La Maîtrise de la Prise de Carre en Windsurf : De la Glisse Générale au Pilotage Fin

Dans l'univers des sports de glisse, qu'il s'agisse de la neige ou de l'eau, la "prise de carre" est un concept fondamental qui régit la direction et le contrôle de l'équipement. Que l'on parle de ski ou de windsurf, comprendre et maîtriser cette technique est essentiel pour passer d'une simple glisse à un pilotage précis et dynamique. Cette notion, qui peut sembler abstraite au premier abord, devient rapidement une seconde nature, offrant un plaisir inégalé sur l'eau comme sur la poudreuse. Pour les windsurfers, en particulier, la prise de carre est la clé pour diriger la planche, notamment une fois que l'on est au planing, que l'on arrive à mettre ses pieds dans les straps et que l'on va tout droit à fond les ballons. Ce sont en gros les pieds qui dirigent la board, et cette capacité vient naturellement comme mouvements, bien qu'elle demande de la pratique et une compréhension des interactions entre la planche, la voile et le vent.

La Prise de Carre : Un Principe Universel des Sports de Glisse

Pour appréhender la prise de carre en windsurf, il est utile de commencer par une explication plus générale, notamment à travers l'exemple du ski, où le concept de carving est une illustration parfaite de cette technique. Le carving, c'est une technique de ski qui consiste à réaliser des virages coupés. Autrement dit, il s'agit de virages entièrement réalisés sur la carre du ski, dans une recherche d'efficacité maximum et d'accélération, à l'inverse des virages dérapés ou glissés. C’est typiquement la technique utilisée par les skieurs alpins dans les piquets, avec des rayons de courbe variables selon la discipline.

Pour carver, il faut prendre de l’angle sur ses skis, sans pour autant basculer vers l’intérieur, au risque de perdre l’accroche. Fanny Caspar, monitrice de ski à l’ESF de La Clusaz, ex-membre de l’équipe de France de ski de bosses et ex-entraîneur de l’équipe d’Australie de ski de bosses, partage son expérience en expliquant comment carver. Carver, c’est tourner sur la carre du ski. Sur piste plane et peu raide, il faut se laisser glisser face à la pente, les deux skis à plat. Ensuite, on rentre un genou vers l’intérieur pour basculer le ski sur sa carre et transférer son poids sur ce ski, tout en maintenant la prise de carre. Le ski tourne alors tout seul en carving, effectuant une trace nette dans la neige, donc sans dérapage. Il est recommandé de pratiquer plusieurs fois sur chaque pied, puis d'alterner des deux côtés et d'enchaîner les virages. Pendant cet exercice, le buste reste droit et les épaules face à la pente. On peut s’exercer en variant la pression exercée sur le ski, en glissant de plus en plus vite et/ou sur plus de pente.

Quand ce mouvement est acquis, que l’on est capable de maintenir le ski sur la carre tout le long du virage, on va accompagner le mouvement avec l’autre pied. Pour cela, il faut incliner le tibia de la jambe intérieure au virage vers l’intérieur du virage, parallèlement à la jambe d’appui, qui reste toujours la jambe extérieure au virage (droite quand on tourne à gauche et inversement). Ainsi, le ski intérieur va lui aussi « mordre » la neige et accompagner le mouvement pour plus d’efficacité. En revanche, pour conserver son équilibre, il va falloir compenser cette prise d’angle des membres inférieurs, en conservant le buste droit, perpendiculaire au sol, et en écartant légèrement les bras pour plus de stabilité. Seules les jambes prennent de l’angle, c’est ce que l’on appelle l’angulation.

Jusque-là, on profite surtout de la structure et du profil des skis pour faire des virages bien ronds (idéalement) à vitesse modérée et régulière tout au long de la courbe. Pour accélérer, il va falloir y mettre un peu du sien, en dosant ses appuis notamment. Il faut commencer par entrer en courbe de manière assez douce pour mettre le ski convenablement en direction sur la carre. Puis, fléchir les genoux progressivement pour augmenter à la fois la pression sur les skis et l’angle de prise de carres. Il est ensuite nécessaire de terminer la courbe en appuyant fort sur les talons pour cintrer le ski, créer un effet « ressort » avec l’arrière du ski et ainsi générer l’accélération et la relance nécessaires pour se propulser dans la courbe suivante. Cela prend des mois, voire des années, avant de maîtriser le carving et de savoir convenablement doser ses appuis et son équilibre, en fonction des skis, de la neige et de la pente.

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L'évolution technique du matériel de ski a permis une évolution fondamentale dans la pratique du ski. Le point le plus marquant de cette évolution est le changement de la technique utilisée pour tourner en ski. Le "virage parallèle", que nous appellerons aussi virage traditionnel, est fondé sur l'utilisation du dérapage de la partie arrière du ski pour changer de direction. L'importance du dérapage qui s'ensuit dépend de son niveau technique. Les débutants mettent carrément les skis en travers et attendent passivement le changement de direction, alors que les skieurs avancés s'appliquent à maintenir le dérapage le plus faible possible en guidant les skis. Mais dans tous les cas, les spatules suivent une trajectoire plus serrée que celle de l'arrière des skis. Le rayon du virage se laisse adapter à chaque instant par un simple mouvement de rotation.

Le "virage coupé", appelé aussi CARVING, est fondé, lui, sur un changement de direction sans dérapage. Cela est dû au fait que la ligne de contact des skis sur le sol est un arc de cercle. Si l'on regarde de plus près ce qu'il se passe lorsque l'on utilise un ski parabolique, on observe facilement que la courbe dans laquelle s'inscrit le ski résulte d'une flexion de celui-ci. Pourquoi tout ça ? Et bien tout simplement pour plus de plaisir. Pour simplifier, disons qu'utiliser un ski parabolique sans changer de technique revient à faire 10% du chemin entre les sensations éprouvées sur un ski droit et le potentiel offert par un ski parabolique. Quand on passe du temps sur les pistes en France, on observe que 70% des skieurs sont en phase 2 (virage dérapé), 25% en phase 3 (début de carving), et 5% entre 4 et 6 (carving avancé). Il y a donc de quoi faire, et le potentiel d'évolution et de plaisir est énorme.

Savoir utiliser la technique du carving n’est pas nécessaire pour le ski loisir et la balade. Ce n’est indispensable que pour ceux qui veulent faire du piquet et de la compétition. En revanche, faire quelques virages coupés avec une bonne paire de skis sur une piste lisse et parfaitement damée offre son lot de sensations. Couper un virage peut se faire avec n'importe quelle paire de ski, comme l'a démontré Ingemar Stenmark avant la mode du carving. L’avènement des skis paraboliques en 1995 a largement simplifié la chose pour le skieur lambda. C’est un peu comme la direction assistée sur les voitures : on pouvait très bien tourner le volant sans, mais son développement a largement contribué à faciliter la conduite. Tous les skis étant désormais paraboliques, ou presque, il s’agit de choisir un modèle particulièrement adapté au carving. Il faut piocher dans les skis typés piste, avec une plaque de préférence, pour augmenter le bras de levier et la prise d’angle. Il faut s’attarder ensuite sur la largeur du ski au patin, idéalement en dessous de 72 mm. Enfin, la clé réside dans le rayon du ski, déterminé par ses lignes de côtes (largeur spatule - patin - talon) et la longueur de ski. Plus le rayon et le ski seront courts, plus le virage sera serré.

Le terrain parfait pour le carving est une piste de pente moyenne, type verte ou bleue, large, parfaitement damée et lisse, avec une neige douce et accrocheuse. Il est possible de carver sur tout type de piste et de terrain bien sûr. On peut traduire carving par tailler, découper ou sculpter la neige. Autrement dit, c’est l’art de tracer une courbe parfaite. Cela peut se faire dans n’importe quel type de neige. Il ne faut pas oublier toutefois que hors-piste n’est pas nécessairement synonyme de poudreuse, skier hors-piste, c’est skier en dehors des pistes préparées et sécurisées. Parfois la neige peut être très dure. Un bon skieur de carving saura facilement apprendre à skier en hors-piste car c’est une personne capable de maîtriser ses appuis, son équilibre et le pilotage de ses skis. Toutes ces qualités sont indispensables pour skier en toute neige et tout terrain. Pour le ski en neige profonde, il suffira de s’entraîner, en bordure de piste par exemple dans un premier temps, en marquant moins fortement ses appuis, en s’équilibrant un peu plus vers l’arrière des skis. Il faut se rappeler que skier sur la poudreuse, c’est comme skier sur l’eau, on flotte, la douceur s’impose.

Maîtriser le Planing et l'Utilisation des Straps en Windsurf

De la même manière que la carre d'un ski permet de diriger, le windsurf utilise un principe similaire avec les carres de la planche, actionnées principalement par les pieds. Pour un débutant, la première étape avant de penser aux prises de carres en pleine vitesse est de maîtriser le planing et l'insertion dans les straps.

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Pour une personne de 55 kg sur une planche Bluevelvet de 163 litres avec une voile de 5.7m², il y a des spécificités à considérer. D'abord, il faut enlever la dérive centrale sinon la planche ne planera pas. La dérive, en effet, empêche de monter en planing. Elle fait simplement giter la planche et a une incidence négative pour arriver au planing. Ensuite, il est conseillé de régler les straps très larges, cela sera plus facile pour les enfiler. Il est aussi recommandé de mettre les straps avant en position extérieure et de ne pas s'occuper des straps arrières au début, car le pratiquant n'est pas prêt de les enfiler. Un truc qui serait pas mal apparemment c'est de s'entraîner à chausser ses straps sur la plage sans voile. Pour ne pas galérer en cherchant les straps sur 3 bords pour les mettre, il est très utile d'aller à terre, de se poser sur le sable, de virer l'aileron et le gréement de la planche et de s'entraîner à trouver les straps les yeux fermés, en étant simplement debout sur la planche et en tâtonnant le moins possible. Cela développe la mémoire musculaire indispensable en navigation.

Une fois en mouvement, il faut s'obliger à passer les straps dès que la planche accélère. Après cela, c'est que du bonheur, le pilotage automatique est engagé. Lorsqu'on débute, l'idéal est d'être assez libre de ses mouvements pour bien comprendre pourquoi on doit mettre son poids sur le pied de mât au départ, les bras tendus sur le wishbone, mettre son poids dans la voile quand on voit une risée.

Une technique efficace pour déjauger la planche est de chausser le strap avant puis l'arrière, d'attraper un début de planing et SEULEMENT à ce moment-là, d'accrocher le harnais. On limite les catapultes de cette façon, évitant le scénario où le cul est en arrière, on est limite "debout" sur le pied avant strapé, le harnais tire et la rafale met en orbite du flotteur. Le windsurf, calé au fond du harnais, au taquet, les deux pieds dans les straps, c'est esthétique, mais le harnais peut être "vicieux" dans la phase "super débutant". Quitte à faire des sessions plus courtes sans harnais (la fatigue arrive 15 fois plus vite), il est souvent préférable de comprendre les appuis avant de se solidariser avec la voile. Le truc, c'est que quand on a la panique du débutant et qu'en plus on est solidarisé à la voile par le harnais (et le plus souvent un peu trop dans la voile !), on a du mal à se soucier de la position de ses pieds et des changements d'appui qu'ils peuvent entreprendre.

Diriger sa Planche en Windsurf : Le Rôle des Pieds et la Prise de Carre

La question de comment diriger la planche une fois au planing est cruciale. Comme mentionné précédemment, c'est quasiment identique aux autres sports de glisse : ce sont les pieds qui dirigent la board. Pour diriger, il faut avoir de très bons appuis sur ses pieds. Le Love Fist conseille de se pendre au wishbone comme un singe et de pousser à l'horizontale avec le pied avant pour faire glisser la planche vers l'avant.

La prise de carre en windsurf permet d'orienter la planche avec précision. En inclinant la planche d'un côté ou de l'autre grâce à la pression des pieds, on engage la carre dans l'eau, ce qui la fait tourner. Cela demande une coordination fine entre la position du corps, la pression sur la voile et, surtout, l'action des pieds. Une fois les pieds dans les straps, le corps du windsurfer devient une extension de la planche, permettant des ajustements subtils qui influencent la trajectoire. C'est cette sensation de pilotage "sur rails" qui s'apparente au carving en ski.

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Comprendre le Comportement de la Voile et du Vent Apparent

Un aspect souvent déroutant pour les débutants est le comportement de la voile, notamment en vent de travers. Si vous restez au travers, vous avez peu de chances de planer. Votre seule chance sera qu'une rafale vous envoie au largue, provoquant le déjaugeage. Au pire, en restant au travers, vous allez vous retrouver sur-toilé et votre voile, pincée par le vent, va changer de comportement, se mettre à contre et se plaquer contre vous. Cette faute est courante, et il est difficile de comprendre pourquoi la voile fait cela alors qu'on est en vent de travers.

C'est bizarre cette réaction de la voile ("pincée par le vent"), qui change de comportement. On pourrait penser qu'en vent de travers, il n'y a pas de problème. Est-ce parce qu'on va plus vite (avant le planing) et qu'avec le vent vitesse, le vent apparent devient plus frontal ? Oui, une voile fonctionne comme une aile d'avion. Le vent apparent est la somme vectorielle du vent réel et du vent vitesse généré par le mouvement de la planche. En vent de travers, en augmentant la vitesse, le vent apparent "remonte" vers l'avant de la planche, rendant la voile plus proche du vent de face, d'où cette sensation de "pincement" et de mise à contre si la voile est trop bordée ou l'angle de la planche inapproprié. Pour éviter cela, il est crucial d'abattre légèrement pour se positionner au largue et ainsi permettre à la voile de générer une portance optimale et de propulser la planche au planing.

L'Empannage (Jibe) : L'Application Avancée de la Prise de Carre en Windsurf

L'empannage, ou jibe, est l'une des manœuvres les plus emblématiques du windsurf, où la prise de carre joue un rôle prépondérant pour initier et contrôler la rotation de la planche. Le jibe est un sujet récurrent. Naish disait dans un des tout premiers livres sur le funboard que c'est la première figure qu'il faut apprendre à passer, et c'est la plus compliquée. Il y a plusieurs façons de l'écrire ("Jibe", "Jybe", "Gybe", "djaillebe"), ce qui suggère qu'il y a aussi plusieurs façons de le passer.

Celui qui navigue toujours sur le même spot avec le même matos passe toujours le même jibe, certainement à la perfection s'il l'a travaillé. Il n'imagine même pas qu'on puisse passer un jibe différemment que celui qu'il maîtrise. Pour les autres, il n'est pas possible de dire "pour passer un jibe, il faut faire comme ceci ou comme cela". S'il y a des similitudes et quelques principes communs, selon où l'on navigue, sur quel matériel, avec quelle force de vent, la technique sera différente.

Plusieurs facteurs influencent la technique d'empannage :

  • La force du vent : On ne jibe pas pareil dans 13 nœuds et dans 25 nœuds, encore moins dans 40 nœuds.
  • Le flotteur utilisé : Sur une planche de vagues ou sur une formula, on jibe, mais pas tout à fait de la même façon.
  • La trajectoire du bord suivant : Si on doit remonter au vent, le but va être de ne pas trop perdre de terrain, alors que pour un downwind, on s'en fiche. La technique, l'amorce et la relance du jibe s'en trouveront modifiées. Des fois, on fait un jibe tout simplement parce que… il faut tourner ! Quand on est au taquet, il y a la digue qui arrive ! Ou il y a carton, on a les cuisses qui ont fumé dans le bord d'avant, et si on se rate, la houle nous envoie dessus.
  • L'état du plan d'eau : Un jibe à Gruissan sur du flat n'a rien à voir avec un jibe dans le chantier de la baie de la Palmyre. Ceux qui ont fait la FunCup17 savent de quoi il s'agit. Passer des racing jibes à Gruissan est possible, mais ailleurs, sur des spots avec du clapot, c'est presque impossible. Si la planche décolle dans la courbe, c'est entorse assurée. Ensuite, à cause de la voile : le racing, avec 5.2, 6.3, 7.0, ça passe, avec 7.8 ou 8.5, c'est une autre histoire. Il paraît qu'il y en a qui en passent en formula, chapeau. Mais pour le windsurfer lambda, on en arrive à la formule suivante : grande voile + clapot = jibe de grand-père.

Le plus important, c'est le feeling de chacun. Les jibes des pros à Alaçati, de loin, donnent l'impression qu'ils jibent tous de la même façon, mais en fait, non, chacun a son style et sa technique, surtout au niveau du mouvement des mains (les pieds, ça va trop vite, on ne voit pas grand-chose, et l'écume masque le flotteur). Cela dit, il est vrai que l'on peut analyser différents types de jibes et en tirer des conclusions communes pour le jibe "moyen", à savoir "dans 18/20 nœuds, sur 105 litres avec 7.0 sur le flat" : le jibe idéal. On peut en faire une synthèse et en tirer les grands principes, puis adapter en fonction des exemples cités.

Techniques et Astuces pour l'Empannage

Pour apprendre à jiber, la première étape est de tout axer sur la rotation de la planche sans s'occuper de la voile, en gardant de la vitesse, donc la planche à plat et non cabrée en arrière. En naviguant travers, on enlève le pied arrière du strap et on le pose sous le vent entre le strap avant et arrière. Puis on abat en accélérant au maximum jusqu’à sentir le début de la zone de dévent. Il est important de bien connaître le moment où l'on rentre dans cette zone, car à partir de là, on ne pourra plus compter sur l'appui du vent dans le gréement pour s'équilibrer. À l'entrée de la zone de dévent, il faut commencer le jibe et ne plus s’arrêter avant qu'il soit fini. Pour cela, il faut mettre le poids de son corps sur l'avant (inutile de rester sur l'arrière puisque la pression du vent dans le gréement va être nulle) et à l’intérieur du virage (pour appuyer sur la carre intérieure et continuer à tourner). À la sortie de cette zone de dévent, le vent nous "rattrape".

Concernant la relance et le jibe, il faut noter que le changement d'amure peut ralentir. Si on a une assez bonne vitesse à l'entrée du jibe, mais que le vent est faible, la voile est très verticale et présente trop de surface au vent apparent. Ce qui fait que quand on se retrouve vent arrière, on rattrape la vitesse du vent, la voile se retrouve quelques fractions de secondes à-contre, et ça arrête. C'est pour contourner ce problème que le racing jibe a été inventé : la voile couchée n'a pas ou peu de prise et tout se fait en dynamique. Avec un vent faible, il n'est pas facile d'envoyer un racing jibe. La solution consiste à prendre un maximum de vitesse au travers, abattre pour accélérer encore en gardant la voile bien fermée, et appuyer fermement sur la carre. Il faut faire comme si on voulait pousser sa voile avec ses genoux, ce qui obligera à transférer son poids vers l'avant du flotteur et à garder un effet de carène (un maximum de surface mouillée pour garder le planing). En même temps, le pied arrière sur la carre continue à fermer le virage. Il ne sert pas seulement à appuyer pour faire tourner la planche, il doit aussi servir de ressort en appuyant fermement le flotteur, de sorte que quand on relâche la pression, le flotteur reprend de l'inertie en sortant de l'eau, un peu comme du carving en snowboard.

Quand le nose de la planche a passé l'axe tribord et qu'il est presque grand largue vers bâbord, il faut lâcher la main arrière en donnant de l'effet pour que la voile tourne plus vite (il faut que la main avant soit en pronation, sinon, on fait des nœuds). Et là, il ne faut pas rater le wishbone côté bâbord, car le premier coup de "bordage" de la voile va être déterminant pour la relance.

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