La plongée sous-marine est une activité qui peut être réalisée sans risques à condition d’être en bonne santé et d’y être bien préparé. En termes simples, la plongée consiste à se trouver sous l’eau lors de ce que l’on appelle une “plongée”, en retenant sa respiration (apnée) ou en étant sous l’eau avec un équipement approprié (plongée sous-marine). La plongée accompagne l’homme depuis la nuit des temps, avec des preuves historiques remontant aux archives d’Aristote, datant de 332 av. J.-C., décrivant une cloche de plongée. Aujourd’hui, elle s’est professionnalisée, encadrée par des organismes comme la Fédération Française d’études et de Sports Sous-Marins (FFESSM).
Les Risques liés aux Gaz en Profondeur
Des problèmes pendant la plongée peuvent entraîner des effets toxiques dus aux gaz tels que l’azote, l’oxygène, le dioxyde de carbone et le monoxyde de carbone. L’air est un mélange de gaz composé essentiellement d’azote et d’oxygène et de quantités minimes d’autres gaz. Chacun des gaz a une pression partielle qui dépend de sa concentration dans l’air et de la pression atmosphérique.
Intoxication à l’oxygène
L’intoxication à l’oxygène survient chez la plupart des personnes lorsque la pression partielle de l’oxygène atteint 1,4 atmosphère ou plus. Si une personne respire 100 % d’oxygène, cette pression partielle sera atteinte à une profondeur de 4 mètres. Comme l’air ne contient que 21 % d’oxygène, pour atteindre cette pression partielle toxique, l’air respiré nécessiterait une plongée à une profondeur légèrement supérieure à 57 mètres. Les symptômes comprennent des picotements, des convulsions localisées, des vertiges, des nausées, des vomissements et des troubles de la vision. Environ 10 % des personnes sont atteintes de convulsions ou de malaises qui entraînent habituellement la noyade.
Narcose à l’azote
La narcose à l’azote (ivresse des profondeurs) est provoquée par une pression partielle de l’azote élevée. Les symptômes ressemblent à ceux de l’intoxication alcoolique. Les personnes sont euphoriques, désorientées et leurs capacités de jugement sont altérées. Cet effet devient reconnaissable à environ 30 mètres de profondeur chez les plongeurs qui respirent de l’air comprimé et il devient habituellement invalidant à environ 90 mètres. Pour minimiser ce phénomène, les plongeurs qui descendent à des profondeurs importantes respirent habituellement un mélange particulier de gaz utilisant de l’oxygène à basse concentration dilué avec de l’hélium.
Intoxication au dioxyde de carbone
Le dioxyde de carbone est libéré par l’organisme dans l’air expiré. Certains plongeurs en scaphandre autonome présentent une intoxication au dioxyde de carbone car ils n’augmentent pas leur respiration de façon suffisante pendant l’effort. Une diminution volontaire de la fréquence respiratoire pour conserver de l’air peut également causer une accumulation de dioxyde de carbone dans le sang. L’hyperventilation intentionnelle avant de plonger, bien que pratiquée pour augmenter la durée d’apnée, est une manœuvre dangereuse, car les plongeurs peuvent manquer d’oxygène et perdre connaissance avant que le dioxyde de carbone n’atteigne un taux suffisamment élevé pour leur signaler la nécessité de remonter.
Lire aussi: Nage verticale, tête en haut: Comprendre le problème
Intoxication au monoxyde de carbone
Le monoxyde de carbone est un produit de combustion. Il peut contaminer l’air des plongeurs si la valve de prise d’air est placée trop près de l’échappement d’un moteur ou si l’huile de graissage d’un compresseur qui fonctionne mal devient suffisamment chaude. Les symptômes comprennent la nausée, les maux de tête, de la faiblesse, de la maladresse et de la confusion. Les cas graves peuvent provoquer des convulsions ou un coma. Le diagnostic repose sur une analyse de sang qui doit être réalisée au plus vite.
Mécanismes de la Remontée et Accident de Décompression
En plongée, du fait de la forte pression, les gaz respirés se dissolvent dans l’organisme en quantité supérieure à celle observée à la surface. Lors d’une remontée trop rapide, la pression diminue et les gaz dissous ont tendance à redevenir gazeux. Lorsqu’un plongeur remonte trop vite, les gaz dissous n’ont pas le temps d’être éliminés par les poumons et des bulles se forment. La moitié des accidents de décompression commence dans les trente minutes qui suivent la plongée et la quasi-totalité dans les six heures.
Il est impératif d’éviter les efforts physiques après la plongée, car ils peuvent augmenter la formation de bulles dans le corps, accroissant le risque d’accident. Les chercheurs s’accordent à dire qu’il faut attendre au moins 4 à 6 heures avant de faire une activité physique intensive. De même, prendre l’avion après une plongée est l’un des risques les plus connus : la baisse de la pression en cabine favorise la formation de bulles. Il est recommandé de laisser un intervalle de 24 heures en surface avant de prendre l’avion.
Gestion des Équipements et Santé du Plongeur
Le matériel de plongée peut être divisé en équipement ABC (masque, palmes, tuba) et en équipement de plongée sous-marine (détendeur, gilet stabilisateur, ordinateur). Un masque correctement ajusté protège les yeux et le nez du contact avec l’eau et permet au masque d’équilibrer la pression. Le détendeur est impératif pour découvrir les fonds marins, puisqu’il vous permettra de respirer sous l’eau. L’ordinateur de plongée est un appareil indispensable qui indique la profondeur, le temps passé sous l’eau et met en garde contre une remontée trop rapide.
La plongée sous-marine ne se pratique en aucun cas seul. La discipline comporte des contre-indications médicales strictes comme les troubles cardiaques, respiratoires, ORL ou neurologiques. La grossesse est une contre-indication formelle. L’organe le plus fréquemment touché par les accidents est l’oreille. La manœuvre de Valsalva, qui consiste à pincer votre nez et souffler progressivement, est utilisée pour amener de l’air dans l’oreille et rétablir l’équilibre des pressions. Il ne faut jamais atteindre la douleur. En cas de maux de tête post-plongée fréquents ou de nausées, il est conseillé de consulter un médecin et de revoir ses techniques de respiration.
Lire aussi: Fonctionnement interne de la culasse Mosin-Nagant : Explication
Lire aussi: Prévention des maux de tête post-plongée