La navigation sur des engins à voile, qu'il s'agisse de planche à voile, de wingfoil ou de kitesurf, procure un sentiment de liberté et d'adrénaline inégalé. Cependant, cette liberté implique des responsabilités majeures : partager l'espace nautique en respectant scrupuleusement les règles de navigation. Ces principes ne sont pas de simples convenances, mais des normes issues du Règlement International pour Prévenir les Abordages en Mer (RIPAM), encadrant la navigation maritime, et adaptées par la Fédération Française de Vol Libre (FFVL) pour les sports de glisse. Comprendre ces règles est essentiel pour garantir la sécurité de tous les pratiquants et des autres usagers de la mer.
Fondements des priorités en navigation
Lorsqu'on applique les règles de navigation au kitesurf, il est essentiel de clarifier la position d'un kiter sur le plan de navigation, notamment lorsqu'il se trouve à tribord. Lorsque le kite se trouve du côté droit de la fenêtre de vol du rider (entre midi et 3h00), on parle de « tribord amure ». Lorsque le kite se situe à gauche de la fenêtre de vol du rider (entre midi et 9h00), on parle de « bâbord amure ». Pour la planche à voile, la règle est similaire : quand la main avant est la main droite sur le wishbone, cela signifie que l'on est tribord amure et donc prioritaire.
Le rider à tribord (avec le kite à droite) a la priorité sur celui à bâbord. Le rider à bâbord amure doit céder le passage au rider à tribord amure qui arrive. Cela implique qu'il doit soit changer de direction pour passer au vent ou sous le vent, soit faire demi-tour. Cette règle repose sur le fait que le vent peut souffler en rafales sur la terre ferme, que des zones d'ombre du vent peuvent apparaître, que les vagues sont proches, que des obstacles peuvent être présents et que des usagers de la plage peuvent se trouver à proximité. Cependant, il est crucial de noter qu'il existe une distinction importante : c'est la planche sous le vent qui est prioritaire sur celle qui est au vent. Dans le cas où les deux planches auraient des trajectoires parallèles, cette règle permet de clarifier la situation. La planche sous le vent, prioritaire donc, aurait le droit de loffer et de pousser l'autre planche à virer de bord.
La manœuvrabilité comme critère décisionnel
Le RIPAM fixe un principe fondamental : c'est toujours l'embarcation la plus manœuvrante qui doit céder la priorité. Cette règle est universellement reconnue. Si vous êtes plus manœuvrant, vous devez céder, même si vous êtes techniquement en tribord amure. Sur de nombreux plans d'eau, les usagers de la plage, comme les nageurs ou les surfeurs, ont généralement moins de manœuvrabilité et réagissent moins rapidement qu'un kiter ou un véliplanchiste. En restant sous le vent des usagers habituels de la plage, vous les protégerez en cas de perte de contrôle de votre matériel. Perdre le contrôle de votre kite alors que vous êtes au vent de nageurs ou surfeurs peut entraîner une collision dangereuse.
Les navires de croisière et les navires marchands ont la priorité sur les kiters, car ces derniers sont moins maniables que ces grands vaisseaux. L'utilisateur de la plage avec la moins grande manœuvrabilité a la priorité. Une mesure pratique pour éviter de gêner un véliplanchiste est de toujours passer sous son vent, même si vous avez la priorité, afin que les lignes ne gênent pas son chemin et lui donnent un sentiment de sécurité dû à l'impossibilité de les attaquer par accident.
Lire aussi: Responsabilité civile en kitesurf : un guide indispensable
Dynamique spécifique aux vagues et aux sauts
Dans les vagues, celui qui saute a la priorité sur celui qui surfe, quel que soit le sens du vent, car on est moins manœuvrant en partant vers le large qu'en revenant au surf. Cependant, la règle pour le rider sortant s'applique lorsque les vagues sont proches du rivage (shore break). Si une vague est déjà surfée par un autre kiter, véliplanchiste ou wingfoiler, laissez-lui la priorité et attrapez la suivante.
Une zone de sécurité sous le vent est essentielle, car le rider se déplace dans cette direction lorsqu'il saute. Cette règle s'applique aux sauts « classiques » des kiters. Lorsqu'ils s'apprêtent à sauter ou à changer de direction, une vigilance accrue est nécessaire. Il est important de rappeler que la règle essentielle du kitesurf est d'éviter les collisions à tout prix et de céder la place à toute personne ayant moins de manœuvrabilité que vous.
Gestion de l'espace côtier et zones d'exclusion
Il existe une série de règles imposées par la réglementation maritime et d’autres recommandations de pratique et de bon usage. La pratique de tout sport nautique est interdite à au moins 200 mètres de la plage et à 50 mètres de la côte. Ils ont TOUJOURS raison puisque notre zone autorisée est celle des bouées de démarcation jaunes de deux cents mètres (et si elles ne sont pas en place nous devrons la calculer avec un bon œil) indépendamment du fait que le kitesurf nous soit toléré ou non dans la zone. Si vous décidez de vous installer avec vos serviettes, parasols et plus encore DANS LA ZONE DE KITE MANEUVER que nous occupons tout au long de ces années, sachez qu'il y a une zone que les véliplanchistes utilisent pour pratiquer leur sport, qu’ils pratiquent sur ce spot depuis plus de trente ans. Veillez toujours à réserver les 30 premiers mètres du rivage uniquement pour l’entrée et la sortie.
Accidentologie et prévention des risques
La pratique de ces sports comporte des risques. Selon la FFVL, il y a plus de 7414 pratiquants de kitesurf licenciés en 2020, avec 20 accidents officiellement déclarés à la fédération. Ce chiffre semble minoré mais la réalité en est tout autre, pour cause les nombreuses actualités reportant des accidents de kitesurf sont beaucoup plus nombreuses. L'accidentologie en kitesurf est surtout liée à des erreurs humaines : personnes négligentes des règles de sécurité, cela peut aussi être lié à l’aérologie mais aussi des avaries de matériel dans de moindres mesures.
Les faibles marges de sécurité sont un facteur déterminant présent pour la grande majorité des accidents. La prise de risque excessive entraîne le plus grand nombre d'accidents. Dans un sport où le show-off est très présent, une remise en question de ses capacités est de mise. Les accidents de kitesurf peuvent générer tout type de traumatologie, de l'entorse bénigne au polytraumatisme. Les chocs à haute vitesse sont toujours graves d'autant que les protections actuelles ne sont pas adaptées à ce genre de traumatisme. La fracture des côtes dans la grande majorité des cas est due à des chutes à grandes vitesses et / ou de réceptions de sauts. En fonction de la violence du choc, il n'est pas rare de trouver plusieurs fractures, soit sur la même côte, ou alors des fractures étagées sur plusieurs côtes. Les lésions les plus fréquentes de la cuisse sont les coupures d'aileron comme en surf ou en funboard. Les fractures tibia / péroné sont classiques et sans particularité. Les fractures de cheville, malléolaires externes le plus souvent ou bi malléolaires, sont dues soit à un traumatisme suite à la rencontre d'un obstacle, soit le plus souvent par la rotation de la planche lors d'un saut, associé au déchaussage d'un seul des pieds. On rajoutera également que mis à part ces cas de fractures ou autres traumatismes des os, il peut aussi y avoir des déchirements musculaires et ou coupures sur les membres à cause des lignes de kite.
Lire aussi: Installation et utilisation sécurisée des compresseurs de plongée
Responsabilité individuelle et équipement
La division 240 n'identifie pas expressément le Wingfoil. Les planches aérotractées comportent un identifiant de la personne, physique ou morale, qui en est le propriétaire et permettant de la contacter. Cet identifiant, en caractères d'un centimètre minimum de hauteur, doit être inscrit sur la voile ou sur un support qui en est solidaire. Il est également obligatoire de disposer d'un moyen de repérage lumineux individuel, étanche et ayant une autonomie d'au moins 6 heures.
Un rider en difficulté doit être considéré comme priorité absolue. Veillez toujours à vérifier derrière vous avant de changer de direction. En cas d'urgence ou de détresse, portez assistance dans la mesure du possible, sans vous mettre en danger. Connaissez les signaux de détresse (bras en croix, aile retournée sur le dos). Prévenez les CROSS (appelez au 196) si un rider ou du matériel dérive, surtout si vous avez identifié qu'il n'y a plus personne attaché. Ces gestes simples peuvent sauver une vie et éviter une mobilisation inutile des secours.
#
Lire aussi: Guide comparatif : Chaleur tournante ou air brassé ?