Le monde de la prostitution, souvent perçu à travers un prisme réducteur, est en réalité un environnement complexe et dangereux, où la violence peut éclater de manière inattendue, touchant aussi bien les travailleuses du sexe que leurs clients. Si le titre évoque spécifiquement un scénario où un client est victime de poignardage par des prostituées, les faits divers révèlent une dynamique de violence multidirectionnelle, marquée par des agressions, des blessures graves et des issues fatales. Des altercations tendues aux drames macabres, les récits judiciaires mettent en lumière une réalité brute, où la vie humaine peut être brutalement ôtée ou irrémédiablement brisée, et où la justice tente de démêler les fils complexes des motivations et des responsabilités.
Des clients poignardés : des altercations aux conséquences fatales
La violence au sein de la sphère de la prostitution n'est pas unidirectionnelle, et des situations où des clients se retrouvent ciblés par des agressions à l'arme blanche, parfois par les travailleuses du sexe elles-mêmes, sont documentées. Ces affaires soulignent la dangerosité inhérente à ces rencontres et la complexité des motivations qui peuvent mener à de tels actes.
Une ancienne escort girl, Anaëlle P., a ainsi été jugée pour avoir tué à coups de couteau un de ses clients, à Saint-Genis-Pouilly (Ain) en août 2017. Le jury, à l’issue d’une délibération de plus de trois heures, l’a condamnée en fin de soirée à 10 ans de réclusion criminelle. La cour d’assises de l’Ain s’est attachée, durant trois jours, à examiner l’insaisissable personnalité d’Anaëlle P., qui était jugée pour « meurtre et escroquerie ». L'accusée a reconnu avoir poignardé dans la nuit du 16 au 17 août 2017 Jean-Luc D., un informaticien de 52 ans, avec qui elle entretenait une relation. Cependant, elle invoquait la légitime défense, affirmant avoir été présumément violée par la victime lors d’une séance sadomasochiste.
Après le drame, l'ancienne escort girl avait transporté le corps dans le coffre de sa voiture, jusqu’en Italie, où il avait été retrouvé en partie calciné sur la commune de Fenis, dans la vallée d’Aoste, à proximité de l’autoroute A5. L’avocat général Eric Sandjivy, lors de son réquisitoire, avait estimé qu'il n’y avait « aucune preuve d’une agression sauvage, on ne peut pas retenir la légitime défense ». Le magistrat avait par ailleurs souligné qu’aucun ADN masculin n’avait été trouvé sur le godemiché qu’aurait utilisé la victime contre l’accusée lors du rapport sexuel. Il s’était aussi interrogé sur le fait que la jeune femme ait pu avoir des relations intimes avec un petit ami, trois jours après l’agression présumée. M. Sandjivy avait en outre considéré que les coups mortels portés par l’accusée aient pu découler d’une « pulsion meurtrière » lors du jeu sexuel, en réaction à la personnalité de la victime, décrite par des tiers comme acerbe mais non violente. Patrick Dessez, expert psychologue, avait expliqué plus tôt à la barre qu'il s'agissait d'une « rage interne qui a explosé », notant le « clivage » de la personnalité d’Anaëlle P. Selon ce dernier, la jeune femme, également serveuse, avait passé sa vie à dissimuler son « activité secrète » d’escort girl dans la région genevoise, « organisée comme une addiction », d’où sa facilité à multiplier les mensonges après le drame. Elle avait ainsi échangé de faux SMS, effectué des retraits avec la carte bancaire de la victime déguisée pour faire croire que l’informaticien était toujours vivant ou encore accepté un mariage blanc, un mois après le drame.
De son côté, Me Xavier Moroz, avocat de la sœur du défunt, avait déclaré : « Salir la mémoire d’un mort, à un moment, stop ! », et avait vigoureusement contesté la version de l’accusée. « Soit elle ment délibérément, soit elle est enfermée dans une logique dont elle ne peut pas sortir », avait-il ajouté, relevant « la capacité d’adaptation hors du commun » de la jeune femme. Pour la défense, Me Jean-Félix Luciani avait plaidé : « Qu’est-ce qui vous permet de douter de cette scène ? Elle a été violée, elle s’est défendue légitimement », reprochant au ministère public de ne pas tenir compte « de la réalité de la prostitution », et de faire fi « du rapport de domination et de la marchandisation des rapports humains ». L’ancienne escort girl avait déclaré devant le tribunal : « Si je n’avais senti à un moment que j’allais mourir, il ne se serait pas passé tout ça ». Elle avait ajouté d’une voix éplorée : « S’il ne m’avait pas fait tout ça, aujourd’hui je ne serais pas là devant vous ». Le jury, cependant, n’avait pas suivi les réquisitions de l’avocat général de la Cour d’assises de l’Ain qui avait demandé 17 ans de réclusion.
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Un autre incident impliquant une travailleuse du sexe et son client s'est déroulé à Rennes. Une femme de 33 ans a été condamnée, par le tribunal correctionnel de Rennes, ce vendredi 24 février 2023, à 18 mois de prison avec sursis. La trentenaire se prostituait dans un appartement à Rennes qu’elle avait loué pour une semaine. Mardi dernier, elle avait poignardé un homme avec lequel elle avait eu une relation sexuelle tarifée. La procureure de la République, estimant « que c’est une affaire triste », a déclaré : « On connaît la prostitution et on sait que les prostituées peuvent faire l’objet de violences et ne pas être rétribuées. Très souvent, ce sont des femmes vulnérables et précaires. Mais ça ne leur donne pas le droit de donner un coup de couteau ». Une femme de 33 ans, originaire de Guinée équatoriale, était devant le tribunal correctionnel de Rennes, dans le cadre d’une comparution immédiate ce vendredi 24 février 2023.
La vulnérabilité des travailleuses du sexe face à la violence des clients
Bien que les cas de clients poignardés par des prostituées existent, la majorité des affaires de violence au couteau dans le milieu de la prostitution concernent les travailleuses du sexe elles-mêmes, souvent victimes d'agressions d'une brutalité inouïe de la part de leurs clients. Ces situations mettent en lumière une vulnérabilité et une précarité extrêmes.
Tragédie à Colombes : un client mis en examen pour meurtre
Une tragédie est survenue dans les Hauts-de-Seine. Un homme a été mis en examen pour meurtre et tentative de meurtre, après le décès d’une prostituée, poignardée dans un Airbnb à Colombes, dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 août, a indiqué le parquet de Nanterre lundi 188 août. La victime a été poignardée lors d’une altercation avec un client.
Selon le parquet, une première prostituée exerçait dans un Airbnb sur la commune de Colombes. Inquiète après le passage d’un client, elle appelle en renfort un homme chargé de sa sécurité. Une amie, également prostituée, vient également la rejoindre, avec son propre service de sécurité. Lorsqu’un client arrive, une altercation survient entre lui, les deux hommes chargés de la sécurité et l’amie venue en renfort. Au cours de cette dispute, « des armes blanches étaient sorties et des coups échangés. Les trois hommes étaient blessés ; la seconde prostituée, mortellement touchée par le client, décédait malgré l’intervention des secours », écrit le parquet.
Dimanche 17 août, à l’issue de leur garde à vue, les trois hommes ont été mis en examen. Le client a été « mis en examen pour meurtre (de la prostituée) et tentative de meurtre (sur les deux hommes chargés de la sécurité) ». Les deux hommes chargés de la sécurité, dont un mineur de 17 ans, étaient mis en examen pour tentative de meurtre (sur le client) et proxénétisme aggravé. Les deux hommes chargés de la sécurité ont été placés en détention provisoire. « Le client sollicitait auprès du juge des libertés et de la détention un débat contradictoire différé qui se déroulera en début de semaine », a précisé le parquet.
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Attaques "sans explication" : la brutalité aléatoire
Parfois, les agressions se caractérisent par une violence inexpliquée, laissant les victimes et les enquêteurs sans mobile apparent. Un déchaînement de violence et un bain de sang ont eu lieu à Cannes. Dans la nuit du 25 au 26 avril, une travailleuse du sexe a été poignardée « sans explication » à dix-neuf reprises par un individu toujours activement recherché, a appris 20 Minutes ce mardi du parquet de Grasse. Une enquête a été ouverte pour « tentative de meurtre ». Transportée à l’hôpital avec son pronostic vital engagé, la jeune femme a miraculeusement survécu.
Les premiers témoignages et la vidéosurveillance ont pu établir le déroulé des faits, survenus cette nuit-là à 2h10 du matin. La vice-procureure Emilie Taligault a détaillé : « Un individu abordait une jeune prostituée, concluait une prestation et s’engageait avec elle dans un parc. Sans explication, il lui assénait dix-neuf coups de couteau, puis prenait la fuite suite à l’intervention d’un tiers ». Prise en charge par les secours, la victime, dont le corps a été lacéré, s’en sort finalement avec trois semaines d’ITT minimum. Son agresseur, lui, est pour le moment dans la nature. Et le mobile de ce dernier demeure inconnu. Il n’en avait « aucun, a priori », a répondu la vice-procureure à 20 Minutes. Il n’y a eu « aucun vol » et il n’y aurait, en tout cas à ce stade, « aucune explication » à cette attaque, a précisé la magistrate.
Dans la nuit du 28 au 29 avril, un homme, en plein acte sexuel avec une prostituée le long de la départementale 471 à Chevry-Cossigny, a subitement lardé sa partenaire de plusieurs coups de couteaux. Arrêté mardi 5 mai par la police judiciaire de Melun, l’homme a été mis en examen le lendemain après avoir reconnu les faits. Mis en examen pour tentative d’assassinat, le jeune homme de 22 ans, qui rendait visite à son frère, a pourtant été relâché et remis en liberté sous contrôle judiciaire. Une décision qui inquiète les prostituées de la région. Elles ont exprimé leur peur : « Ce n’est pas juste, Cela veut dire qu’il a le temps de récidiver. Cela peut être ici, ou à Vincennes, n’importe où. S’il est coupable, il doit aller en prison. S’il est malade, il doit être soigné. J’ai peur maintenant, oui ». Le procureur de la République de Melun s’est joint à l’indignation des prostituées. La décision de la juge des libertés et de la détention a été jugée « incompréhensible » et « dangereuse » par le magistrat qui a notamment appelé les prostituées de la région à une certaine vigilance.
Cas de troubles psychiques et de violence extrême
Les troubles psychiques des agresseurs peuvent également être à l'origine de violences particulièrement graves et déroutantes. En février 2013, un ingénieur avait poignardé une prostituée dans une chambre d’hôtel à Nantes. Présentant un profil de schizophrène, il était jugé un lundi. Il a 27 ans et travaille à l’Insee. Derrière ce profil a priori banal se cache un homme souffrant de graves troubles psychiques. Ses tendances schizophréniques ont amené cet ingénieur à agresser sauvagement une prostituée en la blessant de plusieurs coups de couteau. Une affaire pour laquelle il comparaissait devant le tribunal de Nantes, un lundi.
Les faits se sont produits en février 2013. L’homme avait pris une chambre à l’hôtel au Novotel, et y avait amené une prostituée, comme le rapportait Ouest-France dans son édition du mardi. Après l’avoir payée, alors qu’elle recompte l’argent, il l’a assaillie de coups de couteau. La jeune femme a témoigné : « Il ricanait et visait ma tête », et dit s’être enfuie « à quatre pattes dans le couloir en criant à l’aide », le sang coulant de son cou. Elle s’en tirera avec 17 plaies. L’enquête a révélé que l’homme était en fait atteint de schizophrénie et qu’il ne suivait pas son traitement. Selon les psychiatres qui l’ont observé, l’ingénieur présentait « une abolition totale du discernement au moment des faits » et était de manière générale, dangereux. Lors de l’audience, le jeune ingénieur, qui se présentait sans avocat, est resté muet. Il s’est défendu en affirmant avoir commis ce geste pour un motif crapuleux. Un mobile peu crédible, puisqu’il avait quitté la chambre en laissant le sac de la prostituée, qui contenait 2 000 euros et un ordinateur. L’enquête a indiqué que l’accusé avait acheté un couteau « pour tuer sa mère, qu’il soupçonnait d’avoir des relations incestueuses avec son autre fils », a précisé Ouest-France. Avant les faits, le journal a également rapporté qu’il avait « acheté des cordes de pendaison, envisageant de se suicider, et avait noyé son hamster dans la douche ». Le procureur a cependant estimé qu’il n’avait pas eu l’intention de tuer la victime.
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Le 4 juin 2018, le corps sans vie d’une femme, en état de putréfaction, a été découvert sur le bord de la route à Rodilhan, au sud de Nîmes. Les enquêteurs penchaient d’abord pour la thèse d’un accident. L’autopsie du corps de la jeune femme révélera qu’elle avait été atteinte de plusieurs coups de couteau avant d’être percutée par une voiture. La victime, Nicoleta T., était une prostituée roumaine de 26 ans, installée dans le Gard. Quelques jours auparavant, un témoignage disant avoir vu une femme ensanglantée sur le bord de la route était parvenu aux enquêteurs. Les gendarmes la chercheraient en vain. Un autre témoignage, celui d’une habitante de Marguerittes, a intrigué. Elle disait avoir vu une scène étrange entre deux personnes dans la nuit. Croyant à un enlèvement, elle avait suivi une camionnette blanche jusqu’à Marguerittes. Grâce à son témoignage, les enquêteurs parviendront à identifier le propriétaire de l’utilitaire. Il s’agissait d’Antony Riss, un jeune homme de 21 ans au moment des faits. En garde à vue, le suspect a reconnu avoir poignardé Nicoleta T. avec laquelle il entretenait depuis un an une relation amoureuse parfois tarifée. Ce jour-là, il n’aurait pas supporté qu’elle lui réclame le double du prix pour un rapport sexuel. Furieux, le jeune homme l’a poignardée à plusieurs reprises avant de l’écraser avec sa voiture. Il cherche encore, trois ans après les faits, à essayer de comprendre son geste, et comment un garçon si calme et sans histoires a pu en arriver là. Me Pauline Garcia, avocat de la partie civile, qui défend le père de la victime, a ajouté : « Il attend que le bon dieu fasse son œuvre et que justice soit rendue. L’accusé a reconnu les faits. le père de Nicoleta veut maintenant savoir pourquoi sa fille a été sauvagement tuée. Je porte aussi la voix des femmes victimes de violences ». Elle a qualifié ce crime d'« apogée de la violence ». Nicoleta était venue en France à la fin de ses études vivre « son rêve français comme on vit un rêve américain ». La jeune femme a fini sa vie massacrée dans le bas-côté d’une route de campagne sur laquelle elle se prostituait. Son meurtrier encourt la perpétuité.
Récidive et dangerosité : le cas de Toulouse
Le rendez-vous aurait pu lui coûter la vie. Une travailleuse du sexe de 57 ans a été poignardée à la gorge par un client, ce dimanche, a indiqué le parquet de Toulouse au Parisien, confirmant une information révélée par La Dépêche. Samuel Vuelta Simon, procureur de la République de Toulouse, a précisé : « L’agression a eu lieu vers 17h45, rue Jacques Lafitte, à Toulouse ». Hospitalisée dans un état très préoccupant, la victime de 57 ans a été opérée dans la nuit de dimanche à lundi et se trouvait mardi finalement hors de danger. Elle a pu être entendue par les enquêteurs. L’agresseur de 45 ans, devait être mis en examen par un juge d’instruction pour tentative d’homicide volontaire. Le parquet a demandé son placement en détention provisoire. Le suspect est déjà connu des services judiciaires pour des faits similaires et a déjà fait l’objet d’une « dizaine de condamnations », a fait savoir le parquet. En 2009, il avait été condamné par la cour d’assises de Haute-Garonne pour le meurtre d’une prostituée commis deux ans auparavant. Celui qui est surnommé « le tueur du train » avait alors porté 19 coups de couteau à sa victime dans un wagon.