Le Cap de Bonne Espérance évoque à lui seul des images d'aventure, de défis maritimes et de points de non-retour pour les navigateurs du monde entier. Plus qu'une simple proéminence terrestre, il représente une étape cruciale dans l'histoire de l'exploration et un jalon emblématique pour les marins contemporains, notamment ceux qui s'engagent dans le tour du monde en solitaire et sans assistance du Vendée Globe. Ce passage symbolise l'entrée dans des régions océaniques parmi les plus redoutées de la planète, marquant la fin d'un chapitre et le début d'une nouvelle dimension pour quiconque ose l'affronter.
I. Origines et Géographie : Un Nom Lourd de Sens
Le Cap de Bonne Espérance, découvert en 1488 par le navigateur portugais Bartolomeu Dias, a d’abord été nommé Cap des Tempêtes par celui qui l’a rejoint pour la première fois, ne parvenant pas à le doubler, venant d’Europe. Son nom apaisant, tel que nous le connaissons aujourd'hui, vient d’un deuxième aspect qui était beaucoup plus important à l’époque. Lorsque le roi du Portugal, Jean II, comprit l’importance stratégique de cette découverte - qui ouvrait la voie maritime vers les Indes -, il le renomma « Cabo da Boa Esperança » (Cap de Bonne Espérance). Il y avait, avec la découverte du Cap des Tempêtes, un réel espoir que les Indes seraient accessibles par la mer. C’était la fin du XVe siècle, vue par Dias en 1487, doublé par Vasco de Gama dix ans plus tard. C’est l’âge des grandes explorations par la mer par la volonté portugaise. Tentant une autre route, Christophe Colomb découvrit les Amériques en 1492, pensant d’abord qu’il était déjà arrivé dans les contrées lointaines des Indes.
Du point de vue géographique, ce cap fait partie des trois grands caps de référence du parcours du Vendée Globe avec Leeuwin et Horn. Il est important de noter que l'on aurait tendance à penser, à tort, que c’est le Cap de Bonne Espérance qui est la pointe la plus au sud du continent africain, bien plus connu. Cependant, le nom de ce courant vient du cap des Aiguilles, ou en portugais cabo das Agulhas est la pointe la plus au sud (34°5 de latitude Sud) du continent africain. C’est ici que se rencontrent les courants froids de l’Océan Atlantique et les courants chauds de l’Océan Indien. Le Cap des Aiguilles se trouve en Afrique du Sud. La pointe sud de l'Afrique est un point de passage redouté par les skippers à cause du courant des Aiguilles. Les premiers skippers redoutent ce cap en raison du courant des Aiguilles. Une fois ce courant passé, les marins seront officiellement dans l'Océan Indien. Les bateaux passeront bien au large de la ville du Cap, mais en dépassant sa longitude, ils quitteront l’Atlantique Sud pour rejoindre l’océan Indien, même si la délimitation exacte est un peu plus à l’est.
II. La Porte des Mers du Sud : Un Symbole Fort pour les Navigateurs
Symboliquement, le Cap de Bonne Espérance marque le début des mers du Sud. Pour les skippers du Vendée Globe, franchir le Cap de Bonne Espérance est un moment fort : c’est la porte d’entrée des mers du Sud, une région aussi fascinante que redoutée. C’est à partir de ce point que les skippers mettent résolument cap à l’est, s’engageant dans la longue traversée des océans les plus hostiles de la planète, faisant véritablement entrer leur Vendée Globe dans une nouvelle dimension. Ce cap reste une étape symbolique du tour du monde, un passage qui exige courage, compétence et résilience. Après 19 jours en mer, les premiers skippers ont franchi ce point symbolique qui correspond à un quart de leur tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Le Cap de Bonne-Espérance, c'est aussi des souvenirs amers pour certains skippers. Après la chaleur et les conditions météorologiques idéales du sud de l'océan Atlantique, une nouvelle étape du Vendée Globe commence dans les mers du Sud ! Comme le souligne Benjamin Dutreux, skipper Guyot Environnement - Water Family : « Ça va être assez brutal : d’un coup, il va faire froid, il va y avoir de la mer, du vent… C’est parti pour les mers du Sud ! »
Le Cap de Bonne Espérance est le premier des trois grands Caps qui caractérisent un tour du monde sans escale, à partir de l’Europe. Le premier à faire face est précisément le Cap de Bonne Espérance, et il est essentiel de parler de ses pièges. C’est le Cap qui marque le passage de l’Océan Atlantique Sud à l’Océan Indien et est situé à 34 degrés de latitude sud. Le deuxième Cap à doubler est le Cap Leeuwin, beaucoup moins connu. C’est parce qu’en réalité ceux qui entreprennent une circumnavigation passent beaucoup plus au sud. Et ce, malgré le fait que le Cap est aussi à 34 degrés comme le cap de Bonne-Espérance. Toutefois, d’un point de vue météorologique, il est inutile de s’approcher de l’Australie pour le doubler. En allant des quarantièmes rugissants au Nord, vous risquez des vents contraires et des zones de vents légers. Ceux qui continuent doivent quand même mettre le cap au Cap du Sud-Est, l’extrémité Sud de la Tasmanie située à 43 degrés Sud. Le Cap Leeuwin est donc beaucoup plus important pour un simple fait géographique, sa longitude délimite le passage de l’Océan Indien à l’Océan Pacifique. Pour ceux qui continuent la navigation sans escale, vous devrez faire face d’abord au Sud-Est en Tasmanie, puis Slope Point. Cela représente la pointe la plus méridionale de la Nouvelle-Zélande et est situé à la latitude de 46 degrés Sud. Le prochain objectif, cependant, est le plus mythique et redouté des trois Caps, le Cap Horn. Le tant redouté Cap est en fait une île chilienne, mais marquant le point le plus étroit du canal de Drake. Une île nichée entre l’Amérique du Sud et l’Antarctique, un endroit insidieux pour plusieurs raisons. En plus des conditions météorologiques, l’élévation soudaine des fonds marins de l’Atlantique de milliers de mètres à quelques centaines peut créer des conditions de mer très dangereuses.
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III. Les Défis de la Navigation Autour du Cap : Courants et Conditions Météorologiques
La Cap de Bonne Espérance marque donc la frontière entre l’Océan Atlantique Sud et l’Océan Indien. Les pièges qui le caractérisent sont nombreux et certainement pour les premiers navigateurs qui l’ont atteint sans le savoir. Du point de vue des vents, ici souffle le Sud-Est redouté, un vent fort du Sud-Est. Il est clair que pour les anciens voiliers et les clippers l’approche du Cap en suivant la côte africaine signifiait rencontrer des vents contraires très forts. Cela a rendu le Cap souvent inaccessible malgré les nombreuses tentatives. Les fenêtres météo favorables qui s’ouvrent avec des vents différents sont transitoires, le vent dominant revient toujours inexorable. Le Sud-Est, renforcé par la présence du continent, est l’écho lointain des alizés du sud-est juste au sud de la zone de convergence intertropicale.
Pendant trois semaines, les skippers en lice devront composer avec une mer agitée, des températures glaciales, des vents violents, et des icebergs à éviter. Ces conditions extrêmes caractérisent les mers du Sud, faisant du passage du Cap de Bonne Espérance non seulement une prouesse géographique mais aussi une véritable épreuve de survie et de compétence.
IV. Le Cap de Bonne Espérance dans le Vendée Globe : Gloire et Abandons
Lancé à toute vitesse dans l’Atlantique, les skippers du Vendée Globe franchissent le Cap de Bonne-Espérance, conclusion du 1er chapitre de la course. Pour Samantha Davies, comme pour tous les autres concurrents, le franchir est bien plus qu’une prouesse géographique : c’est la preuve qu’une aventure humaine, sportive et solidaire est en marche, portée par l’espoir de sauver des vies grâce à l’engagement des partenaires solidaires d’Initiatives-Cœur.
Cependant, le Cap de Bonne-Espérance, c'est aussi des souvenirs amers pour certains skippers. En 2020, lors du dernier Vendée Globe, ce lieu mythique a marqué un tournant douloureux dans son aventure. Cette avarie majeure a rendu son bateau, Initiatives-Cœur, impossible à manœuvrer en toute sécurité. Sam a été obligée de faire escale en urgence à Cap Town en Afrique du Sud pour réparer, signant ainsi son abandon de la course. En effet, les règles du Vendée Globe obligent à faire le tour du monde sans escales et sans assistance. Le Cap de Bonne Espérance, symbole de passage et d’espoir, s’est alors transformé en abandon de la course. Cet abandon n’a pas marqué la fin de son aventure, mais plutôt un nouveau départ. Elle revient donc plus déterminée que jamais, consciente des défis que représente cette zone légendaire. Chaque vague franchie cette année portera en elle la résilience de cette expérience passée, transformant un mauvais souvenir en moteur pour cette nouvelle édition du Vendée Globe.
En 2020, lors du dernier Vendée Globe, ce lieu mythique a également marqué un tournant douloureux dans l'aventure de trois skippers en lice cette année : Sébastien Simon, Fabrice Amédéo et Samantha Davies. Tous les trois avaient dû abandonner la course suite à diverses avaries. Le passage du Cap de Bonne-Espérance cette année est donc une belle revanche pour ces skippers. En 2016, c'est le skipper japonais Kojiro Shiraishi qui n'était parvenu à passer le Cap de Bonne-Espérance et qui avait dû abandonner la course quelques milles avant ce passage mythique suite à la casse de son mât.
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V. Le Long Chemin depuis l'Europe : Une Odyssée Météorologique et Géographique
La longue route de l’Europe vers le Cap de Bonne Espérance est jalonnée d'une série de défis maritimes, chacun nécessitant une expertise et une résilience particulières de la part des navigateurs. En plus du Sud-Est que nous rencontrerions en essayant de doubler le Cap de Bonne Espérance, il y a beaucoup de difficultés pour ceux qui partent de l’Europe sur cette route.
Le Golfe de Gascogne : Un Départ Périlleux
À partir de l’Europe du Nord, nous devons d’abord affronter le golfe de Gascogne. C’est le gros ventre tracé par les côtes françaises et espagnoles. La raison pour laquelle il s’agit d’une zone très insidieuse est liée à deux facteurs. Le premier est de nature pratique, même aujourd’hui le trafic des bateaux de pêche est considérable. Le second est le même qui rend le Cap Horn si dangereux, la montée soudaine des fonds marins. Les tempêtes qui se déroulent en Europe apportent, du moins avant l’arrivée du front froid, des vents forts du Sud-Ouest. Le vent fait monter la mer qui, avec la montée des fonds marins, devient raide, cassante et insidieuse. De plus, au passage du front froid, le vent tourne vers le Nord-Ouest. Le vent nouveau apporte un nouveau train de vagues croisées par rapport au précédent. Lorsque deux vagues de trains différents s’additionnent, vous pouvez avoir des vagues deux fois plus hautes que la moyenne, très insidieuses.
Le Cap Finisterre : Un Passage Venté et Très Fréquenté
La traversée du golfe de Gascogne se dirige vers le Cap Finisterre. Ici, le vent a tendance à se renforcer beaucoup avec des vents dominants du Nord-Est très forts. Des vents de 40-50 nœuds sont d’intensité dans la norme et ce passage est donc loin d’être évident. En outre, tout le trafic commercial vers le Nord de l’Europe passe nécessairement par ce Cap. Il y a, en fait, une zone de séparation de la circulation à éviter afin de rester en dehors des problèmes potentiels majeurs.
L'Alizé Portugais et la Quête du Vent Constant
La route vers le Cap de Bonne-Espérance, depuis le Cap Finisterre est encore très longue. Toutefois, une bonne nouvelle commence : nous pouvons rencontrer l’alizé portugais. Il s’agit d’un vent soutenu, régulier et porteur soufflant du Nord le long de la côte portugaise. Si nous le rencontrons, nous serons rapidement poussés vers le sud. L’alizé s’épuise près du Détroit de Gibraltar et nous devrons encore parcourir de nombreux milles de navigation pour réussir à accrocher les alizés réels. Les alizés soufflent de l’automne à la fin du printemps à partir du Nord-Ouest et commencent à se manifester entre les îles Canaries et les îles du Cap-Vert, avec les Canaries à l’horizon dans la brume de la chaleur africaine.
Les Îles de la Transition : Canaries et Cap-Vert
Après le Cap de Saint-Vincent, extrémité Sud du Portugal, le vent du Nord s’estompe rapidement. De là, nous devrons négocier le passage des îles Canaries, qui sont souvent entourées de vents légers. Les conditions météorologiques peuvent conduire à des choix très différents à chaque étape. Souvent, vous finissez par rester très à l’Est, pointant vers la côte marocaine d’abord et vers la première des îles Canaries, puis. Lorsque nous serons près de Lanzarote, nous devrons à nouveau choisir de passer entre le continent et les îles. Parfois, vous pouvez profiter d’une accélération des vents en passant entre Tenerife et la Grande Canarie. En tout cas, le passage à travers ces hautes îles volcaniques est toujours délicat. Sous le vent vers les îles, il y a de très grands cônes de vents perturbés et affaiblis. Si les conditions le permettent, vous pouvez naviguer résolument vers l’Ouest et passer à l’extérieur de tout l’Archipel.
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Une fois que les îles Canaries ont été dépassées, on devrait progressivement entrer dans la zone concernée par l’alizé. Les régates océaniques font face à cette route alors que l’alizé n’est pas encore pleinement formé comme en Janvier. Pour cette raison, être en mesure de comprendre la route mineure pour l’accrocher peut être un énorme avantage. Arriver en premier à l’alizé peut signifier garder cet avantage jusqu’au Cap de Bonne-Espérance. La navigation dans l’alizé du Nord-Ouest au Nord de la zone de convergence intertropicale est la plus agréable.
Les îles du Cap-Vert sont au milieu d’un régime d’alizé que nous attaquerons avant de les rencontrer. Pour ces îles aussi, il y a des considérations relatives aux accélérations possibles à exploiter et aux cônes d’ombre à éviter. Beaucoup choisissent de passer à l’Ouest de l’Archipel, d’autres finissent par les traverser. Sur la route du Cap de Bonne Espérance, c’est l’un des nombreux choix que nous devons faire.
Le Pot-au-Noir : La Zone de Convergence Intertropicale
Cependant, le plaisir ne dure pas très longtemps et l’attention sera toujours accordée à où traverser le Pot-au-Noir, c’est-à-dire la zone de convergence intertropicale. Si vous vouliez trouver un nouveau synonyme pour le mot frustration, Pot-au-Noir serait approprié. Cette ceinture voit au Nord souffler l’alizé Nord-Ouest, au Sud l’alizé de Sud-Est. En automne, la ceinture est située à environ 6-7 degrés Nord. Donc vous le rencontrez avant l’équateur, le long de notre route vers le Cap de Bonne-Espérance. La chaleur insupportable avant d’accrocher l’alizé. La navigation dans l’alizé s’arrête assez rapidement avec une chute soudaine du vent. À partir de là, nous aurons du mal avec des vents légers, essayant désespérément de traverser moins de 200 miles de vents imprévisibles. Après les vents légers, nous passons à la rencontre des coupe-vents et le vent souffle avec des événements météorologiques même très violents. Le problème est que tout change brusquement, de rien un nuage nous submerge de 30 nœuds de vent, puis nous crache dans le calme. C’est avant même d’avoir fini la manœuvre de prise de ris. Un orage soudain dans le Pot-au-Noir. Nous devons insister et gagner du terrain vers le Sud, à tout prix. Dès que nous entendons le premier coup de vent contraire, nous saurons que nous y sommes presque. Ces vents faibles du Sud-Est sont symétriques à ceux que nous avons laissés en sortant des alizés du Nord-Ouest. Mille par mile, ils se stabiliseront et se renforceront jusqu’à ce qu’ils soient forts et stables. Le Sud-Est est exactement la route que nous devrions prendre pour viser le Cap de Bonne Espérance. Cela signifie qu’au lieu de viser directement vers l’objectif, nous sommes obligés de faire un très long tour supplémentaire pour arriver à notre destination.
L'Équateur et Fernando de Noronha : Rituels et Route Est
Le passage de l’Équateur est plus un moment symbolique qu’un vrai arrêt du point de vue de la navigation. En quittant le Pot-au-Noir pour le Cap de Bonne Espérance, nous le couperons sur le pouce soutenu par l’alizé avec tout le temps pour les célébrations rituelles. Offrir à Neptune une boisson alcoolisée est de bon augure et dans l’ennui de l’alizé une tradition qui peut être respectée comme un moment de détente.
En choquant les voiles et en laissant courir le bateau au petit largue, nous mettrons le cap vers un îlot à 180 miles de la côte du Brésil, un aperçu du petit Fernando da Noronha. Fernando de Noronha et Isola de Rata sont à la latitude de Fortaleza. Ils sont situés juste au Nord de la zone la plus à l’Est du Brésil : notre route passera toujours près de ces îles. L’alizé régulier et soutenu nous force sur cette route sans grandes alternatives. Ferdinando de Noronha est situé à 4 degrés Sud, encore en plein régime des alizés, un peu comme après les îles du Cap-Vert. Nous avons un bon nombre de miles pour naviguer au petit largue en route vers le Sud. Avec l’alizé légèrement tourné, ce qui donne du bien. Cependant, même si le plaisir peut être ennuyeux, même cette navigation ne dure pas éternellement. Simplement dit, les conditions tropicales, le soleil, la chaleur, le vent stable, nous abandonneront.
La Haute Pression de Sainte-Hélène : Un Obstacle Majeur
Après le passage de Ferdinand de Noronha, il serait facile d’imaginer qu’on pourrait mettre le cap vers le Cap de Bonne-Espérance, mais ce n’est pas le cas. Nous serons influencés par la haute pression de Sainte-Hélène à la recherche de la première dépression. La route directe de Ferdinand de Noronha au Cap Town passe non loin de l’île Sainte-Hélène où Napoléon a été emprisonné. L’île, cependant, est beaucoup plus célèbre pour le marin pour le nom qu’il donne à la zone de haute pression appelée justement de Sant’Elena. Ce n’est rien de plus que le miroir du Sud de la haute pression des Açores. Cependant, contrairement à la haute de notre hémisphère, cela tend à être beaucoup plus stationnaire. Le seul choix que nous avons est de poursuivre notre navigation vers le Sud. Ceci, jusqu’à ce que nous rencontrions la première dépression et les premiers vents à l’arrière vers le Cap de Bonne-Espérance. L’Atlantique Sud dans sa désolation et sa beauté.
Tristan da Cunha et les Quarantièmes Rugissants : Le Sprint Final vers le Cap
Notre itinéraire, au lieu de pointer vers le Cap de Bonne-Espérance, se courbera progressivement avec la rotation de l’alizé. Nous pouvons mettre notre cap vers Tristan da Cunha, une île au milieu de nulle part entre l’Amérique et l’Afrique à 38 degrés de latitude Sud. Oui, pour atteindre Cap Town ou le Cap de Bonne-Espérance qui est au 34 Sud, nous serons obligés d’aller plus au Sud. Un vieux dicton dit : « Allez jusqu’à Tristan da Cunha puis tournez à gauche ». Cette île isolée est déjà à proximité des quarantièmes rugissants, latitude où arrive l’influence des dépressions qui circulent à perpétuité dans les latitudes des cinquantièmes hurlants.
Les dépressions atlantiques sont nées de la côte argentine d’une manière similaire à celles créées entre New York et Boston à destination de l’Irlande. Contrairement à l’hémisphère Nord, les conditions sont déjà beaucoup plus dures et plus sévères à ces latitudes. C’est parce qu’il n’y a rien d’équivalent au Gulf Stream qui maintient la température de l’eau élevée même au nord des Açores. Une fois quitté l’alizé du Nord-Est et continuant vers le Sud, tout change brusquement et devient sombre et menaçant. Nous savons que nous n’avons pas à être tentés par « tourner à gauche trop tôt », mais attendre patiemment le premier train express. En fait, une fois que nous arriverons aux quarantièmes rugissants, ce sera seulement dû à notre chance et à la capacité de naviguer le fait d’accrocher la première dépression. Enlevé les shorts, nous serons soudainement habillés sous trois couches de ciré et des sous-vêtements dans des latitudes où nous nous attendrions à des conditions plus faciles. Mais ce ne sont pas par hasard appelés les quarantièmes rugissants, et ils nous emmèneront au Cap de Bonne Espérance. Navigation dans les quarantièmes rugissants.
Les Quarantièmes Rugissants et le Sprint Final
Après avoir joué au chat et à la souris et attendu la première dépression, finalement, en mettant le nez aux quarantièmes rugissants, tout va changer. En un instant, nous nous retrouverons à conduire une bête en colère avec des vents souvent de plus de 40 nœuds de moyenne horaire. Des coups de vent qui vont enfin nous projeter directement vers le Cap de Bonne Espérance. Nous savons que lorsque nous arriverons près du Cap, si notre destination est Cap Town, nous rencontrerons le célèbre Sud-Est. Donc, ayant comme destination finale les 34 degrés Sud, nous devrons continuer à naviguer dans les quarantièmes rugissants. C’est pour ne pas risquer de sortir de l’influence des dépressions et de se retrouver à nouveau dans le calme de Sainte-Hélène.
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