La genèse du sponsoring voile : une quête de valeurs
L'histoire du sponsoring dans la course au large, et plus particulièrement dans le cadre du Vendée Globe, témoigne d'une évolution profonde des stratégies de communication des entreprises françaises. Tout commence en 1997 lorsque le skipper Raphaël Dinelli nous approche pour sa préparation du Vendée Globe en 2000. A cette époque, nous n’avons aucune connaissance du monde de la voile et nous ne sommes pas en mesure de nous lancer dans cette aventure. Mais toutefois, nous y réfléchissons sérieusement car nous travaillons au développement de notre marque. Suite à cette rencontre avec Raphaël, nous décidons de nous faire accompagner par un cabinet d’expertise en sponsoring. En nous basant sur les valeurs de ce sport (respect, engagement, volonté, responsabilité, partage…), nous balayons plusieurs disciplines comme le cyclisme, le football… La voile s’impose à nous quasi naturellement.
Au début des années 2000, le cyclisme est entaché d’affaires de dopage, il nous paraît alors compliqué d’apposer notre marque dans ce contexte. On pense aussi au football mais ses valeurs portées exclusivement sur la performance ne nous correspondent pas… La voile, notamment par le biais du Vendée Globe, nous semble plus accessible et peut nous offrir de réelles opportunités : Sodebo est implanté en Vendée, à Montaigu, à une heure des Sables d’Olonne d’où part et arrive cette mythique course au large qui passionne nos équipes. Le choix s’impose alors. C’est d’abord un événement sportif populaire qui figure parmi les trois plus grands rendez-vous en France et au-delà. Nous l’accompagnons depuis plus de 20 ans, car il incarne les valeurs qui sont les nôtres : le sport, l’aventure, l’endurance mais aussi l’humilité.
L'engagement des entreprises et la cohésion interne
L'implication des entreprises dans la voile ne se limite pas à une simple visibilité médiatique ; elle devient un moteur de la culture d'entreprise. Quand vous êtes sur le village départ, la proximité et les échanges avec les skippers et leur team en sont la meilleure preuve. Et le Vendée Globe touche tout le monde, les petits comme les grands à l’image de Sodebo qui propose des produits pour toute la famille. Il y a du respect et de l’authenticité dans le Vendée Globe, des valeurs qui nous correspondent très bien. Évidemment, elle nous apprend la patience, le dépassement de soi, la raison, le goût de l’aventure et l’engagement sportif. Le Vendée Globe, tous les quatre ans, est un réel rendez-vous pour nos équipes. Il y a de la fierté à soutenir cette course.
Jusque sur le village départ où nos salariés s’impliquent sur nos stands. Cela créé une vraie émulation et une réelle cohésion d’équipe. Plus d’une centaine de nos salariés, issus de tous les échelons de l’entreprise, vivent au rythme du village avant le départ. Il y a des échanges entre collègues de travail, avec les skippers et avec le public. Une grande proximité et créer du lien avec nos clients grâce à la voile, c'est essentiel pour Sodebo. Créée en 1973 à Saint-Georges de Montaigu, en Vendée, par Simone et Joseph Bougro, un couple de charcutiers-traiteurs, toujours fidèle à son territoire, l’entreprise Sodebo a été transmise en 2000 à leurs trois filles : Marie-Laurence Gouraud, Bénédicte Mercier et Patricia Brochard. Privilégiant l’intégration depuis toujours, l’entreprise fabrique une large partie des ingrédients qui entrent dans la composition de ses produits (salades, pizzas, box, sandwichs…). Tous cuisinés sur place sur un site unique en Vendée !
Le paysage industriel français et le rôle de la Cogema
Parallèlement à l'essor du sponsoring sportif, le tissu industriel français des années 1990 était marqué par des acteurs majeurs comme la Cogema. La Cogema devrait afficher pour 1990 un profit d'un milliard de francs environ contre 1,5 milliard en 1989, année particulièrement favorable en raison de la facturation du coeur et d'une première recharge pour le surgénérateur Superphénix. Les résultats estimés de 1990 pourraient cependant subir des ajustements de dernière heure, en particulier pour tenir compte de l'évolution du contentieux nucléaire franco-iranien. La restructuration des activités minières de la Cogema continuera cette année, avec la fermeture des sites d'extraction d'uranium de Vendée. L'effort à l'international se poursuit également. La Cogema a fait des propositions aux responsables du secteur nucléaire tchécoslovaque concernant le combustible et la gestion des déchets et continue d'espérer que les Pays de l'Est, la Corée du Sud ou Taïwan s'intéressent au potentiel de l'usine de la Hague en matière de retraitement.
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Pas question pour autant de diffuser sans discernement des technologies sensibles. « On ne devrait utiliser les techniques nucléaires que dans les pays ayant accumulé une longue expérience en matière industrielle », souligne même Jean Syrota, PDG de la Cogema, qui se déclare favorable à l'instauration d'un organisme chargé de contrôler les échanges de technologies entre pays industriels et Etats en développement. La France a une longue tradition de physiciens-chercheurs dans le domaine de l’atome. Henri Becquerel découvre la radioactivité naturelle en 1896 et Pierre et Marie Curie font la découverte du radium et du polonium en 1898. Les trois chercheurs reçoivent le prix Nobel de physique en 1903. Le général de Gaulle souhaite que la France poursuive ses recherches et crée pour cela une structure en 1945, alors qu'il dirige le Gouvernement provisoire de la République française : le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). À la fin des années 1940, on découvre les premiers gisements d'uranium en France. En 1961, un an après la première explosion d'une bombe atomique française, une seconde usine de retraitement se profile dans la presqu'île de la Hague.
Évolution stratégique : de la Cogema à Areva
Une entreprise est fondée en 1973 pour se consacrer à l'enrichissement de l'uranium : il s'agit d'Eurodif, dirigée par Georges Besse. Ce dernier devient directeur général de la Cogema en 1976 à sa création. André Giraud est nommé président de la nouvelle entreprise qui a un capital de 4,7 milliards de francs. La Cogema reprend toutes les activités de production du CEA. Georges Besse devient président directeur général de la Cogema en 1978 et le reste jusqu'en 1982. La Cogema a la charge de la production d'uranium. Les mines françaises ne sont pas suffisantes et le continent africain est le premier fournisseur de minerai. Les mines du Niger, surtout, mais aussi celles de Madagascar, du Mali, du Sénégal et du Gabon fournissent l'uranium nécessaire à la production d'énergie française. La Cogema développe ses techniques de retraitement et de transport du combustible usé. Le traitement des combustibles des réacteurs à eau légère devient la norme.
Pour transporter le combustible irradié et le plutonium la Cogema met au point des châteaux, conteneurs spécifiques aux matières radioactives qui sont spécialement adaptés au transport par bateau, train ou camion. Deux ans plus tard, elle renforce ses parts dans Amok, société possédant des mines d'uranium au Canada (33 %). En 1981, Eurodif entre dans le giron du groupe Cogema puisque celle-ci devient actionnaire majoritaire. Dans les années 1980, la Cogema enchaîne les signatures de contrats avec les pays producteurs d'électricité nucléaire : la Belgique, l'Allemagne, etc. Dans les années 1990, la Cogema parfait son positionnement. Elle est le premier producteur mondial d'uranium, grâce à ses implantations stratégiques sur tous les continents et le leader mondial pour le retraitement du combustible nucléaire, principalement grâce à l'usine de retraitement de la Hague qui peut retraiter jusqu'à 1 600 tonnes de combustible par an, record mondial (1 300 t en 1994). Grâce à Eurodif, elle contrôle également l'enrichissement de l'uranium avant son utilisation dans les réacteurs des centrales nucléaires. Le chiffre d'affaires de la Cogema est de 26,4 milliards de francs pour un bénéfice de 841 millions de francs en 1994. Ses réserves d'uranium atteignent 200 000 t. En 2006, la Cogema change de nom pour Areva.
Diversification des partenariats sportifs : l'exemple de Paprec
Dans le sillage de ces grandes entreprises, d'autres acteurs ont structuré leur communication autour du sport. « Faire du bon c’est important. Le faire de façon responsable et durable, c’est tout aussi essentiel. Depuis la création du groupe en 1994, nous sommes devenus un acteur important dans le monde du sport. Sponsor régulier de clubs professionnels et amateurs, nous accompagnons tous ces sportifs dans leurs compétitions. De la voile au football, en passant par le rugby, le basket ou le hockey, nous sommes présents tout au long de la saison sportive ! Conquérir les océans en solitaire et sans assistance à bord d'un Imoca, voilà un sacré défi ! Avec six victoires majeures sur le circuit IMOCA en 17 ans et cinq participations au Vendée Globe, dont quatre aux côtés de Jean-Pierre Dick, le groupe Paprec figure parmi les acteurs majeurs du sponsoring voile.
Acteur majeur des circuits de la course au large, Paprec est, depuis 2022, le partenaire principal de La Solitaire du Figaro. Il est le partenaire éponyme de la Transat Paprec, reliant Concarneau à l’île de Saint-Barthélemy. Avec Paprec, nous avons des cultures proches, une bonne connexion. Nous créons ensemble une équipe d’experts motivés et lançons la construction d’un nouveau bateau. Nous sommes sponsor de l’ASM Clermont-Auvergne depuis plus de 30 ans. Le club a été champion de France en 2010 et 2017, et 11 fois vice-champion de France. Nous sommes liés à l'équipe des Flash de La Courneuve depuis plus de 20 ans maintenant. Jean-Luc Petithuguenin, notre Président-fondateur, a découvert l'équipe de football des Flash au lendemain de la finale du Super-Bowl 1997. Une centaine de structures sportives de toutes envergures partout en France portent fièrement la marque Paprec sur leurs équipements sportifs : footballeurs vétérans de Saint-Maur, marathoniens de Cholet, cycliste des Yvelines ou escrimeurs de Senlis. Nos actions de mécénat Depuis sa création, notre groupe est engagé dans différentes actions de mécénat.
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Défis éthiques et inclusion dans la voile professionnelle
La gestion de la carrière des skippers et les enjeux d'inclusion sont devenus des sujets centraux dans le milieu de la course au large. Alors que la priorité absolue après la séparation de Clarisse Crémer était de présenter un bateau au départ du prochain Vendée Globe, le sponsor, au lieu de présenter un nouveau skipper, a surpris en annonçant son retrait de l'édition 2024. L'établissement financier français Banque Populaire s'engage depuis plus de 30 ans dans le monde de la voile et exploite actuellement, outre l'Imoca, un trimaran Ultim. Le skipper est Armel Le Cléac'h, avec lequel le Vendée Globe 2016 a notamment été remporté. Pour l'édition à venir, les ambitions étaient également élevées. Certes, on n'avait pas fait construire de nouvel Imoca pour la meilleure navigatrice de l'édition 2020, mais on avait fait l'acquisition d'un des bateaux les plus rapides du moment, l'"Apivia" de Charlie Dalin. Cependant, les conditions ne sont plus réunies "pour aborder le Vendée Globe en toute sérénité", peut-on lire dans le communiqué.
Il n'y a effectivement pas eu beaucoup de calme, du moins ces dernières semaines. La Banque Populaire toujours sous le feu des critiques. Après l'annonce de la séparation de Clarisse Crémer en raison de la maternité de la skipper, une déclaration de Crémer sur les réseaux sociaux a déclenché une vague qui a largement dépassé les frontières d'Internet. Outre des milliers et des milliers de commentaires et une pétition, presque toutes les stars de la classe ont également réagi publiquement. Les femmes sont désavantagées par les nouvelles règles, et le sponsor est également au centre des critiques. Les autres navigatrices de la classe Imoca, comme Isabelle Joschke, Pip Hare ou Sam Davies, étaient particulièrement choquées. Cette dernière a souligné : « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour soutenir les navigatrices dans la classe Imoca et dans le Vendée Globe ». La Banque Populaire, une banque coopérative appartenant au groupe français BPCE, a déclaré qu'elle reconsidérait sa position. La réaction qu'elle vient d'avoir ne serait pas venue à l'esprit de grand monde. La dernière phrase de la déclaration publiée devrait en particulier faire l'effet d'un coup de poignard dans le dos pour certains : « La Banque Populaire continuera à participer activement aux travaux visant à améliorer la place des femmes dans le sport et notamment dans la course au large ».
Qualification et réalité du terrain
La question de la qualification pour les grandes épreuves est devenue un point de friction majeur entre les organisateurs, les skippers et les sponsors. Selon le communiqué du 1er février 2023, les raisons de ce licenciement étaient la grossesse de Crémer et les conséquences qui en découlent. En raison de sa grossesse, la navigatrice n'aurait pas accumulé suffisamment de miles nautiques l'année dernière pour avoir des chances réelles de se qualifier pour le Vendée Globe 2024. Dans sa déclaration, Crémer avait contredit cette affirmation et maintenu au contraire qu'elle pouvait y arriver. A l'origine du litige se trouve un changement de règle opéré par les organisateurs du Vendée Globe. Jusqu'à l'édition 2020, il suffisait de terminer la régate pour se qualifier pour la prochaine édition. Clarisse Crémer y était même parvenue en 2020 en tant que meilleure femme. Mais pour 2024, tout le monde doit désormais accumuler des milles nautiques, indépendamment du fait qu'un Vendée Globe ait déjà été achevé auparavant.
Cette qualification s'effectue lors de régates sélectionnées de la classe Imoca. En raison de la complexité des règles de qualification, dont beaucoup ne tiennent pas compte d'un aspect important, le sponsor a considéré à juste titre que la qualification de Crémer était en danger et a réagi en conséquence. L'indignation a néanmoins été grande - la Banque Populaire et les organisateurs du Vendée Globe sont-ils vraiment coupables, ou est-ce la navigatrice elle-même ? Dans cet article, nous apportons des éclaircissements sur le litige, la procédure de qualification et la modification des règles. On ne sait toujours pas ce que l'actrice principale, Clarisse Crémer, a l'intention de faire et si elle vise tout de même la qualification pour le Vendée Globe 2024. L'actrice de 33 ans ne s'est pas encore exprimée sur ces événements sur ses chaînes. De même, on peut se demander ce qu'il adviendra de la nouvelle Imoca "Banque Populaire XII" (ex. "Apivia").
La fin d'un cycle : le cas Alan Roura
La relation entre un sponsor et un skipper est souvent cyclique, liée aux ressources limitées des PME. Alan Roura n’a plus de sponsor. Après cinq années en tant que partenaire titre du skipper suisse qui avait couru son premier Vendée Globe âgé seulement de 23 ans, La Fabrique ne repartira pas pour de nouvelles aventures au large. Alan Roura et La Fabrique, c’est terminé. Le contrat qui liait La Fabrique à Alan Roura courait jusqu’à la fin du Vendée Globe 2020-2021, apogée de quatre années de sponsoring qui faisaient suite à un premier « coup d’essai » en 2016. Avec cette fois, quatre pleines saisons de préparation et des ambitions à la hausse. Si la pandémie de Covid-19 aura quelque peu gâché la fête, la saison 2020 n’ayant pu tenir ses promesses d’année-apothéose, l’aventure fut belle malgré tout !
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« Une magnifique aventure humaine et sportive s’est achevée à l’instant où Alan a franchi la ligne d’arrivée de ce Vendée Globe 2020-2021, résume Cyril Cornu. Et même si le résultat sportif n’est pas à la hauteur de ce qui était espéré, un projet comme celui-ci ne se résume pas à un classement. Les marins d’un Vendée Globe sont perçus de trois manières différentes : On respecte ceux qui prennent le départ, qui ont le courage d’affronter leurs peurs et qui acceptent de se retrouver seuls face aux éléments. On admire ceux qui le terminent, pour leur capacité à avoir su se faire accepter des océans, pour leur abnégation et leur talent indéniable. On se souvient de ceux qui le gagnent, simplement parce qu’ils entrent dans l’histoire de la voile et du sport en général. Alan a déjà gagné notre respect et notre admiration par deux fois. À 27 ans. J’en suis convaincu, un jour, il entrera lui aussi dans l’histoire. C’est un honneur et une fierté de faire partie de la sienne. »