Les Géants des Mers : Analyse Technique et Architecturale des Trimarans Ultim

Les voiliers de la classe Ultim comptent parmi les plus rapides au monde en course au large. Ces imposants trimarans représentent l’apogée de la technologie et de la performance dans le monde de la course au large. Destinés à pulvériser les records, ils subjuguent tous ceux qui ont la chance de les contempler en action. Les bateaux de la classe Ultim sont souvent qualifiés de « géants des mers ». Il s’agit d’une catégorie spécifique de bateaux de course, principalement composés de gigantesques trimarans ultraperformants. Pour comprendre pourquoi ces bateaux sont si impressionnants, il faut se pencher sur certaines de leurs caractéristiques techniques spécifiques. À couper le souffle, ces trimarans utilisent également des foilers. Pour rester à la pointe, ces multicoques subissent régulièrement des innovations techniques. Ces améliorations incluent aussi des dispositifs de sécurité sophistiqués.

La Genèse et l'Évolution des Plateformes : Le Cas Sodebo

À l'origine de Sodebo Ultim', il y a Geronimo. Thomas Coville, après l'échec du rachat de Groupama 3, a pris comme option de racheter l'ancien trimaran d'Olivier de Kersauson stocké à Brest depuis 6 ans. Seront conservés de Geronimo, les bras et les 3/4 arrières des flotteurs. Six mois de chantier, reconstruction d'un flotteur et de l'étrave de la coque centrale avec le chantier Gepeto ont été nécessaires. Une modification du cockpit pour le rendre plus fonctionnel et pour protéger au mieux l'équipage a été effectuée, incluant un programme informatique gérant les priorités des alarmes.

En guise de préparation, fin juillet/début août le bateau fait un aller en équipage vers le Brésil et un retour vers la France en double avec Jean Luc Nélias. Aussitôt de retour à la Trinité, le bateau est convoyé à Vannes, mis au sec. Trois semaines d'optimisation permettent le retour aux foils en C sur les deux flotteurs avec winglets "classiques". Après deux transatlantiques et une multitude de sorties RP au large de la Trinité, début juillet, le trimaran rejoint Lorient où il est sorti de l'eau le 12 et rentré chez Ocean Developpement pour son chantier d'avant tentative de Tour du Monde. Le 5 septembre le trimaran est remis à l'eau. Les safrans sont classiques, plus de T inversés et le cockpit reçoit une armature tubulaire pour être fermé.

Performance, Vol et Architecture Navale

Grâce à leurs foils, ils peuvent s’élever au-dessus de l’eau et limiter fortement la résistance. Qu’ils naviguent en équipage, en double ou en solitaire, ils atteignent des vitesses très élevées, parfois proches de 100 km/h, dépassant largement celle du vent. Les ultims trouvent leurs racines dans la nécessité de concevoir des multicoques capables de naviguer à des vitesses extraordinaires. Leurs performances élevées sont le fruit d'une collaboration étroite entre ingénieurs, marins et technologues.

Les règles de la Classe Ultim 32/23 contaignent les bateaux à ne pas excéder 32 mètres de longueur et 23 mètres de largeur. De la largeur d'un multicoque vient sa puissance. Le trimaran SVR-Lazartigue, par exemple, affiche des dimensions XXL : 32 mètres de longueur sur 23 mètres de large, le tout pour un poids de 15 tonnes. Et donc oui, on peut faire « voler » ce voilier de 15 tonnes, comme en lévitation au-dessus de l’eau. Des foils de 400 kilos sont nécessaires pour soulever un bateau de 15 tonnes. Le tirant d’air de SVR-Lazartigue s’élève à 37 mètres au-dessus de l’eau. Autrement dit, le sommet du mât culmine à une hauteur comparable au bas mot à celle d’un immeuble de 12 étages. Ce qui permet de porter « un peu » de voiles tout de même.

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S'agissant du mât, il pourrait être comparé aux cylindres, aux carburateurs ou à la boîte de vitesse. Sans lui, le bateau ne bouge plus. Si le tirant d’air est ce qui monte au ciel depuis la surface de l'eau, le tirant d’eau est la profondeur maximale atteinte par les appendices.

La Gestion du Plan de Voilure et des Allures

Les voiles, le moteur des bateaux ; leur choix judicieux, leur bon établissement, au bon moment, et dans la bonne combinaison, entre Grand voile et voiles d’avant, vont déterminer les performances du bateau. GV, J0, J1, J2, J3… sont autant de noms qu'il y a de voiles dans la garde robe d'un Ultim. L’allure désigne l’angle de route du bateau par rapport à la direction du vent. Elle dépend de l’angle formé entre l’axe principal du navire et le vent apparent. Le vent arrière est l’allure d’un voilier qui avance avec un vent soufflant sur son secteur arrière. Les principales allures sont le près, le bon plein, le travers, le grand largue et le vent arrière.

Le Maxi trimaran IDEC SPORT embarque 5 voiles principales, qui lui permettent de porter, selon l’allure, 460 m2 de toile aux allures proches de l’axe du vent (le près), et 760 m2 aux allures portantes. Sa grand voile représente plus de 300m2 de surface. Son « arme fatale » est son « screatcher », un gennaker de reaching (vent de travers) dénommé aussi Code zéro, une voile d’avant très plate, que le skipper pourra porter au vent de travers comme au près, et garder ainsi de la vitesse très longtemps malgré les variations d’angle de vent. IDEC SPORT dispose naturellement d’un grand génois, aussi appelé J1, pour le temps médium. Quand le vent forcera, le skipper pourra passer sur un génois plus petit, à poste sur son enrouleur, le J 2. Enfin, pour le très gros temps, place au foc de brise, ou J 3.

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