L'Éternel Retour : Quand le Style Surfeur des Années 90 Submerge la Tendance

L'univers du surf et son esthétique particulière ont toujours représenté, pour la mode, un genre alternatif, longtemps délaissé par la plupart des créateurs et restant la « propriété » des spécialistes du genre. Pourtant, l'évolution perpétuelle des tendances et leur faculté à se plonger dans des univers bien définis devait forcément s’attarder un jour sur ce monde à part. Ces dernières années, les mouvances des styles skate et streetwear, de par le tournant très rétro qu’elles ont pris récemment, sont les principales responsables de l'engouement actuel. Ainsi, une fois l’été arrivé, il était inévitable qu’elles s’étendent à ce milieu connexe surtout centré sur le vêtement de plage. Ces mouvements ont créé des tenues hybrides, entre surf et skate, entre béton et océan, où l'on s'invente une vie. Pour 2025, une envie se dessine : se looker comme un·e surfeur·euse des années 1990, et ce, même si l’on n'a jamais réussi à tenir plus de quelques secondes sur une planche.

Le Retour en Force du Vestiaire Surfeur des Années 90

La mode des années 1990, avec son esprit insouciant et sa nostalgie rafraîchissante, fait un retour remarqué, et le style surfeur de cette décennie est en première ligne de cette résurgence. Cette saison voit le retour du surfeur inspiré des années 1990, ramenant sur le devant de la scène toutes ces images que l’on voit défiler dans nos têtes avec un brin de nostalgie : Patrick Swayze, des sweatshirts au tissu passé avec un singe dessus, Kelly Slater avec des cheveux, des shorts de bain parfois trop bariolés et j’en passe ! Au fil que la saison avance, on voit ce style se mélanger avec des éléments du streetwear de notre temps pour créer ces tenues hybrides, entre surf et skate, entre béton et océan. Les pièces clés de cette tendance incarnent ce brassage multi-styles, offrant un mélange audacieux de confort, de couleurs vives et de coupes décontractées.

En haut, cette tendance prend clairement des allures sportswear avec la présence du coupe-vent. Ces dernières saisons, il appartient clairement au streetwear qui l’a amplement remis au goût du jour dans une forme particulière et son zip coupé par une poche frontale, ainsi qu’on le faisait dans les 90s. L’alternative des soirées estivales sur la plage est indéniablement le sweatshirt. Aujourd’hui, il est revisité à toutes les sauces et garnit les rayons de nos boutiques favorites en abondance, mais pour coller à cette tendance, il faudra le choisir selon des critères particuliers. La chemise arbore donc des fleurs et imprimés vifs. Cette tendance ayant une orientation fortement sportswear fait la part belle au t-shirt. Mieux vaut le choisir imprimé, sous une forme que l’on croise de plus en plus ces derniers temps avec un imposant graphique sur le dos. À défaut, un « all-over » ou un tissu chiné peuvent très bien fonctionner, ainsi qu’un « tie and dye » qui assurera un côté rétro. Impossible de ne pas mentionner ici la chemise à fleurs hawaïenne qui tient tout sa place. Avec ses motifs si caractéristiques et colorés, il faudra veiller à ne pas trop la dépareiller du reste de la tenue et d’opter pour des pièces unies en sa compagnie.

Pour le bas, les shorts de cette époque semblaient comme tout droit sortis d’un vieux placard, comme s’ils étaient restés là depuis 1992. On l’a vu se raccourcir au fil des ans après l’âge d’or du boardshort long. Le juste milieu est à trouver, aux mi-cuisses et dans un imprimé hawaïen. Palmiers, fleurs et toucans en tous genres sont ainsi les bienvenus ici pour coller à l’ambiance. Le look surfeur comme préconisé ici peut intégrer des pièces d’autres univers. Pas question de miser sur le bermuda classique du parfait gendre, mais plutôt de prendre le contre-courant avec un short en jean. Issu de son univers rock, skate, il prendra toute sa dimension dans une version aux extrémités effilochées, comme si l’on avait raccourci un vieux jeans. Les plus téméraires quant à eux oseront un modèle délavé à l’acide.

Le tout sera ponctué par des pièces d’univers différents comme le coupe-vent avec sa forme du moment à enfiler, les sandales en nylon ou même le short en jean à caractère plus rock. En ce qui concerne les chaussures, on en voit déjà hurler, mais la « sandale du touriste allemand » a fait son retour, si bien que certains considèrent même son port avec chaussettes comme normal ! On n’ira pas jusqu’à ce point, mais on est prêt à penser qu’elles peuvent offrir un rendu efficace dans cette tendance dans une version en nylon. Autre modèle estival très prisé cette saison : celle que l’on pourrait appeler « claquette de piscine », la mule. À défaut, la tong classique telle qu’on la connaît sera un allié fidèle pour ceux qui ne se sentent pas prêts à franchir le pas de modèles au style trop affirmé. Pour les accessoires, le bob, tendance éphémère des étés précédents, semble s’être rangé. On ne le trouve pas autant en abondance qu’annoncé dans notre article sur les tendances printemps-été 2017, mais peut s’accorder à merveille dans ce style. Si l’on arrive à le trouver dans un motif floral ou uni pour ne pas surcharger la tenue, il aura ainsi toute sa place. La casquette reste toujours une option à prendre en compte dans ce genre de looks sportifs. Rip Curl, par exemple, réimprime ses anciens logos des années 1990 sur des t-shirts le temps d’une « Collector Series », illustrant cette appétence pour le vintage. On s’est mis à reporter des bermudas à la ville, pourquoi pas en faire de même à la plage ? Cet été, les tongs ont quitté le bord de l’eau pour venir s’inviter sur le macadam, de quoi parfaire notre look avec panache.

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La Chevelure du Surfeur : Un Style Naturel et Indémodable, Emblème des Années 90

Lorsque l’on pense surf, on pense au surfeur qui sort de l’eau, planche à la main et donc forcément, cheveux mouillés. Dans l’imaginaire collectif, le surf dégage cette image « cool », une certaine insouciance et cet aspect proche de la nature, qui se reflète aussi dans la chevelure. Ce mythe est né en Californie dans les années 60, mais le style capillaire qui en découle a marqué les décennies suivantes, y compris les années 90. Pour réaliser cette coupe de cheveux de surfeur, rien de plus simple. Il suffit d'humidifier ses cheveux avec de l’eau coiffante puis d'appliquer une noisette de gel, des racines jusqu’aux pointes.

Une nouvelle tendance pour obtenir des cheveux de surfeur est l'utilisation de sprays spécifiquement conçus à cet effet. Spray salé, Wavy spray, Beach spray, appelez-le comme vous voulez, mais ce spray est la nouvelle tendance pour obtenir des cheveux de surfeur. Ces sprays sont composés d’eau de mer dans le but de reproduire sur votre chevelure le fameux « effet plage », caractéristique des coupes de cheveux de surfeur. Pour l'appliquer, vaporisez le spray sur l’ensemble de votre chevelure puis froissez vos cheveux pour les décoller du cuir chevelu.

Le surf, la plage et le soleil forment un cocktail estival qui joue naturellement sur la chevelure, la faisant tendre vers le blond. On parle dès lors « d’effet soleil ». En rentrant de vacances, on perd naturellement ce blond particulier. C’est pourquoi certains cherchent à le conserver ou à le créer artificiellement. Lorsque l’on expose ses cheveux au soleil, ce sont les pointes, de façon unie, qui ont tendance à virer au blond. La meilleure solution pour reproduire l’effet soleil est donc d’utiliser la technique du balayage. Contrairement à la coloration classique, le balayage éclaircit ou fonce votre couleur naturelle seulement sur les mèches et non sur l’ensemble de la chevelure. La teinture s’applique à l’aide d’un pinceau spécial sur l’extrémité des cheveux, ce qui donne un effet naturel et discret. Il ne faut pas croire que cette technique ou la coloration en général soient réservées aux femmes, car de nombreux hommes, cherchant à arborer ce look iconique, y ont recours.

Des figures emblématiques du surf des années 90 ont contribué à définir cette esthétique capillaire. Mark Occhiluppo, par exemple, était connu pour ses cheveux qui poussaient à une vitesse incroyable. Donavon Frankenreiter avait de beaux cheveux longs et blonds quand il a commencé sa carrière de surfeur pro, jusqu’au jour où il a décidé de surfer des boards rétro, de se couper les cheveux n’importe comment et de se laisser pousser la moustache, montrant l'évolution des styles au sein même de la communauté des surfeurs. Rob Machado, quant à lui, quand il était jeune, avait la boule à Z, mais dès qu’il a laissé pousser ses cheveux, ceux-ci semblaient défier les lois de la pesanteur, ajoutant à son aura de légende.

Kelly Slater : L'Icône Indétrônable des Années 90 et Son Héritage

Au cœur de la culture surf des années 90, une figure se détache de manière éclatante : Kelly Slater. Son nom est souvent accolé à l’anonyme G.O.A.T (plus grand de tous les temps), et pour cause. Il détient presque tous les records significatifs de son sport, avec pas moins de 11 titres mondiaux, 55 victoires en Coupe du Monde et le record à la fois du plus jeune, mais aussi du plus vieux champion du monde. Depuis qu’il est passé professionnel en 1990, sa carrière a été marquée par une domination précoce et sans précédent au milieu des années 90. Durant cette période, il a raflé cinq titres consécutifs de 1993 à 1998, avant de prendre une retraite temporaire en 1999. Une grave blessure au pied l’a écarté de la compétition de 2017 à 2018, mais il était de retour en 2019, année où il a remporté le WSL Championship Tour et où il s’est battu pour se qualifier pour les débuts olympiques de son sport aux Jeux de Tokyo 2020.

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Outre la longue liste de récompenses du surfeur américain, il a largement contribué à l’expansion de son sport. Son style de surf unique, son sens aigu du marketing et sa soif constante de développer de nouvelles technologies ont permis de faire grandir son sport et de le populariser auprès du grand public. Son héritage compte également sur le concept des piscines à vagues. En 2015, avec son équipe Kelly Slater Wave Co, il a donné vie à cette technologie moderne des piscines à vagues, révolutionnant potentiellement l'accessibilité au surf loin des côtes. La présence de Kelly Slater avec des cheveux dans les icônes des années 90, comme mentionné par la mode actuelle, souligne l'impact visuel et culturel qu'il a eu sur toute une génération de surfeurs et d'admirateurs.

La Combinaison de Surf : De l'Innovation Nécessaire à l'Accessoire de Mode

Le surf est un sport qui a conquis le monde entier et représente un mode de vie pour de nombreux passionnés. Parmi les éléments indispensables à la pratique de cette activité nautique, la combinaison de surf tient une place prépondérante. Le surf est originaire d'Hawaï, où il était pratiqué par les rois et les nobles de l'archipel avec les premières planches qui étaient fabriquées en bois et pesaient plusieurs dizaines de kilos. Cependant, avec la popularisation du surf et son expansion vers des régions aux eaux plus froides, notamment en Californie et en Australie, il est rapidement devenu nécessaire de trouver une solution pour permettre aux surfeurs de rester plus longtemps à l'eau sans souffrir du froid.

L'histoire de la combinaison de surf est jalonnée d'innovations cruciales. En 1952, le physicien américain Hugh Bradner, travaillant pour l'US Navy, invente la première combinaison isothermique en néoprène. Cependant, il faudra attendre la fin des années 1950 pour que Jack O'Neill, un surfeur californien et fondateur de la célèbre marque éponyme, crée la première combinaison spécifiquement dédiée au surf, marquant le début d'une ère nouvelle pour ce sport.

Les décennies suivantes ont été le théâtre d'une évolution constante :

  • Les années 1960 : Les premières combinaisons de surf étaient assez rudimentaires et peu ajustées au corps des surfeurs, offrant une protection thermique basique mais essentielle.
  • Les années 1970 : La combinaison de surf connaît une évolution majeure avec l'apparition du modèle "one piece" ou "integral". Il s'agit d'une combinaison intégrale, sans coutures, qui épouse parfaitement le corps du surfeur et garantit une meilleure protection thermique, améliorant considérablement le confort et la performance.
  • Les années 1980 : Les avancées technologiques de cette décennie ont permis de créer des combinaisons encore plus performantes et confortables, intégrant de nouveaux designs et des matériaux plus souples.
  • Les années 1990 : L'innovation se poursuit avec l'introduction de nouveaux matériaux, comme le polyuréthane ou le "super stretch", qui offrent une flexibilité et une légèreté accrues, permettant aux surfeurs une plus grande liberté de mouvement, cruciale pour les manœuvres techniques qui se développaient à l'époque.
  • Les années 2000 à nos jours : La recherche et développement continue d'apporter de nouvelles améliorations aux combinaisons de surf, se concentrant sur la durabilité, l'écologie et des technologies toujours plus sophistiquées pour optimiser la chaleur et la liberté de mouvement.

La combinaison de surf a joué un rôle central dans la popularisation du surf en permettant à un plus grand nombre de personnes de s'adonner à ce sport dans des conditions optimales, bien au-delà des tropiques. Par ailleurs, les progrès réalisés en matière de matériaux et de technologies ont rendu les combinaisons de surf toujours plus performantes et confortables, incitant ainsi davantage de personnes à se lancer dans l'aventure du surf. Le marché des combinaisons de surf ne cesse de se développer, avec l'apparition régulière de nouvelles marques et de nouveaux modèles. L'épaisseur du néoprène est un facteur clé, car plus le néoprène est épais, plus la combinaison sera chaude. Le prix des combinaisons varie en fonction des marques, des modèles et des technologies utilisées, reflétant la complexité et la sophistication de ces équipements. En résumé, la combinaison de surf a parcouru un long chemin depuis sa création dans les années 1950, et grâce aux innovations technologiques et à l'évolution des matériaux, cet accessoire indispensable a contribué à démocratiser le surf et à rendre ce sport accessible au plus grand nombre, même dans les eaux les plus froides.

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L'Économie du Surf : De l'Artisanat aux Enjeux Mondiaux des Années 90 et au-delà

L'industrie du surf, bien que souvent perçue comme un microcosme centré sur la passion, est en réalité un secteur économique dynamique, dont la croissance a été significative depuis le début des années 1990. Le marché des planches de surf a connu une croissance soutenue pendant une longue période, du début des années 1990 jusqu’à aujourd’hui. En 2009, la production s’est élevée à 3 millions d’unités, tandis que les ventes totales atteignaient 1,2 milliard de dollars, témoignant de l'ampleur de cette industrie.

Le cœur de la fabrication des planches réside dans le savoir-faire des artisans. Ce sont des artisans « shapers », au nombre de 2 000 dans le monde et installés pour moitié aux États-Unis, qui produisent toujours la plupart de ces planches. Aujourd’hui, après des décennies de designs changeants, cinq modèles de planches ont résisté à l’épreuve du temps, prouvant leur efficacité et leur attrait durable pour les surfeurs de tous niveaux. Les mesures et les caractéristiques varient beaucoup en fonction du type de planche, adaptées aux styles de surf et aux conditions de vagues.

Tandis que les types de planches produites n’ont quasiment pas changé depuis la fin des années 1960, un seul événement a modifié de manière significative la manufacture des planches de surf ces dernières années : la fermeture de Clark Foam le 5 décembre 2005. Clark Foam répondait à plus des deux tiers de la demande mondiale en pains de mousse et avait été pendant des décennies le seul fournisseur des shapers américains. Cette fermeture a eu des répercussions majeures. Pourquoi Clark Foam a-t-il fermé ? La California Environmental Protection Agency avait commencé à imposer des règles strictes en ce qui concernait l’usage des solvants et du TDI (diisocyanate de toluène), un des produits majeurs pour la production des pains de mousse polyuréthane et des résines polyester, et est derrière la fermeture du Clark Foam. Dans les faits, l’interdiction définitive d’utiliser ces matériaux remit en question la technique utilisée pour produire 90 % des planches de surf, provoquant une crise sans précédent dans le secteur.

La situation singulière rencontrée par le secteur fit des vagues au-delà du microcosme de l’industrie du surf. Les médias d’informations financières s’emparèrent de la nouvelle, ce qui attira l’attention des investisseurs, lesquels y virent une formidable opportunité commerciale. Dans le même temps, les fabricants asiatiques, surtout chinois, apparurent et proposèrent des produits peu chers et entrèrent dans les circuits des magasins de planches recherchant des produits à des prix peu élevés avec une marque propre, afin de refaire une marge de bénéfices sur ce type de produit. Cet événement, bien que postérieur aux années 90, a ses racines dans les méthodes de production établies à cette époque et a redéfini le paysage de l'approvisionnement en planches de surf.

L'évolution des points de vente reflète également la transformation de l'industrie. Au début, dans les années 1950, les boutiques de planches de surf étaient des lieux de production, ou, plus exactement, des vitrines pour ces ateliers, un petit endroit pour recevoir les clients. La production de planches augmenta régulièrement et au fil du temps les ateliers furent séparés des boutiques. Actuellement, les planches de surf ne constituent qu’une petite partie des ventes pour les magasins de surf. En réalité, 80 % des ventes des magasins proviennent de la vente de vêtements et d’accessoires (lunettes de soleil, sacs, montres) ; les 20 % restants sont liés à la vente de combinaisons en néoprène, d’articles connexes (dérives, leashs, etc.) et de planches. Par conséquent, les planches de surf, qui sont relativement fragiles à transporter et encombrantes, servent de simple décoration dans certains magasins. En effet, vendre une planche nécessite un personnel qualifié et s’y connaissant bien pour conseiller les clients dans le choix de leur équipement, ce qui n'est pas toujours disponible.

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