Dans le paysage contemporain de la foi et du ministère sacerdotal, l'abbé Stéphane Le Sonn incarne une figure de prêtre résolument engagée, à la fois dans les défis traditionnels de l'Église et dans des approches innovantes de l'évangélisation. Connu pour son ministère en Bretagne et notamment pour sa singulière initiative de bénédiction des surfeurs, son parcours récent l'a conduit à de nouvelles responsabilités, marquées par la disponibilité et une profonde conviction. Son engagement, tel que perçu par ses communautés, met en lumière un ministère dynamique, en constante évolution, et toujours au service du peuple de Dieu.
Un Chemin de Disponibilité : Le Nouveau Départ en Pays d'Iroise
La notion de disponibilité est au cœur du ministère sacerdotal, une vertu mise en évidence dès les paroles de Pierre à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre ». C'est dans cet esprit que l'on peut saisir la disponibilité du Père Stéphane Le Sonn face à de nouvelles responsabilités. Fin juin, juste avant les vacances, il lui a été demandé de devenir curé de la paroisse Saint-Mathieu en Pays d’Iroise. Pour des raisons diverses, cette nomination fut un appel auquel il a répondu favorablement. Le Père Stéphane Le Sonn a accepté volontiers cette nomination, démontrant un engagement profond envers sa vocation, même s’il fallait quitter la paroisse Notre-Dame de la Joie en Pays bigouden où il était heureux et apprécié. Le départ d'une paroisse où l'on a tissé de nombreux liens est toujours une épreuve, mais l'Évangile nous rappelle la promesse de Jésus à Pierre de retrouver au centuple ce qu’il a laissé, une perspective qui guide ces transitions.
Cette décision, annoncée par Monseigneur Laurent Dognin, vicaire épiscopal, a marqué un tournant important dans la vie du Père Stéphane Le Sonn. En effet, par décision de Mgr Laurent Dognin, le Père Stéphane Le Sonn, vicaire épiscopal, curé de la paroisse Notre-Dame de la Joie en Pays bigouden, vient d’être nommé curé de la paroisse Saint-Mathieu en Pays d’Iroise. Cette nomination est une reconnaissance de son travail et de son dévouement, et elle l'appelle à un nouveau chapitre de son ministère. Dans un courrier adressé à ses paroissiens, l’abbé Le Sonn a fait savoir qu’après six années passées au sein de la paroisse Notre-Dame de la Joie, il avait tissé tant de liens amicaux et fraternels qu’il lui était dur de partir. Il a tenu à exprimer son affection pour sa communauté, déclarant : « J’ai vraiment aimé notre paroisse Notre-Dame de la joie en Pays Bigouden. »
Le Père Stéphane Le Sonn rejoindra cette nouvelle paroisse au mois de septembre, entamant ainsi une nouvelle phase de son service pastoral. La paroisse Saint-Mathieu en Pays d’Iroise, une communauté vaste et diverse, regroupe 48 214 habitants et rassemble une multitude de communes et d'îles, témoignant de l'étendue de sa nouvelle mission. Parmi elles figurent Brélès, les îles Molène et Ouessant, Lamber, Lampaul-Plouarzel, Lampaul-Ploudalmézeau, Landunvez, Lanildut, Lanrivoaré, Le Conquet, Milizac-Guipronvel, Plouarzel, Ploudalmézeau, Plougonvelin, Plouguin, Ploumoguer, Plourin-Ploudalmézeau, Porspoder, Portsall, Saint-Pabu, Saint-Renan, Trébabu, Tréouergat, et Trézien. Cette liste éloquente souligne l'ampleur géographique et humaine de la charge pastorale qui lui est confiée. Il a également précisé que, pendant un an, la paroisse Notre-Dame de la Joie en Pays bigouden sera administrée par le père Armand Guézingar, assurant ainsi la continuité du ministère dans sa précédente affectation.
Le départ du Père Stéphane Le Sonn de la paroisse Notre-Dame de la Joie en Pays bigouden ne s'est pas fait sans émotion. Nommé curé de la paroisse Saint-Mathieu en Pays d’Iroise, un merci et un kénavo lui ont été adressés, dimanche, à l’issue de la grand-messe du Pardon de Notre-Dame-de-la-Clarté. Cette cérémonie a été l'occasion pour la communauté paroissiale de lui exprimer sa gratitude. Au nom de cette communauté, Élisabeth Bataille s’est adressée à l’Abbé Stéphane Le Sonn, rappelant que durant six ans, il avait exercé son ministère dans les 17 clochers dont il avait la responsabilité. Elle a souligné ses qualités humaines et pastorales, déclarant avec ferveur : « Merci pour la joie que tu portes en toi, ta disponibilité, ta patience ; tu as su, toi le Glazik, comprendre les Bigoudens et les accueillir dans ton cœur. » Elle a également salué son dévouement : « Merci pour le travail accompli, ta présence discrète et efficace, ton témoignage de foi au quotidien, ton message évangélique, tes homélies qui savaient nous bousculer, mais toujours avec leurs petites notes d’humour. » En guise de souhaits pour l'avenir, elle a ajouté : « Désormais, nos prières t’accompagnent dans ta nouvelle mission, dans le Léon, à Saint-Renan, où nous espérons que tu seras bien accueilli. »
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Le Père Stéphane Le Sonn a répondu à ces marques d'affection avec un sourire, indiquant qu'il considérait ce vœu comme pleinement exaucé. Il a partagé l'accueil chaleureux qu'il a déjà perçu : « les Léonards m’ont prié de dire aux Bigoudens qu’ils sont aussi très gentils et accueillants. » Il a également réaffirmé son propre bonheur au cours de ses années passées en Bigoudénie, soulignant la richesse de son expérience : « J’ai été très heureux d’exercer son ministère en Bigoudénie. J’ai été comblé, reconnaissant, a-t-il dit, par la disponibilité des prêtres, des laïcs, des 300 bénévoles, dont beaucoup travaillent dans l’ombre. » Ces paroles témoignent d'un ministère vécu dans la communion et la collaboration, des valeurs essentielles pour la vitalité de l'Église.
Le "Prêtre Surfeur" : Quand la Foi Rencontre les Vagues
Au-delà de ses responsabilités paroissiales traditionnelles, le Père Stéphane Le Sonn s'est distingué par une initiative originale et emblématique qui lui a valu le surnom affectueux de "prêtre surfeur". Cette démarche illustre une manière innovante de porter le message évangélique dans des milieux moins conventionnels. En Bretagne, ce prêtre a instauré une bénédiction des surfeurs et de leur planche, une pratique qui, par sa nature même, a suscité l'intérêt et la curiosité. Cette initiative est née d’une réflexion profonde sur la foi et ses liens avec les expériences humaines, même les plus sportives.
L'idée originale de cette bénédiction est à mettre au crédit de Gérard Le Stang, ancien vicaire général du diocèse de Quimper et lui-même bodyboardeur, qui a su voir le potentiel d'une telle démarche. Le modèle de cette bénédiction trouve ses racines dans le traditionnel pardon des motards, une pratique déjà établie et appréciée dans d'autres régions. Par exemple, une initiative similaire est née lors d’un dîner entre motards où il a été partagé que le père de la paroisse Saint-Hilaire en Pays Royannais, Christophe de la Chanonie, avait reçu de l’évêque de La Rochelle la mission de bénir les motards. Bien que cela n’ait pas pu se faire immédiatement, cette inspiration a conduit à un événement où une centaine de motards du département se sont fait bénir par le « prêtre surfeur » ce samedi 17 juin dans le jardin du presbytère à Saint-Sulpice-de-Royan. Cet événement, qui n'avait pas cherché une grande publicité pour ne pas être débordé, a finalement réuni une foule enthousiaste : « On a eu du monde et tout le monde a été ravi. On remettra ça l’an prochain », avait prévenu Michel Salmon. Cette journée a également été l’occasion d’une sortie en groupe et d’un repas champêtre, soulignant la dimension communautaire de ces bénédictions. La préparation de tels événements n'est pas simple ; il a fallu dessiner le parcours de la balade en Haute Saintonge en tenant compte des zones Natura 2 000, et l’autorisation de la préfecture est arrivée au dernier moment, provoquant « un ouf de soulagement avant un vrai moment de bonheur. » Après cette sortie au grand air, le père de la Chanonie a donc procédé aux bénédictions par groupes de dix, aidé du prêtre Mickaël Rochefort et d’un prêtre colombien. Les participants sont repartis enchantés après avoir assisté au concert du père de la Chanonie, qui, en plus de revêtir la soutane et de surfer, est aussi auteur-compositeur. Ce contexte du pardon des motards offre une compréhension plus riche de l'inspiration derrière la bénédiction des surfeurs initiée par le Père Stéphane Le Sonn.
Le Père Stéphane Le Sonn a su établir un parallèle éloquent entre le monde du surf et l'expérience de la foi. Ses mots, pleins d’humour et de sagesse, résonnent avec beaucoup : « Le surf c’est un peu comme la foi. Il faut ramer, c’est un peu dur parfois, mais au final ça en vaut la peine. » Cette analogie parle directement aux adeptes des sports de glisse, leur offrant une porte d'entrée inattendue vers des questions spirituelles. Cette bénédiction a réuni la dernière fois de nombreux surfeurs, démontrant l'attrait de cette approche.
L'ancrage de cette initiative dans la culture bretonne est également significatif. Le traditionnel pardon de Tronoen, à Saint-Jean-Trolimon, a accueilli pour la 4ème fois les surfeurs et autres adeptes des sports de glisse. Cet événement unique voit la messe suivie d'une procession où se mêlaient bannières et planches de surf, unissant tradition religieuse et passion contemporaine. Il est à noter que c'est un peu plus loin, à La Torche sur la commune de Ploemeur, que se trouve le spot n°1 du surf en Bretagne, un lieu emblématique pour les pratiquants. Mais la région n'est pas seulement dédiée au surf ; la planche à voile, le paddle board, le kite-surf, le beach kite et le char à voile se pratiquent dans toute la baie d'Audierne. Les sports de glisse et la voile sont devenus la première activité de détente en Bretagne, aux côtés de la randonnée qui, elle, ne nécessite qu'une bonne paire de chaussures. Le Père Stéphane Le Sonn, à travers son amour pour ces activités, a trouvé un moyen d'être proche de ceux qui les pratiquent. Et au père Stéphane Le Sonn le mot de la fin, teinté d'autodérision et de détermination : « Je ne vais pas faire comme celui auquel je crois, à savoir marcher sur l’eau mais je vais progresser en surf. J’adore ça. » Cette approche, combinant authenticité, humour et une incarnation de la foi dans le quotidien, rend son ministère particulièrement percutant et accessible.
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Les Fondements du Ministère Sacerdotal : Enseigner, Sanctifier, Conduire
Le ministère du prêtre est structuré autour de trois charges fondamentales, telles qu'elles ont été confiées par le Christ à ses apôtres et transmises à travers les âges. Ces charges, celle d’enseigner, de sanctifier et de conduire le peuple de Dieu, constituent l'essence même de la mission sacerdotale, et le Père Stéphane Le Sonn, comme tout curé, est appelé à les assumer pleinement dans sa nouvelle paroisse du Pays d'Iroise.
La Tâche d'Enseigner : Annoncer et Faire Comprendre la Bonne Nouvelle
La première tâche, fondamentale, est celle d’enseigner. Il s’agit bien sûr d’annoncer la Bonne Nouvelle et de la faire comprendre comme l’a fait Jésus quand il enseignait les foules. Le prêtre, dans cette mission, ne se positionne pas comme supérieur aux autres. Au contraire, il doit se nourrir lui-même de cette Parole de Dieu, dont l’auteur de la Lettre aux Hébreux dit qu’elle « juge des intentions et des pensées du cœur ». Cette nourriture personnelle est indispensable : le prêtre doit se convertir lui-même et vivre en cohérence avec cette Parole pour pouvoir la transmettre avec authenticité.
Mais il a aussi la charge de la transmettre et de l’enseigner à tous. Cela passe par les homélies, qui sont des moments privilégiés de partage et d'explication des Écritures, les enseignements catéchétiques et la catéchèse, qui fournissent une formation structurée à la foi. Et aujourd’hui, toutes les générations sont concernées, pas seulement les enfants. Il est de plus en plus fréquent de constater que des adultes demandent à recevoir eux-mêmes une catéchèse et les sacrements, car ils ne se contentent plus de ce qu’ils ont pu apprendre dans leur jeunesse. Cette soif de connaissance et d'approfondissement de la foi est un signe des temps.
Maintenant, c’est toute la famille qui est donc appelée à grandir dans la foi dans un contexte de société qui n’est plus porteur. Face à ce défi, une démarche significative a été lancée : c’est pourquoi nous avons décidé de lancer un chemin synodal diocésain qui a pour thème « Devenir chrétiens en famille ». Cette démarche a pour objectif de nous donner un élan pour mieux accueillir les familles, celles qui vont bien, mais aussi celles qui vivent des épreuves ou qui sont divisées. Cette approche inclusive reconnaît la diversité des situations familiales et n'exclut donc pas les familles monoparentales et les personnes qui n’ont plus de liens familiaux et qui sont seules. C'est un temps dédié à les accompagner et à être à même de mieux les soutenir dans leur vie et dans leur foi, un engagement qui résonne avec la volonté de l'Église d'être toujours plus proche de chacun.
La Tâche de Sanctifier : Susciter la Vie de Prière et Célébrer les Sacrements
La deuxième tâche du prêtre c’est de sanctifier le peuple qui lui est confié. Cette mission implique de susciter une vie de prière, à la fois personnelle et communautaire, car la prière est le souffle de la vie spirituelle. Elle passe également par la célébration des sacrements par lesquels le Seigneur nous communique sa vie. Parmi ces sacrements, le sacrement du pardon et de l’eucharistie sont des moyens privilégiés que le Seigneur nous donne pour nous aider à tenir bon dans le combat spirituel. Ils sont des sources de grâce et de renouveau, essentielles pour la persévérance des fidèles. C’est bien cela que Jésus promet dans l’Évangile de ce jour quand il dit que « tout est possible à Dieu », une affirmation qui rappelle la puissance de la grâce divine à l'œuvre à travers les sacrements. De fait, la prière et les sacrements nous sanctifient pour que nous soyons capables d’être disciples de Jésus, nous transformant et nous fortifiant sur le chemin de la foi.
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La Tâche de Conduire : Mener le Peuple de Dieu sur les Pas du Christ
La troisième tâche, enfin, est celle de conduire le peuple de Dieu à la suite du Christ. Lui qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), offre la direction ultime pour l'humanité. Les prêtres doivent assumer cette charge à la manière du Christ lui-même, qui s’est fait le serviteur en lavant les pieds de ses disciples, en accueillant les pécheurs et ceux qui étaient rejetés, en se faisant proche des malades et des personnes éprouvées. Le curé prend soin de son peuple, comme l’évoque l’étymologie même du mot Curé, qui signifie "celui qui a la charge des âmes". Il prend soin des âmes, une responsabilité immense qui demande un engagement total et une grande humilité, à l'image du Bon Pasteur.