Le réglage et la manipulation du gréement courant constituent le cœur de l’expérience de navigation. Une mésaventure classique, comme celle d'un mousqueton qui termine sa course en tête de mât au niveau du réa, illustre l'importance cruciale de la maintenance et de la compréhension du cheminement des drisses. Que vous naviguiez sur un plan d’eau calme ou dans des conditions plus agitées, la maîtrise du positionnement de ces cordages est fondamentale pour la sécurité et la performance de votre embarcation.
Les fondamentaux du gréement courant : Drisses et Écoutes
Sur un voilier, la drisse et l’écoute sont deux cordages essentiels du gréement courant, chacun ayant une fonction bien distincte. La drisse bateau sert à hisser ou affaler une voile, c’est-à-dire à la monter ou la descendre le long du mât. Chaque voile dispose généralement de sa propre drisse, comme celle de la grand-voile ou du génois. De son côté, une écoute sert à régler l’angle de la voile par rapport au vent, jouant un rôle crucial dans la propulsion du bateau. La différence entre drisse et écoute réside donc dans leur fonction : la drisse agit verticalement pour positionner la voile, quand l’écoute agit horizontalement pour l’orienter.
Ainsi, les manœuvres courantes doivent être installées dans le but d’amener une grande stabilité pour favoriser la transmission de l’énergie accumulée grâce au vent. Un réglage précis des voiles est indispensable pour profiter pleinement des performances de votre voilier. Le choix du diamètre, de la drisse bateau ou de l'écoute, devra être adapté à votre voilier, en tenant compte de plusieurs critères clés : un faible allongement sous tension, une résistance à la rupture appropriée et une bonne durabilité selon le type d’embarcation et la pratique de la voile. Il faut aussi connaître sa charge de rupture maximale, sa résistance, son diamètre ainsi que sa longueur.
Sélection des matériaux et caractéristiques techniques
Les principales fibres qui composent les âmes et gaines des gréements courants évoqués dans ce guide sont le polyester et le dyneema. Le polyester est en effet très utilisé pour la fabrication de bouts. Certains modèles sont préétirés et stabilisés à chaud. Son séchage rapide, sa souplesse et sa tolérance aux rayons UV en font une matière idéale qui toutefois n’est pas flottante.
D'un autre côté, le dyneema est considéré comme la fibre révolutionnaire puisqu’elle dispose d’un très faible taux d’allongement. D’ailleurs, sa performance tient au fait qu’elle est parfaitement adaptée au milieu aquatique, puisqu’en plus de tous ces éléments déjà cités, cette fibre est résistante aux UV, à la fatigue, est hydrophobe (donc flottante) et permet de réduire le diamètre de vos manœuvres. Son prix est par conséquent plus important que le polyester. Les régatiers, notamment, sont attentifs au poids des drisses bateau afin de limiter la masse en hauteur sur le gréement. Par vent faible, le poids des cordages joue aussi un rôle clé. Si vous remplacez des drisses ou écoutes dont les longueurs actuelles vous conviennent, le plus simple est de les mesurer directement. Pour les drisses bateau, on prévoit généralement une longueur équivalente à 2,5 fois la hauteur du mât.
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Architecture du mât et passage des manœuvres
L'installation des drisses dépend largement de la conception du mât. Les mâts les plus anciens ont des drisses de spi et des balancines de tangon extérieures ; il y a alors de simples pontets rivetés qui reçoivent les poulies. Sur les mâts un peu plus récents, ces manœuvres sont internes. Avec des jumelles, tu verras mieux l'équipement de ton mât en altitude. Un bon truc aussi est la photo numérique.
Pour le foc, il vaut mieux mettre un palan 6 brins en pied de mât. Quant à la grand-voile (GV), il est préférable d'utiliser un point fixe de la GV en tête de mât, puis de passer dans une petite manille frappée sur la têtière de la GV, de passer dans le réa en tête de mât, puis en pied de mât. Enfin, poser un clam en alu sur le mât permet d'étarquer la drisse efficacement. Il est clair qu'il faut un bon clam en alu. Certains modèles, comme sur les Cinquos, utilisent deux clam-cleats l'un derrière l'autre pour coincer la drisse de GV, ou des taquets Harken sur une mini tourelle.
Méthodes de remplacement et astuces de passage
Si vous devez repasser une drisse, le plus simple est d'accrocher la nouvelle drisse à un bout de l'ancienne, et de tirer à l'autre bout. Si vous les avez déjà démontées, il faut au préalable passer un messager, un bout très fin, genre ficelle de cuisine.
Une astuce efficace consiste à y accrocher un petit morceau de métal, genre queue de rivet, et à le faire passer dans le mât à l'aide d'un aimant puissant. Astuce : récupérez un disque dur hors service et ouvrez-le. À l'intérieur, vous trouverez des disques métalliques et surtout deux aimants très puissants.
Une autre méthode consiste à utiliser une gaine de dérailleur de vélo. Il y a plusieurs diamètres, il faut prendre le modèle le plus rigide. En serrant la drisse contre le câble sur 10 cm avec du fil de fer assez fin, le passage s'effectue comme une lettre à la poste. Enfin, pour les plus audacieux, il existe la technique de l'aspirateur et du fil à coudre : il suffit d'aspirer là où on veut le voir ressortir et de rentrer le fil à l'autre bout. Cela fonctionne quel que soit la position du mât, à condition que l'aspirateur soit assez puissant pour agir sur la longueur du mât.
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