Le Bénéteau First 28 : L'élégance intemporelle de la croisière rapide

Le marché de l'occasion regorge de voiliers aux histoires variées, mais peu possèdent une identité aussi marquée et une réputation aussi solidement ancrée dans le paysage nautique que le First 28. Dessiné par le cabinet d'architecture navale Groupe Finot et construit par le chantier Bénéteau, ce voilier de 8,60 mètres de longueur de coque, pour une largeur maximale de 3 mètres, demeure une référence pour les amateurs de croisière alliant performance et confort. Avec environ 600 exemplaires construits, ce modèle occupe une place charnière dans l'évolution de la gamme First, témoignant d'une époque où l'innovation architecturale commençait à se démocratiser auprès du grand public.

Une conception architecturale visionnaire

Le First 28 ne manque pas d’élégance avec son rouf en sifflet subtil, son franc-bord raisonnable et ses proportions harmonieuses. Il incarne parfaitement la philosophie de Jean-Marie Finot, axée sur la vélocité et la raideur à la toile. La carène, caractérisée par une certaine largeur, confère au bateau des performances flatteuses pour sa catégorie. Ce plan Finot offre par ailleurs des emménagements assez volumineux et cossus, avec de belles boiseries qui apportent une chaleur indéniable à l'intérieur.

Sur le plan technique, le navire affiche un déplacement de 4080 kg pour un lest de 1700 kg, assurant ainsi une stabilité de forme et un comportement sain en navigation. La construction en GRP (polyester stratifié) pour la coque et le pont est classique mais robuste. L'une des particularités notables du First 28 est d'avoir été proposé en version quille relevable pivotante, une configuration assez peu répandue mais offrant une grande polyvalence. Toutefois, il convient de souligner que le modèle standard est équipé d'une quille à aileron en fer, couplée à un gouvernail de type spade avec barre franche.

L'expérience de navigation : Entre exigence et plaisir

Le First 28 est souvent loué pour ses capacités marines. Jacques Amedeo, qui a eu un First 28 dans les années 1980, se souvient : « Il était très marin, très bon au près, surtout dans la piaule. On arrivait à tenir les First 30. Il ne tapait pas du tout, et il était déjà assez moderne, avec une carène un peu large. » Ces propos illustrent la capacité du bateau à affronter des conditions formées sans pour autant sacrifier le confort de l'équipage.

Cependant, comme tout voilier typé performance de cette génération, il demande une certaine attention à la barre. « Pour un bateau de sa génération, il ne roulait pas beaucoup au portant, par contre, au largue dans la brise, avec le spi en tête, il fallait quand même un bon barreur parce qu’on partait assez facilement au tas… » précise Jacques Amedeo. Cette réactivité est le corollaire direct de son plan de voilure efficace. Le gréement bermudien, soutenu par un mât en alliage avec un seul jeu de barres de flèche, permet un réglage précis, notamment grâce au pataras réglable et au rod kicker.

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Un aménagement intérieur pensé pour la vie à bord

Contrairement au First 29, qui succède au 28 en 1984 en reprenant son excellente carène, le First 28 ne propose pas de cabine arrière double. Il appartient à cette dernière génération de croiseurs dotés de la fameuse « couchette cercueil » située sous le cockpit, à tribord derrière la table à cartes.

L'hébergement se décline ainsi :

  • Cabine avant : Elle dispose d'une double couchette, d'une trappe de pont ouvrante, d'étagères et de rangements sous le couchage.
  • Cabinet de toilette (Heads) : Situé à bâbord, juste à l'arrière de la cabine avant, il comprend un WC marin et un lavabo opposé à tribord.
  • Salon : Le cœur de vie offre deux couchettes canapé avec sellerie cuir. La couchette bâbord peut être convertie en couchette double. On y trouve une table de salon avec rabats pliants et de nombreux coffres de rangement sous les canapés. Un ouvrant de pont apporte une luminosité et une ventilation appréciables.
  • Cuisine : Située à bâbord, elle est équipée d'une cuisinière à gaz à deux feux, d'un évier en acier inoxydable avec eau froide par pompe à pied, d'une glacière et de casiers de rangement.
  • Station de navigation : Située à tribord, elle comprend une table à cartes orientée vers l'avant, le tout sur un sol en teck et houx.

Entretien et équipement sur le marché de l'occasion

Lors de l'achat d'un First 28 d'occasion, comme pour le modèle « Sarsfield » (numéro 310 de 600), il est crucial de porter une attention particulière à l'inventaire technique. Un moteur diesel récent, tel qu'un modèle Beta de 20 CV, constitue un atout majeur, surtout s'il présente un faible nombre d'heures. L'état du gréement dormant, comme le câble d'étai remplacé, est un indicateur de la rigueur de l'entretien.

Sur le pont, la présence de cinq treuils Lewmar, de Lazybags et Lazyjacks, ainsi que d'un génois sur enrouleur, facilite grandement les manœuvres en équipage réduit ou en famille. Les équipements électroniques - traceur de cartes couleur, GPS Garmin, pilote de barre franche Autohelm AH800, et VHF - sont des éléments indispensables à vérifier. Les interventions de maintenance documentées, telles que le remplacement des bagues de gouvernail, le roulement cutlass ou l'anode du moteur, témoignent d'un navire suivi.

Il est recommandé, lors de l'examen d'un exemplaire, de vérifier l'état du pont et des superstructures, même si quelques égratignures sur le dessus sont souvent sans gravité sur des bateaux de cet âge. L'hivernage à terre, pratiqué chaque année, est un gage de longévité pour la coque.

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