Dans un paysage professionnel en constante mutation, la réputation des entreprises est devenue un actif inestimable, scrutée non seulement par les clients mais aussi, et de plus en plus, par les salariés et les candidats potentiels. Les plateformes d'avis en ligne, à l'image de Glassdoor, ont transformé la manière dont les informations internes des entreprises sont partagées et perçues, instaurant un niveau de transparence inédit. Une simple recherche sur Google avec des termes tels que « avis Glassdoor harcèlement » suffit à faire ressortir des témoignages de salariés particulièrement éloquents concernant les pratiques de certaines entreprises. Ces révélations peuvent concerner des discriminations, des environnements de travail anxiogènes ou encore des niveaux de stress élevés, autant de facteurs qui peuvent miner la réputation d'une organisation.
Les entreprises sont souvent confrontées à la crainte que ces avis ne révèlent des problèmes internes profonds, allant au-delà des simples dysfonctionnements pour toucher à des aspects sensibles en matière de finance ou de stratégie. Ces informations ont un impact négatif sur la réputation des entreprises et sur leurs capacités à fidéliser leurs collaborateurs ou à en recruter de nouveaux. Face à cette réalité, la compréhension du fonctionnement de plateformes comme Glassdoor et de leur influence est essentielle pour toutes les parties prenantes, des salariés aux dirigeants d'entreprise, en passant par les chercheurs d'emploi. L'émergence de ces outils vise également à répondre aux premières interrogations de salariés confrontés à un aléa de carrière, leur offrant un espace pour rechercher des informations et partager leur propre expérience.
Glassdoor : Une Plateforme Essentielle pour la Transparence des Salariés et Candidats
Glassdoor se présente comme un site web incontournable qui permet aux anciens salariés de moins de 5 ans, aux salariés en poste, ainsi qu'aux candidats potentiels, de partager des informations précieuses sur les entreprises. Cette plateforme offre un espace où les utilisateurs peuvent partager des détails sur les salaires, les avantages sociaux, les avantages et les inconvénients de travailler pour ces entreprises, ainsi que des avis sur les entretiens d'embauche. Au-delà du simple partage d'expériences, les utilisateurs peuvent également consulter les offres d'emploi disponibles et les évaluations globales des employeurs, offrant ainsi une vision à 360 degrés de l'environnement de travail.
L'analogie avec des plateformes comme TripAdvisor dans le domaine du tourisme est pertinente : les employeurs peuvent également utiliser Glassdoor pour gérer activement leur image de marque. Ils ont la possibilité de répondre directement aux commentaires des salariés, de publier leurs offres d'emploi et, plus largement, de prendre part à la conversation sur leur propre culture d'entreprise. Pour aller plus loin et obtenir des informations plus approfondies, les entreprises peuvent également souscrire à un abonnement, leur permettant d'accéder à des données sur les candidats et les tendances actuelles du marché de l'emploi. Il est à noter que si les utilisateurs de Glassdoor peuvent consulter les informations sur les entreprises et les offres d'emploi gratuitement, certaines fonctionnalités avancées, telles que l'accès à des informations détaillées sur les salaires et à l'ensemble des avis des employeurs, nécessitent un abonnement. Cette dualité d'accès assure à la fois une large diffusion de l'information et des services spécialisés pour ceux qui souhaitent approfondir leur recherche ou leur gestion de la réputation.
La Fiabilité des Avis : Le Mécanisme de Glassdoor pour une Information Authentique et Pertinente
La question de la fiabilité est cruciale pour une plateforme d'avis, et Glassdoor a mis en place des mécanismes rigoureux pour garantir la crédibilité des informations partagées. Les avis sur Glassdoor sont généralement considérés comme fiables car ils sont encadrés de façon précise. Un aspect fondamental de cette régulation est que tout salarié ou ancien salarié ne peut émettre un avis qu’une fois par an. Cette restriction est complétée par une règle essentielle : s’il change d'avis au cours de l’année, le précédent avis disparaîtra automatiquement. Ce dispositif vise à prévenir la multiplication d’avis émanant du même salarié, qu'ils soient excessivement favorables ou défavorables, assurant ainsi une représentation plus juste et mesurée.
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L'objectif principal du salarié qui s’inscrit sur Glassdoor est la recherche de renseignements précis et fiables concernant les entreprises qu’il est susceptible de rejoindre. Cette motivation intrinsèque l'incite fortement à fournir ce type de renseignements concernant sa propre situation professionnelle, y compris son environnement de travail, les avantages et inconvénients de travailler pour son entreprise, les opportunités de développement professionnel et, bien sûr, les salaires. Glassdoor a également mis en place des mesures robustes pour s'assurer que les avis soumis sont authentiques et véridiques. Ces avis sont scrupuleusement vérifiés pour confirmer qu'ils proviennent réellement d'employés actuels ou anciens de l'entreprise concernée. La plateforme s'efforce de reconnaître et de ne pas bloquer les activités légitimes d'utilisateurs réels, en évitant d'erroneamente bloquer les activités légitimes de ces derniers. Qu'il s'agisse de Stellensuchenden, de werkzoekenden, de personas que buscan empleo ou de candidatos reais, la mission est de s'assurer que les contributions proviennent de sources authentiques, même si cela pose un défi constant pour ne pas bloquer la légitime activité de vrais utilisateurs. L'objectif est de prévenir les erreurs bloquant l'activité légitime des utilisateurs réels, garantissant ainsi que la plateforme reste un outil fiable pour tous les chercheurs d'emploi et les personnes en quête d'informations authentiques sur les entreprises.
Les Avis en Pratique : Contenu et Structure sur la Plateforme Glassdoor
Les avis publiés sur Glassdoor ne se limitent pas à de simples déclarations textuelles ; ils adoptent une structure et un format qui facilitent la compréhension et l'évaluation globale d'une entreprise. Ces avis prennent généralement la forme de commentaires détaillés sur l’entreprise elle-même ou sur l’expérience de travail spécifique du salarié. Ces témoignages sont systématiquement accompagnés d'une note globale, attribuée sur une échelle de 1 à 5 étoiles, qui synthétise l'opinion générale du salarié sur l'entreprise. Cette note visuelle permet aux utilisateurs de saisir rapidement le sentiment dominant.
Pour enrichir davantage l'expérience, les avis peuvent occasionnellement inclure des photos ou des vidéos, offrant ainsi une perspective plus immersive et une meilleure idée de l'environnement de travail. Au-delà de l'aspect global, les contributeurs peuvent également fournir des évaluations sur divers aspects spécifiques de l'entreprise. Cela inclut, par exemple, la qualité de la formation dispensée, la transparence de la communication interne, la qualité de la gestion des équipes et les perspectives d'avenir offertes par l'entreprise. Cette approche multidimensionnelle des avis permet aux candidats potentiels et aux autres salariés d'obtenir une compréhension nuancée et complète des différents piliers qui constituent l'expérience employé au sein d'une organisation. Un avis peut être négatif ou globalement positif, et la plateforme présente les deux types de retours pour offrir une vision équilibrée, même si un simple exemple d'avis négatif ou globalement positif pour la même entreprise peut être retrouvé, illustrant la diversité des perceptions.
Le Rôle de Glassdoor dans la Lutte contre le "Social-Washing" et les Défis de Recrutement
Les entreprises peuvent légitimement s'inquiéter des avis publiés sur Glassdoor, surtout quand ces derniers révèlent des problèmes internes tels que des discriminations, des environnements de travail anxiogènes ou des niveaux de stress élevés. Ces informations ont un impact négatif sur la réputation des entreprises et sur leurs capacités à fidéliser leurs collaborateurs ou à en recruter de nouveaux. Par ailleurs, les entreprises peuvent également craindre que les avis ne révèlent des informations sensibles en matière de finance ou de stratégie, ce qui soulève des questions de confidentialité et de compétitivité.
Glassdoor joue un rôle crucial dans la mise en lumière de pratiques parfois trompeuses, notamment en contribuant à lutter contre le « social-washing » des entreprises. Le « Name & Shame », très en vogue dans les pays anglo-saxons, et notamment en Grande-Bretagne, consiste à épingler publiquement une entreprise en dénonçant ses mauvaises pratiques. Quant à la pratique du « social-washing », elle désigne spécifiquement le décalage entre les pratiques internes réelles d’une entreprise et sa communication externe, souvent flatteuse ou écologiquement/socialement responsable. En somme, Glassdoor permet de favoriser la transparence et la prise de conscience des entreprises en matière de responsabilité sociale, ce qui contribue directement à lutter contre le « social-washing ». Quelle que soit la présentation flatteuse faite par la société avec un grand nombre d’avis positifs, certains avis négatifs, surtout s’ils dénoncent les mêmes mauvaises pratiques, peuvent ruiner la bonne image affichée et faire fuir les candidats.
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Les avis sur Glassdoor constituent une mine d’informations précieuses pour les entreprises qui souhaitent améliorer leur image. C'est d'autant plus important qu'elles sont nombreuses, notamment en France, à rencontrer des difficultés de recrutement. Ainsi, selon le dernier baromètre APEC de fin août 2022, un chiffre frappant de 84% des entreprises auraient des difficultés à parvenir à recruter des cadres. Les avis négatifs diffusés sur les sites d'emploi, les réseaux sociaux ou les sites de notation de l'entreprise, comme Glassdoor, peuvent fortement contribuer à la réputation négative d’une entreprise. Si les salaires ou les conditions de travail proposés par une entreprise sont inférieurs à ceux proposés par ses concurrents, cela peut devenir un facteur dissuasif majeur pour les candidats. Il est alarmant de constater que 84% des entreprises peinent à les recruter selon l’APEC, soulignant l'ampleur du problème.
À l’heure actuelle, les cadres sont devenus extrêmement frileux et ressentent, selon Giles GATEAU, le Directeur de l’APEC, le fait de changer d’entreprise non plus comme une opportunité de carrière, mais comme un risque. Ce sentiment de risque a des racines historiques et légales. En effet, avant la mise en place du barème Macron en 2017, ils n’hésitaient pas à démissionner pour prendre un autre emploi à l’extérieur, en partant du principe que si le nouvel emploi s’avérait être un échec, ils auraient la possibilité d’obtenir du Conseil de Prud’hommes des dommages et intérêts pour licenciement abusif. À présent, les indemnités du licenciement abusif sont tellement réduites pour les salariés qui n’ont pas d’ancienneté qu’ils n’ont plus d’enjeu à saisir le Conseil de Prud’hommes. Ils savent donc qu’en cas de problèmes dans leur nouvelle entreprise ils devront sortir sans rien ! Le salarié, devenu méfiant, consultera minutieusement tous les avis sur Glassdoor et autres réseaux concernant une société qui lui fait une proposition d’embauche, et si certains avis suscitent son inquiétude, il ne donnera pas suite. En quelque sorte, c’est Glassdoor qui, par les avis fournis sur son site, a repris le rôle de « gendarme » du Conseil de Prud’hommes, lequel prononçait jadis des sanctions dissuasives à l’encontre des entreprises qui se comportaient mal vis-à-vis de leurs salariés. Il est important de rappeler que le barème Macron a été sanctionné par l’Europe en mars 2022, au motif qu’il ne permettait pas l’indemnisation adéquate du préjudice résultant du licenciement abusif, et que de ce fait, il supprimait l’effet dissuasif des condamnations judiciaires. Pour l’instant, la France ne s’est pas mise en conformité en supprimant le barème Macron, ce qui accentue l'importance des avis en ligne comme outil de régulation informelle du marché du travail.
Recommandations et Prudence pour les Salariés Publicateurs d'Avis sur Glassdoor
Malgré la volonté affichée de Glassdoor de protéger ses utilisateurs, la prudence reste de mise pour les salariés qui souhaitent publier des avis. Si Glassdoor défend l'anonymat et refuse aux employeurs de leur communiquer le nom des salariés qui publient sur le site, ces derniers doivent toutefois être vigilants et éviter de laisser un avis depuis un ordinateur ou une connexion Wi-Fi qui appartiendrait à l’entreprise. En pratique, il est tout à fait possible que l’employeur vérifie les salariés qui se sont connectés à Glassdoor depuis les postes informatiques de l’entreprise, compromettant ainsi l'anonymat recherché.
Certains salariés peuvent également penser que les pseudonymes derrière lesquels ils se réfugient parfois les protègent. Cependant, il convient d'être très prudent, car il n'existe pas de droit absolu à l'anonymat sur Internet, même si des plateformes comme Glassdoor défendent farouchement l’anonymat, y compris devant les tribunaux, au nom de la liberté d’expression. Des précédents juridiques majeurs illustrent cette réalité. Ainsi, le licenciement pour faute grave d’un salarié qui avait dénigré son entreprise dans des termes « déloyaux et malveillants » sur un site de notation publique a été confirmé par la Cour de Cassation (Cass. Soc. 11 avril 2018 n°16-18-590). Le site baptisé « notetonentreprise » a d'ailleurs disparu depuis en raison des condamnations judiciaires dont il a fait l’objet à la demande des entreprises, ce qui démontre la force de l'action en justice des organisations.
De la même façon, même si Glassdoor, comme elle l’affirme, fait tous ses efforts pour protéger l’anonymat des salariés, elle exécute les décisions de justice qui lui font obligation de transmettre les données concernant les salariés (notamment l'adresse IP) à l’employeur qui se plaint du caractère diffamatoire des avis émis. Une condamnation de la Cour d’Appel de Paris du 6 juin 2019 en est un exemple éloquent. Toutefois, il semble qu’il y ait peu de condamnations de ce type à l’encontre de Glassdoor, qui poursuit son implantation en France. En définitive, les anciens salariés ou salariés, qui émettent des avis sur Glassdoor doivent impérativement rester prudents et éviter tous commentaires à caractère diffamatoire, diffamatoires ou excessifs, sous peine de risquer d’être poursuivis et mis en difficulté dans leur emploi. En pratique, il est crucial que les salariés soient honnêtes et factuels dans leurs avis ou commentaires, en évitant de divulguer des informations confidentielles ou de nommer des collègues (sauf les membres de la direction), afin de maintenir la crédibilité de leurs propos et de se protéger juridiquement.
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La Valeur Probante des Avis Glassdoor Devant les Prud'hommes
La question de savoir si des avis publiés sur Glassdoor peuvent être utilisés comme preuves dans le cadre de procédures judiciaires est d'une importance croissante dans le droit du travail contemporain. Spécifiquement, la question se pose de savoir si des avis sur Glassdoor peuvent être produits à l’appui d’un dossier de harcèlement devant les prud’hommes. On peut penser que oui, étant donné la nature des preuves admissibles et la quête de la vérité matérielle.
Une décision notable du bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris, datée du 25 mai 2022 (n° 722/344538), illustre parfaitement cette tendance. Cette décision fait notamment référence à « des attestations d’anciens avocats collaborateurs ainsi que des attestations anonymes d’avocats en poste dont l’authenticité et la sincérité ont été certifiées par un Huissier de Justice ». Fait particulièrement révélateur, elle cite par ailleurs des commentaires publiés sur le site Glassdoor, tous autant unanimes sur le management par la terreur, le contrôle exercé dans le cabinet et la surexploitation des jeunes collaborateurs salariés au sein du cabinet. Cette reconnaissance par une autorité ordinale de la pertinence des avis Glassdoor en tant qu'éléments d'appréciation souligne leur potentiel probatoire.
En matière prud'homale, le principe général est celui de la liberté de la preuve, à condition bien sûr de respecter la loyauté dans l'administration de la preuve. Cela signifie que toutes les preuves sont admissibles, pourvu qu'elles aient été obtenues légalement et qu'elles ne portent pas atteinte aux droits fondamentaux des personnes. Ainsi, les avis Glassdoor, s'ils sont jugés pertinents et non diffamatoires dans leur contenu ou leur obtention, pourraient effectivement enrichir un dossier et éclairer les juges sur des pratiques managériales ou des conditions de travail dénoncées. Il est donc impératif, pour les anciens salariés ou salariés qui émettent des avis sur Glassdoor, de rester prudents et d'éviter tous commentaires à caractère diffamatoire, sauf à risquer d’être poursuivis et mis en difficulté, non seulement dans leur emploi actuel ou futur, mais également dans le cadre de procédures judiciaires où leurs propres écrits pourraient être examinés. La loyauté et la factualité des propos sont donc doublement importantes.