Le monde de la course au large est un univers de défis extrêmes, où l'homme et la machine repoussent constamment leurs limites face aux forces implacables de la nature. Dans cet environnement exigeant, certains marins se distinguent par leur parcours exceptionnel et leur détermination inébranlable à affronter les océans. Parmi ces figures emblématiques, Kojiro Shiraishi, un skipper japonais aguerri, a déjà trois tours du monde derrière lui, forgeant sa légende sur les eaux tumultueuses de notre planète. Son histoire est celle d'une quête perpétuelle, nourrie par une curiosité insatiable pour les horizons lointains et une volonté farouche de surmonter les obstacles, qu'ils soient techniques, physiques ou culturels. De sa jeunesse dans une ville côtière du Japon à ses participations à des épreuves mythiques comme la Route du Rhum et le Vendée Globe, le parcours de Kojiro Shiraishi incarne la persévérance et le triomphe de l'esprit humain face à l'immensité de l'océan.
Les Racines d'une Vocation et l'Héritage d'un Maître
La vocation maritime de Kojiro Shiraishi, profondément ancrée, trouve ses origines dans une inspiration marquante et une rencontre qui allait transformer le cours de sa vie. Né à Kamakura au Japon, ville côtière au sud de Tokyo, Kojiro a toujours été curieux de ce que se trouvait au bout des océans, une fascination pour les terres lointaines et les mystères de la haute mer. C'est après avoir vu à la télévision la victoire exceptionnelle du skipper japonais Yukoh Tada pendant la BOC Ocean race en 1983, qui fut alors le premier asiatique à avoir gagné une course autour du monde, que le jeune Kojiro fut captivé par cette discipline. Cette performance historique a agi comme un puissant catalyseur, le poussant à demander à être son disciple en 1987.
Cette relation maître-disciple, bien que prometteuse et intensément formatrice, fut malheureusement de très courte durée. Le destin frappa tragiquement lorsque Yukoh Tada mit fin à sa vie durant la BOC suivante en 1991. Cet évènement bouleversant marqua Kojiro Shiraishi d'une empreinte indélébile, transformant sa quête personnelle en un hommage constant à son mentor disparu. Depuis cet évènement tragique, il consacre toutes ses courses à son Maître Yukoh Tada, une preuve éclatante de son profond respect et de son engagement indéfectible envers l'héritage de celui qui l'avait inspiré. C'est dans cet esprit de dévotion, mais aussi de dépassement de soi face à l'adversité, qu'il entreprit son premier tour du monde en solitaire, qu’il réalise à seulement 26 ans. Cette performance fut d'autant plus remarquable qu'elle lui permit de détenir à l'époque le record du plus jeune tour du monde sans escale et sans assistance. Cet exploit inaugural a non seulement démontré son talent et sa détermination exceptionnels, mais a également posé les jalons d'une carrière qui allait le mener sur les plus grandes scènes de la course au large mondiale, caractérisée par une série de participations à des épreuves emblématiques qui ont solidifié sa réputation de marin hors pair.
Ascension dans le Monde de la Course au Large : Des Premières Régates aux Plateformes Mondiales
Le parcours de Kojiro Shiraishi dans le monde exigeant de la course au large est jalonné de participations à des régates prestigieuses, démontrant sa capacité constante à rivaliser au plus haut niveau international. Après son tour du monde record, il continue de perfectionner ses compétences et de tester ses limites. Il participe à sa première régate autour du monde en 2002 lors de la Around Alone, une épreuve réputée pour sa difficulté et son caractère global. À cette occasion, il termine à une très honorable quatrième place de sa classe (Classe 40), une performance remarquable pour un marin encore relativement nouveau sur la scène internationale de la course en solitaire.
Sa progression fulgurante se confirme quelques années plus tard, lorsqu'il obtient la deuxième place de sa classe lors de la Velux 5 Océans en 2006, cette fois-ci à bord d'un IMOCA, une catégorie de bateaux monocoques de 60 pieds qui allait devenir son terrain de jeu privilégié et le standard des courses océaniques les plus extrêmes. Après près de dix ans passés hors du circuit des grandes compétitions, Kojiro Shiraishi fait un retour remarqué et très attendu en IMOCA. Ce comeback est souligné par sa participation à la Transat New York - Vendée, une transatlantique exigeante qui sert souvent de préparation aux grandes courses. Il y termine septième, une performance solide qui fut également cruciale car il se qualifiait en même temps pour le Vendée Globe, la course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, unanimement considérée comme "l'Everest des mers" par sa difficulté et son engagement total. Cette série de participations et de résultats probants a prouvé la résilience et l'adaptabilité de Kojiro, capable de revenir au plus haut niveau après une pause significative, confirmant ainsi sa place parmi l'élite des skippers océaniques.
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Le Vendée Globe : L'Épreuve Ultime et la Consécration Historique
Le Vendée Globe représente pour tout marin un rêve, une quête ultime, un défi qui transcende la simple compétition sportive. Pour Kojiro Shiraishi, ce rêve se concrétise le 6 novembre 2016, lorsqu'il prend le départ de cette course légendaire. Cette édition de l'Everest des mers s'avéra cependant d'une cruauté impitoyable. Après seulement un mois de course, alors qu'il naviguait au large de l'Afrique du Sud, son bateau démâte, le contraignant à une décision déchirante : l'abandon. Cet échec fut un coup dur, une désillusion profonde, mais il ne diminua en rien sa détermination inébranlable à dompter un jour cette course mythique qui l'obsédait.
Le skipper japonais, loin de se laisser abattre par ce revers, prépara son retour avec une détermination renouvelée. Il repart sur le tour du monde en 2020, avec l'ambition ferme d'écrire une autre histoire. Cette fois, à bord de son IMOCA, DMG MORI Global One, Kojiro Shiraishi réalisa un exploit mémorable qui restera gravé dans les annales. Confronté à des conditions extrêmes, il subit un coup dur après avoir déchiré sa grand-voile dans la tempête Thêta. Face à ce dégât majeur, un grand nombre de skippers auraient pu être tentés d'abandonner. Cependant, le marin japonais fit preuve d'une ténacité et d'une ingéniosité hors pair, passant des jours entiers à réparer son bateau, sans relâche, au milieu de l'océan déchaîné. Contre toute attente et grâce à une volonté de fer, il parvient à repartir et boucle la boucle en 94 jours. Cet accomplissement monumental ne fut pas seulement une victoire personnelle sur l'adversité et la mécanique, il fit de lui le premier asiatique à avoir fini le Vendée Globe, inscrivant son nom dans les annales de la course au large et célébrant un triomphe personnel et historique. Cette réussite a mis en lumière la capacité extraordinaire de Kojiro Shiraishi à surmonter les épreuves les plus ardues, même lorsque les éléments et la malchance semblent s'acharner contre lui, démontrant une fois de plus la résilience et l'endurance nécessaires pour conquérir l'Everest des mers.
La Route du Rhum : Un Défi Interrompu et des Horizons Futurs Ambitieux
L'année 2022 a marqué un autre rendez-vous important pour Kojiro Shiraishi avec la course au large, alors qu'il s'alignait au départ de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. Cette transatlantique en solitaire, reliant Saint-Malo à Pointe-à-Pitre, est une épreuve emblématique du calendrier international de la voile. L'excitation était palpable avant le départ ; on a pu observer un des préparateurs du team DMG MORI Global One s’affairer sur le bout-dehors de l'Imoca de Kojiro Shiraishi, juste avant le coup d'envoi. Le départ de la 12e édition de la Route du Rhum a été donné ce mercredi 9 novembre 2022, à 14 h 15, sous les yeux d'une foule immense.
Cependant, cette édition fut de très courte durée pour le skipper japonais. Quelques minutes seulement après le départ, un événement inattendu a contraint Kojiro Shiraishi à abandonner. Deux bateaux Imocas sont entrés en collision, ce mercredi 9 novembre 2022, quelques heures après le coup d’envoi de la Route du Rhum 2022. C'est à la bouée du Cap Fréhel que Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One) et Olivier Heer (Ocean Racing) sont entrés en collision. Fort heureusement, les deux skippers allaient bien, mais les dégâts sur le bateau de Kojiro Shiraishi étaient importants, rendant impossible la poursuite de la course. Il fut contraint de faire route vers Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour évaluer l'étendue des avaries et organiser les réparations.
Cet incident, bien que profondément décevant et frustrant, n'a en rien entamé les ambitions du marin japonais. Au contraire, il a renforcé sa détermination à se projeter vers l'avenir. Son objectif immédiat est maintenant d'engranger un maximum de milles en 2023 afin d'assurer sa participation au Vendée Globe en 2024, une course pour laquelle il a déjà démontré une persévérance exceptionnelle. Le 10 novembre 2024, il prendra ainsi le départ du Vendée Globe, après une longue préparation à Lorient, une période où il a dû naviguer, comme souvent, avec cette même barrière de la langue, défi supplémentaire à relever. Par ailleurs, avant même ce prochain tour du monde en solitaire, son équipe a annoncé un projet ambitieux : la construction d'un nouvel IMOCA, spécialement conçu dans le but de participer à The Ocean Race 2027, une course autour du monde en équipage, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour sa carrière et pour l'équipe DMG MORI Sailing Team, qui continue de se développer. Cet engagement futur témoigne de la vision à long terme de Kojiro Shiraishi et de son désir constant de relever de nouveaux défis sur toutes les mers du globe.
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L'Alimentation du Marin : Stratégies et Adaptations d'un Athlète des Mers
L'alimentation constitue un ingrédient essentiel dans l'état de forme physique et mentale des skippers, primordiale pour maintenir la performance et la concentration sur la durée éprouvante d'une course océanique. Pour Kojiro Shiraishi, cette question est d'autant plus cruciale qu'il doit composer, notamment en début de course, avec le mal de mer qui l'empêche souvent de se nourrir normalement. Pour pallier ce problème récurrent et maintenir ses capacités, le marin japonais de DMG MORI Global One a développé une stratégie alimentaire spécifique et optimisée, ancrée dans ses racines culturelles et adaptée aux contraintes de la vie en mer.
Kojiro Shiraishi explique en détail sa démarche et les évolutions de son régime en course : « Ce que j’emporte aujourd’hui, c’est essentiellement du riz gluant lyophilisé japonais. C’est mon aliment principal. » Cette évolution représente un progrès significatif. Il se souvient : « Mais en 1994, lors de mon premier tour du monde, cela n’existait pas encore. Je devais utiliser une cocotte, dans laquelle je cuisais mon riz. Aujourd’hui, avec le lyophilisé, c’est beaucoup plus pratique ! » Cette adaptation aux produits modernes est une illustration parfaite de la manière dont la technologie et la science alimentaire facilitent la vie des marins. Il précise l'origine de cette avancée : « Au Japon, l’alimentation lyophilisée a beaucoup évolué ces 15 dernières années, notamment à cause des tremblements de terre ou autres catastrophes naturelles. Les gens ont commencé à réfléchir à avoir des produits comme ça, qu’ils pourraient stocker et cuisiner facilement. Et c’est très très bon ! »
Son régime alimentaire en course est principalement axé sur des produits spécifiques, soigneusement sélectionnés pour leur apport énergétique et leur facilité de préparation. « J’habite en France mais je ramène beaucoup de riz que je trouve uniquement au Japon. Mon alimentation ne varie pas beaucoup en mer où je consomme surtout du riz, accompagné d’autres aliments. Pour le reste, c’est essentiellement des plats japonais en conserve. » Cependant, il fait face à des contraintes importantes en matière de diversité nutritionnelle : « En course, je ne peux pas apporter de légumes, c’est donc souvent des compléments alimentaires en capsules. J’arrive aussi à en avoir un peu grâce à la soupe Miso. » La question de la quantité d'aliments ingérés est également un défi majeur : « Donc ce qui change, c’est surtout la quantité. Je devrais manger beaucoup plus quand je suis en mer, mais je n’arrive pas à trouver le temps et l’appétit pour le faire. À chaque course, je perds beaucoup de poids. Sur le dernier Vendée Globe, j’ai perdu 10 kg. » Cette perte de poids significative souligne l'intensité physique extrême et la difficulté réelle de s'alimenter correctement dans les conditions éprouvantes de la course au large, où la fatigue et le stress peuvent anéantir l'appétit.
Combattre le Mal de Mer : Une Stratégie des Trois Premiers Jours
Le mal de mer est un adversaire persistant pour Kojiro Shiraishi, particulièrement insidieux lors des premiers jours d'une course. Il le confesse ouvertement : « Non. Les trois premiers jours d’une course, j’ai toujours le mal de mer. » Pour contrer cet handicap qui peut sévèrement compromettre son énergie et sa capacité à naviguer, il a recours à des solutions spécifiques et très ciblées, élaborées pour ces moments critiques. « Je dois prendre des compléments alimentaires sous forme de boisson, pour ne pas perdre trop d’énergie. Ce sont des compléments alimentaires japonais qui sont donnés à l’hôpital, pour les personnes qui n’arrivent pas à se nourrir. » Cette utilisation de produits de qualité médicale témoigne de la rigueur de sa préparation et de la nécessité absolue de maintenir un apport nutritif minimal même en état de nausée. Sur les documents préparatoires, on peut d'ailleurs distinguer sur la gauche, les compléments alimentaires liquides spécifiquement destinés à compenser les manques dus au mal de mer, constituant une part essentielle de son kit de survie initial pour les premières heures et jours de mer. Une de ces portions journalières est précisément prévue pour les trois premiers jours, permettant au skipper japonais de maintenir son niveau d'énergie malgré l'épuisement causé par le mal de mer.
Outre ces compléments liquides essentiels, Kojiro Shiraishi a une astuce culinaire très personnelle et ancrée dans la tradition japonaise pour les premiers jours en mer : « C’est une boule de riz que je fais moi-même le jour où la veille du départ, recouverte d’une feuille d’algue. À l’intérieur, je mets du pruneau salé, vinaigré. Pendant 3 jours, je ne m’alimente qu’avec ça (en plus des compléments). » Ces boules de riz, ou onigiri, sont une nourriture de base au Japon. Il en connaît les limites pratiques : « Mais comme c’est du frais, je ne peux pas le garder très longtemps. Mais c’est très répandu au Japon, je crois même qu’ils en mangent dans Dragon Ball (rires). » L'avantage de cette préparation est également physiologique : « À la différence du pain blanc, le riz met plus de temps à être digéré. J’arrive donc à garder plus de force, plus d’énergie grâce à ça. » Passés les trois premiers jours, une fois le mal de mer diminué et son corps acclimaté au roulis constant, les portions deviennent plus consistantes et le marin peut reprendre une alimentation plus variée, intégrant ses plats lyophilisés et en conserve.
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Il apprécie également certaines variations gustatives pour égayer son quotidien en mer. « Oui. J’aime bien le curry, en lyophilisé ou en appertisé. En général, j’aime bien manger épicé quand il commence à faire chaud. » Cette touche personnelle ajoute un peu de réconfort et de saveur aux rigueurs de la vie à bord. Au-delà de la simple subsistance, Kojiro exprime un sentiment profond lié à l'acte de manger en mer : « Oui ! Quand on mange, on sent vraiment qu’on est en vie ! » Une phrase qui souligne le lien primal entre l'homme et son alimentation dans un environnement hostile. Il se remémore même des pratiques plus ancestrales : « Avant, quand on ne volait pas encore, je mangeais beaucoup de choses qui venaient à bord, comme des poissons volants ou des sèches. » Cette anecdote rappelle l'ingéniosité des marins pour s'adapter et tirer parti des ressources de leur environnement.
Au-delà de la Compétition Individuelle : Échanges Culturels et Partenariats Stratégiques
L'intégration des skippers japonais dans le monde de la course au large française ne se limite pas à la performance individuelle et solitaire de figures comme Kojiro Shiraishi. Elle est également marquée par des collaborations enrichissantes et des échanges culturels profonds, qui démontrent la capacité de la voile à créer des ponts entre les nations. Un exemple éloquent de cette dynamique est la participation de Masa Suzuki, un autre navigateur japonais expérimenté, à la Transat Jacques Vabre. Louis Duc, skipper normand, a ainsi embarqué le japonais Masa Suzuki sur la 17e Transat Café l'Or, autrefois connue sous le nom de Transat Jacques Vabre. Ce partenariat, initialement un pari, s'est avéré fructueux. Après dix jours de mer, l'ambiance était au beau fixe entre le skipper normand Louis Duc et son co-skipper japonais Masa Suzuki. Louis Duc a pu constater : « C'est vrai qu'on ne se connaissait pas tellement avant de commencer à naviguer ensemble début octobre, constate Louis Duc. C'est toujours un pari. En fait, c'est un très bon personnage, un mec assez rigolo. »
Cette collaboration démontre de manière éclatante que les différences culturelles, loin d'être un obstacle, peuvent être une source de richesse et d'apprentissage mutuel. Louis Duc poursuit son analyse des dynamiques à bord : « Ce n'est pas forcément tout le temps les mêmes cultures, mais il y a de la tolérance entre nous deux dans l'envie de comprendre l'autre. Donc on rigole bien ensemble et puis on échange nos trucs. C'est très sympa en fait. » Ces échanges se manifestent avec force, même malgré la barrière de la langue qui persiste. Louis Duc insiste sur une vérité universelle de la communication humaine : « Il n'y a pas forcément besoin de parler tout le temps la même langue pour se comprendre. » Et ce sourire partagé à bord se voit sur les réseaux sociaux, malgré la barrière de la langue, preuve que le langage corporel et les interactions non verbales sont parfois plus éloquents. « Des fois, il n'y a pas forcément besoin de parler beaucoup, mais les expressions de visage, des petites conneries qui sont faites amènent toujours des sourires et puis des éclats de rire. Il n'y a pas forcément besoin de parler tout le temps la même langue pour se comprendre, et ça, c'est assez rigolo. »
Ce duo de marins prend la forme d'un véritable échange culturel, d'abord dans la manière d'appréhender et de pratiquer la navigation. Louis Duc reconnaît l'expérience considérable de son coéquipier : « Masa est un bon navigateur parce qu'il a déjà un tour du monde dans les pattes aussi en Class 40. Il a une très bonne expérience de marins, donc il n'a rien à envier aux coureurs bretons ni normands. Par contre, il découvre un peu ce genre de bateau (Les Imoca). » Les approches différentes deviennent alors une opportunité d'apprentissage mutuel et d'enrichissement des pratiques : « On n'a pas forcément tout le temps les mêmes façons de faire, mais on apprend l'un de l'autre en fait. Lui, il voit un peu ma manière de gérer des petits soucis techniques, dès qu'il y a des changements de vents non prévu. Lui, est lui plutôt plus cartésien, à l'informatique, à essayer tout caler là-dessus. »
Cet échange s'étend également à l'aspect gastronomique, un domaine où les cultures se rencontrent de manière savoureuse. L'échange culinaire, promis à terre, s'est concrétisé au milieu de l'Atlantique, apportant une dimension conviviale à leur aventure : « De temps en temps on se fait des petits repas le soir ensemble. On échange un peu nos trucs. C'est rigolo parce qu'il avait beaucoup de nourritures amenées du Japon. Et puis là, il découvre qu'il y a d'autres choses qui existent aussi. C'est assez sympa, ces échanges. » Ces moments de partage culinaire et humain renforcent les liens entre les skippers, transformant une compétition sportive en une expérience de vie commune.
En conclusion de cette expérience transatlantique réussie, Louis Duc met en avant l'importance capitale du respect mutuel dans toute collaboration humaine : « Être malin et conciliant, l'importance du savoir vivre ensemble, conclut Louis Duc dans un grand sourire. » Il ajoute une réflexion plus large, dépassant le cadre de la voile : « En fait, c'est une histoire de respect. Quand tu respectes les qualités, les compétences et les défauts de l'autre, ça ne peut que bien se passer. Ca fait une bonne entente franco-japonaise. Et si c'était le cas partout dans le monde, que les gens se respectaient un petit peu malgré les différences de culture, il y aurait beaucoup moins d'emmerdes. » Cette philosophie de respect et d'ouverture est un facteur clé de succès non seulement dans les équipes mixtes de la course au large, mais aussi dans les interactions internationales en général, illustrant la richesse des collaborations humaines au-delà des frontières. Louis Duc a terminé 14e de la Transat Café l'Or en Martinique en duo avec le Japonais Masatomo Suzuki, sur le bateau qu'il va lui céder, au terme d'une deuxième traversée de l'Atlantique. Il se projette déjà sur 2026 et la route du Rhum, démontrant la pérennité de ces échanges et de cette collaboration fructueuse. Les marins de la Transat café l'Or sont sur le chemin du retour en cette fin novembre, après avoir quitté la Martinique pour ramener leur bateau vers leur port d'attache, marquant la fin d'une aventure humaine et sportive riche en enseignements et en partage.