La Bretagne, terre de marins par excellence, a vu naître et grandir des figures emblématiques qui ont façonné l'histoire de la course au large et de l'aventure maritime. Parmi ces légendes, plusieurs skippers nommés Éric se sont distingués par leurs exploits, leurs innovations et leur profonde connexion avec la mer. Leurs biographies entrelacent des récits de courage, d'ingéniosité et une passion inébranlable pour la navigation, marquant ainsi de leur empreinte le monde de la voile française et internationale.
Éric Tabarly : Le Pionnier, l'Architecte et le Maître Incontesté de la Course au Large
Éric Tabarly, né le 24 juillet 1931 à Nantes, a découvert la voile dès son plus jeune âge, à l'âge de trois ans, à bord d'« Annie », le bateau familial. Son destin a été profondément lié à celui du voilier « Pen Duick », acheté en 1938 par son père, Guy Tabarly. Ce vieux cotre, dessiné en 1898 par l'architecte écossais William Fife III, et rebaptisé en 1935 « Pen Duick » (signifiant en breton « mésange à tête noire »), allait marquer sa vie entière. En 1952, alors que son père envisageait de revendre « Pen Duick », qui ne naviguait plus depuis 1947 et était en très mauvais état, Éric, devant son intérêt manifeste, en devint propriétaire.
Une Carrière au Service de la Mer et de l'Innovation
Afin d'obtenir un revenu sûr et régulier lui permettant de sauver et de restaurer le voilier, Éric Tabarly décida de s'engager dans la Marine nationale. Incorporé en février 1953 au Centre de formation maritime d'Hourtin, il fut sélectionné comme pilote de l'aéronautique navale. Pour ses débuts à la base de Khouribga au Maroc, il vola sur Stampe SV-4, avant d'être orienté vers la spécialisation multimoteurs à Agadir, où il pilota des Beechcraft SNB/JRB et des Avro Lancaster. Il servit ensuite à la BAN Tan-Son-Nhut en Indochine française, au sein de la flottille 28F, mettant en œuvre des PB4Y Privateer de patrouille maritime, y effectuant environ mille heures de vol, en particulier au cours de la guerre d'Indochine. Cette période démontrait déjà une capacité d'engagement et une soif d'aventure qui le caractériseraient toute sa vie.
Tabarly commença à remettre en état son voilier en 1956, mais la coque s'avéra irréparable. Il eut alors l'idée ingénieuse de l'utiliser comme un moule et, en 1958, au chantier Costantini, il en construisit une nouvelle en stratifié polyester. En 1959, « Pen Duick » naviguait à nouveau. Cette approche innovante de la construction navale préfigurait son rôle futur d'architecte et de concepteur. Après sa sortie de l'École d'application des enseignes de vaisseau à bord du croiseur-école « Jeanne d'Arc », il embarqua à Cherbourg en juin 1962 comme officier en second du dragueur de mines « Castor ».
D'abord officier marinier, puis officier de marine jusqu'au grade de capitaine de vaisseau, Éric Tabarly mena essentiellement une carrière de sportif de haut niveau dans le domaine de la course au large. Il souhaitait participer à la course transatlantique en solitaire (Ostar) de 1964 et, sur sa demande, fut mis en détachement spécial par la Marine nationale, ce qui lui permit de naviguer librement tout en restant officier d'active. Il s'entraîna sur « Margilic V », un série Tarann de 9,65 m des frères Costantini, et se rendit compte qu'il pourrait maîtriser un bateau plus grand et plus rapide. Avec l'aide des architectes Gilles et Marc Costantini, il conçut spécialement « Pen Duick II », un ketch de 13,60 mètres, avec lequel il remporta la course en franchissant le premier la ligne d'arrivée à Newport le 18 juin 1964, devant Francis Chichester, qui avait remporté l'édition précédente de 1960. Cette victoire le propulsa sur le devant de la scène internationale.
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En 1964, encore auréolé de sa victoire dans la transat en solitaire, Éric Tabarly entra comme élève officier à l'École des officiers fusiliers de Lorient, où il obtint le certificat de Commando marine. Cependant, il n'eut pas le temps d'exercer ces nouvelles compétences, car dès la fin du stage « commando » en juillet 1965, il fut détaché au ministère de la Jeunesse et des Sports, sur demande expresse de Maurice Herzog.
L'Épopée des Pen Duick : Une Quête Incessante de Vitesse et d'Innovation
La série des « Pen Duick » incarne l'esprit pionnier et l'approche scientifique d'Éric Tabarly en matière d'architecture navale. Chaque bateau était une étape vers l'innovation et la performance.
Pen Duick III (1966) : Pour continuer la course au large, Éric Tabarly fit construire ce monocoque plus grand en 1966. Avec sa coque en aluminium de 17,45 mètres, sa carène à double bouchain avec une quille à bulbe testée en bassin de carène et son gréement de goélette à wishbone, « Pen Duick III » était un bateau très astucieux. Sous son gréement de goélette (deux mâts de taille égale), il profitait d'une faille dans les règlements de jauge, dans lesquels la surface de voilure entre les deux mâts était sous-estimée dans le calcul du rating (la formule de handicap permettant de comparer des bateaux différents entre eux). Cet avantage était particulièrement sensible lorsque le bateau naviguait aux allures portantes. Ce gréement avait été expérimenté au préalable sur « Pen Duick II ». Dès sa première saison (1967), « Pen Duick III », surnommé "la cathédrale de toile", gagna sept grandes courses du RORC, dont le Fastnet en temps réel et en temps compensé, puis le Sydney-Hobart la même année. Il participa en 1977/1978 à la Whitbread (course autour du monde en équipage) sous le nom de « Gauloise » avec Éric Loizeau comme skipper. Il était alors gréé en ketch (le mât arrière plus court), car les règles de jauge tenaient désormais compte de la totalité de la surface des voiles. Sous le nom de « Cacharel », « Pen Duick III » participa aussi au premier Vendée Globe en 1989/1990 avec Jean François Coste comme skipper.
Pen Duick IV (1968) : À la suite de la victoire du trimaran « Toria » dans la Two-Handed Round Britain Race en 1966, Tabarly essaya ce bateau pendant un convoyage à presque dix nœuds de moyenne avec son architecte Derek Kelsall. « Du jour où il a navigué sur un multicoque, en 1966, il a été persuadé que ce serait l'avenir de la course en mer », expliquait Gérard Petipas. Il se lança à son tour dans le multicoque et fit construire « Pen Duick IV » pour la transat 1968. Dessiné par André Allègre, ce trimaran en aluminium de 20,80 mètres, gréé en ketch, était équipé de deux mâts aile profilés et caractérisé par des bras en treillis tubulaires, des rails d'écoute en arc de cercle et des flotteurs submersibles de relativement faible volume. Ce voilier fut vendu en 1970 à Alain Colas, qui le rebaptisa « Manureva ».
Pen Duick V (1969) : Ce sloop de 10,60 mètres, dessiné par Michel Bigoin et Daniel Duvergie, fut conçu avec la forte implication d’Éric Tabarly pour le concept des ballasts et le dessin des appendices. Ses lignes de carène tendues, large et léger, peu lesté mais équipé de ballasts pour augmenter la stabilité, étaient révolutionnaires. La coque présentait de chaque côté, au-dessus de la flottaison, des redans longitudinaux, des extensions de volume latérales destinées à augmenter le bras de levier des ballasts sans augmenter la largeur de carène.
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Pen Duick VI (1973) : Ce ketch de 22,25 mètres en aluminium, conçu par l'architecte André Mauric, déplaçait 32 tonnes et était équipé d'un lest de quille en uranium appauvri, remplacé par la suite par un lest en plomb. Il était caractérisé par une queue de malet sur le tableau arrière (petit bout-dehors) pour fixer le pataras (câble retenant le mât vers l'arrière). Sa surface de voilure au portant atteignait 600 m². Tabarly remporta une deuxième fois la Transat en 1976 à bord du « Pen Duick VI », un voilier pourtant conçu pour être manœuvré par une quinzaine d'équipiers. Cette victoire fut d'autant plus remarquable que son pilote automatique avait rompu en début de course et que les conditions météorologiques étaient très difficiles, avec cinq dépressions majeures traversées par les concurrents. À la suite de ce doublé, et après avoir gagné devant Alain Colas et son « Club Méditerranée » de 72 mètres, il descendit triomphalement l'avenue des Champs-Élysées. Cette même année, une émission des Dossiers de l'écran lui fut consacrée au lendemain de sa seconde Ostar.
Outre les « Pen Duick », Éric Tabarly fut impliqué dans d'autres projets expérimentaux, tels qu'un hydroptère expérimental en 1976, réalisé à partir d'une coque de Tornado de 6 m de long munie de foils pour tester le concept d'hydroptère et la sustentation totale du voilier par des foils. En 1975, il conçut avec une équipe d'architectes navals et une équipe de la société Dassault un trimaran de type foiler, le « Paul Ricard » (1979), un trimaran de 16,50 mètres en aluminium déplaçant 7 tonnes, caractérisé par son bras de liaison unique et profilé s'appuyant sur deux petits flotteurs équipés de foils. Suivirent « Côte d'Or » (1985), un monocoque en kevlar de 25,03 mètres, et « Côte d'Or II » (1986), un trimaran conçu avec l'aide de l'architecte Xavier Joubert, qui réutilisait la coque centrale et le safran du « Paul Ricard ». Enfin, le trimaran « Bottin entreprise » (mis à l'eau pour Lionel Péan en 1988, puis pour Tabarly en 1989) témoigne de sa collaboration continue avec les architectes de pointe.
L'Héritage d'un Géant
Éric Tabarly a marqué plusieurs générations de navigateurs et de coureurs hauturiers. Il a formé toute une génération de coureurs océaniques et a contribué par ses victoires au développement des activités nautiques en France. Il fut en quelque sorte le père de l'« école française » de la course au large, qui verra s'illustrer de nombreux marins, comme Alain Colas, Marc Pajot, Titouan Lamazou, et Philippe Poupon, qui se sont formés en naviguant comme équipiers du Breton à leurs débuts. C'est en prenant connaissance de la construction du « Pen Duick IV » que Robin Knox-Johnston décida de s'engager au plus vite dans un tour du monde en solitaire sans escale, de peur de la concurrence d'Éric Tabarly, preuve de l'impact de ce dernier sur ses contemporains. Éric Tabarly a marqué l'histoire de l'architecture maritime, en participant activement à la conception de voiliers de compétition novateurs. À Nantes, sa ville natale, le pont Éric-Tabarly a été construit sur la Loire (bras de la Madeleine), témoignant de sa reconnaissance publique.
« Je ne suis ni misanthrope, ni misogyne, ni marginal, et (…) je m'intéresse à la vie de notre planète », avait-il déclaré, soulignant son ouverture d'esprit et son intérêt pour le monde qui l'entourait.
Éric Tabarly a disparu en mer d'Irlande, au large du pays de Galles, dans la nuit du 12 au 13 juin 1998, alors qu'il convoyait en équipage le « Pen Duick » pour un rassemblement de voiliers construits sur plans Fife en Écosse. Il aurait été projeté en mer par le pic de la voile aurique du bateau au cours d'une manœuvre de réduction de voilure. Le 17 juillet 1998, son corps a été repêché à 80 kilomètres environ au sud des côtes irlandaises par les marins du chalutier breton « An Yvidig ». Le corps a été aussitôt transporté à l'hôpital de Waterford en Irlande pour y être autopsié. Même s'il était méconnaissable à cause du séjour prolongé dans l'eau, les présomptions quant à son identité étaient très fortes : il portait encore les bottes bleues, son célèbre pantalon de coton rouge, ainsi que son pull-over marin bleu marine avec l'inscription « Éric Tabarly ». En 1984, Éric Tabarly avait épousé Jacqueline Chartol. Son départ tragique n'a fait qu'amplifier la légende de ce marin d'exception, dont l'œuvre et l'esprit continuent d'inspirer.
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Éric Loizeau : Du Large aux Sommets du Monde
Surnommé « Le Captain », Éric Loizeau fait partie des plus grands skippers de sa génération, dont la soif d'aventure ne s'est pas limitée aux océans. Élu skipper de l'année en 1978, il a remporté deux étapes de la Whitbread 1977-1978, dont celle du Cap Horn, ainsi que trois transats, démontrant une maîtrise exceptionnelle de la course au large. En 1982, il a marqué l'histoire de la voile en établissant le record de la traversée de l'Atlantique en solitaire, un exploit technique et humain de première importance. Sa carrière maritime fut couronnée de succès et il navigua notamment sur « Pen Duick III » sous le nom de « Gauloise » lors de la Whitbread 1977/1978.
Nourri par le goût de l'aventure, Éric Loizeau a entrepris une reconversion remarquable. Reconverti alpiniste dans les années 90, il a gravi l'Everest en 2003, une expédition extraordinaire qui sera retracée dans le livre « Du Cap Horn à l'Everest » aux éditions Glénat. Prenant part au cinquantenaire de l'ascension de l'Everest, il a atteint le sommet du plus haut point du globe, prouvant ainsi sa polyvalence et sa détermination hors du commun. À l'issue de cette expédition qui le marqua à vie, il s'est engagé pour la préservation de la planète en devenant l'un des ambassadeurs de Race For Water, alliant ainsi son esprit d'explorateur à une conscience environnementale. Son parcours illustre une capacité rare à exceller dans des domaines aussi exigeants et différents que la voile océanique et l'alpinisme de haute altitude.
Éric Bellion : La Plaidoyer pour la Différence et l'Innovation Sociale en Mer
Éric Bellion se distingue par une approche de la navigation qui dépasse la simple performance sportive pour embrasser des valeurs humaines et sociales fortes. Navigateur, écrivain, réalisateur et chroniqueur télé, il promeut la richesse de la différence depuis plus de 20 ans, faisant de cette philosophie le fil rouge de ses aventures maritimes.
Son parcours est jalonné d'initiatives uniques. En 2010, il a réalisé un tour du monde handivalide, démontrant la capacité de chacun, quelles que soient ses aptitudes physiques, à participer à des défis majeurs. Cette expérience pionnière fut suivie en 2012 par la création d'un équipage diversifié, une approche qui mettait en lumière la force des collaborations hétérogènes. Ces projets ont jeté les bases de son engagement le plus médiatisé.
Il s'est lancé dans le Vendée Globe en 2016, terminant premier bizuth et son bateau fut le deuxième le plus cité par les médias. Sa participation à cette course emblématique n'était pas seulement une quête de performance, mais aussi une plateforme pour ses convictions. « STAND AS ONE », c'est l'union entre Éric Bellion et ses partenaires qui, tous, partagent une volonté commune : porter et transmettre des valeurs fortes en mettant l'accent sur la sobriété et la diversité grâce à l'impact de la course au large.
Sa devise personnelle, « Faire des choses différentes avec des gens différents c'est là que réside le bonheur », qu'Éric s'efforce de prouver depuis plus de vingt ans, résume sa philosophie. Il démontre que la différence est une richesse, non un obstacle. Aujourd'hui, grâce à tous ces enseignements tirés de ses expériences en mer et de ses interactions humaines, Éric est convaincu que nous pouvons faire de la peur une amie, transformant ainsi les appréhensions en leviers de dépassement. Son engagement va au-delà de la compétition, il vise à inspirer et à transformer les mentalités.
Un Autre Regard sur la Navigation : L'Expérience d'un Skipper Breton Pédagogue et Passionné
Au-delà des figures médiatisées, la Bretagne regorge de skippers qui incarnent l'amour de la mer et la transmission des savoirs. Un de ces Éric, un Finistérien, aime profondément sa région et a souhaité y vivre et y développer son activité professionnelle. Sa devise personnelle, « On ne naît pas marin, on le devient », reflète un parcours d'apprentissage et de dévouement.
Après dix ans de travail dans les carrières sociales, cet Éric a entrepris une reconversion vers les métiers du nautisme. Sa première expérience de navigation remonte au CM2, lors d'une voile scolaire, mais il n'a renoué avec la voile qu'à l'âge de 30 ans, d'abord en travaillant dans le social et en collaboration avec le Centre Nautique de Brest. Il est ensuite devenu moniteur de voile légère et habitable dans plusieurs structures bretonnes. Après dix ans de bons et loyaux services à un club associatif Finistérien en tant que directeur de structure nautique, où il organisait et gérait l'école de voile, la voile scolaire, les classes de mer et le centre de vacances nautique, il a choisi en 2012 de créer son entreprise nautique. Les milles défilent donc pour lui depuis la fin du siècle dernier.
Ses qualités humaines et pédagogiques sont souvent mises en avant. Les gens disent que sa manière d'expliquer, de transmettre, de responsabiliser leur permet de mieux comprendre le fonctionnement du bateau et l'environnement dans lequel il évolue. La patience et la bonne humeur sont aussi des traits de caractères qui sont souvent cités chez lui.
Son parcours démontre que l'exigence et l'humilité sont essentielles face à l'imprévisibilité de l'environnement marin. La richesse de ce dernier et le fait de recentrer l'homme au plus près de la nature fait que ce sport concilie l'apprentissage de techniques et une éducation à l'environnement.
Les témoignages décrivent un véritable professionnel, pédagogue, qui prend le temps de s'adapter au niveau des participants. En fonction des souhaits, il laisse les membres d'équipage participer aux manœuvres. C'est une superbe rencontre, avec un professionnel passionné par son métier, très accueillant et très bon hôte. De simples matelots, cet Éric a réussi, en l'espace d'une croisière de deux jours, à transformer ses équipiers en de vieux loups de mer aguerris. En plus d'être un très bon skipper, il est aussi cuistot, ajoutant une dimension conviviale à l'expérience en mer. Ses souvenirs incluent une remontée de l'Atlantique et de la Manche à deux, sur un bateau de 15 mètres construit l'année de sa naissance (1965), aux essences de bois différentes, avec un fort vent d'Est en entrée de Manche et une arrivée magnifique à Tréberdun. Il propose d'embarquer pour une journée ou plus pour profiter d'une merveilleuse occasion de goûter à tous les plaisirs de la mer, dans une formule tout compris, ou pour un week-end magique en mer vers les Îles Glénan, ou encore une croisière en voilier dépaysante au cœur des Îles de Bretagne Sud, chacune offrant des ambiances différentes.
Cet Éric, à travers ses croisières et ses formations, illustre une facette essentielle de la culture maritime bretonne : celle de la transmission, du partage et de l'expérience authentique de la mer. Actuellement, les conditions peuvent être extrêmes, comme il le décrit : « La vie ici n’est pas facile, les conditions sont vraiment dures depuis une semaine, la mer est horrible. Dans ma vie de marin, je n’ai jamais vu ça ! On a encore une mer très courte, on n’arrive pas à accélérer. C’est dur pour le matériel et pour moi, même si le moral est au beau fixe. Je suis entouré de marins que j’apprécie mais qui ne sont pas là pour acheter du terrain. Ça va vite. Ça manœuvre. Le vent est assez aléatoire. Je viens de rentrer dans le Pot-au-Noir… C’est lugubre ! Derrière la porte qui s’est refermée, il y a un joli coucher de soleil, mais pas ici, ici il fait nuit noire. » Ces mots poignants témoignent de l'humilité et de l'exigence qu'il enseigne face à la nature.