tout comme le patinage comporte des risques de "Flutz" ou d'erreurs techniques, la navigation en eaux vives intègre des variables de difficulté. On retrouve des parcours à volume, des courants rapides avec vaguelettes, ou des conditions stressantes demandant des réactions rapides. Dans le kayak, certains éléments sont facilement évités avec un minimum d’entraînement, alors que d’autres, extrêmement longs, encombrés ou très violents, exigent une bonne condition physique et une expérience solide.
Lire aussi: Le mille nautique : Unité de distance essentielle
La cotation de difficulté en kayak, tout comme la notation technique en patinage, repose sur une évaluation précise. Certains éléments, en temps normal, n'affectent pas la cotation, tandis que d'autres nécessitent un contrôle précis du bateau dans une eau agitée. Pour le pratiquant, il s'agit de repousser avec le temps les limites de la difficulté, tout en reconnaissant que, dans certains contextes dangereux, une manœuvre peut être impossible.
#
Lire aussi: Protection et casque au water-polo