Sanguinet : Révélations Subaquatiques, d'un Fanum Antique aux Pirogues Millénaires

Le lac de Sanguinet, une petite bourgade du pays de Born, limitrophe du département de la Gironde et au bord de l'étang éponyme, est aujourd'hui une cité balnéaire familiale reconnue de tous les archéologues. Sa notoriété n'est pas fortuite mais le fruit de décennies de recherches acharnées ayant mis au jour un patrimoine subaquatique d'une richesse exceptionnelle. C'est en effet depuis le début des années 70 que les fouilles archéologiques menées dans ses eaux ont commencé à révéler des secrets enfouis, témoignant d'occupations humaines s'étendant de l'âge du Bronze aux temps modernes. Ces premières investigations, visant à "richir informations" sur les vestiges subaquatiques, ont posé les jalons d'un chantier archéologique de grande envergure, comme en témoignent les découvertes initiales de 1970 et les discussions qui ont pu avoir lieu, par exemple, dans des contextes comme un éventuel congrès ou rassemblement à Casteljaloux en octobre 1971, marquant le début d'une ère de découvertes.

La formation même du lac a joué un rôle crucial dans la conservation de ces trésors. La montée des eaux du petit ruisseau de la Gourgue (du gascon gorga, "gorge, ravin, défilé") à la suite de la fermeture du cordon dunaire et de la formation du lac a en effet contraint les hommes à se déplacer. Cette transgression progressive a eu pour conséquence unique d'ennoyer et de préserver des sites, empêchant les réoccupations successives et offrant ainsi une approche diachronique inédite des occupations humaines le long de la paléo-vallée ennoyée de la Gourgue, de la Protohistoire à l’Époque Moderne. C'est ainsi que des opérations archéologiques se sont succédé, avec de rares interruptions, sur plus d’un demi-siècle, permettant la découverte de plusieurs sites principaux ainsi que d’une quarantaine de pirogues monoxyles. Le lac de Cazaux-Sanguinet, dans les Landes, est le seul lac du littoral aquitain ayant fait l’objet d’une couverture archéologique aussi poussée, ce qui en fait un précieux référentiel pour aborder l’évolution de la Côte d’Argent au cours des derniers millénaires, de la mise en place de son système dunaire et de ses lacs.

Les Trésors Archéologiques du Lac : Vestiges d'une Vie Ancienne

Le lac de Sanguinet a révélé un ensemble de sites archéologiques d'une importance capitale, chacun offrant un aperçu unique sur les modes de vie et les activités des populations qui se sont succédé dans cette région. Ces sites, fouillés entre 1976 et 1998, et dont les explorations se poursuivent, ont fourni un important mobilier, notamment des pirogues monoxyles d'un intérêt majeur.

Losa : Un Carrefour Gallo-Romain Immergé

Parmi les découvertes les plus significatives figure le village gallo-romain de Losa, dont la mention apparaît dès le IIIe siècle dans l'Itinéraire d'Antonin [1]. Ce site, jadis situé à 7 lieues romaines de Boios, selon ce même Itinéraire d'Antonin, était un village "étape" construit autour d'un fanum. Les substructions de grès ferrugineux (fer des marais) de ce fanum demeurent en place. De nombreuses découvertes ont permis de reconstituer la vie quotidienne de cette agglomération. Du mobilier domestique "classique" y a été trouvé en abondance, ainsi que des monnaies, notamment un sesterce de Marc Aurèle et un antoninien de Gallien, permettant de dater l'occupation des lieux du Ier au IIIe siècle après J.-C.

Losa n'était pas seulement un lieu de passage et de culte ; il témoigne également d'une activité artisanale précoce. La présence de jattes à anses internes à usage domestique et de grandes jarres à brai est révélatrice d'un premier centre artisanal de production de goudron. Ces éléments ont été découverts au milieu de vestiges liés à la vie quotidienne, caractérisant ce site qui a fourni trois pirogues monoxyles [3]. La destinée de Losa est intimement liée à la montée des eaux : la présence de souches d'arbres au milieu des ruines laisse entendre que cette petite agglomération a été détruite avant son immersion que l'on peut dater des environs du Ve siècle, époque à laquelle le lac a dû atteindre son niveau actuel.

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L'Estey du Large : Une Enceinte Fortifiée de la Fin de l'Âge du Fer

Poursuivant la chronologie des occupations humaines, le site de "L'Estey du large" révèle un village fortifié datant du IIe siècle av. J.-C., soit de la fin de l'âge du Fer. Ce site se concrétise, à 8 mètres de profondeur, par une double enceinte de pieux de chêne formant une ellipse. L'activité humaine y était intense, comme en témoignent les quelque 30 000 fragments de céramique qui y ont été prélevés. La céramique commune non tournée y est la plus abondante, laissant supposer qu'il s'agit même d'un atelier de production locale dont la protection était précisément assurée par une palissade. La datation du site est confirmée par la présence d'amphores du Ier siècle avant J.-C., ainsi qu'une petite monnaie en argent présentant à l'avers une tête de cheval stylisée et une monnaie locale dite "tarusate".

Put Blanc : Le Berceau des Pêcheurs et des Pirogues Primitives

Plus profondément encore, le site de "Put Blanc" a permis de repérer trois habitats du premier âge du Fer (750 à 400 av. J.-C.) par 12 à 13 mètres de fond. Ce site est particulièrement célèbre pour ses nombreuses pirogues, puisque 23 pirogues datant de l'âge du Bronze au premier millénaire après J.-C. se concentrent dans ce secteur, laissant penser à l'emplacement d'un premier port à la pointe orientale du lac primitif.

L'habitat de Put Blanc était très structuré. Un habitat très structuré a été repéré par ailleurs à 13 mètres de profondeur : des fonds de cabanes en troncs sont encore en place et les tessons de poteries sont abondants. Un petit vase décoré symbolise la vie dans ces lieux délaissés des hommes il y a plus de 2000 ans. L'ensemble de ces découvertes éclaire sur un mode de vie de populations de pêcheurs.

L'Émergence d'une Industrie Métallurgique Locale

Au-delà des habitations et des objets du quotidien, un détail intéressant atteste de l'ingéniosité des populations anciennes de Sanguinet : un peu partout ont été prélevées des scories. Ces vestiges attestent des prémices d'une industrie métallurgique locale, développée à partir du minerai de fer fourni par le "fer des marais". Cette activité s'inscrit dans un contexte où les ressources naturelles environnantes étaient pleinement exploitées par les communautés.

L'Expansion des Recherches : Nouveaux Horizons et Pirogues Inestimables

Le lac n'avait pas encore livré tous ses secrets, et l'optimisme des archéologues s'est avéré justifié. Fouillant toujours l'ancien lit de la Gourgue, à des profondeurs toujours plus grandes et dans des conditions toujours plus difficiles, les chercheurs ont identifié depuis deux autres sites majeurs.

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Le site de "La Forêt" (600-200 av. J.-C.) présente des similitudes avec "Put Blanc", où l'on retrouve des fonds de cabanes et des pieux mortaisés. Plus en aval et par 17 mètres de fond, le site de "Matoc" (1500 à 450 av. J.-C.) a révélé une lance et un vase, enrichissant ainsi la compréhension des périodes protohistoriques du lac.

Grâce à ces découvertes continues, peu à peu s'éclaire le mode de vie de populations de pêcheurs capables de construire des bateaux robustes, insubmersibles et conçus pour la navigation en mer. L'ensemble des trouvailles constitue un trésor archéologique inestimable pour les spécialistes, avec un total de quelque 33 pirogues monoxyles formellement identifiées dans le texte, dont 29 réalisées en pin et 4 en chêne, bien que d'autres sources indiquent une quarantaine de pirogues monoxyles, ensemble dont les datations s’échelonnent des débuts de l’âge du Bronze jusqu’au début des Temps Modernes. Ces embarcations sont des témoins exceptionnels de la technologie navale antique et de la maîtrise des ressources locales par ces communautés.

Les Méthodes et Techniques au Service de l'Archéologie Subaquatique

L'exploration et l'étude des vestiges immergés nécessitent des approches scientifiques et techniques spécifiques, adaptées aux contraintes du milieu subaquatique. Les sites lacustres de Sanguinet bénéficient grandement de la conservation exceptionnelle qu'offrent les environnements anaérobies (c’est-à-dire sans oxygène), lesquels permettent la préservation de macro-restes tels que des graines, des fruits et des céréales partiellement ou intégralement conservés.

La Dendrochronologie : Une Datation de Précision

Parmi les méthodes de datation les plus précieuses, la dendrochronologie est une technique de datation absolue. Elle permet de dater à l’année près l’âge d’abattage d’un arbre, et donc potentiellement la construction d'une pirogue ou d'une structure en bois, par l’identification de ses cernes de croissance annuelle en fonction de leurs largeurs. Ces données sont ensuite comparées avec des séries de référence établies, offrant une grande précision chronologique.

La Palynologie : L'Étude des Pollens Anciens

La palynologie est une autre discipline essentielle dans le contexte des sites lacustres. Le palynologue étudie les pollens qui, grâce aux conditions de conservation des milieux subaquatiques, peuvent être très nombreux et parfaitement conservés. L'analyse des pollens permet de reconstituer les paysages végétaux anciens, les climats passés et, par extension, les activités humaines liées à l'agriculture ou à l'exploitation forestière.

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La Géoarchéologie : Comprendre le Contexte des Sites

L'étude du terrain, ou géoarchéologie, sur lequel se sont implantés les sites archéologiques est fondamentale. Les dépôts des sols, les différents sédiments, leurs formes et leurs structures constituent l’image de l'occupation humaine. Cette analyse permet de lire les aménagements réalisés par l'homme, les périodes d'abandons, les apports naturels ou anthropiques, ainsi que les rejets ou les reprises d'activités. De cette manière, on peut non seulement retracer la vie du site, mais également parfois tout le système environnemental et humain qui le soutient sur une large échelle.

Les Sondages en Triangles Équilateraux : Une Précision Sous-Marine

Pour l'intervention archéologique sous l’eau, des techniques de relevé spécifiques sont employées. Le sondage en triangles équilatéraux est une méthode qui consiste à travailler dans un triangle équilatéral de 2,50 m ou de 5 m de côté. Chaque point de fouille est mesuré au décamètre à partir des sommets du triangle, ce qui élimine le risque d’erreur et assure une localisation extrêmement précise des vestiges.

Les premiers prélèvements de pilotis destinés aux datations par le radiocarbone ont été réalisés à partir de 1965-1966, marquant une étape importante dans la capacité à dater scientifiquement les occupations lacustres. Ces méthodes combinées permettent une approche holistique de l'archéologie subaquatique, transformant les fonds du lac de Sanguinet en une véritable archive du passé.

Les Acteurs Clés : DRASSM et CRESS, Piliers de l'Archéologie Subaquatique

La richesse archéologique du lac de Sanguinet est le fruit d'une collaboration et d'un engagement de longue date, impliquant à la fois des structures étatiques et des associations bénévoles. Deux acteurs principaux se distinguent dans ce domaine : le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM) et le Club de Recherches et d'Études Subaquatiques de Sanguinet (CRESS).

Le DRASSM : L'Autorité Nationale et l'Expertise Internationale

L’archéologie subaquatique est un domaine de l’archéologie caractérisé par la recherche et l’étude des vestiges anciens ou récents se trouvant sous l’eau avec des méthodes particulières, en vue de connaître les activités humaines ennoyées du passé. Elle se pratique dans les eaux intérieures, par opposition à l’archéologie sous-marine pratiquée en mer. Placé sous l’autorité du ministère de la culture et de la communication, le DRASSM est un service à compétence nationale, et son siège se trouve à Marseille, berceau mondial de l'archéologie sous-marine. Créé en 1966 par André Malraux, alors ministre de la Culture, il comptait 39 agents, chercheurs et administratifs, en 2024.

Les missions du DRASSM sont multiples et essentielles : il explore, étudie, valorise et protège le patrimoine archéologique littoral et maritime de l'ensemble des eaux marines sous juridiction française. Depuis sa création, le département a recensé plus de 6000 épaves sur le littoral français. De plus, il instruit, contrôle et conseille les opérations d'archéologie sous-marine, ayant réalisé l'expertise, dirigé l'étude et contrôlé la fouille de plus de 1600 sites archéologiques subaquatiques et sous-marins en France métropolitaine, en outre-mer et à l’étranger.

Le DRASSM joue également un rôle international crucial. Ses compétences lui confèrent un rôle de conseiller auprès de l’Unesco, et il apporte régulièrement son expertise lors de missions internationales. De nombreux pays ont fait appel à lui, tels que Brunei, l'Égypte, le Gabon, la Libye, Malte, le Pakistan, les Philippines, les Îles Salomon ou encore les États-Unis.

En matière de formation, le DRASSM contribue à la formation des futurs personnels scientifiques pour le ministère de la Culture. Co-fondateur du MoMARCH (Master of maritime and coastal archaeology) avec l'université Aix-Marseille, il organise chaque année des chantiers-écoles à destination des étudiants. Il met également à disposition les ressources de son pôle documentaire et accueille chaque année de nombreux stagiaires.

La gestion des collections est une autre facette importante de son travail. Le DRASSM gère les collections des biens culturels maritimes, objets archéologiques issus du domaine public maritime. Avec la création de la cellule de conservation préventive du Drassm en 2010, aujourd’hui dénommé pôle DSA (données scientifiques de l'archéologie), 63 234 biens culturels maritimes ont été inventoriés parmi ceux qui ont été déclarés. Ils sont conservés dans les 20 dépôts archéologiques gérés par le DRASSM, répartis sur tout le territoire, ainsi que dans 240 autres dépôts administrés par des institutions partenaires. Le DRASSM assure également une mission de conseil des chantiers archéologiques réalisés dans les eaux intérieures, qui relèvent de la compétence des services de l’archéologie des directions régionales des affaires culturelles, accompagnant les responsables de ces opérations, notamment en matière de traitement de la documentation et du matériel recueillis.

Le centre de ressources du DRASSM est d'une richesse inouïe :

  • La bibliothèque Bernard Liou est la référence en France pour l’archéologie sous-marine et subaquatique. Elle réunit le fonds du DRASSM, spécialisé dans le domaine de l'archéologie subaquatique et sous-marine, et celui de l'ancien CNRAS d'Annecy, plus particulièrement dédié à l'archéologie des eaux douces. Elle s'est enrichie en 2009 de la bibliothèque personnelle de Bernard Liou, ancien directeur du DRASSM disparu en 2006. Elle compte : 9 533 ouvrages, 458 cartes et plans, 422 travaux universitaires, et 260 revues et collections. Le fonds actuel couvre l'essentiel des domaines de compétence du département : archéologie sous-marine, fluviale et lacustre, histoire maritime, histoire de l'architecture et de la construction navale, naufrages et épaves, sites immergés, histoire de la plongée, études et inventaires des mobiliers et de différents matériaux, épigraphie, numismatique, conservation préventive, restauration, mer et plongée. Le catalogue de la bibliothèque est accessible sur le site du Catalogue Collectif Indexé Frantiq.
  • La photothèque-vidéothèque du DRASSM réunit plus de 120 000 documents numérisés et restaurés. Ce fonds, unique au monde, retrace les grandes étapes de l'histoire de la discipline grâce à 90 000 phototypes, 250 bandes vidéo de tous types, et des centaines de dossiers scientifiques. Toutes les photos et vidéos sont accessibles en ligne, dans la base Mémoire du ministère de la Culture.
  • Les archives scientifiques du DRASSM regroupent l'ensemble des documents relatifs aux biens culturels maritimes des eaux sous juridiction française ainsi que ceux traitant des épaves perdues sous pavillon français en eaux étrangères ou internationales. Chaque dossier d'épave comprend au moins la déclaration de bien culturel maritime ou la référence des archives collectées. En fonction des études réalisées, on y trouve également des rapports d'expertise, des rapports d'opération et des rapports d'analyse ainsi que des publications. Cette documentation permet d'alimenter la base de données nationale Patriarche.

Le DRASSM administre également des navires dédiés à la recherche, comme l'Alfred Merlin, l'un des navires du ministère de la Culture, qui opère par exemple près des îles Sanguinaires au large d'Ajaccio. Le DRASSM édite annuellement un Bilan scientifique, qui permet de présenter les premiers résultats archéologiques des opérations de l’année, ainsi que l’évolution des activités du DRASSM. Enfin, la collection Vitrines du DRASSM présente quelques-uns des 65 000 biens culturels maritimes découverts en mer ou sur l’estran inventoriés à ce jour.

Le CRESS : L'Engagement Bénévole au Cœur des Découvertes de Sanguinet

À Sanguinet, le rôle des bénévoles est primordial. Les opérations archéologiques réalisées dans le lac sont essentiellement l’œuvre d’acteurs bénévoles, notamment les plongeurs du CRESS (Club de Recherches et d'Études Subaquatiques de Sanguinet). C'est le travail acharné de ces passionnés qui a permis la découverte de cinq principaux sites archéologiques, ainsi que d’une quarantaine de pirogues monoxyles. Les 15 plongeurs bénévoles du CRESS ont ainsi bien raison d'être optimistes en cette journée des musées de 1998, illustrant leur contribution continue. De cet exceptionnel chantier, les rapports annuels du CRESS rendent compte chaque année.

Ces dernières années, le besoin de mettre à jour ce riche ensemble documentaire a conduit à une meilleure association des bénévoles et des professionnels de l’archéologie. Cette collaboration se concrétise notamment par le développement du Projet Collectif de Recherches FEALS (Formation, Évolution et Anthropisation du Lac de Sanguinet), débutant en 2026, qui s’inscrit dans cette perspective. La collection exposée au Musée du Lac, récoltée majoritairement par les plongeurs bénévoles du Cress, a permis de reconstituer une partie de l’évolution du lac au cours des âges.

La Valorisation du Patrimoine et la Médiation Scientifique à Sanguinet

La découverte et l'étude des vestiges ne sont qu'une partie du travail archéologique. La valorisation de ce patrimoine et sa transmission au public sont essentielles pour faire perdurer l'histoire et susciter l'intérêt pour ces recherches. Sanguinet s'est distinguée par une approche dynamique de la médiation scientifique.

Le Musée Archéologique de Sanguinet : Une Plongée dans l'Histoire

Le musée archéologique, rénové depuis lors, présente désormais au public le fruit de plus d'une trentaine d'années de fouilles en "immergeant" le visiteur dans cet univers très particulier. Le musée de Préhistoire reste ouvert et accueille les visiteurs dans des conditions adaptées. Pour garantir le confort, il est conseillé de privilégier la visite de la galerie de Préhistoire le matin, car elle est la seule salle non climatisée du musée. Les objets découverts au fond du lac de Sanguinet sont exposés au Musée du Lac, situé en plein cœur du village. Les visiteurs peuvent y admirer notamment les trois pirogues issues du lac, stabilisées et restaurées pour être présentées au musée. Pour l’occasion, le facsimilé de l’une d’entre elles est parfois exposé exceptionnellement sur le parvis du musée, accompagné d'une exposition de posters expliquant son processus de fabrication et présentant les données recueillies au cours de cette « archéologie expérimentale ».

Ateliers Pédagogiques et Immersifs pour Tous

Pour rendre l'archéologie accessible, des ateliers interactifs sont proposés avec des médiateurs scientifiques aux côtés des archéologues-plongeurs, qui se tiennent à disposition pour parler de leur travail. Ces ateliers, à destination de tous, accueillent le public sur la base vie de l'équipe de fouilleurs, à côté du poste de secours de la plage du Pavillon, chaque jour pendant la durée des campagnes de fouille. Un premier atelier, animé autour d’une maquette géante figurant un cours d’eau au fond duquel repose une épave, met en action une équipe d’archéologues-miniatures. Les questions se déploient au fur et à mesure que l’opération se met en place au fond de l’eau et que les enfants - comme les adultes ! - découvrent les étapes et moyens nécessaires à une fouille subaquatique. Le second atelier embarque le public à la découverte du patrimoine archéologique du lac de Sanguinet. À l’aide d’un tableau magnétique et d'éléments à coller et dessiner, les visiteurs viennent positionner les sites connus afin d’appréhender le potentiel archéologique exceptionnel que présente ce lac. Plusieurs panneaux permettent également de faire découvrir l'histoire et la méthodologie des recherches subaquatiques. Des panneaux et une maquette ont notamment permis aux visiteurs de s’approprier plus facilement les techniques inhérentes au milieu immergé, leur donnant l'opportunité d'incarner un archéologue, de réaliser leur propre opération subaquatique et de découvrir trois sites emblématiques du lac de Sanguinet. Au total, ce sont 250 personnes que les archéologues ont accueillies sur leur base de vie durant ces deux semaines lors de campagnes de médiation.

Parcours Découverte et Expositions Temporaires

À côté des ateliers interactifs sur la base vie des archéologues-plongeurs, un parcours archéologique "De la plongée au musée" est proposé. Ce parcours permet d'aller à la rencontre du patrimoine du lac conservé dans le musée et de découvrir le travail de fabrication du fac similé d'une pirogue archéologique découverte dans le lac. La visite du musée est aussi l’occasion de voir l’exposition temporaire Les Fouilleurs du temps, consacrée à l’archéologie dans les Landes et Pyrénées-Atlantiques, mise à disposition par le centre de culture scientifique Lacquodyssée.

Conférences et Échanges avec les Spécialistes

Pour prolonger la journée de découverte de l'archéologie, des conférences sont régulièrement organisées. Ces rendez-vous incontournables ont réuni, par exemple, une cinquantaine de personnes pour chacune des conférences. Le Cress a communiqué sur le thème « Une bathymétrie au poisson : la technologie au service des plongeurs », et Jonathan Moquel a évoqué l’archéologie en trois dimensions. Ces événements offrent une opportunité précieuse d'échanger autour de thèmes variés, de l'importance de la lutte contre le pillage à l'évolution des recherches sur le lac de Sanguinet.

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