La navigation en catamaran, qu'il s'agisse de grandes traversées océaniques ou de croisières côtières, impose des exigences techniques rigoureuses. La priorité absolue pour tous les marins demeure la sécurité, facteur clé qui doit guider chaque choix d'aménagement. Si l'on peut accepter en course des risques en toute connaissance de cause, en voyage, une marge de sécurité très importante est fondamentale. Le chantier Outremer, fort d'une expérience accumulée sur plus de trois millions de milles parcourus par ses unités sur toutes les mers, du globe, de l'Alaska à la Patagonie, a su instaurer une culture où la fiabilité de chaque système est éprouvée. Cette philosophie s'étend naturellement à l'accès au bord, un point de jonction critique entre le navire et le quai.
La philosophie de la conception et la sécurité à bord
La qualité de vie à bord dépend essentiellement du confort en mer. Tous les éléments sont réunis sur un catamaran pour profiter d’une qualité de vie incomparable : qualité du sommeil permise grâce aux mouvements plus doux, absence de chocs sous la nacelle, tangage réduit permettant aussi de cuisiner dans de bonnes conditions. Parce que le plaisir partagé de l’équipage est la garantie d’une vie à bord harmonieuse, le chantier prend en compte les besoins de tous, skipper, équipiers, enfants, passagers. Tous peuvent apprécier la visibilité sur 360°, la parfaite ventilation, l’ergonomie totale.
Pour maintenir ces standards, le chantier apporte un soin particulier à ses finitions, par ses choix technologiques et la sélection des marques des équipements qu’il installe sur ses voiliers. Cependant, l'équipement, aussi sophistiqué soit-il, doit répondre à des besoins pragmatiques. Les modèles du chantier Outremer ne sont bien sûr pas des voiliers de course, mais ils sont parmi les plus rapides des bateaux de croisière. Cette performance repose sur des carènes étudiées et optimisées, des coques longues pour porter la charge nécessaire et réduire la résistance à l’avancement, et des dérives indispensables pour garantir une bonne remontée au vent, même dans des configurations difficiles. Chaque système, y compris les interfaces d'accès, doit s'intégrer dans cette logique de poids maîtrisé et d'efficacité structurelle.
L'interface quai-navire : une question de sécurité avant tout
Dans l'univers du voyage au long cours, l'avis des bourlingueurs varie considérablement sur la nécessité d'une passerelle fixe. Certains considèrent qu'à bord, une échelle de deux mètres pour descendre du bateau quand il est posé, couplée à une planche de deux mètres pour intercaler entre deux pare-battages et un quai irrégulier, constitue une solution suffisante. Pourtant, dès lors que l'on évolue dans des zones comme la Méditerranée orientale, la perspective change radicalement.
Ne vous y trompez pas, ici, en Méditerranée orientale, la passerelle est un élément de sécurité essentiel. En effet, si votre sveltesse et votre allant vous permettent de bondir élégamment depuis votre superbe navire vers le ponton ou le quai tout proche, il en va tout autrement de la créature de rêve vous accompagnant. Bien que je sois une skippette agile et légère, je pense aussi que la passerelle est un élément de sécurité. On peut arriver à sauter sur le bateau depuis le quai par mer agitée si quelqu'un aide en tirant sur une amarre pour rapprocher le bateau, mais si celui-ci a entamé une danse de Saint Guy en se mettant de travers par vent fort, l'exercice en solo devient périlleux. Il faut souligner que les seuls accidents de personnes que j'ai eu à déplorer à bord avaient pour cadre l'accès quai-bateau, toujours quand par flemme je négligeais la pose de la passerelle.
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Solutions techniques : du bricolage ingénieux à l'équipement industriel
La conception d'un accès peut varier du simple système D à l'ingénierie avancée. Pour une solution provisoire et économique, on peut imaginer une solide échelle en aluminium de 3 mètres, quelques longues chutes de contreplaqué de 12 mm se chevauchant et fixées entre les montants tous les deux barreaux par des boulons. Cette réalisation, pour quelques dizaines d'euros et deux heures de bricolage, peut servir de passerelle ou de pare-battage contre les quais difficiles. Toutefois, cette option soulève la problématique du rangement. Où ranger le bazar une fois en navigation ? Contre les filières, cela gêne les manœuvres, offre une prise au vent et présente un danger si ça se décroche.
À l'opposé, l'industrie propose des solutions intégrées, comme celles développées par Besenzoni depuis 1967. Cette entreprise, née comme chantier naval, s'est transformée en équipementier spécialiste des passerelles d'accès fixées sur le tableau arrière. Dès 1985, la première passerelle hydraulique télécommandée est devenue le produit iconique de la marque. Aujourd'hui, l'évolution technologique favorise les passerelles électriques. Ces modèles ne nécessitant pas de centrale électro-hydraulique rendent l'installation plus légère. L'installation électrique en 12V ou 24V continu consomme moins d'énergie, permettant l'utilisation de câbles de plus faible section. Outre ces aspects environnementaux, ces systèmes se distinguent par leur caractère silencieux et leur compacité, libérant de l'espace précieux en salle machine, un atout majeur sur un catamaran où chaque mètre carré compte.
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