Léon Marchand, étoile montante de la natation française, a marqué les esprits lors des Jeux de Paris. Quadruple médaillé d'or, il ne compte pas s'arrêter là et ambitionne de battre le record du monde du 200m nage libre.
Un règne qui ne fait que commencer
Léon Marchand a annoncé la couleur : son règne ne fait que commencer. En devenant le premier athlète français de l'histoire à remporter quatre médailles d'or individuelles lors d'une même édition des Jeux olympiques, le nageur s'est hissé, à seulement 22 ans, parmi les plus grands sportifs français. Formé par Bob Bowman, expert en la matière, Léon Marchand est entré dans une nouvelle dimension. Son mentor américain le met en garde : "Les gens vont se l'approprier, et il va maintenant devoir survivre à ce succès. Car il n'a pas la moindre idée de ce qui l'attend après, mais moi si ! (rires)".
Le jeune Toulousain n'est pas du genre à se reposer sur ses lauriers. Son bilan à Paris La Défense Arena est exceptionnel : quatre médailles d'or et quatre records olympiques. Pourtant, Léon Marchand aurait aimé battre un record du monde.
Le 200m nage libre : un nouveau défi pour Léon Marchand
Le 2 août 2024, après son quatrième sacre olympique sur 200 m 4 nages, Léon Marchand savoure sa victoire avec le public. Mais il est déjà tourné vers l'avenir : "Ce n’est pas la fin pour moi, c'est juste le début".
Camille Lacourt, quintuple champion du monde, estime que Léon Marchand a encore beaucoup de choses à améliorer. Il doit encore battre le record du monde du 200 m 4 nages. Sur sa distance fétiche, le 400 m 4 nages, dont il détient la référence absolue (4'02''50), il a également signé à Nanterre la seconde meilleure performance de l'histoire (4'02''92). "Je ne sais pas si ça va être la chasse aux records qui va exciter Léon, mais clairement il peut aller les chercher sur chacune des courses qu'il a remportées ici à Paris", assure Camille Lacourt.
Lire aussi: Évolution du record 200m nage libre
Le consultant de France télévisions émet quelques réserves sur le 200 m papillon, "où il est encore un peu juste par rapport au record [1'50''38] de Kristof Milak qui reste au-dessus".
Pour Camille Lacourt, "Léon a tout ce qu'il faut pour être performant sur le 200 m nage libre. Ce sont ses qualités habituelles, les mêmes qu’il a sur ses quatre courses actuelles, comme ses coulées stratosphériques." Déjà à Rennes lors des championnats de France en 2023, Léon Marchand avait estimé que le crawl demeurait la nage sur laquelle il avait la marge de progression la plus importante. "Il faut effectivement qu’il prenne de la puissance pour qu’il nage un 200 m crawl, poursuit Camille Lacourt. Mais je pense que c’est la future phase pour lui et il a sans doute trois à quatre kilos de puissance à prendre. Il faut les prendre doucement, sinon le corps change trop vite et ensuite c’est compliqué dans l’eau. Mais de toute façon, avec Léon, on est sur un truc où il n’y a pas de normes !"
Intégrer une cinquième course individuelle à son programme impliquera davantage de rigueur. "Nous avons un protocole de récupération que nous utilisons après chaque course, nous expliquait Bob Bowman après son quatrième sacre olympique et sa 11e course disputée en six jours. Il se concentre sur la nutrition, sur le sommeil, et sur la planification de tout. Donc, si vous faites ces choses comme il faut, vous pouvez maintenir votre niveau tout au long de la semaine. En intégrant à terme une cinquième course individuelle à son programme, Léon Marchand pourra prétendre, un jour, rejoindre Michael Phelps. Aux Jeux de Pekin en 2008, la légende américaine avait ainsi remporté huit médailles, dont huit en or (cinq en individuel, trois en relais) ! Une performance ahurissante, jamais égalée jusqu'ici.
Vers de nouveaux sommets : six médailles en individuel ?
"Je ne peux pas savoir ce qu'il se passe dans sa tête, mais je me dis que le défi le plus fou qu'il pourrait réaliser, c'est six médailles en individuel, un exploit jamais réalisé, même par Michael Phelps, se met à rêver Camille Lacourt. Bon, avant, laissons-le redescendre et profiter de tout ça", se reprend-il, préférant rester méfiant sur d'éventuels pronostics. "Le vrai défi de base sera d'abord de refaire ce qu’il a fait ici en y ajoutant le 200 m nage libre. Et là, ce serait déjà hors du commun. La natation a tellement progressé en plus, c’est déjà magnifique ! Même si c’est sûr qu'on a envie de plus."
Pour atteindre la barre des huit médailles, il n'aura pas d'autre choix que de participer à au moins trois relais. En espérant, dans le même temps, que ceux-ci soient les plus compétitifs possibles et potentiellement médaillables. Une entreprise difficile mais pas impossible selon Camille Lacourt : "En se préparant à nager désormais le 200 m nage libre, cela peut aider le 4x100 par ricochet, ainsi que le 4x200 qui va énormément progresser. Car tous les nageurs français, surtout quand il y a une locomotive comme Léon, savent que ça peut être fantastique."
Lire aussi: Histoire des records du 50m nage libre
Le contexte international : une concurrence féroce
La concurrence internationale est rude. La championne olympique australienne Ariarne Titmus a établi un nouveau record du monde du 200 m nage libre en 1 min 52 sec 23/100 à Brisbane. Elle se présentera en grande favorite de la discipline pour les Jeux olympiques de Paris, comme Mollie O’Callaghan, qui avait battu l’an passé le record du monde de l’Italienne Federica Pellegrini, vieux de 14 ans.
Chez les hommes, Cameron McEvoy, champion du monde en 2023 du 50 m nage libre, sera l’une des autres figures de proue de la natation australienne à Paris.
Records du monde : un aperçu historique
En natation, de nombreux records datent de 2009, lors des Championnats du monde en Italie, à Rome. Ces records ont été établis grâce à des combinaisons en polyuréthane, autorisées entre février 2008 et décembre 2009. Ces combinaisons ont été interdites en raison de l'avantage excessif qu'elles procuraient.
Le seul record détenu par un Français est celui de Léon Marchand sur 400 m quatre nages, établi le 23 juillet 2023 aux Championnats du monde au Japon, en 4’02’’50. C’est l’Américain Michael Phelps qui détenait avant le meilleur chrono, depuis 2008.
Sans combinaison, le plus vieux chrono date du 28 juillet 2011, aux Championnats du monde en Chine sur le 200 m quatre nages de l’Américain Ryan Lochte en 1’54’’00. Ryan Lochte a été sacré champion du monde du 200 m quatre nages, jeudi, à Shanghai, en battant son propre record du monde en 1'54"00. Le record de Lochte est le premier enregistré depuis l'interdiction des combinaisons en polyuréthane en janvier 2010. Lochte améliore de dix centièmes le record du monde qu'il avait établi en 2009 à Rome.
Lire aussi: 100m nage libre : Pan Zhanle au sommet
Léon Marchand a explosé le record du monde du 200m 4 nages en demi-finales à Singapour, avec un temps de 1'52''69. Il a ensuite remporté la finale en 1'53''68, devenant champion du monde pour la troisième fois.