La pratique d'activités aquatiques, qu'il s'agisse de la natation ou du water-polo, représente une porte d'entrée majeure vers une amélioration durable de la condition physique et mentale. Parce qu’il exige agilité et rapidité dans un milieu qui ne nous est pas naturel, le water-polo est l’un des sports les plus complets. Le seul fait de devoir se maintenir légèrement au-dessus de l’eau à la seule force des jambes représente un effort considérable. Sport d’équipe, le water-polo développe également le sens de la stratégie, l’esprit d’équipe et la cohésion.
La genèse et l'organisation du water-polo
Le water-polo se pratique depuis plusieurs siècles, tant dans un cadre scolaire que professionnel. Souvent associé à la Rome antique, le water-polo trouve en fait ses origines à la fin du XIXe siècle, en Grande-Bretagne. Le premier match de water-polo s’est déroulé en Écosse en 1876. À l’origine, il s’agissait d’un jeu aquatique inspiré du rugby et pratiqué dans les rivières ou les piscines. Rapidement, des règles strictes ont été instaurées, visant à encadrer les contacts physiques et à sécuriser la pratique.
Le water-polo masculin a fait son entrée aux Jeux olympiques dès 1900, tandis que la version féminine n’a été intégrée qu’en 2000. Aujourd'hui, le water-polo se joue dans un bassin de 25 à 30 mètres de long sur 20 mètres de large, avec une profondeur minimale de 1,80 mètre. Chaque équipe est composée de sept joueurs dans l’eau, dont un gardien et six joueurs de champ. La rencontre se divise en quatre périodes de huit minutes de jeu effectif, séparées par de courtes pauses. L’objectif du jeu est de marquer le plus de buts possible en envoyant le ballon dans le but adverse, mesurant 3 mètres de large sur 90 cm de haut. Chaque équipe dispose de 30 secondes pour tenter une attaque. Passé ce délai, sans tir cadré, la possession est automatiquement rendue à l’adversaire.
Adaptabilité et accessibilité du sport aquatique
Il est possible de pratiquer le water-polo dès que l’on sait nager. Certains clubs proposent donc des cours de 'baby water-polo' dès l’âge de 4 à 5 ans, même si la moyenne d’âge tourne généralement autour de 8 à 10 ans. Il n’y a pas d’âge réglementaire pour arrêter de jouer au water-polo, répond Dominique Cupillard. En effet, le water-polo peut être une activité bénéfique pour les personnes âgées, à condition que leur santé, leur condition physique et leur expérience en natation soient suffisamment bonnes.
Si vous habitez à proximité d’un lac ou de la mer, sachez qu’il est possible de pratiquer le beach water-polo. Comme son nom l’indique, cela consiste à pratiquer le water-polo en milieu naturel avec périmètre délimité par une structure gonflable. Il faut aussi imaginer que le waterpolo n’est pas seulement un sport de piscine ou d’intérieur. L’outdoor polo, pratiqué en mer, en lac ou dans n’importe quel espace extérieur où il est possible de mettre un but, est l’équivalent de la nage en eau libre. Il permet donc de bénéficier du contact à la nature, apaisant et déstressant.
Lire aussi: Melbourne 1956 : Le Bain de Sang, symbole de tensions politiques
Les bienfaits physiques : endurance et tonification
Le water-polo, un sport collectif qui gagne à être connu ! Le water-polo a tout pour plaire : ce sport collectif permet de profiter des bienfaits de l’eau tout en travaillant ses muscles et en mettant à profit son esprit d’équipe. Le water-polo exige des niveaux élevés d'endurance et force. Les jeunes joueurs développent une excellente condition physique. Ce sport implique de nager de longues distances, d'effectuer des sprints intenses, et maintenir un effort constant pendant les matchs.
Le water-polo favorise aussi le renforcement musculaire global : la résistance de l’eau permet de développer naturellement sa force, sa puissance et sa masse musculaire. Tous les muscles sont sollicités, aussi bien ceux des jambes, du tronc, des bras que des épaules. Le bas du corps est particulièrement challengé avec le rétropédalage, mais le haut du corps est aussi sollicité tout au long des matchs, pour nager, lancer, intercepter, réceptionner, etc.
L’autre grand avantage est le faible impact sur les articulations. Comme il est pratiqué dans l’eau, l’impact sur les articulations est faible. En outre, la flottabilité de l’eau réduit la charge sur les os et les articulations. C’est une excellente option pour les personnes souhaitant reprendre une activité physique. De plus, l’eau a des propriétés thermo-massantes. En jouant, à chacun de vos mouvements, l’eau que vous allez déplacer va agir comme un massage sur votre peau. Les tissus de votre peau sont ainsi drainés, réduisant la rétention d’eau et par la même occasion, la cellulite.
La dimension cognitive et mentale
La pratique régulière du water-polo permet de se défouler, mais aussi de lutter contre le stress et l’anxiété grâce à la libération d’endorphines, des hormones qui agissent comme des analgésiques naturels. Les joueurs doivent être capables de suivre les stratégies de jeu pendant de longues périodes, ce qui favorise le développement de la concentration, de la discipline mentale et de cohésion d’équipe. Le water-polo stimule la production de neurotransmetteurs associés au bien-être, comme la dopamine et la sérotonine. Il contribue ainsi à prévenir la dépression légère, à améliorer la motivation et à maintenir un état d’esprit positif.
Par ailleurs, que ce soit une très belle passe, un shoot réussi ou une phase de jeu dans laquelle je me suis bien placé, je trouverai toujours de quoi être content de ma séance de water-polo. Et ça, c’est toujours bon pour l’estime de soi. Le water-polo est un sport intense et compétitif qui enseigne aux jeunes joueurs qu'ils doivent être capables de gérer la pression et de surmonter les difficultés.
Lire aussi: Water-Polo : les enjeux du Classement Mondial Officiel
Prévention et gestion des risques liés à la pratique
Les tendons, en particulier ceux des épaules, sont particulièrement vulnérables chez les joueurs de water-polo. Ils peuvent subir des microtraumatismes souvent liés à un problème de technique. Le genou n’est pas épargné : le rétropédalage, la technique de rotation des jambes qui permet de se maintenir en surface, peut entraîner des tendinites de la patte-d’oie. Paradoxalement, les joueurs de water-polo oublient souvent de boire suffisamment pendant et après l’effort. Difficile de penser à la déshydratation dans une piscine ! Les tendons souffrent de cette déshydratation qui les rend plus sujets aux microtraumatismes.
Le water-polo comporte lui aussi son lot de risques en raison de la nature physique et parfois explosive du jeu. Les joueurs sont exposés à un certain nombre de blessures. En raison de la nature dynamique du sport, les joueurs sont susceptibles de subir des tensions musculaires, des entorses et des claquages. Les contacts physiques constants entre les joueurs peuvent aussi entraîner des blessures traumatiques telles que des contusions, des coupures, des griffures et des ecchymoses. Sans oublier les risques de luxations articulaires, de fracture des doigts ou du nez. Néanmoins, comme l’assure Dominique Cupillard, il existe peu de contre-indications générales à la pratique loisir du water-polo.
#
Lire aussi: Les enjeux du water-polo à Paris 2024