Le Vendée Globe, souvent surnommé « l'Everest des mers » pour sa difficulté, est une course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. Cette épreuve hors normes, organisée tous les quatre ans, met au défi les meilleurs skippers internationaux et se dispute sur des IMOCA, des monocoques de 18 mètres de long. Le départ et l’arrivée ont lieu aux Sables-d’Olonne, en Vendée, faisant de cet événement un symbole fort du patrimoine maritime français. Il est à ce jour la plus grande course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance, et captive des millions de spectateurs à travers le monde, renforçant la dimension émotionnelle unique de la course.
Aux Origines d'une Légende Planétaire
L'histoire du Vendée Globe s'inscrit dans le sillage de l'exploration maritime solitaire. Le premier tour du monde en voilier en solitaire est réalisé par l'Américain Joshua Slocum, qui boucle son périple en 1898 après trois ans de circumnavigation sur son Spray. Cet exploit est reproduit par ses compatriotes et d'autres navigateurs dans les décennies suivantes, dont le Français Alain Gerbault en 1926. En 1967, le Britannique Francis Chichester se lance dans l'intention de réaliser un record et son défi a pour la première fois un retentissement médiatique considérable.
Le journal britannique The Sunday Times, en 1968, organise le Golden Globe Challenge, la première course autour du monde en solitaire sans escale. Neuf concurrents relèvent ce défi audacieux, mais seul l'Anglais Robin Knox-Johnston boucle le parcours en 313 jours avec son Suhaili, après s’être élancé. Le 6 avril 1969, après 313 jours de mer, il arrivait enfin au but, pionnier de cette forme de circum navigation par les trois caps mythiques (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn).
Vingt années plus tard, c'est le navigateur Philippe Jeantot, après sa double victoire dans le BOC Challenge (Le tour du monde en solitaire avec escales), qui lance l'idée d'une nouvelle course autour du monde, en solitaire, mais cette fois sans escale ! L’objectif était de limiter les budgets en supprimant le déplacement des équipes qui amenaient du matériel à chaque étape du BOC et de rendre ainsi la course plus extrême. Philippe Jeantot annonce l'organisation de la course lors d'une conférence de presse le 28 janvier 1988 à Paris, affirmant que le départ de son « Globe Challenge » serait donné le 26 novembre 1989 aux Sables-d’Olonne. Malgré les difficultés à trouver des sponsors et à boucler un budget conséquent, la course voit le jour grâce au soutien majeur du département de la Vendée, de la ville des Sables-d'Olonne, du Crédit Agricole et de la société vendéenne Fleury Michon. À la demande des sponsors, la course est renommée « Vendée Globe Challenge », puis simplement Vendée Globe Les Sables-d'Olonne lors des éditions suivantes.
Le 26 novembre 1989, treize marins prennent le départ de la première édition qui durera plus de trois mois. La course, dont la première édition fut remportée par Titouan Lamazou en 109 jours et 8 heures, est entrée dans la légende dès ses débuts. Ce que le grand public nomme aujourd'hui l'Everest des mers a permis de donner 240 départs au fil de ses dix éditions. Certains skippers ayant participé plusieurs fois, cela représente 130 marins différents. Sur ces 240 départs, on compte 146 arrivées classées, et au total, 100 skippers différents ont réussi à terminer au moins une édition du Vendée Globe. Ce chiffre exprime à lui seul l'extrême difficulté de cet événement planétaire.
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Les Règles Inviolables : Solitude, Sans Escale, Sans Assistance
Le concept du Vendée Globe est simple et compréhensible par le plus grand nombre : boucler le tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Ces trois paramètres essentiels constituent la signature inimitable de l’épreuve, son véritable ADN. Une femme ou un homme, le tour du monde, un bateau. Il s’agit d’une course en solitaire dans laquelle personne d’autre que le skipper ne peut se trouver à bord du bateau durant le tour du monde. L’exception notable est évidemment le sauvetage d’un autre concurrent, un acte de solidarité souvent salué. On se souvient évidemment du sauvetage de Kévin Escoffier par Jean Le Cam lors de l’édition précédente, mais c’est arrivé à plusieurs reprises dans l’histoire du Vendée Globe. Lors de la troisième édition, Pete Goss a sauvé Raphaël Dinelli en l'accueillant à son bord et en le déposant à Hobart. De même durant la sixième édition, Vincent Riou a secouru Jean Le Cam, chaviré non loin du Cap Horn.
La seule escale technique réellement envisageable pour un concurrent au Vendée Globe est de revenir aux Sables d’Olonne, dans un délai maximal de 10 jours après le départ. C’est notamment ce qu’avait fait Michel Desjoyeaux en 2008 : il était alors reparti avec 40 heures de retard et il avait gagné la course au final ! Les solitaires ont le droit de s’arrêter - par exemple pour mouiller dans une crique - mais pas de mettre pied à terre au-delà de la limite de l’estran, c’est à dire ce qui les sépare du niveau de la plus grande marée haute. Yves Parlier avait utilisé cette possibilité lors d’une réparation devenue célèbre pendant l’édition 2000, rejoignant la terre sans dépasser la limite des plus hautes marées afin de déséchouer son bateau et de pêcher des moules géantes avant de repartir en course.
L'assistance est également strictement encadrée. Pendant tout le tour du monde, le marin ne doit compter que sur lui-même. Le routage météo est strictement prohibé, forçant les marins à imaginer eux-mêmes leur navigation. Ils doivent réparer eux-mêmes les avaries qui ne manquent pas d’arriver et se soigner seuls en cas de maladie ou de blessure. Dans ce dernier cas, ils ont juste droit à l’assistance à distance du médecin de la course. L’assistance médicale ne peut prendre la forme que d'un conseil à distance, comme lorsque Bertrand de Broc s'est recousu la langue à l'aide d'un miroir et avec les conseils du docteur Chauve lors de l'édition de 1992. Côté assistance technique, il est formellement interdit d’accoster un autre bateau ou qu’une tierce personne monte à bord. Les marins ont l’autorisation de consulter l’architecte du bateau ou leur équipe technique pour s’informer du meilleur mode opératoire pour mener à bien une réparation, mais c’est bien à eux et eux seuls de mettre en œuvre celle-ci, avec les moyens du bord, tout en continuant si possible la course dans les meilleures conditions.
Les Bateaux de Haute Technologie : Les IMOCA 60 Pieds
Les concurrents du Vendée Globe naviguent à bord de monocoques de la classe IMOCA 60 pieds. Ces bateaux, qui mesurent tous 18,28 m de long (60 pieds) pour 4,50 m de tirant d’eau, sont très toilés et représentent les monocoques les plus puissants de la planète menés par un marin en solitaire. Ils peuvent presque atteindre les 40 nœuds au portant, soit environ 75 km/h. La performance dépend autant de la maîtrise du skipper que de la fiabilité du bateau et des choix stratégiques effectués tout au long du parcours.
Les IMOCA sont des bateaux de course à la pointe de l’innovation, dont le développement est intimement lié au Vendée Globe. Pour améliorer leurs performances, les architectes ont introduit successivement des innovations majeures. On a vu apparaître les carènes en forme de luge, la quille pendulaire qui permet d'optimiser la stabilité et la puissance, ainsi que le cockpit ouvert où toutes les manœuvres sont ramenées, afin de protéger le skipper tout en lui permettant un accès rapide aux réglages. Les dérives latérales ont progressivement été remplacées par les foils, des appendices qui permettent de « voler » au-dessus de l'eau, réduisant la traînée et augmentant considérablement la vitesse. La classe des 60 pieds IMOCA, définie à compter de 1991, est en constante évolution.
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À l'avant du cockpit, on retrouve un espace réservé à la vie du quotidien du marin. La partie centrale du cockpit d'un IMOCA constitue un véritable tableau de bord, le poste de commande du bateau, où le skipper suit les conditions météorologiques, le niveau de la batterie et sa production d'énergie. Une colonne appelée le « Moulin à café », située en plein milieu du cockpit, sert à contrôler les winches pour déployer les voiles. Composé de trois vitesses et contenant deux plateaux avec deux chaînes, cette assistance mécanique peut tirer l'équivalent de forces considérables. De cette position sécurisée, le Vendéen peut aussi assurer le réglage de ses voiles et accéder à certaines commandes du pilote automatique.
Un Parcours Jalonné de Défis Météorologiques et Géographiques
Le Vendée Globe est un périple planétaire, un voyage climatique qui fait descendre l'Atlantique, traverser l'océan Indien et le Pacifique, puis remonter de nouveau l'Atlantique. Le parcours théorique est de 45 000 kilomètres, soit 24 300 milles nautiques, mais dans la réalité, lors des neuf précédentes éditions, la plupart des concurrents ont parcouru parfois plus de 28 000 milles (soit quasiment 52 000 kilomètres) en raison des options stratégiques et des contraintes météorologiques. La ligne de départ et d'arrivée est située en baie des Sables-d'Olonne, après la remontée du chenal mythique.
Les marins du Vendée Globe font le tour de la Terre d'ouest en est, laissant sur bâbord (à gauche) les trois caps mythiques : le cap de Bonne-Espérance, le cap Leeuwin et le cap Horn. La course commence par une descente vers le sud de l'océan Atlantique qui les fait d'abord traverser le golfe de Gascogne, souvent agité par des dépressions d'ouest en novembre, avant d'atteindre la zone des alizés plus favorable.
Les solitaires doivent composer en permanence avec les systèmes météo, composés d'anticyclones (zones de hautes pression plutôt stables et peu ventées) et de dépressions (le plus souvent génératrices de vents forts). Cette confrontation des hautes et des basses pressions va déterminer la stratégie à adopter dans chaque zone du parcours.
Lors de la première phase entre les Sables d'Olonne et le cap de Bonne Espérance, à la pointe de l'Afrique du Sud, les solitaires doivent longer l'anticyclone des Açores dans l'Atlantique Nord, puis celui de Sainte Hélène dans son équivalent austral. Le jeu consiste à trouver le bon équilibre : suffisamment loin des centres dépressionnaires pour éviter les vents les plus forts sans se faire engluer dans les hautes pressions. Après avoir longé les côtes du Portugal, la flotte glisse vers le Cap-Vert. Les concurrents devront veiller à ne pas subir les perturbations des îles (Madère, Canaries, Cap-Vert), ni prendre le risque de se laisser prendre dans les calmes de l'anticyclone des Açores.
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Au niveau de l'équateur, les coureurs traversent la zone de convergence intertropicale (ZCIT), appelée communément Pot au Noir. Ici, les masses d'air chaudes et humides portées par les alizés des deux hémisphères se rencontrent et génèrent un air instable où calmes blancs et grains orageux alternent sans véritable logique. Ce moment névralgique conditionne en effet le futur lieu d'entrée dans le Pot au Noir, en général entre le 27° et le 30° parallèle Ouest. Le point d'entrée détermine aussi le point de sortie : les vents de secteur nord-est passent en effet au secteur sud-est de l'autre côté de l'équateur. Plus la trajectoire se rapproche de l'Afrique, plus la route se raccourcit pour faire le tour de l'anticyclone de Sainte-Hélène.
Plus au sud, ils retrouvent une région plus ventée mais doivent éviter l'anticyclone de Sainte-Hélène, zone de vent faible qui s'étale largement entre l'Amérique du Sud et l'Afrique. Les hautes pressions de l'Atlantique Sud sont volages en cette fin de printemps austral. L'objectif des solitaires est alors de longer les côtes brésiliennes le plus au large possible et d'accrocher l'une des dépressions qui se créent dans la baie de Rio pour aller mourir dans l'océan Indien. En à peine un mois, les frimas vendéens font place aux chaleurs équatoriales, aux déluges tropicaux puis au froid polaire subantarctique.
La partie la plus difficile de la course débute lorsque les voiliers atteignent la latitude des quarantièmes rugissants puis celle des cinquantièmes hurlants. Ces régions sont balayées en permanence par des dépressions très creuses qui lèvent des mers particulièrement fortes, car aucune terre ne bloque les vagues. Le courant des Aiguilles, au niveau de la pointe sud de l'Afrique, vient accroître la dangerosité de la mer en accentuant la hauteur des vagues. Les mers du Sud, qui représentent quasiment les 3/5èmes d'un tour du monde, n'offrent qu'une succession de dépressions venues du Brésil, de Madagascar, de Nouvelle-Zélande. C'est ce train de vents portants que les solitaires doivent conserver, glissant d'une perturbation à l'autre sans se faire phagocyter par les tentacules anticycloniques. Vents de nord-ouest puissants, passage de front avec grains violents d'ouest, bascule au sud-ouest glaciale, l'enchaînement est très sollicitant pour les hommes comme pour les machines.
Pour limiter le risque de rencontres avec des icebergs et growlers (petits morceaux d'iceberg à peine visibles), la Direction de Course établit une Zone d'Exclusion Antarctique (ZEA) qui fait le tour de l'Antarctique entre le 45°S du côté des îles Crozet et le 68°S au large du Cap Horn. Cette zone interdite est définie par 72 points reliés entre eux, distants d'environ 5° de longitude, et peut être déplacée avant et pendant la course en fonction de la « montée » ou du « retrait » des glaces. De fait ce bornage de sécurité impose une trajectoire plutôt nord qui flirte avec l'anticyclone des Mascareignes (Indien) et celui de l'île de Pâques (Pacifique).
Si le passage du Cap Horn après plus de 50 jours de mer marque la réduction drastique du stress de la casse et la remontée des températures, les 7 000 milles qui restent à courir jusqu'aux Sables d'Olonne ne sont pas les plus simples. C’est encore l'anticyclone de Sainte-Hélène qu'il faut contourner tout en négociant les dépressions orageuses venant du Brésil. Des brises contraires et irrégulières, des bascules de vent conséquentes, des fronts à traverser, rendent cette remontée loin d'être une sinécure. Une fois les côtes brésiliennes plus ou moins en vue, le Pot au Noir pointe à l'horizon avant de retrouver les alizés de l'hémisphère nord. De nouveau, les concurrents doivent éviter de se faire engluer dans les calmes redoutables de l'anticyclone des Açores jusqu'à toucher enfin les dépressions atlantiques qui peuvent, au mois de janvier, être plus dévastatrices que leurs homologues australes.
L'Aventure Humaine : Courage, Résilience et Dépassement de Soi
Le Vendée Globe est bien plus qu’une simple compétition sportive. C'est avant tout une incroyable aventure humaine, un voyage au bout de la mer et aux tréfonds de soi-même. Chaque édition révèle des histoires de courage, de résilience et de dépassement de soi. Les marins sont confrontés au froid glacial, aux vagues démesurées et aux ciels pesants qui balayent le grand sud. Loin de toute terre habitée, la zone traversée est très éloignée et il n'y passe pratiquement aucun trafic maritime, ce qui signifie qu'en cas de naufrage ou d'accident grave, les marins ne peuvent compter que sur leurs concurrents les plus proches pour les secourir, les secours héliportés étant hors de portée. La préparation mentale poussée est essentielle, permettant aux skippers d'être inspirants pour tous ceux qui les suivent, et de vivre la compétition de façon sereine et joyeuse.
La Vendée Arctique : Une Nouvelle Frontière après le Grand Sud
Au-delà du Vendée Globe traditionnel, de nouvelles épreuves viennent enrichir le calendrier de la course au large. La Vendée Arctique 2026 s’impose comme une étape clé de la saison IMOCA et une vitrine du savoir-faire vendéen en matière d’organisation d’événements maritimes majeurs. Première grande épreuve du cycle 2025-2028 vers le Vendée Globe, cette course est inédite et exigeante.
Après avoir dompté les mers du Sud au cours du Vendée Globe, les skippers s’élanceront cette fois vers le Grand Nord. En solitaire, sans escale et sans assistance, ils quitteront les Sables d’Olonne pour une aventure inédite : franchir le cercle polaire arctique… à l’endroit de leur choix et revenir dans le célèbre port vendéen. C’est la grande nouveauté de cette troisième édition : un parcours libre, sans route imposée, qui promet une diversité de trajectoires, des stratégies audacieuses et du suspense. Cap sur des territoires encore inexplorés pour ces marins d’exception. Le froid, le brouillard, les dépressions rapides et la mer courte feront partie du quotidien dans ces hautes latitudes, exigeantes et imprévisibles. Pour la première fois, les skippers atteindront le cercle polaire : un défi à la hauteur de leur engagement et de leur soif d’aventure.
Champions et Records de l'Épopée
Au fil des éditions, le Vendée Globe a consacré de très grands marins. Parmi eux, Titouan Lamazou en 1990, Alain Gautier en 1993, Christophe Auguin en 1997, Vincent Riou en 2005, François Gabart en 2013, Armel Le Cléac'h en 2017 et Yannick Bestaven en 2021. Un seul marin l'a gagné deux fois : Michel Desjoyeaux, en 2001 et 2009.
Les marins ont repoussé les limites sans cesse. En 2016-2017, Armel Le Cléac’h inscrivait son nom au sommet de la hiérarchie en établissant un record impressionnant : 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes pour boucler les 24 000 milles autour du globe, une performance d’autant plus marquante qu’elle s’est jouée dans une lutte acharnée avec le Britannique Alex Thomson.
Puis vint l’édition 2020-2021, celle de tous les superlatifs, avec 33 IMOCA sur la ligne de départ, un suspense haletant jusqu’au bout - huit bateaux franchissant la ligne d’arrivée en moins de 24 heures - et un épisode marquant : un sauvetage en plein Océan Indien, devenu le symbole des valeurs humaines profondes que porte cette course unique.
L'édition 2024 a franchi un nouveau cap, avec quarante skippers - un record - s’élançant des Sables-d’Olonne. Au terme de cette confrontation intense, c’est Charlie Dalin qui s’est imposé avec brio, inscrivant son nom au palmarès en battant le nouveau record de l’épreuve en 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes. Skipper méthodique et fin stratège, Dalin a su exploiter tout le potentiel de son IMOCA dernière génération, malgré une météo redoutable dans les mers australes. Ce record est de 10 jours de moins que le record précédent.
Impact Médiatique et Économique : Un Phénomène Mondial
Le Vendée Globe est une course avec une force de frappe incroyable. Il a acquis une renommée internationale, attirant des skippers du monde entier et passionnant des millions de spectateurs à travers le monde. Le Vendée Globe souhaite utiliser la puissance médiatique de l’événement pour sensibiliser le public, tout au long du parcours de la course autour du monde, à la préservation des océans. En parcourant la planète à la voile, les marins du Vendée Globe mettent en lumière la fragilité de notre océan face au réchauffement climatique.
La course est très populaire en France, où elle apparaît comme l'événement majeur de la voile sportive, auprès des passionnés de voile et du grand public. Elle est suivie par des milliers de journalistes, et donne lieu en France à des centaines d’heures de télévision et radio, et des milliers d’articles dans la presse. Les retombées médiatiques sont ainsi analysées comme importantes et bénéfiques pour les principaux sponsors, qui investissent de 2 à 4 millions d'euros pour chaque participant (budget sur 3 ans, pour le bateau, l'équipe et la communication). Ces chiffres illustrent l'attractivité de l'événement. Par exemple, Armel Tripon estimait les retombées médias pour L’Occitane en Provence à 25 millions d’euros lors de sa participation.
Depuis 2004, la course est gérée par la SAEM Vendée, dont le capital est contrôlé à 85 % par le secteur public, incluant le département de la Vendée et la ville des Sables d'Olonne, ainsi qu'une trentaine d'entreprises locales. L'implication de l'industrie nautique française dans la conception de bateaux destinés à la course autour du monde a créé un savoir-faire technique pour les classes open, contribuant à l'excellence nautique.
Des Projets Ambitieux et des Passions Partagées : Les Voiles des Skippers
L'esprit du Vendée Globe se retrouve également dans les parcours individuels des skippers, qui allient performance, innovation et une profonde connexion avec le milieu maritime.
Armel Tripon : L'Audace du Scow et les Projets Multiples
Armel Tripon, par exemple, a intrigué sur le Vendée Globe avec L’Occitane, seul voilier de type scow de la flotte. Avec ce bateau original, il a réussi le meilleur temps entre les deux passages de l’équateur. Pour lui, il y a eu "beaucoup de positif sur ce Vendée Globe ! Avec L’Occitane nous sommes le seul bateau mis à l’eau dans l’année à avoir fini la course… et avec seulement 30 jours d’entraînement avant le départ, c’est une belle réussite ! Une réussite due à un ensemble de choses dont une équipe technique extraordinaire." Il a également souligné la mobilisation en interne avec son sponsor : "il s’est passé de très belles choses en interne avec L’Occitane en Provence où l’ensemble des salariés s’est emparé de l’histoire, l’ont partagée, diffusée, vécue. Il y a eu des échanges extraordinaires, une identification au projet incroyable."
Le partenariat avec L’Occitane venait de se terminer, mais ce tour du monde sur un scow a enthousiasmé et convaincu Armel Tripon de l’idée de repartir sur un bateau audacieux et ambitieux. "Plus que jamais, le concept de scow est largement validé !" affirme-t-il, exprimant son désir de bâtir un projet sportif cohérent, ce qui signifie construire un bateau neuf capable de jouer la gagne. Il compte tirer parti des enseignements de son tour du monde pour créer un scow à foils amélioré.
Au-delà de ses ambitions en IMOCA, Armel Tripon est un navigateur polyvalent. Il envisage de naviguer avant le départ du Vendée Globe 2024, affirmant que naviguer est son métier. Il est en bonne voie pour courir en Multi50 (les OceanFifty, des trimarans de 15 mètres) dès la Transat Jacques Vabre en novembre prochain, puis pour défendre son titre sur la Route du Rhum 2022, où il avait brillamment fini 3e en temps réel en 2018, derrière des bateaux deux fois plus grands que le sien. Cela démontre que les skippers du Vendée Globe excellent souvent dans diverses catégories de la course au large, y compris les multicoques, bien que le Vendée Globe lui-même soit exclusivement réservé aux monocoques IMOCA. Armel Tripon travaille aussi sur la conception d’un petit catamaran à foils éco-conçu, témoignant de son engagement envers une démarche écoresponsable et durable.