Le monde de la navigation de plaisance recèle de joyaux, et parmi eux, le Dragonfly 920 s'est taillé une place de choix. Conçu pour allier vitesse, stabilité et confort, ce trimaran représente une philosophie singulière dans la construction navale. L'expérience de la voile à bord d'un tel multicoque est souvent décrite comme une révélation, bien loin des conventions établies par les monocoques traditionnels. Cet article se propose d'explorer en détail les multiples facettes du Dragonfly 920, en s'appuyant sur les témoignages d'utilisateurs et les spécifications techniques qui en font un bateau véritablement remarquable, sans oublier l'indispensable capote qui participe grandement au confort à bord.
I. Le Dragonfly 920 : Genèse et Philosophie d'un Trimaran Danois
Le Dragonfly 920 est un trimaran de croisière rapide de 9.2 mètres (30 pieds 2 pouces) de longueur de coque. Ce remarquable voilier a été dessiné par Børge Quorning et Jens Quorning, tous deux originaires du Danemark, et a été produit par Quorning Boats, un chantier naval danois, entre 1996 et 2008. L'approche du chantier Danois Quorning est celle d'un véritable "luthier du bateau", caractérisée par une capacité de production très limitée. Cette approche engendre des délais de fabrication particulièrement longs. Le chantier préfère cultiver son côté artisan, s'appuyant sur sa très grande expérience dans le trimaran habitable. Il se contente ainsi de sa niche, ce qui garantit une qualité omniprésente. La qualité de fabrication du Dragonfly 920 n'a, par exemple, rien à voir avec des modèles comme le Challenge 30 ou le Corsair avec sa moquette grise, d'après les retours d'expérience.
Le Dragonfly 920 a également été reconnu pour ses qualités exceptionnelles, remportant le titre prestigieux de "2004 - European Yacht of the Year: Multihulls". Ce prix souligne l'innovation et l'excellence de sa conception et de sa construction. Le modèle se décline en différentes versions, notamment la version Touring et la version Extrême. La version Extrême se distingue par un mât carbone plus long et une plus grande surface de voilure. Pour compenser cette augmentation de puissance, les bras sont allongés, rendant le bateau plus large et donc plus stable. Le Dragonfly 920 est aussi disponible sur Boat-Specs.com en version Touring, permettant un comparatif détaillé de toutes les versions.
Ces trimarans, dans la décennie 90, constituaient une gamme de croiseurs rapides et grisants, couvrant des programmes allant du day boat au grand voyage. Les Dragonfly connaissaient un vrai succès avant d’être remplacés à partir de 2006 par une nouvelle génération de trimarans, incluant les modèles DF 25, 28, 32 et 35.
II. Conception et Caractéristiques Techniques du Dragonfly 920
Le Dragonfly 920 est un trimaran dont la conception vise à optimiser à la fois les performances marines et le confort de croisière. Le type de coque est un trimaran, et il est classé dans la catégorie des trimarans de croisière rapide. Sa construction utilise du polyester et des fibres de verre (GRP), avec une structure en sandwich mousse fibres de verre polyester, garantissant à la fois légèreté et robustesse. Le voilier a été lancé en 1996 et sa production a pris fin en 2008.
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En termes de dimensions, le Dragonfly 920 présente une longueur de coque de 9.2 mètres (30 pieds 2 pouces) et une longueur à la flottaison de 8.75 mètres (28 pieds 8 pouces). Sa largeur (bau) est impressionnante avec 7.8 mètres (25 pieds 7 pouces), ce qui lui confère une grande stabilité en navigation. Son tirant d'eau est de 1.55 mètre (5 pieds 1 pouce) avec les appendices abaissés, mais il est réduit à seulement 0.45 mètre (1 pied 6 pouces) lorsque les appendices sont relevés. Cette caractéristique permet au bateau de beache en un rien de temps, même avec de l’eau en dessous du genou. En cas de contact avec le fond, tout se remonte tout seul, le safran et la dérive, sans risque. Le tirant d'air depuis la ligne de flottaison est de 16.1 mètres (52 pieds 10 pouces).
Un avantage majeur du Dragonfly 920 est sa transportabilité. Le système de pliage est horizontal, avec une double-charnière à axe vertical, permettant de réduire sa largeur. Une fois replié, le bateau affiche une largeur de 3.2 mètres (10 pieds 6 pouces) et une longueur repliée de 11.1 mètres (36 pieds 5 pouces). Le 920 est transportable démonté, et non pas seulement replié. Il est insubmersible, un gage de sécurité supplémentaire.
Le déplacement lège, ou masse à vide, est de 1900 kg (4189 livres), tandis que le déplacement pleine charge, ou masse maximum (MLDC), atteint 2600 kg (5732 livres). Concernant les appendices, il s'agit d'un dériveur avec une dérive pivotante logée dans la coque centrale. La barre est une barre franche, et le safran est un safran simple au tableau, également sur la coque centrale.
La catégorie de conception CE du Dragonfly 920 est de type A, ce qui indique sa capacité à affronter des vents inférieurs à force 9 et des vagues de moins de 10 mètres. Le voilier est conçu pour ces conditions, offrant ainsi une grande polyvalence pour la navigation hauturière et côtière. Il est donc idéal pour un programme côtier de mini-croisière.
III. Gréement, Voilure et Performances Marines Exceptionnelles
Le Dragonfly 920 est équipé d'un gréement performant, conçu pour exploiter au mieux les qualités nautiques du trimaran. Le type de gréement est un Sloop Marconi fractionné, une configuration courante sur les voiliers de course et de croisière rapide. Le mât est posé sur le pont et a la particularité d'être rotatif, ce qui permet d'optimiser le profil de la grand-voile par rapport au vent. Il comporte deux étages de barres de flèche, dont l'angle est poussant (en losange), une configuration classique pour un bon maintien des haubans. Les matériaux du gréement sont modernes et légers, avec un mât et une bôme en fibre de carbone, contribuant à la rigidité et à la performance de l'ensemble.
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En ce qui concerne la voilure, le Dragonfly 920 dispose d'une surface de voile au près de 69 m² (743 pieds²), et une surface de voile au portant de 119 m² (1281 pieds²), soulignant sa capacité à générer de la puissance dans diverses allures. La grand-voile a une surface de 44 m² (474 pieds²), le génois de 25 m² (269 pieds²). Pour les allures portantes, le spi symétrique offre 75 m² (807 pieds²) de toile, et un code 0 de 42 m² (452 pieds²) peut également être utilisé pour des performances accrues dans le vent léger ou au près débridé. La version Extrême dispose d’une plus grande surface de voilure, optimisant encore davantage les performances.
Les performances du Dragonfly 920 sont attestées par plusieurs indicateurs. Le rapport surface de voile au près sur déplacement est de 44.98 m²/T (484 pieds²/T). Pour rappel, ce rapport est obtenu en divisant la surface de voile par le volume déplacé par le bateau à la puissance 2/3, et une valeur supérieure à 25 indique un voilier rapide. Au portant, ce rapport monte à 77.57 m²/T (835 pieds²/T). Le rapport Déplacement Longueur (DLR), qui quantifie le poids relatif d'un voilier par rapport à son déplacement, est de 80. Un DLR inférieur à 180 indique un voilier léger, souvent conçu pour le planning.
Ces chiffres se traduisent en mer par des performances impressionnantes. Le Dragonfly 920 est un bateau rapide, capable de remonter au près avec une VMG supérieure à celle d'un Jod35, un monocoque pourtant réputé pour ses capacités au près. Son comportement en mer formée est sain, même s'il peut taper un peu au près dans les vagues courtes. Un utilisateur a rapporté avoir poussé le trimaran dans ses derniers retranchements avec 28 nœuds réels de vent et toute la voilure hissée, le bateau lofant seul dans les surventes, et ayant obtenu une vitesse de 18,1 nœuds au GPS. Il faut bien sûr se méfier au portant dans la brise, car le risque d’enfournement, comme pour tout multicoque, est bien réel et nécessite d’anticiper la réduction de voilure. Autrement, le bateau se maintient souvent au-dessus de 9 nœuds. Étonnamment, lors d'une régate entre trimarans, "la Tripatte", une version plus toilée, a été battue par une version Touring identique à la sienne avec un 5 établi.
IV. Aménagements Intérieurs et Vie à Bord : Le Confort Optimisé et l'Importance de la Capote
Le Dragonfly 920, bien que conçu pour la performance, n'en néglige pas moins le confort et l'habitabilité, des aspects cruciaux pour la croisière. Le bateau est conçu pour accueillir confortablement quatre personnes, avec une configuration idéale pour trois personnes pour dormir. En promenade d'une journée (day-boat), il peut accueillir jusqu'à cinq personnes sans problème.
L'aménagement intérieur comprend une cabine, avec quatre couchages au total. La hauteur sous barrot maximale est de 1.78 mètre (5 pieds 10 pouces), y compris dans la cuisine, ce qui offre un espace de vie agréable et aéré. Dans le carré, la hauteur sous barrot maximale est de 1.54 mètre (5 pieds 1 pouce). La couchette du carré a une longueur de 1.8 mètre (5 pieds 11 pouces) et une largeur de 0.7 mètre (2 pieds 4 pouces) à la tête et aux pieds. La cabine avant propose une couchette de 2.2 mètres (7 pieds 2 pouces) de long et une largeur de 1.4 mètre (4 pieds 7 pouces) à la tête, se rétrécissant à 0.4 mètre (1 pied 4 pouces) aux pieds.
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Le cockpit arrière est fermé, offrant un espace sécurisé et confortable pour les manœuvres et la détente. C'est dans cet espace que l'importance de certains équipements prend tout son sens. En effet, la capote est indispensable sur un Dragonfly 920. Elle nous tient au chaud et nous offre toutes les commandes dans le cockpit, permettant ainsi de naviguer confortablement quelles que soient les conditions météorologiques. Des équipements de confort plus récents, suite à un refit entre 2018 et 2019, ont permis de rendre le bateau plus autonome et mieux adapté à la croisière. Ces améliorations incluent l'ajout de panneaux solaires, un système de chauffage, un réfrigérateur, un guindeau et un mouillage renforcé, ainsi qu'un jeu de voiles complet et haut de gamme. La plomberie et l'électricité ont également fait l'objet d'une révision complète.
La cuve à eau ne fait que 60 litres (15.9 gallons), ce qui est à prendre en compte pour des navigations plus longues, mais suffisant pour un programme côtier et de mini-croisière. Un cabinet de toilette est également présent à bord.
V. Équipements Modernes et Autonomie à Bord
L'équipement du Dragonfly 920 est conçu pour faciliter la navigation et assurer une bonne autonomie. En termes d'électronique, des modèles plus anciens étaient équipés d'un système Raymarine HS, qui a été remplacé par du Tactick dans certains cas. D'autres versions, comme un Dragonfly 920 Extrême de 2003, pouvaient être équipées d'un équipement électronique Raymarine complet avec lecteur de cartes et pilote automatique, tel que le pilote St 1000, qui maintient le bateau sur ses rails. Ces systèmes modernes contribuent grandement à la facilité de manœuvre et à la sécurité.
Pour l'autonomie énergétique, un panneau solaire suffit à maintenir les deux batteries à flot. Un portique arrière léger peut être installé avec des panneaux solaires de 150 watts, augmentant encore l'indépendance énergétique. Les batteries AGM, par exemple 2 x 88 Ah, peuvent avoir été installées en 2017 lors de refits. Le bateau peut également être équipé d'un gréement courant complet avec du très bon matériel, comprenant quatre winchs et des écoutes de gennaker/spi. Les barbers d'écoutes avec poulies ouvrantes sont également des ajouts utiles.
L'alimentation du bateau est assurée par un moteur auxiliaire, généralement un moteur hors-bord d'une puissance variant de 10 Cv à 15 Cv. Le type de carburant est l'essence, avec une capacité de réservoir de 20 litres (5.3 gallons). Ce moteur est suffisant pour les manœuvres de port et pour se déplacer dans les zones sans vent.
Des aménagements supplémentaires peuvent inclure un taud de descente et un taud de cockpit entièrement fermé, qui, combinés à la capote indispensable, augmentent considérablement le confort et la protection contre les éléments. Des bouts et aussières de qualité, ainsi que quatre pare-battage plats et trois gros sphériques, complètent l'équipement de pont. Un kit de sécurité pour moins de 6 milles est aussi un élément standard.
VI. Maintenance et Spécificités Techniques pour la Longévité
La longévité d'un Dragonfly 920, comme pour tout voilier de qualité, repose sur une maintenance attentive et ciblée. Le chantier Quorning Boats a émis plusieurs recommandations spécifiques pour les propriétaires. Sur la première série de Dragonfly 920, des boulons de carrosserie de 12 mm étaient utilisés pour fixer la cadène extérieure à la cadène intérieure. Ces boulons ont montré des signes de faiblesse au fil des ans, et il est fortement recommandé de les remplacer par des boulons normaux de 12 mm en acier inoxydable 316, de qualité A4 - 80.
Pour toutes les séries de Dragonfly 920, il est également crucial de vérifier les chaînes de Waterstay intérieures en acier qui relient les côtés de la coque pour maintenir les câbles extérieurs de Waterstay. Il faut inspecter la zone autour des boulons à l'intérieur du bateau et les soudures où la cadène est renforcée sur environ 10 cm (4 pouces) à chaque extrémité pour doubler l'épaisseur. Une vérification visuelle de tous les câbles est toujours nécessaire lors du changement du gréement.
Lors du transport du bateau, il est fortement recommandé de porter une attention particulière aux câbles des haubans latéraux, car ceux-ci se plient facilement lors du mâtage. Sur tous les Dragonfly, il est conseillé de vérifier régulièrement le câble de l'étai en haut, près du terminal. De plus, il est recommandé de refaire les coutures le long des jonctions des trampolines tous les 6-7 ans, ou tous les 5 ans dans les climats à fort rayonnement UV.
Sur les Dragonfly construits après 1989, les anneaux de patins en Téflon blancs de 5 mm sur le pont des flotteurs doivent être changés tous les 13-15 ans ; il s'agit d'une maintenance non critique et non structurelle. Au fil des ans, Quorning Boats a utilisé des maillons de gréement, appelés Quick-Links, dans la production des Dragonfly. Lors de leur remplacement, il est de la plus haute importance d'acheter des maillons de la même haute qualité ou des produits similaires ayant la même résistance (charge de travail). Pour les pièces commandées chez Quorning Boats au Danemark, elles seront produites dans les matériaux d'origine.
Un traitement anti-osmose préventif est également une mesure pertinente pour la longévité de la coque. Par exemple, un bateau a pu passer sept mois sous hangar pour ce traitement, avec une imprégnation de la coque d'une couche d'époxy pur, suivie d'une couche de masticage (époxy + charge), puis de deux couches de traitement Hempel et une couche de VC Tar. Un ponçage léger entre chaque couche permet d'obtenir une carène parfaitement lisse. La dépose de la dérive et la stratification dans les hauts pour l'épaissir et éviter le jeu dans le puits sont également des opérations de maintenance approfondies. Les voiles, par exemple, peuvent avoir seulement deux saisons de navigation si le bateau a peu navigué certaines années.