Le surf, un sport fascinant, ancien et profondément spirituel à l’origine, a traversé les siècles et a beaucoup évolué, tout en conservant certaines de ses valeurs fondamentales. D’autres aspects ont changé, influencés par l’évolution des idées et des technologies modernes. Des générations de surfeurs, accros à ces moments de bonheur transcendantal, ont fait des sacrifices matériels pour être là, dans l’eau, sur une plage, une pointe ou un récif spécifique, au moment exact où les vagues seront les meilleures. Mais au-delà de cette quête intemporelle, son histoire est marquée par des transformations profondes, notamment dans les années 1990, une décennie charnière où le surf est passé d'une contre-culture à un phénomène mondial de la pop culture, propulsé par la médiatisation et la commercialisation.
Les Racines Millénaires du Surf : Une Pratique Ancestrale et Royale
Contrairement aux idées reçues, qui situent souvent l'origine du surf à Hawaï, l’histoire du surf a commencé au Pérou, pendant la période pré-Inca, sous la culture Mochica, entre 3000 et 1000 avant J.-C. Des dessins ont été trouvés sur des poteries de cette période, représentant des pêcheurs incas sur des planches de bois et des bateaux en roseaux appelés « caballitos de totora ». C’est ainsi que le surf est réellement né sur la côte nord du Pérou, avec des figures telles que Carlos Ucanan Arzola, mieux connu sous le nom de « Huevito », surfant sur son caballito.
Cependant, l’histoire du surf telle que la plupart des gens la connaissent débute dans le Pacifique. Les premières traces de l’origine hawaïenne du surf remontent au XVe siècle. Appelée autrefois « le sport des rois », cette pratique permettait aux hommes de se mesurer les uns aux autres dans des compétitions. Le gagnant obtenait respect, statut social et divers privilèges. L’objectif était de prendre la plus grosse vague et de démontrer engagement et assurance technique. Les Polynésiens s’affrontaient dans des duels de surf, le vainqueur se voyant accorder une meilleure place dans la tribu. Les chefs de tribus qui défiaient la mer prouvaient leur puissance et leur supériorité en surfant sur de grandes planches, appelées Papa-he-nalu, coupées dans un tronc d’arbre selon un ancien rituel. Ces planches de bois, fabriquées à partir d'essences dures et lourdes comme le cèdre, l’acajou ou le koa, mesuraient souvent plus de 5 mètres, voire jusqu'à 2,75 mètres, et nécessitaient une force considérable pour être maniées.
L'Ombre Européenne et la Renaissance du "Sport des Rois"
En 1778, lors de son 2ème voyage, le navigateur britannique James Cook découvrait les îles Sandwich, plus tard renommées Hawaï. Le capitaine Cook a vu des surfeurs aux îles Sandwich et a commencé à écrire sur le surf dans son journal de voyage. C’est son successeur, le lieutenant James King, qui, plus en détails, a décrit le surf, tel qu’il l’avait vu dans la baie de Kahalu’u et la baie d’Holualoa sur la Grande île d’Hawaii. Il est devenu passionné par le surf et a été surpris de voir que ce n’était pas destiné uniquement à une épreuve d’habileté, mais purement comme un amusement.
L'arrivée des Européens a malheureusement conduit à des maladies, en particulier la syphilis, jusqu’alors inconnue dans les îles, réduisant la population hawaïenne de 10 %. Les conséquences furent désastreuses : la population hawaïenne fut réduite de 75 % en raison des maladies importées par les colons. De plus, en voyant les surfeurs hawaïens pratiquer leur sport nus, les Européens n’appréciaient pas cette coutume et décidaient de l’interdire. Vers 1720, l’esprit du surf était à Hawaï, où il devint rapidement une pratique rituelle importante, mais environ un siècle plus tard, les valeurs chrétiennes strictes interdirent le surf, considérant les hommes et les femmes dans l’eau ensemble comme une perte de temps immorale. Les missionnaires établirent leur système religieux et économique, forçant les locaux à travailler dans les plantations, cassant leurs planches et tentant de supprimer cette tradition. Les communautés physiquement et psychologiquement déstabilisées étaient des cibles de choix pour les missionnaires protestants qui imposèrent le port de vêtements de style occidental et méprisèrent le surf, perçu comme une perte de temps frivole, de la paresse et de la folie païennes. La terre devint une marchandise, rendant impossible la tradition de subsistance communautaire et forçant les Kānaka Maoli à travailler comme salarié.es. Cette doctrine de choc du XIXe siècle porta un coup presque fatal au surf.
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Cependant, au début du XXe siècle, l’histoire du surf prit un nouveau tournant. Le roi David Kalākaua monta sur le trône dans les années 1870 et fit renaître le surf. Plus tard, les Européens quittèrent progressivement Hawaï, permettant aux habitants de renouer avec leur sport. Heureusement, Mark Twain et surtout Jack London contribuèrent à redonner vie au surf. Les journalistes britanniques découvrirent le surf et le présentèrent comme une activité de loisir et un mode de vie. Grand passionné, Jack London fonda en 1908 le premier club de surf du monde : le Waikiki Outrigger Canoe and Surfboard Club. La figure emblématique de cette période fut Duke Kahanamoku. Après un siècle d’histoire, comprenant l’annexion d’Hawaii en 1898 en tant que territoire des États-Unis, le surf commença à renaître. Jack London, le célèbre écrivain, et le journaliste Alexander Hume Ford, qui s'était installé à Hawaï en 1907, rencontrèrent un garçon de plage à Waikiki, George Freeth, un des premiers à surfer admirablement bien à l’époque. Grâce à leurs écrits, le magnat de l’immobilier Henry Huntington eut vent des prouesses de George sur les vagues et l’invita en Californie pour promouvoir le Redondo Los Angeles Railway grâce à des démonstrations de surf. Freeth obtint le titre de « Premier homme à surfer en Californie ». Plus tard, en 1908, le trio nouvellement formé de Freeth, London et Ford ouvrit le premier club dédié au surf à Waikiki, le Waikiki Outrigger Canoe and Surfboard Club.
Puis, c’est Duke Kahanamoku, surfeur hawaïen passionné et nageur médaillé olympique (médaillé d’or aux Jeux Olympiques de natation en 1912), qui fit revenir le sport sur le devant de la scène en 1912. Ses démonstrations en Californie provoquèrent une frénésie bien plus grande que celle de Freeth. Connu sous le nom de « The Duke », il est considéré comme le père du surf moderne, une personnalité importante car c’est lui qui fit découvrir sa pratique sur la westcoast américaine et en Australie. Devenu une célébrité hollywoodienne, il réussit à rendre le sport universellement populaire. Il est aussi connu pour avoir sauvé des passagers d’un naufrage à l’aide de sa planche de surf, un geste qui marqua la naissance du sauvetage côtier tel que nous le connaissons aujourd’hui. En Australie, après l'abrogation de l'interdiction de se baigner en journée en 1903, des clubs de sauvetage comme le Bondy Surf Club (fondé en 1906) virent le jour. Les démonstrations de Duke Kahanamoku en 1914 au Freshwater carnival, puis son surf en tandem avec Isabel Letham en 1915, stupéfièrent l'Australie.
L'Ère Post-Guerre : Émancipation, Musique et Contre-Culture
Les années d’après-guerre sont synonymes de libération de la jeunesse, symbolisée par l’apparition d’Elvis Presley. Les adolescents trouvaient des idoles et s’identifiaient à de nouveaux modèles. Le surf, sport peu pratiqué à l’époque hors des eaux d’Hawaï où il est né, incarnait opportunément toute cette énergie qui désirait s’exprimer. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le surf ralentit, mais quelques images de soldats américains découvrant le surf près de Pearl Harbor existent encore. Après la guerre, l’évolution technologique joua un rôle clé. Les pionniers de l’après-guerre Woodbridge Parker « Woody » Brown, Rabbit Kekai et John Kelly furent les initiateurs d’une nouvelle vague de l’histoire du surf dans les années 1930, 1940 et 1950. Les années 1950 marquent le lancement de l’histoire moderne du surf, avec des surfeurs de plus en plus nombreux à Hawaï. Des personnages comme Fred van Dyke, Peter Cole et John Kelly commencèrent à surfer des vagues géantes sur les spots de Makaha, Sunset Beach et plus tard Waimea Bay avec des surfeurs locaux comme Eddie Aikau et Buffalo Keaulana.
Les années 60 virent l’avènement d’une "teen culture" portée par les Beatles, les Stones et les Beach Boys. La liberté, les drogues, le rock’n roll et l’émancipation sexuelle s’offrirent à cette génération comme jamais aux générations précédentes. Le surf devint de plus en plus populaire dans les années 50 et 60, car de nombreux artistes et musiciens associant la culture du surf au « flower power » apprenaient cette culture. Intrinsèquement liée au surf, la musique du début des années 1960 symbolise parfaitement ce cocktail de soleil et de joie de vivre. Les Beach Boys et leur hymne Surfin’ USA, sorti en 1963, posèrent les bases de la surf music, parente du blues et du rockabilly qui fait la part belle aux harmonies vocales. Même si un énorme succès couronna les frangins Wilson, jusqu’à l’apogée Good Vibrations en 1966, année de la sortie de The Endless Summer, premier documentaire sur ce sport, la surf music demeura un élément d’une certaine contre-culture. Le surf gagna encore en popularité grâce à des films comme The Endless Summer et des groupes de musique tels que les Beach Boys. Le mouvement hippie, avec son goût pour le voyage et la liberté, renforça l’image pacifique et détendue du surf.
Pendant ce temps, le design des planches de surf évolua considérablement. Les longboards (planches longues) sont finalement les descendantes modernes des premières planches en bois façonnées par les mains expertes des Hawaïens. L’apparition de la fibre de verre durant la seconde guerre mondiale provoqua une véritable révolution. Les années 60 virent l’apparition de la mousse polyuréthane en remplacement du bois, matière qui révolutionna le shape et permit une véritable démocratisation du sport. Les planches commencèrent à être fabriquées industriellement, le plastique et les matériaux composites remplaçant les planches en bois coupées à la main de l’ancien temps. L’invention des combinaisons en néoprène (par le légendaire Jack O’Neill) et des leashes (par son fils Pat O'Neill) contribua à une plus grande diffusion du sport, permettant de passer plus de temps dans les eaux glaciales.
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Tandis que la surf music s’essoufflait avec l’arrivée des hippies et leurs penchants psychédéliques, le surf continua d’intéresser la communauté des garçons aux cheveux longs et des filles libérées. Dennis Wilson, le batteur des Beach Boys et seul surfeur du groupe, happé par des problèmes d’addiction, côtoyait ainsi ces nouvelles bandes de jeunes gens qui traînaient sur les plages de Californie. Il s’enticha d’un musicien pétri d’une ambition maladive : Charles Manson. Plus ou moins impliqué dans de sordides faits divers, Dennis Wilson incarnait ce glissement progressif du surf, activité d’une jeunesse insouciante devenue un passe-temps pour de nombreux marginaux de la côte ouest. De sport, le surf acquit alors une nouvelle dimension, l’expression d’une volonté de s’extraire de la « bonne société » pour s’aventurer vers des territoires plus subversifs. On retrouva cette prise de conscience face à la réalité dans Big Wednesday (1978) de John Milius où la candeur des personnages surfeurs se heurtait à la brutalité du monde (guerre du Viêt-Nam).
La culture du surf s’inscrivait parfaitement dans l’éthique générale de la liberté et de la rébellion des jeunes. Nombreux sont ceux qui ont romancé l’image du surfeur comme étant l’ultime décrocheur. Il est devenu cool de ressembler à un surfeur, même si l’on ne sait pas de quel côté de la planche mettre la wax. Des figures de la contre-culture et de l’anti-héros, comme Miki Dora de Malibu, s’opposèrent ouvertement à la popularité de masse du surf, alors que des novices amateurs de sports nautiques envahissaient leurs plages bien-aimées. Miki Dora, surnommé « Da Cat », haïssait la marchandisation de la culture surf et tenta de la sauver en la rendant invendable, malgré sa propre implication dans la commercialisation. Horrifiés par l’augmentation des foules et la commercialisation de leur mode de vie, les surfeurs privilégiés partirent à la recherche de leur propre idylle estivale sans fin, dans des pays étrangers exotiques. Pour les vrais surfeurs, Morning of the Earth (1972) d’Alby Falzon et David Elfick fut l’apothéose du surf en tant que rébellion contre-culturelle, montrant des hippies bronzés vivant un mode de vie alternatif. Le lien entre le surf et le narcotrafic rendit l’image du surfeur rebelle encore plus cool, certains se tournant vers la contrebande d’herbe pour financer leurs aventures, allant même jusqu'à cacher de la drogue dans des compartiments secrets de leurs planches de surf.
La Professionnalisation et l'Émergence du Surf en France
Avec cette montée en popularité, le surf se professionnalisa rapidement. En Californie, des surf shops comme O’Neill ouvrirent dès 1952 et les planches se vendirent comme des petits pains. L’US Surfing Association et l’Australian Surf Riders Association virent le jour, marquant le début des premières compétitions officielles.
En France, l’histoire du surf démarra dans les années 1950 à Biarritz, avec la création du premier surf club, le Waikiki Surf Club, en 1959. Le bodysurf était déjà présent sur les plages atlantiques, mais c’est autour des années 50 qu’il se démocratisa véritablement grâce au réalisateur californien Peter Viertel et à son film Le soleil se lève aussi, tourné en partie sur la Côte des Basques, à Biarritz. La Fédération française de surf fut fondée en 1964, et le sport se développa rapidement dans les Landes et en Gironde, Jacques Hele étant considéré comme le pionnier du surf à Lacanau. En 1969, les célèbres marques Quiksilver et Rip Curl furent créées, devenant des piliers de l’industrie du surf.
Dans les années 1980, le surf continua de gagner en popularité. En 1985, la France comptait 2 000 licenciés, un chiffre qui grimpa à 15 000 pour les compétitions et 65 000 pour le loisir actuellement, dont près de 40 % sont des femmes. Cette croissance fut favorisée par une médiatisation accrue. Des magazines comme Surf Session, ainsi que des films et publicités télévisées, contribuèrent à l’expansion du surf.
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Le Tournant des Années 90 : Du Sport Extrême au Phénomène de Pop Culture
Il faut attendre le milieu des années 1980 pour revoir le surf dans les bonnes grâces des médias. La démocratisation des compétitions et l’apparition de champions loin des clichés des hippies fumeurs de joints (Tom Curren, Martin Potter, Laird Hamilton) réhabilitèrent ce sport aux yeux du grand public. Les années 1990 marquent une période de transformation radicale pour le surf, le propulsant au-devant de la scène médiatique et le fusionnant avec la pop culture de manière inédite.
Kelly Slater incarna parfaitement cette nouvelle ère. Âgé de vingt ans, le beau gosse remporta le championnat du monde (avant d’en engranger dix autres jusqu’en 2011) et donna un visage avenant - et commercialisable - au surf. Star des années 1990, Slater devint ainsi acteur dans la série Alerte à Malibu, succès télévisuel colossal pour l’époque avec une audience délirante de plus d’un milliard de téléspectateurs hebdomadaires dans le monde en 1996. Son image de champion impeccable et médiatique contrastait fortement avec celle des surfeurs marginaux des décennies précédentes, offrant un modèle aspirational pour la jeunesse mondiale.
L'industrie cinématographique enfonça le clou avec la sortie en salle en 1991 de Point Break avec l’inconnu Keanu Reeves (starifié sex symbol grâce à ce rôle) et Patrick Swayze (l’aimant à midinettes devenu célèbre avec Dirty Dancing quatre ans auparavant). Ces productions hollywoodiennes contribuèrent à forger une image glamour et excitante du surf, le rendant accessible et désirable pour un public beaucoup plus large. En devenant un élément de la pop culture, facilement identifiable, même par les novices, et porté par des « stars », le surf se réinventa et trusta l’imaginaire de millions d’adolescents dans le monde. En France, cette « mode » fut souvent traitée avec dérision et humour, comme le montre le film Brice de Nice (2005), témoignant de son adoption et de sa réinterprétation culturelle.
L'Explosion de l'Industrie du Surf et Ses Paradoxes
L’industrie cinématographique ne fut pas la seule à flairer le filon du surf. Au-delà de la conception des planches indispensables aux sportifs, apparut peu à peu une mode surf, proposant des vêtements adaptés à la pratique tout autant qu’inspirés du fun véhiculé par le surf et pas nécessairement destinés à une clientèle férue de vagues. Ce développement commercial transforma le surf en un véritable mode de vie, accessible même sans toucher une planche.
Des marques comme Quiksilver, fondée en 1969 en Australie par deux surfeurs, grandirent rapidement et se déployèrent dans le monde en quelques années, atteignant aux États-Unis un chiffre d’affaires de 1,81 milliard de dollars en 2013. Deux concurrents tentèrent de se tailler une place sur ce marché : le français Oxbow, créé en Normandie en 1985, et le pionnier américain O’Neill, du nom de son concepteur, surfeur californien qui ouvrit son magasin à San Francisco en 1952. Que le surf ait drainé une économie à part entière, textile mais aussi touristique, n’a rien d’étonnant.
Durant les années 1960 et jusqu’au début des eighties, l’influence des marques était circonscrite et ne dépassait guère le giron des amateurs de glisse. Mais dans les années 1990, les investissements affluèrent, le sponsoring explosa, la publicité déferla, modifiant profondément ce qui n’était encore qu’un sport « amateur ». Une véritable mode surf se développa, destinée à tous ceux qui désiraient s’identifier à un style de vie quelque peu bohème et radicalement hors des sentiers battus. Cette médiatisation et cette commercialisation eurent cependant un revers. Plus les magazines s’emparèrent du « surf style », plus les clichés sur ce sport se fossilisèrent et plus les puristes s’en détournèrent.
Les conséquences de cette expansion furent aussi économiques. Quiksilver croqua nombre de sociétés sur son passage (dont les marques du groupe Rossignol), mais se retrouva au seuil de la faillite en 2015 aux États-Unis. Après une cure d’amaigrissement et l’abandon de magasins low cost qui dévalorisaient son image, le groupe Quiksilver repartit de l’avant en 2017 sous le nom de Boardriders (qui garde la marque Quiksilver). Oxbow quant à lui fit face à un plan social d’envergure en 2014, voyant le nombre de ses salariés passer de 124 à 46. À force de vouloir élargir leur clientèle à tout-va, les grands noms du surf y perdirent une partie de leur ADN.