Franky Zapata : Des Pionniers de la Manche aux Défis Aériens Futuristes

L'histoire de la traversée de la Manche est jalonnée d'exploits audacieux, marquant des avancées significatives dans l'exploration aérienne. Aujourd'hui, l'ingénieur marseillais Franky Zapata s'inscrit pleinement dans cette lignée de pionniers, repoussant sans cesse les limites de la mobilité personnelle et de l'aviation individuelle. Surnommé « l'homme volant », Zapata a déjà gravé son nom dans l'histoire avec son Flyboard, et continue de défier les airs avec de nouvelles inventions comme le AirScooter. Ses tentatives, qu'elles soient couronnées de succès ou jalonnées d'échecs, illustrent la persévérance et l'ingéniosité d'un homme dont la vision façonne un futur où le ciel est accessible à tous.

Le AirScooter : Une Nouvelle Génération de Vol Personnel et un Pari Ambitieux sur la Manche

Le 25 juillet de cette année, Franky Zapata a entrepris un nouveau pari ambitieux en tentant de traverser la Manche à bord de sa dernière invention, le AirScooter. Cette date n'était pas choisie au hasard, car elle marquait également le cent seizième anniversaire de la première traversée aérienne de la Manche par Louis Blériot. Parti de Blériot-Plage, du nom de l’aviateur Louis Blériot, dans le Pas-de-Calais, l'inventeur de 46 ans s'apprêtait à rallier Douvres en Angleterre, sur cette même plage emblématique. Avant le départ, Franky Zapata avait exprimé son émotion lors d'un point presse, reconnaissant « un petit stress », tout en soulignant que « c’est un jour de célébration, c’est la fin de cinq années de recherche et développement intensives ». Les équipes de la « Zapata Compagnie » avaient été vues sur Instagram préparant le décollage, finalisant les préparatifs à quelques mètres de la plage.

Le AirScooter est un appareil novateur, décrit comme un croisement entre un petit hélicoptère et un drone. Il se présente comme une bulle transparente monoplace à propulsion hybride, pesant 115 kg. Cet engin est le fruit de cinq années de recherche et développement intensives de la part des équipes de Franky Zapata. Son autonomie annoncée est de deux heures, ce qui représente une avancée significative. Il est capable de grimper jusqu’à 3 000 mètres et d'atteindre une vitesse maximale de 100 km/h, avec une vitesse moyenne de 80 km/h. Selon BFMTV, le AirScooter ne nécessite ni licence de pilote ni certificat de vol, offrant ainsi une accessibilité inédite. Pour diriger cet appareil à usage récréatif, il suffit simplement de maîtriser deux joysticks : l’un pour prendre de la hauteur et l’autre pour tourner. Ce concept répond également à la réglementation américaine, où l’engin peut être utilisé sans licence de pilote en tant que « véhicule ultraléger ».

Cependant, malgré les années de développement et de tests rigoureux, et après un premier vol habité réussi début juin, la tentative de traversée de la Manche ce vendredi 25 juillet ne s'est pas déroulée comme prévu. L'inventeur marseillais Franky Zapata a malheureusement échoué dans cette entreprise. Après une quinzaine de minutes de vol et avoir effectué une bonne partie du chemin de cette distance de 35 km entre Sangatte et Douvres, le AirScooter a rencontré une défaillance. Franky Zapata a tenté de faire demi-tour en cours de traversée, mais l'appareil est « tombé à l'eau », plus précisément, il s'est « posé » en mer. Un ingénieur de son équipe, présent sur place, a évoqué une « défaillance technique sur l’un des moteurs thermiques » comme étant sans doute à l’origine de l’accident. Heureusement, le parachute de secours de l'AirScooter s’est déclenché, évitant un écrasement violent et permettant un « amerrissage en douceur ». Franky Zapata, escorté par trois bateaux comprenant des plongeurs, a été rapidement pris en charge par les secouristes et est ressorti « saint et sauf » et « n’est pas blessé ». Son appareil est actuellement en cours de sécurisation à l'aide de bouées pour éviter qu'il ne coule, dans l'attente d'être récupéré et analysé pour comprendre les causes exactes de l'incident.

Malgré cet échec, la vision de Franky Zapata pour le AirScooter reste audacieuse. Le pilote de jet-ski de formation, qui n'a commencé à voler à bord de cet engin qu'il y a quelques semaines, compte lancer une production en série dès l’automne. L’appareil sera commercialisé à 200 000 euros l’unité, à destination notamment du marché américain. L’ambition de Zapata est d’implanter à Las Vegas, dans le Nevada (États-Unis), un centre de vol de loisir ouvert au grand public d’ici début 2026. L'objectif initial est de « faire voler en premier les amis, la famille, l’équipe ». Le AirScooter est également perçu comme une première étape vers le développement d'un taxi volant biplace, prévu pour 2026.

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L'Exploit Historique de 2019 : La Traversée de la Manche sur le Flyboard Air

Six ans avant sa tentative avec le AirScooter, Franky Zapata avait déjà réalisé un exploit qui a marqué les esprits : la traversée réussie de la Manche sur son Flyboard Air. Le 4 août 2019, dix jours seulement après un premier essai infructueux, « l'homme volant » est parvenu à rejoindre les côtes anglaises, debout sur sa planche volante. Cet exploit est d'autant plus significatif qu'il reproduit, 110 ans plus tard, celui de Louis Blériot, le premier aviateur à avoir franchi la Manche par les airs.

Franky Zapata s'était élancé vers 8h15 de Sangatte, dans le Pas-de-Calais, devant des centaines de curieux venus assister à cet événement historique. Il a atterri à St Margarets Bay, près de Douvres en Angleterre, sur les coups de 8h40, devant un autre public qui l'attendait. En 25 minutes, il a parcouru les quelque 35 kilomètres qui séparent les côtes française et anglaise. Son Flyboard, doté de cinq mini-turboréacteurs, a volé à une allure moyenne de 160 km/h, capable d'atteindre jusqu'à 190 km/h et une altitude de 70 mètres, bien que Zapata ait survolé la mer à une quinzaine de mètres de haut lors de cette traversée. En raison de la distance, la traversée a nécessité une halte de moins de deux minutes à mi-parcours, sur un bateau positionné dans les eaux françaises, pour se ravitailler en kérosène. Ce kérosène, indispensable au fonctionnement de l'engin, était stocké dans son sac à dos.

La traversée s'est « très bien » passée, a réagi Franky Zapata à son arrivée. Malgré la fatigue et « les cuisses qui brûlent », le Marseillais de 40 ans a pris « du plaisir » et s'est réjoui d'avoir réussi : « C'était malade ! » Très ému, il a remercié son équipe, sa famille et ses amis qui avaient travaillé « très dur, près de 16 heures par jour » pour rendre cet exploit possible. Pour sa femme, tout aussi émue, « c'est vraiment une journée parfaite », ajoutant : « On va fêter ça entre nous maintenant ».

Les Leçons d'un Premier Échec et la Résilience de l'Inventeur

Cette réussite historique de 2019 fut précédée d'une première tentative infructueuse le 25 juillet, 110 ans jour pour jour après l’exploit de Louis Blériot. Ce jour-là, Franky Zapata s'était élancé du même endroit mais avait chuté quelques minutes plus tard dans les eaux anglaises. L'incident s'était produit lors de la manœuvre de ravitaillement : il avait heurté à très faible allure la plateforme du bateau sur lequel il devait se poser, le faisant tomber dans l'eau. « La partie la plus complexe, c’est vraiment le ravitaillement », avait-il alors insisté après avoir été secouru en mer et ramené sur le littoral français par un remorqueur, reconnaissant « une mauvaise appréciation de la difficulté de l’atterrissage ». Lors de cette chute, l'électronique et les moteurs de son engin avaient été endommagés, nécessitant des réparations urgentes dans son atelier près de Marseille.

Fort de cette expérience, Franky Zapata et son équipe avaient opéré des ajustements cruciaux pour la seconde tentative. Ils avaient notamment choisi un bateau « plus grand » pour le ravitaillement, positionné stratégiquement dans les eaux françaises afin de simplifier la manœuvre. Avant la seconde tentative, lors d'une conférence de presse, Franky Zapata avait affirmé qu'il « avait beaucoup plus de chances que la dernière fois » car « les vents n'ont pas changé », déclarant avec confiance : « Ça devrait le faire ». Cette capacité à apprendre de ses échecs et à adapter sa stratégie démontre la persévérance inhérente à tout grand inventeur.

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Le Flyboard Air, « 100 % développé en France » dans les ateliers de Rove (Bouches-du-Rhône), avait déjà fait parler de lui bien avant la traversée de la Manche. Quelques jours avant la première tentative, le grand public avait eu un aperçu spectaculaire de cette technologie lors du défilé militaire du 14-Juillet sur les Champs-Elysées. Devant le président Emmanuel Macron, Franky Zapata avait offert un spectacle futuriste, s'élevant à plusieurs dizaines de mètres du sol, fusil en main, sur son invention. Son entreprise Z-AIR bénéficie par ailleurs, depuis décembre 2018, d’une subvention de 1,3 million d’euros du ministère des armées dans le cadre d’un projet « RAPID », visant à développer une nouvelle turbine en impression 3D. Cette plateforme volante avait également été exhibée fin 2018 au Forum Innovation Défense de Paris, où les forces spéciales françaises avaient exprimé leur intérêt, y voyant du « potentiel pour un emploi dans les opérations spéciales en zone urbaine ».

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