Le monde de la voile regorge d'une diversité de bateaux, chacun conçu pour des expériences maritimes spécifiques. Parmi eux, le dériveur occupe une place de choix, notamment pour sa capacité à offrir une navigation à la fois sportive, ludique et formatrice. Un dériveur est un voilier léger sans quille fixe, spécifiquement conçu pour des sorties de quelques heures. Sa conception facilite son remorquage, son gréement rapide et sa réactivité à la moindre action sur la barre ou les voiles. Contrairement aux catamarans ou aux voiliers habitables, le dériveur privilégie la simplicité. Sa coque non lestée impose de compenser la gîte par le rappel, c’est-à-dire le poids de l’équipage placé du bon côté. La dérive amovible ou relevable permet d’adapter le tirant d’eau selon la profondeur, offrant ainsi la possibilité d'accéder à des plages et des criques peu profondes, tout en facilitant le rangement du bateau en fin de saison.
Le dériveur convient autant aux débutants motivés qu’aux pratiquants confirmés cherchant des sensations fortes. C’est également un excellent compromis pour les familles désireuses de partager une activité nautique ludique et accessible. Les compétiteurs apprécient aussi le dériveur pour son aspect sportif, caractérisé par des parcours courts, des départs groupés et une tactique omniprésente. Sur un dériveur, chaque erreur se ressent immédiatement, ce qui accélère l’apprentissage. Les manœuvres sont simples, le plan de pont reste lisible et les allures s’enchaînent rapidement. Le retour d’information est instantané : une écoute trop bordée ralentit le bateau, une trajectoire imprécise vous éloigne de votre objectif. Cette franchise du comportement vous oblige à rester concentré et à corriger en permanence.
L'intérêt pour les dériveurs solitaires en particulier est palpable, comme en témoignent les nombreux échanges et questions sur les forums dédiés. Des navigateurs souhaitant une embarcation rapide à gréer pour des sorties régulières, même hors saison, aux sportifs aimant quand ça 'bastonne', la recherche du dériveur solo idéal est une quête partagée.
Diversité des Dériveurs : Des Apprentis aux Experts
Face à la diversité des modèles, il est essentiel de comprendre comment chaque type de dériveur s'adapte à un usage précis : initiation, sport, balade ou régate. On trouve des dériveurs solitaires, des dériveurs doubles, des modèles d’initiation et des bateaux plus sportifs comme les skiffs. Chaque type a un programme clairement défini : apprentissage, régate, balade dynamique ou sensations fortes. Les dériveurs d’initiation, comme l’Optimist, offrent une grande stabilité et un gréement simple, parfaits pour les jeunes marins. Les solitaires sportifs exigent davantage de technique et de condition physique. Les doubles polyvalents conviennent aux sorties familiales ou aux binômes réguliers.
En solo, on bénéficie d’une grande autonomie et d’un apprentissage accéléré, mais tout repose sur le marin. En double, les tâches, la tactique et les émotions sont partagées, ce qui renforce la dimension conviviale. Le solitaire impose de gérer simultanément la barre, l’écoute de grand-voile et parfois celle du spi. Cette polyvalence développe rapidement l'autonomie, mais peut être fatigante lors de longues sorties ou par vent fort.
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Parmi les dériveurs qui ont marqué l'histoire et continuent d'attirer les pratiquants, plusieurs modèles se distinguent.
Les Pionniers et l'Initiation
L'Optimist : La Caisse à Savon CélèbreLa célébrissime caisse à savon de Clark Mills reste le dériveur d’initiation par excellence, et ce depuis 1947 ! Différents modèles sont construits, pour la régate en stratifié de verre chez Devoti et surtout chez le Danois Winner, référence en la matière, ou en polyéthylène rotomoulé pour l’école de voile chez 2Win, Erplast et d’autres. Ces Optimist d’école bénéficient pleinement des progrès réalisés par les nouveaux polyéthylènes désormais moulés en trois couches pour former une sorte de sandwich. Pour le reste, rien n’a changé. Un safran, une dérive à remonter au portant tout en s’appliquant à la contre-gîte, et cet indémodable gréement à livarde.
L'O'Pen Skiff (Anciennement Open Bic) : La Glisse pour les JeunesCette nouvelle marque axée sur la glisse est le fruit de la fusion entre Bic Sport et Tahé Outdoors, entreprise spécialisée dans le kayak. Si Bic Sport n’existe plus, l’accessibilité qui a fait le succès de l’entreprise perdure. L’Open Bic est devenu l’O’Pen Skiff mais reste identique. On retrouve une petite coque planante ouverte, autovideuse, propulsée par un gréement au profil bloqué par quatre lattes. Destinée aux enfants à partir de 9 ans pour le loisir ou la compétition en monotypie, ce petit bateau ludique et réactif se veut l’école de la glisse par excellence pour les plus jeunes.
Le Topper : Simplicité et Transport FacileIan Proctor, le créateur du Topper, est l’un des monstres sacrés du « dinghy sailing » britannique. Il était aussi fabricant de mâts, et c’est au cours d’un voyage d’affaires aux Etats-Unis qu’il a conçu un enthousiasme débordant pour les carènes de scow. Sa première tentative, le Minisail, était très amusante, mais elle fut balayée par l’arrivée du Laser. La deuxième fut la bonne : ce fut le Topper, également transportable sur le toit d’une voiture.
Les Classiques et les Compétiteurs
Le Laser/ILCA : L'Indétrônable Standard OlympiqueLe Laser mesure 4,23 mètres. C’est un bateau léger, rapide et facilement transportable. Il peut être utilisé dans plusieurs versions (Standard, Radial, 4.7) selon la morphologie du marin et le type de compétition. Ce bateau est l’un des plus populaires dans les compétitions individuelles grâce à sa simplicité et son efficacité. Au départ, c’est-à-dire en 1969, il n’était question que de concevoir un dériveur capable de voyager sur le toit d’une voiture, inspiré par le Flying Dutchman. Mais on restait dans l’idée d’un dériveur de loisir, éventuellement éligible aux régates de club du vendredi soir mais guère plus. Et personne n’imaginait que le Laser, officiellement présenté en janvier 1971, serait diffusé à 15 000 unités dès les deux premières années, ni qu’il deviendrait série olympique masculine en 1996, puis féminine en 2008 dans la version Radial (un peu moins toilée). Il reste indétrônable du fait de sa diffusion, de son implantation dans les clubs et de sa stricte monotypie.
Le Contender : Performance avec TrapèzeLe Contender est considéré par certains comme plutôt facile d’accès, surtout si l'on a le gabarit moyen des meilleurs garçons de la série, pour un individu mesurant 1m78 et pesant 75 kgs. Le trapèze, présent sur ce type de bateau, est meilleur pour le dos (avec un bon harnais), moins fatigant et plus efficace. Le bateau peut planer au près, ce qui est quasiment impossible avec un bateau à rappel, sauf à avoir des ailes ou des échelles larges. Le Contender offre des performances et un confort du près au largue qu’un bateau à rappel ne peut pas offrir en mer avec un peu de vent.
Le Moth Europe : Un Classique à Taille HumaineLe Moth Europe est un super bateau, bien que sa taille puisse être un facteur pour certains gabarits, comme 1m81. Les bonnes occasions pour ce type de bateau sont rares, mais il représente une option intéressante pour les marins cherchant une expérience de navigation spécifique.
Les Dériveurs Solitaires Modernes et Sportifs
Le RS Aero : La Bombe RécenteEn 2015, RS a mis sur le marché une petite bombe, le RS Aero, qui a manqué de peu la sélection en tant que support officiel pour les JO 2024. Ce dériveur se distingue par sa capacité à atteindre le plané très rapidement, avec des accélérations franches, sans pour autant donner le sentiment d'être toujours à la limite du hors-jeu, contrairement à d'autres bateaux. Son poids est un point fort pour la mise à l’eau et sa légèreté facilite le mâtage, le redressement après un chavirage et réduit le tangage dans le clapot. Très rapidement, on acquiert les bons repères de réglages et de positionnement. Au près ou aux allures portantes, vent léger, médium ou fort, l’Aero a la capacité d’aller vite. Pour un adulte de 70 kg, il est tout à fait adapté.
Le D-Zero : Simple, Rapide, sans SpiLe D-Zero est un dériveur léger, vite gréé, bien que potentiellement plus cher et sans spi. Il se positionne comme un bateau assez sportif mais pas trop difficile techniquement, idéal pour ceux qui ne visent pas la compétition immédiate mais recherchent les sensations. Pour les navigations fréquentes, un bateau rapide à gréer est un avantage considérable. Le D Zero est une option intéressante pour deux navigations par semaine en été et une hors saison. Son absence de spi le rend moins technique à première vue, mais l'expérience montre que la présence d'un spi peut ajouter de la stabilité au portant.
Le RS Vareo : Accès Facile et PolyvalenceLe RS Vareo est moins toilé que le D One, offrant un accès plus facile à la navigation. Il est équipé d'un spi et se revend facilement. Il peut être un excellent tremplin avant de passer à des bateaux plus pointus. Le RS Vareo dispose d'un large spectre d'utilisation en configurations variées. Son cockpit assez ouvert propose de l'habitabilité. Les dessins de la carène et la coque sont identiques à celui du RS 500, ce qui garantit de très bonnes sensations avec un bateau vif et réactif à la barre. La surface de voiles n'est pas surdimensionnée, ce qui permet aux plus aguerris de s'amuser sans trop de soucis dans la brise. C'est un bateau qui convient à la majorité des pratiquants et sort très souvent.
La Pram : Design Contemporain et Construction ÉcologiqueLa Pram, avec son étrave inversée et ses bordés en CP d’okoumé, offre un design très contemporain et une construction en contreplaqué-époxy aussi respectueuse que possible de l’environnement. Ce petit cat-boat a su séduire par son esthétique. Le procédé imaginé par Youri Guedj et Alan Le Calvez, du cabinet BOW (Be On Water), comporte des clés d’assemblages des panneaux qui faciliteront la tâche des constructeurs amateurs. Plusieurs Pram ont d’ailleurs été construits par des lycées ou des associations d’insertion. Ceux qui veulent un bateau fini peuvent aussi s’adresser au chantier Nicolas Arnoult, à Saint-Philibert, qui a d’ailleurs commencé la construction d’un Canot’, le grand frère du Pram.
Dériveurs qui Peuvent Être Navigués en Solo (Bien que non Exclusivement)
Certains dériveurs, bien que conçus pour un équipage double, peuvent être menés en solo par des marins expérimentés, élargissant ainsi les options disponibles pour la navigation solitaire.
Le Feva et le RS500 : Des Options ÉvolutivesSi l'on envisage de naviguer avec un enfant, le Feva est une excellente première ligne, dès que l'enfant saura nager et que le marin aura une bonne maîtrise de son bateau. Si l'on se trouve limité par ce bateau, l'évolution vers un skiff un peu plus orienté performance, comme le RS500, sera facilitée par une première expérience sur un dériveur double. Le Feva, tout comme le RS500, peuvent effectivement se mener tous les deux en solo, même s'ils ne sont pas conçus pour cela.
Le Caravelle et le Micro : Stabilité et FacilitéLe Caravelle mesure environ 4,50 mètres. Il est adapté pour une utilisation en solo ou en double et est très stable. Ce bateau est facile à prendre en main, ce qui en fait un excellent choix pour les débutants. Le Micro, un dériveur léger de 5,50 mètres de long, est un bateau de croisière sportive, mais il peut aussi être utilisé pour des compétitions en solitaire ou en équipage. Ce bateau est apprécié pour sa facilité d’utilisation et ses performances.
L'Émergence des Foileurs Solitaires
Les dériveurs foileurs représentent l'avant-garde de la navigation solitaire, offrant des sensations de vol et de vitesse inédites.
Le Skeeta et le Nikki : Voler ou Glisser en ArchimédienLe Skeeta et son petit frère, le Nikki, respectivement destinés à un public adulte et enfants/adolescents, se démarquent de leurs concurrents par un système de montage de foil d’une pertinente ingéniosité et d’une facilité de mise en œuvre très appréciable, réalisable sur mise à l’eau à terre. L’avantage de ces scows australiens est de voler et de glisser en archimédien. En version foil, Skeeta est allé à l’essentiel pour progresser vite, sans réglage de foils, juste celui de la hauteur via un palpeur que l’on monte ou descend via un retour sur le pont. Il faut de la puissance pour dompter les 8,50 m² de la voile du Skeeta.
Le Waszp : Le Foileur à SuccèsDans la compétition qui fait rage entre les nouveaux foileurs solitaires, le Waszp est très bien placé et pourrait bien emporter le morceau. Déjà vendu à 1 522 unités dans 45 pays, ce petit foileur australien est porté par une classe très animée, notamment en France où l’importateur fait un travail remarquable. C’est probablement le support à viser si l'on a des envies de vols à haute vitesse. Mais attention, le Waszp, comme les autres foileurs à plan porteur central, est une sacrée école d’humilité !
Le One Fly : Des Options de VolPour voler, le One Fly propose trois tailles de grand-voile en option. Monté sur deux foils en carbone, le bateau peut aussi être utilisé en archimédien. Une version en aluminium des foils est désormais disponible et plus accessible. Ce bateau a même été choisi par Jérémy Beyou pour ses entraînements d’hiver, un coup de communication réussi pour le chantier. Cependant, la concurrence fait rage et c’est le Waszp, qui s’appuie sur une classe très active et internationale, qui tire actuellement le bon bord. Mais le foileur breton n’a pas dit son dernier mot.
L'UFO-Foiler : Le Catamaran à Foils Ludique et AccessibleBien que la discussion soit centrée sur les dériveurs solitaires monocoques, il est intéressant de noter l'existence de catamarans à foils accessibles et ludiques pour la navigation en solo. C’est le chantier US Fulcrum Speedworks qui a eu la bonne idée de développer début 2018 l'UFO-Foiler. Près de trente coloris de coque différents et les lettrages qui vont avec sont proposés par le chantier pour coller aux besoins des structures qui en font l’acquisition. Enfin, pour s’adapter encore un peu plus aux petits équipiers d’une quarantaine de kilos maxi, Octopus propose depuis peu des grandes voiles de couleur orange de seulement 6 m².
Considérations pour le Choix d'un Dériveur Solitaire
Le choix d'un dériveur solitaire ne se limite pas à l'envie de naviguer. Plusieurs critères doivent être pris en compte pour trouver la monture la plus adaptée à ses attentes et à sa morphologie.
Poids et Taille du MarinPour un adulte de 70 kg, de nombreux dériveurs solitaires conviennent parfaitement, mais 90 kg peut être lourd pour un engin de 3,90 m. Il vaut mieux viser des bateaux à partir de 15 pieds (environ 4,5 mètres) car déjà un HC 14 est limite. Le Twincat 13, par exemple, est donné pour 160 Kg max, visant potentiellement trois enfants en apprentissage, et ses boudins sont nettement mieux dessinés que ceux du HC, moins sujets au plantage. Un gabarit de 1m81 sur un Moth Europe, même si c'est un super bateau, peut être un peu grand.
Niveau Sportif et TechniqueLa recherche d'un dériveur sportif mais pas trop difficile techniquement est courante. Des modèles comme le RS Aero ou le D-Zero répondent à cette aspiration. Le D One étant vraiment tip top et moins exigeant que le RS100, selon certains avis. Le Contender, bien que sportif, est considéré comme plutôt facile d’accès. L'intégration d'un spi, bien qu'impressionnante au début et semblant plus technique, ajoute en fait de la puissance et, contrairement à ce que l'on pense, de la stabilité par rapport à un bateau solo sans spi. Si l'on ose y aller franco, on s’aperçoit que c’est largement gérable une fois la technique bien comprise, rendant les bords au portant plus faciles et plus amusants qu'avec un cat boat sans spi. Le seul risque est de se mouiller un peu, ce n'est pas la mer à boire.
Accessibilité et ManutentionLa rapidité de gréement est un critère important pour des navigations fréquentes. Un bateau rapide à gréer permet de multiplier les sorties, même sur des plages horaires courtes. Le RS Vareo, par exemple, est plus lourd au niveau manutention que l'Aero, et pas moins technique avec son spi. La possibilité de poser son bateau sur un parc à bateau sécurisé est également un avantage considérable, rendant les sorties plus fun et évitant le gréement et le rangement à chaque fois.
Marché de l'Occasion et CommunautéLors d'un achat d'occasion, il est crucial de vérifier soigneusement la coque (fissures, réparations, zones molles), le gréement et les voiles. Demandez l’historique du bateau, les lieux de stockage et les éventuels chocs ou chavirages répétés. Inspectez particulièrement les points de contrainte : puits de dérive, emplantures de mât, ferrures et filoirs. Tapotez la coque pour détecter d’éventuels décollements ou délaminations. Côté voiles, contrôlez l’absence de déchirures, l’état des coutures et la souplesse du tissu. Une voile trop usée perd son profil et dégrade les performances. De nombreux dériveurs ont été achetés en Grande-Bretagne, où l'on en trouve beaucoup dans le sud de l’Angleterre, à deux heures de route de Portsmouth maximum. Enfin, renseignez-vous sur la disponibilité des pièces détachées et la vitalité de la classe. Un modèle encore couru en régate bénéficie d’un marché actif et de forums d’entraide.
Les Remorques et le Transport
Une autre question fréquente concerne les remorques de route. Quand elle n'est pas proposée avec le bateau, il est essentiel de déterminer si elle est bien adaptée au dériveur. Il y a de quoi s'y perdre, d'où l'importance de se renseigner ou de faire appel à des professionnels.
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Des Concepts de Dériveurs Plus Larges : Stabilité et Accès aux Mouillages
Au-delà des dériveurs légers et sportifs, le terme "dériveur" englobe également des concepts offrant une approche différente de la navigation, notamment en termes de stabilité et d'accès aux zones peu profondes. Le dériveur est un type de bateau idéal pour accéder à des mouillages peu profonds.
Dériveurs Lestés et Intégraux : L'Évolution de la QuilleLes voiliers hybrides, les dériveurs lestés, sont une évolution d’une version quillard. Dans le concept de dériveur intégral, on supprime la quille. Une dérive mobile prend place au centre du bateau, le lest est réparti sur le fond de coque et le poids est augmenté pour garder une bonne stabilité. Cette formule offre des tirants d’eau très réduits même dérive haute. À l’échouage, le bateau se pose sur son fond de coque renforcé à cet effet. Le meilleur exemple est le Feeling 32 DI des chantiers Kirié (Tirant d’eau 0.85/1.85 m). En mettant la quille en position basse, cela confère au voilier une grande raideur à la toile. Ajouté à cela une stabilité de forme radicale, on obtient un parfait cocktail de performance. Grâce à la fonction relevable de la quille, ces voiliers peuvent accéder à des mouillages peu profonds sans sacrifier leur efficacité en mer. Cependant, pour s’échouer, ils nécessitent l’ajout de béquilles pour garantir leur stabilité. En résumé, on choisira un baroudeur tout terrain comme le Feeling 32 DI ou un dériveur lesté comme le Sun Odyssey 389 DL pour des croisières dont les exigences seront les accès aux plus beaux mouillages même reculés qui ne manquent pas en Bretagne et dans le Morbihan en particulier. Pour les biquilles version aileron comme le Django 9.80, le programme sera plus placé sur la polyvalence. Dans le cas des quilles relevables comme sur le POGO 36, on est clairement dans la performance.
Naviguer en Toute Sécurité : Les Fondamentaux
Une fois le bon dériveur choisi, l’essentiel est de naviguer avec confiance et sécurité. Pour cela, quelques bases sont incontournables : l'équipement personnel, la compréhension des règles météorologiques et du plan d'eau, ainsi que la maîtrise des manœuvres essentielles.
Équipement PersonnelUne aide à la flottabilité adaptée, des chaussures fermées et des vêtements coupe-vent sont incontournables. Selon la température de l’eau, une combinaison isotherme peut rapidement passer du confort à un véritable élément de sécurité. Le gilet de sauvetage ou la brassière homologuée CE doit être correctement ajusté et porter la norme 50 newtons minimum. Privilégiez un modèle confortable qui ne limite pas vos mouvements lors des rappels ou des manœuvres. Les chaussures de pont antidérapantes protègent les pieds des chocs et améliorent l'adhérence sur la coque mouillée. Évitez les tongs ou les pieds nus, sources de blessures bêtes mais handicapantes. Enfin, pensez à une protection solaire complète : crème indice 50, lunettes polarisantes avec cordon et couvre-chef à bords larges. La réverbération sur l’eau double l’exposition aux UV et peut provoquer coups de soleil sévères ou insolations.
Météo et Conditions de NavigationConsultez toujours la météo marine locale, en portant une attention particulière au vent et aux rafales. Évitez de débuter par des conditions supérieures à vos capacités ou à celles de l'équipage le plus fragile. Les bulletins Météo France, Windguru ou Windy fournissent des prévisions horaires fiables. Retenez que 10 à 15 nœuds conviennent bien aux débutants, tandis qu’au-delà de 20 nœuds, seuls les pratiquants confirmés maîtrisent leur bateau en sécurité. Observez également les signes locaux : moutons sur l’eau, drapeaux, fumées, comportement des autres bateaux. Un vent qui tourne brutalement ou s’établit en rafales désordonnées annonce souvent un grain. Sur le plan d'eau en mer, quasi uniquement en Bretagne et principalement dans les Côtes d’Armor, il est possible de trouver des zones abritées, mais le bateau doit pouvoir naviguer dans des conditions un peu musclées.
Gérer le ChavirageLe chavirage fait partie intégrante de l’apprentissage en dériveur et ne doit pas vous effrayer. Apprenez la procédure de redressement au calme avec un moniteur ou un pratiquant aguerri. Dès que le bateau part sur le flanc, restez calme et vérifiez que tout l’équipage est regroupé près de la coque. Positionnez-vous côté dérive pour éviter que le bateau ne se retourne complètement, mât dans l’eau. Le bateau se redresse généralement en douceur si vous dosez votre poids et si les voiles sont partiellement choquées. Une fois debout, remontez par l’arrière ou le côté en évitant de faire rebondir la coque dans l’autre sens. En cas de chavirage complet (mât sous l’eau), la manœuvre demande plus de force et de technique. Certains dériveurs disposent d’un bout de rappel fixé en haut du mât pour faciliter le retournement. Si vous naviguez seul, une bouée de mât peut éviter que le bateau ne s’enfonce davantage.
Progression et Perfectionnement
Après les premières sorties, l’envie naturelle est de mieux régler, d'aller plus vite et d’explorer de nouveaux plans d’eau. Structurer sa progression, rejoindre une communauté et, si désiré, approcher la régate sont des étapes clés.
Réglages et Optimisation du BateauCommencez par observer l’état de vos voiles et les bases : écoute, hale-bas, cunningham, quête de mât. Travaillez toujours un réglage à la fois, sur un même bord, pour ressentir clairement la différence de comportement. Le réglage de l’écoute conditionne l’angle d’incidence de la voile au vent. Trop bordée, la voile se ferme et le bateau ralentit ; trop choquée, elle faseyye et perd sa puissance. Cherchez le point d’équilibre où le bord d’attaque reste stable, sans battement ni décrochage. Le hale-bas et le cunningham contrôlent la tension de la bordure et du guindant. Par vent faible, relâchez-les pour creuser le profil et capter plus de puissance. Par vent fort, tendez-les pour aplatir la voile et limiter la gîte. Enfin, jouez avec la quête du mât (son inclinaison avant-arrière) pour modifier l’équilibre général. Un mât droit ou légèrement incliné vers l’avant favorise la vitesse au près. Un mât plus couché vers l’arrière facilite les allures portantes.
L'Importance de la Communauté et des ClubsRejoindre un club ou une association de dériveur vous expose à d’autres bateaux, niveaux et conseils. C’est aussi l’occasion de naviguer encadré, de participer à des sorties collectives et de découvrir de nouveaux plans d’eau. Les clubs nautiques organisent régulièrement des entraînements, des stages de perfectionnement et des sorties inter-clubs. Vous côtoyez des régatiers chevronnés, des moniteurs diplômés et d’autres passionnés qui partagent volontiers leurs astuces. Les associations de classe (Laser, 420, Vaurien, etc.) fédèrent les propriétaires autour d’événements, de forums en ligne et de rencontres conviviales. Vous accédez à une documentation technique, des plans de régate et un réseau d’entraide précieux pour les réparations ou les conseils d’achat.
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