La voile de course est une discipline exigeante qui met à l'épreuve les compétences des marins et la performance des bateaux. Elle englobe une variété de compétitions, allant des régates côtières aux courses transatlantiques en solitaire, en passant par les tentatives de records autour du monde. Cet article a pour but de définir la voile de course, d'en présenter les différents types et d'explorer les aspects techniques et stratégiques qui la caractérisent.
Définition de la voile de course
La voile de course est une activité sportive qui consiste à faire naviguer un voilier le plus rapidement possible sur un parcours défini, en respectant des règles de course établies. Elle se distingue de la plaisance par son objectif de performance et de compétition. Les courses peuvent se dérouler en équipage ou en solitaire, sur des monocoques ou des multicoques, et sur des distances variées, allant de quelques milles nautiques à plusieurs milliers de milles.
Une voile est une pièce de tissu qui utilise l'action du vent pour propulser un véhicule. En course, les voiles sont conçues pour optimiser la performance du bateau en fonction des conditions météorologiques et de l'allure.
Les différents types de voiles utilisées en course
Les voiliers de course sont équipés d'un jeu de voiles varié, adapté aux différentes conditions de vent et aux différentes allures. Parmi les voiles les plus couramment utilisées, on peut citer :
- La grand-voile : C'est la voile principale, située à l'arrière du mât. Elle est maintenue par des lattes rigides qui améliorent son profil et sa prise au vent. Sa superficie peut être réduite en prenant des ris, c'est-à-dire en baissant la voile selon la force du vent. Sur un IMOCA, elle mesure environ 160 m².
- Les focs (J1 à J3) : Ce sont les voiles d'avant. Le J1 est le plus grand (140 m²) et est utilisé lorsque le vent vient de l'avant. Le J2 (100 m²) reste en place et est enroulé sur l'étai.
- La trinquette : Plus petite que le J2 (65 m²), elle est prévue pour le gros temps.
- Le tourmentin : Un tout petit foc obligatoire (environ 50 m²).
- Le Code 0 : Une voile de petit temps (200 m²) utilisée quand il y a de la brise (25 à 35 nœuds de vent).
- Le Grand Gennaker : Un peu moins de 300 m², c'est la plus grande des voiles pouvant être enroulée.
- Le spi : La plus grande voile du bord (400 m²), utilisée entre 7 et 15 nœuds de vent.
Lorsque ces voiles ne sont pas utilisées, elles sont rangées dans la soute à voile et servent de contrepoids. Les navigateurs doivent les matosser, c'est-à-dire les déplacer d'un côté ou de l'autre pour équilibrer le bateau.
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Autrefois, les voiles étaient fabriquées en forte toile de coton et renforcées par un ourlet et une ralingue. Elles étaient traitées avec du tanin pour les protéger des intempéries et des moisissures. Aujourd'hui, les voiles modernes sont constituées de fibres synthétiques comme le polyester (Dacron) pour le grand public, ou de carbone, Mylar ou kevlar pour les compétitions.
Sur les voiliers modernes, les voiles d'avant sont fréquemment installées sur un enrouleur, ce qui permet de réduire leur surface exposée. Cependant, une voile ainsi réduite est moins efficace qu'une voile entière de surface équivalente.
Les différents types de courses au large
Le monde de la voile sportive est riche en compétitions variées. Parmi les plus emblématiques, on retrouve :
- Les régates : Ce sont les courses les plus courantes, organisées par les centres nautiques. Elles se déroulent sur un parcours balisé par des bouées, que les compétiteurs doivent effectuer plusieurs fois.
- Le match-race : Il s'agit d'un duel entre deux bateaux en équipage, avec des règles spécifiques. La compétition la plus connue de match-race est la Coupe de l'America.
- Les courses transatlantiques : Ces courses consistent à traverser l'Atlantique, d'Est en Ouest ou d'Ouest en Est. Parmi les plus célèbres, on peut citer la Route du Rhum (en solitaire, sans escale et sans assistance), la Transat Anglaise (en solitaire, sans escale et sans assistance), la Transat Jacques Vabre (en double, sans escale et sans assistance) et la Transat Québec - Saint-Malo (en équipage, sans escale et sans assistance).
- Les courses autour du monde : La plus médiatisée et la plus difficile est le Vendée Globe, une course en solitaire, sans escale et sans assistance autour du monde. Il existe également la Barcelona World Race, une course autour du monde en double, sans escale.
- Les records : Cette catégorie englobe les tentatives de records de traversée de l'Atlantique ou de tour du monde, en solitaire ou en équipage. Le Trophée Jules Verne récompense le bateau et l'équipage qui réalisent le tour du monde le plus rapidement possible, sans escale et sans assistance.
Exemples de courses au large
- La Transat CIC (anciennement OSTAR) : Créée en 1960, cette course transatlantique en solitaire relie l'Europe à l'Amérique du Nord. Au début, le record de la traversée était aux alentours de 40 jours.
- La Solitaire du Figaro : Cette course de voile emblématique se déroule chaque année depuis 1970. Divisée en plusieurs étapes, elle met à l'épreuve les compétences des skippers le long des côtes françaises et de ses pays voisins. La Solitaire du Figaro est traditionnellement une course en plusieurs étapes, s'étalant généralement sur environ trois à quatre semaines.
- Le Vendée Globe : Réputée pour être la course au large la plus difficile, le Vendée Globe est un véritable défi humain et sportif. En naviguant sans escale autour du globe, les skippers doivent affronter les mers les plus hostiles et gérer leur solitude pendant près de trois mois. Le Vendée Globe est une course autour du monde sans escale, couvrant une distance d'environ 40 075 kilomètres (24 850 miles marins). Le Vendée Globe a lieu tous les quatre ans. La première édition a eu lieu en 1989.
- Le Trophée Jules Verne : Créé en hommage au célèbre romancier, ce trophée récompense l'équipage le plus rapide autour du monde sans escale ni assistance.
- La Transat Jacques Vabre (Route du Café) : Cette course bien connue des français consiste à rallier la France à un pays producteur de café, lors d'une navigation en duo sur un parcours exigeant de plus de 4 000 milles nautiques. Le parcours change d'une édition à l'autre et d'une catégorie à l'autre.
- La Route du Rhum : Célèbre course transatlantique en solitaire qui se tient tous les quatre ans. La course couvre une distance d'environ 3 542 milles nautiques (environ 6 560 kilomètres). La première édition de la Route du Rhum a eu lieu en 1978.
- La Mini Transat (La Boulangère Mini Transat) : Course transatlantique en solitaire, sans assistance et sans communication avec la terre. La course se compose en 2 étapes et couvre une distance totale d'environ 4 050 milles nautiques (environ 7 500 kilomètres). Elle part des Sables-d'Olonne, en Vendée (France) et se termine à Saint-François en Guadeloupe, avec une escale de 20 jours à Santa Cruz de La Palma aux Canaries (Espagne).
Aspects techniques et stratégiques
La voile de course est une discipline complexe qui requiert une connaissance approfondie de la météorologie, de la navigation, de la mécanique des fluides et de la stratégie de course.
Météorologie
Les conditions météorologiques jouent un rôle crucial dans la performance d'un voilier de course. Les marins doivent être capables d'interpréter les fichiers GRIB et les modèles météo pour anticiper les changements de vent et adapter leur stratégie en conséquence. La force de Coriolis, qui dévie la trajectoire des masses d'air en mouvement, doit également être prise en compte.
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Navigation
La navigation est une compétence essentielle pour les coureurs au large. Ils doivent être capables de déterminer leur position, de calculer leur route et d'éviter les obstacles. La route orthodromique, qui représente le plus court chemin entre deux points à la surface de la terre, est souvent utilisée pour optimiser la distance parcourue.
Réglages des voiles
Les régatiers modifient sans cesse leurs réglages pour garder leur voile le plus proche possible du décollement, sans pour autant la faire décrocher.
Aux allures du près, la voile exerce une force propulsive tant que son angle par rapport au vent apparent reste suffisamment grand (de l'ordre de 30 degrés). Ceci à pour conséquence qu'il est possible, avec un véhicule offrant une faible résistance à l'avancement, d'aller plus vite que le vent réel.
Lorsque le navire s'éloigne du vent, les écoulements le long de la voile deviennent turbulents. Le vent pousse littéralement la voile. Pour obtenir une propulsion maximale, il faut alors orienter différemment la voile de manière à ce qu'elle soit perpendiculaire à l'axe du vent. Il faut aussi régler la voile de façon à ce qu'elle soit la plus creuse possible.
Stratégie de course
La stratégie de course consiste à prendre les meilleures décisions tactiques pour optimiser la performance du bateau et maximiser les chances de victoire. Cela implique de choisir la route la plus rapide, d'anticiper les mouvements des concurrents et de gérer les risques.
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Le Class40
Un Class40 est un voilier monocoque hauturier de course et de croisière dont la longueur est de 40 pieds soit 12,19 mètres et la largeur de 4,50 mètres.
L'IMOCA
L’IMOCA est l’association de classe qui gère les monocoques Open de 60 pieds (18,28 mètres). Ces voiliers participent à un championnat regroupant deux courses autour du monde (dont le Vendée Globe), un tour de l’Europe et plusieurs courses transocéaniques. Un IMOCA 60 pieds est un voilier de classe 60. C’est un monocoque parmi les plus rapides. Il est construit en matériaux composites pour être à la fois léger et résistant aux pires conditions du grand large. La classe IMOCA est une jauge qui définit les règles qui régissent la course et qui garantissent l’équité sportive. Cette classe a été fondée en 1991 par la Fédération Internationale de Voile. La jauge IMOCA impose des caractéristiques techniques aux voiliers participant à la course et particulièrement au Vendée Globe. Avant le départ, les voiliers sont soumis à différents tests. le voilier doit être capable de se remettre à l’endroit sans assistance extérieure, le cloisonnement intérieur doit être garanti en cas de retournement, la flottabilité doit être importante en cas de chavirage ou de voie d’eau. Pour adapter la conduite du voilier aux conditions de vent et de mer rencontrées, chaque skipper emmène jusqu’à neuf voiles. Seule voile à être située à l’arrière du mât, la grand-voile n’est pas interchangeable en course. Voile triangulaire, le solent est la plus grande des voiles « plates ». Le spi est la plus grande des voiles puisqu’elle peut faire jusqu’à 400 m2.
Le multicoque
Le bateau peut avoir deux coques reliées par des traverses, c’est alors un catamaran.
Les régates
LES REGATES Il s'agit du format de course le plus utilisé par les centres nautiques, il peut aussi s'appeler régates « in shore », « parcours banane » ou anciennement « parcours trapèze ». À l'instar d'un circuit d'automobile, le principe est d'effectuer un parcours mouillé sur l'eau que l'on visualise et matérialise par des bouées ou marques de parcours. C'est le format de courses des Jeux Olympiques. Plusieurs compétiteurs prennent part sur une ligne imaginaire dite « de départ » entre deux bateaux. Généralement les compétiteurs doivent effectuer plusieurs tours entre différentes bouées ce qui nécessite un bon niveau de manœuvre et de conduite de bateau. Les plus grandes compétitions peuvent accueillir plus de 500 bateaux sur la même ligne de départ.
Le match-race
LE MATCH-RACE Ce format se résume à un duel entre 2 bateaux en équipage. Le match-race comporte des règles spécifiques non utilisées en format de course classique. L'entrée des 2 bateaux sur la ligne de départ avant leur affrontement s'effectue chacun de leurs côtés de façon à provoquer une rencontre et à engager leur duel. Ils poursuivent leur face-à-face sur un parcours classique. Celui qui devance son adversaire remporte le manche, le premier bateau à trois manches remporte le match-race. Ce format est très spécifique et très technique, les 2 bateaux usent des règles de course le plus possible afin d'essayer de pénaliser l'autre bateau. Plusieurs arbitres assistent au duel et scrutent les fautes, c'est eux qui signalent une pénalité et ordonnent une réparation de faute que le bateau visé effectue par un tour complet (360 degrés) ou une manœuvre supplémentaire coûteuse en temps (empannage). La compétition la plus connue de match-race est la « Coupe de l'America ».
Les courses transatlantiques
LES COURSES TRANSATLANTIQUES Le principe est simple : traverser l'Atlantique et arriver le premier de l'autre côté. Il existe différents types de traversée selon les règles des différentes compétitions. On appelle une transatlantique une « transat », elle peut se faire d'Est en Ouest ou d'Ouest en Est. La plus connue des transats est « la Route du Rhum » car elle s'effectue en solitaire, sans escale et sans assistance seulement tous les 4 ans. Différentes catégories existent, des multicoques aux monocoques, que l'on classifie selon leur taille, elle part de Saint-Malo vers Pointe-À-Pitre en Guadeloupe. L’autre transat mythique en solitaire, sans escale et sans assistance est la « Transat anglaise » qui part de Plymouth au Royaume-Uni pour arriver à Newport aux Etats-Unis (et désormais à Boston depuis 2004). L’itinéraire plus au nord engendre une navigation contre les vents dominants et des dépressions assez violentes se qui fait de cette transat une des plus dure. La transat "Jacques Vabre" ou « Route du café » est une transat en double sans escale et sans assistance partant du Havre vers l'Amérique centrale ou du Sud selon les années, elle a lieu tous les 2 ans. La transat « Québec - Saint-Malo » a la particularité de traverser l’Atlantique d’Ouest en Est. Organisée tous les quatre ans depuis 1984, elle s’effectue en équipage sans escale et sans assistance de Québec au Canada à Saint-Malo. D’autres transatlantiques existent sur des bateaux différents tels que le Figaro ou encore le mini 6,50.
Les courses autour du monde
LES COURSES AUTOUR DU MONDE La course au large la plus médiatisée et la plus difficile est le « Vendée globe ». Tous les quatre ans, en solitaire et sans escale, plusieurs skippers s’élancent sur des monocoques de tailles égales (60 pieds) pour un tour autour du monde. Le parcours est relativement simple puisqu’il s’agit de contourner l’Antarctique et de revenir au point de départ, le port des Sables d’Olonne en Vendée. Il existe une course autour du monde, sans escale et en double nommée la « Barcelona World Race » et qui a été créée en 2007, la seconde édition s’est tenue en 2010 et la prochaine devrait avoir lieu en 2014. Elle se court sur des monocoques de 60 pieds comme ceux du Vendée globe. Les points de départ et d’arrivée sont localisés à Barcelone en Espagne.
Les records
LES RECORDS Cette partie englobe différents bateaux (monocoque, multicoque, planche à voile, etc.) cherchant à réaliser la meilleure performance sur des itinéraires donnés. Ces records peuvent s’effectuer en solitaire ou en équipage. Ceux qui attirent le plus grand nombre de participants sont les records de la traversée de l’Atlantique, et les records de tour autour du monde. Le plus éclatant et retentissants de ces records est celui autour du monde, sans escale et sans assistance. Le bateau et l’équipage réussissant à boucler le tour du monde le plus rapidement possible se voit récompenser du « Trophée Jules Verne ». Quelques marins ont également établit des records de tour du monde en solitaire ou à l’envers (sens Ouest-Est).
Les courses au large
LES COURSES AU LARGE La Solitaire du Figaro et le Tour de France à la voile incarnent parfaitement la course au large. Toutes deux s’effectuent sur des monocoques de taille identique (lorsque tous les concurrents possèdent le même bateau on appelle cela une classe « monotype ») et ont pour but d’effectuer des parcours au large des côtes parfois sur plusieurs jours. On dénomme ces parcours « off shore ».