Guide complet de la navigation en stand-up paddle sur le réseau des voies navigables françaises

La pratique du stand-up paddle (SUP) sur les canaux et rivières gérés par Voies navigables de France (VNF) représente une expérience unique, mêlant immersion dans la nature et découverte du patrimoine fluvial. Si ces voies d’eau offrent un terrain de jeu exceptionnel, elles sont avant tout des infrastructures complexes soumises à une réglementation stricte garantissant la sécurité des usagers et le bon fonctionnement de la navigation professionnelle et de plaisance.

Le cadre réglementaire de la navigation fluviale

Le réseau géré par VNF, qui s’étend sur plus de 6 700 km, est régi par des principes de sécurité publique et de police de la navigation. Le canal est une voie publique et ne nécessite aucune autorisation pour y circuler sous réserve de respecter le règlement particulier de police du canal des Deux Mers. Toutefois, il est impératif de comprendre que vous n’avez pas la priorité envers les autres embarcations. La cohabitation avec la navigation professionnelle ou de plaisance nécessite une vigilance constante, surtout lors du croisement de convois de gabarit important.

Pour les propriétaires d'embarcations, il convient de noter qu’un péage est appliqué à la navigation de plaisance privée et professionnelle sur les voies d’eau gérées par VNF. Ce droit de navigation est à acquitter par tout propriétaire de bateaux de plaisance ayant une embarcation de longueur supérieure à 5m ou dotée d’un moteur de 9,9CV (soit 7,29Kw) ou plus. Bien que le paddle, en tant qu'embarcation mue à la force humaine, soit soumis à des règles spécifiques, la connaissance des « Règlements généraux et particuliers de police » est une étape indispensable avant toute mise à l’eau. Ces documents, disponibles sur le site de Voies navigables de France (VNF) et parfois sur les sites des préfectures, recensent notamment les tronçons autorisés et les zones interdites.

Sécurité et interdictions strictes

L'une des confusions les plus fréquentes concerne la baignade. Les canaux et rivières françaises ne sont pas faits pour la baignade, hors espaces aménagés. Celles-ci y est dangereuse et, sauf exceptions, y est interdite rappelle Voies navigables de France (VNF) dans une campagne de prévention lancée cet été. Chaque année de nombreux accidents, souvent mortels, sont malheureusement à déplorer dans les canaux et rivières de France. Selon l’enquête Noyades réalisée par Santé publique France, plus de 20% des noyades accidentelles ont lieu chaque année dans des cours d’eau ou sur des plans d’eau et celles-ci représentent 40% des noyades mortelles.

La baignade est strictement interdite sur l’ensemble du canal des deux mers. VNF rappelle également qu’il est strictement interdit de se baigner en amont, en aval des écluses et des barrages, et même à l’intérieur des écluses, en raison du danger que représentent ces ouvrages et des manœuvres qui y sont effectuées. De même, le franchissement des barrages est interdit à tous types d’embarcations, les risques de noyade étant réels. Enfin, les voies d’eau étant dédiées à la navigation fluviale, le risque de se faire heurter par les bateaux de commerce ou de plaisance y est élevé. Dans l’eau trouble des canaux et rivières, l’endroit où sont construits les ponts, se cachent des ouvrages qui, en cas de saut, peuvent se révéler mortels : blocs de béton, pieux métalliques, amoncellement de roches. De plus, les canaux et rivières sont peu profonds ce qui accentue le risque d’accidents.

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Les spécificités du Canal du Midi

Le Canal du Midi, axe majeur du tourisme fluvial reliant Toulouse à l’étang de Thau, impose une logistique particulière. Pour le parcourir, il faut passer 63 écluses : 45 écluses simples, 12 doubles, 4 triples, 1 quadruple et même 1 octuple (raccourcie à 6 sas aujourd’hui). On parle alors fréquemment d’échelle d’écluses. Pour un pratiquant de stand-up paddle, ces ouvrages constituent les principales difficultés techniques. Le tronçon le plus « épuisant » au regard du nombre de systèmes d’écluses contournés est celui entre Castelnaudary et Carcassonne.

La navigation en paddle sur cet itinéraire nécessite une organisation rigoureuse. Concernant le bivouac, le stationnement est toléré s’il s’agit d’un arrêt pour la journée ou pour la nuit. En dehors des ports, sur les zones autorisées par les communes et le linéaire en général, il est possible de passer la nuit en attendant l’heure d’ouverture des écluses le lendemain. Dans ce dernier cas, le stationnement sur un ponton d’attente aux écluses est aussi autorisé. Toutefois, un bateau stationnaire, en stationnement sur une zone autorisée par la commune, doit être titulaire d’une convention d’occupation temporaire (COT) délivrée par Voies Navigables de France, comme stipulé par l’article L. 2125-1 du Code Général de la Propriété des Personnes Publiques (CGPPP) : Toute occupation ou utilisation du domaine public d’une personne publique mentionnée à l’article L. 1 donne lieu au paiement d’une redevance. Sachez que si une tolérance de quelques jours peut être accordée, VNF peut vous demander de conclure une COT dès la première journée.

Organisation d'une itinérance en stand-up paddle

L'itinérance sur plusieurs jours demande une réflexion approfondie sur le matériel. Le choix d'un paddle type randonnée, équipé de systèmes de fixation pour le chargement, est essentiel. Pour la gestion des repas, privilégier le lyophilisé permet un gain non négligeable de masse et d’encombrement pour une valeur énergétique équivalente à d’autres solutions. La consommation d’eau s’en trouve réduite et maîtrisée, ce qui n’est pas une mauvaise chose étant donné la difficulté à s’approvisionner en eau douce et potable sur le Canal du Midi. Imaginer s’approvisionner en eau aux écluses est un vœu relativement proche de l’utopie à quelques exceptions près.

La pratique de la pêche à l’aimant est, quant à elle, strictement encadrée. Elle est interdite sauf autorisation préalable de l’État. Présentée le plus souvent comme une activité bénévole visant à permettre la dépollution des cours d’eau, cette pratique est en réalité illégale à défaut d’obtenir une autorisation préalable de l’État. Elle n’est pas du tout encouragée, car indépendamment des risques que fait courir cet exercice sur la faune et la flore, ainsi que pour les personnes en cas de mise au jour d’objets dangereux, tels que des munitions ou autres objets explosifs, la pratique de la pêche à l’aimant est susceptible de causer la détérioration, la dégradation, voire la destruction du patrimoine archéologique.

Variabilité des conditions et accès en Île-de-France

Si le Canal du Midi propose une expérience continue, la situation en Île-de-France est plus complexe en raison de la densité du trafic et de la multiplicité des règlements. Sur la Seine, la Marne ou l’Oise, il existe bon nombre de restrictions à connaître. Dans Paris intra-muros, la navigation en paddle est strictement interdite. C’est le cas sur la Seine entre les ponts amont et aval du périphérique, mais aussi sur le canal Saint-Martin, le canal Saint-Denis ou même le canal de l’Ourcq. Inutile donc de s’aventurer à gonfler votre paddle au bassin de la Villette ou sur les quais de Pantin : c’est interdit.

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En revanche, à l'est de Paris, la navigation en paddle sur la Marne est autorisée presque partout. Sur l’Oise, la situation est plus contrastée : lorsque la rivière arrive dans le Val-d’Oise, seul le bras mort de Noisy-sur-Oise et une petite portion située entre le pont SNCF de Mours et le pont de Persan à Beaumont-sur-Oise sont autorisés. Le seul véritable tronçon autorisé permet une très belle balade de 13 km, entre le pont ferroviaire de Mériel-Butry et l’île Saint-Martin à Pontoise. Il est important de consulter systématiquement les règlements particuliers de police (RPPi) disponibles auprès de VNF avant d’envisager une sortie.

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