L'otite du plongeur, aussi connue sous le nom d'otite externe ou otite du baigneur, est une affection courante chez les plongeurs et les personnes exposées fréquemment à l'eau. Cet article vous fournira des informations complètes sur les causes, les symptômes, les traitements et les mesures préventives pour gérer efficacement cette infection désagréable.
Introduction
Imaginez-vous en pleine croisière de plongée, profitant pleinement de vos vacances sous-marines. Soudain, une démangeaison suivie d'une douleur à l'oreille se manifeste. Il est fort probable que vous soyez en train de développer une otite externe, une infection fréquente chez les plongeurs, souvent contractée au contact de l'eau. Cet article a pour but de vous équiper avec les connaissances nécessaires pour traiter et prévenir cette infection, afin de ne pas laisser une otite gâcher vos aventures sous-marines.
Quelles sont les causes de l'otite du plongeur ?
L’otite du plongeur est une infection du conduit auditif externe. Elle apparaît généralement à la suite de plongées répétées. La stagnation de l’eau dans l’oreille et l’humidité quasi-constante dans le conduit auditif sont les principales causes de l’apparition de cette infection. Ces deux facteurs affectent la couche protectrice de cérumen que nous avons au niveau du conduit auditif externe. Sans cette protection naturelle, l’oreille externe est moins protégée et les bactéries en profitent pour se développer et provoquer une otite.
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à l'apparition de l'otite du plongeur :
- Exposition à l'eau: La stagnation d'eau dans le conduit auditif, en particulier après des plongées répétées, crée un environnement humide propice à la prolifération bactérienne.
- Altération du cérumen: Le cérumen, cette substance jaunâtre présente dans l'oreille, joue un rôle protecteur en empêchant le contact direct de la peau avec l'eau et l'humidité. Une production insuffisante ou un retrait excessif du cérumen peut augmenter le risque d'infection. L'utilisation excessive de coton-tige peut retirer cette fameuse couche protectrice et vous exposer donc à un plus grand risque d’infection. Dans le deuxième cas, vous risquez de créer un bouchon de cérumen. Ce bouchon de cérumen peut bloquer l’eau dans votre oreille une fois la plongée terminée, et augmenter par la même occasion la probabilité d’attraper une otite.
- Facteurs environnementaux: Les eaux chaudes, souvent rencontrées lors de plongées tropicales (Indonésie, Thaïlande), sont particulièrement favorables au développement de la flore microbienne responsable des otites.
- Corps étrangers: L'introduction de corps étrangers dans l'oreille, comme des cotons-tiges, peut provoquer des éraflures et faciliter l'entrée des bactéries.
Symptômes de l'otite du plongeur
Reconnaître les symptômes de l'otite du plongeur est crucial pour une prise en charge rapide et efficace. Les signes courants incluent :
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- Douleur à l'oreille : Une petite douleur ressentie par hasard, en mastiquant ou en se touchant machinalement l’oreille, lorsqu’on s’habille ou qu’on met son masque de plongée par exemple, est une bonne indication que quelque chose se trame. Tirez-vous le lobe de l’oreille. La douleur augmente rapidement, l’oreille démange.
- Démangeaisons : Une sensation de démangeaison intense à l'intérieur de l'oreille.
- Sensation d'oreille bouchée : Une impression d'oreille obstruée ou pleine.
- Rougeur et gonflement : Une inflammation visible du conduit auditif externe.
- Écoulement : Un écoulement de liquide clair, purulent ou sanguinolent.
- Perte d'audition : Au risque de radoter, en tant que plongeur, il est indispensable de prendre sérieusement des signes de perte d’audition, même légers : en fonction de ce qu’il a pu se passer sous l’eau, la perte d’audition peut révéler non pas une otite externe mais un barotraumatisme.
- Sensibilité : Une douleur accrue lors de la manipulation de l'oreille ou de la mastication.
Attention : Les vertiges ne sont pas un symptôme typique de l'otite externe. Si vous ressentez des vertiges après une plongée, cela peut indiquer un barotraumatisme ou un autre problème et nécessite une attention médicale immédiate.
Traitement de l'otite du plongeur
Le traitement de l'otite du plongeur vise à éliminer l'infection et à soulager les symptômes. Plusieurs options sont disponibles, allant des remèdes maison aux médicaments prescrits par un médecin.
Gouttes auriculaires
- Gouttes antibiotiques : Pour avoir travaillé à Raja Ampat où l’accès aux soins est plus que relatif, nous pouvons confirmer l’efficacité des gouttes Otopain, antibiotique et antiseptique directement indiqué dans le cas d’otite externe. Vous n’avez pas de gouttes antibiotiques avec vous ? Demandez à votre directeur de croisière ou au responsable du centre de plongée.
- Alcool boriqué : L’alcool boriqué est une solution antiseptique assez efficace dans le traitement d’une otite externe. Une fois l’oreille rincée et séchée, instillez 4 à 5 gouttes dans l’oreille infectée 2 à 3 fois par jour, la tête penchée sur le côté. Évitez de toucher votre oreille avec la pipette lors de l’administration des gouttes. Attendez quelques secondes que le produit descende bien dans l’oreille. Si vous sentez un petit picotement, c’est que votre oreille est infectée.
La durée du traitement avec des gouttes auriculaires est généralement de 5 à 7 jours. Il est important de suivre les instructions du médecin ou de la notice du médicament et de ne pas interrompre le traitement prématurément, même si les symptômes s'améliorent.
Médicaments
- Anti-inflammatoires et antalgiques : Si l’otite est douloureuse, la prise d’anti-inflammatoire (type ibuprofen) et d’antalgique (type paracétamol) est conseillée. Si vous vous savez allergique à un quelconque médicament, appliquez la loi du bon sens et renseignez-vous avant de partir pour prendre les anti-inflammatoires et antibiotiques qu’il vous faut.
Remèdes maison
- Solution de vinaigre blanc dilué : Pour les amateurs de Do It Yourself et si vous souhaitez quelque chose de moins « agressif » que l’alcool boriqué, vous pouvez vous préparer une solution de vinaigre blanc comestible dilué 4 à 5 fois dans de l’eau bouillie et vous rincez les oreilles avec. A utiliser en cas d’otite externe suspectée ou avérée.
- Huile d'amande douce : L’huile d’amande douce est connue des plongeurs pour ses vertus guérissantes en ce qui concerne les otites. Nos conseils d’utilisation : versez 3 à 4 gouttes de l’huile dans l’oreille infectée. Afin d’augmenter l’efficacité de l’huile d’amande douce pour soulager votre otite, il est préférable de la chauffer avec ses mains.
- Huile d'olive : L’autre remède pour soulager une otite est l’huile d’olive.
- Ail et oignon : 2. Pourquoi mixer les deux ? Et bien car l’ail s’avère redoutable pour combattre les infections et l’oignon quant à lui lutte contre les infections grâce à ses propriétés antibactérienne et antiseptique. Conseil d’utilisation : Faites cuire les gousses d’ail et récoltez le jus. Préparez du jus d’ail en mettant des gousses d’ail à cuire. La vapeur va faciliter l’extraction du jus. Faites ensuite couler 3 gouttes dans l’oreille douloureuse. Quant à l’oignon, découpez-le et enveloppez-le dans un tissu.
Quand consulter un médecin ?
Si les symptômes persistent malgré les traitements initiaux, ou si vous constatez une aggravation de la douleur, une forte fièvre, une perte d'audition importante ou des vertiges, il est impératif de consulter un médecin. De même, si l'otite dure cela veut sûrement dire que l’infection est plus importante que prévue et que les remèdes naturels ne sont donc pas assez efficaces.
Prévention de l'otite du plongeur
La prévention est la clé pour éviter l'otite du plongeur. Adopter de bonnes pratiques peut réduire considérablement le risque d'infection.
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- Rinçage des oreilles : Après chaque plongée, idéalement immédiatement à la sortie de l’eau, rincez-vous bien les oreilles à l’eau claire - l’eau que l’on vous propose à boire après chaque plongée fait parfaitement l’affaire. Petit conseil maison pour prévenir les otites du plongeur : rincer vos oreilles avec une mixture constituée à 50% d’eau oxygénée et 50% d’eau minéral après chaque plongée.
- Séchage des oreilles : Séchez soigneusement vos oreilles après chaque exposition à l'eau, en utilisant une serviette propre ou un sèche-cheveux à basse température. Lors des trajets en bateau, couvrez-vous bien les oreilles et évitez de les exposer au vent.
- Utilisation de solutions préventives : Petite bouteille d’huile d’amande douce. Appliquée sur le pourtour du conduit auditif externe avant chaque plongée, elle le lubrifie et « protège » l’oreille des bactéries.A utiliser en prévention.
- Bouchons d'oreille : Porter des bouchons d’oreille pendant la baignade. Il existe un masque de plongée qui protège les oreilles de l’eau : le masque de plongée PRO EAR. Ce type de masque possède un capuchon de chaque côté à placer sur les oreilles, les laissant au sec même sous l’eau.Beaucoup de personnes n’osent pas l’utiliser parce qu’on a vite fait de ressembler à un Teletubbies avec. Les oreilles restent au sec pendant la plongée : le risque d’attraper une otite externe devient presque nul. L’eau n’exerce pas directement de pression sur vos oreilles : l’équilibrage est plus facile. Les capuchons des oreilles ont un pourtour en silicone qui va isoler votre oreille de l’extérieur (certaines personnes nous ont rapporté qu’il pouvait y avoir une toute petite infiltration d’eau de temps en temps). Ces capuchons sont reliés à l’avant du masque par un tube de chaque côté. La marque IST propose différents modèles pour adultes, en masque noir ou transparent, et un modèle enfant.
- Éviter les cotons-tiges : On évite de se gratter les oreilles avec autre chose que son petit doigt (posez votre stylo tout de suite !) et on évite le coton tige. Encore une fois, le coton tige est souvent utilisé trop profond dans l’oreille, ce qui peut entraîner la formation de bouchon de cérumen. Et on irrite le conduit auditif par la même occasion. En cas de suspicion de bouchon, il est préférable de consulter un médecin pour qu’il le retire, même si on trouve 1001 astuces de grand-mère sur internet.
- Ne pas entrer dans des eaux dont la propreté est incertaine, par exemple des rivières ou des lacs.
- Ne jamais enlever le cérumen avec un coton-tige, les doigts, une épingle à cheveux, etc.
Otite et plongée : ce qu'il faut savoir
L’otite externe n’entraîne pas une lésion qui pourrait être dangereuse pour la pratique de la plongée donc en théorie oui, on peut plonger avec une otite. Si vous avez commencé à mettre des gouttes dans votre oreille, il est conseillé de ne pas mettre la tête sous l’eau pendant la durée du traitement. Mais si arrêter de plonger pendant vos vacances est impensable (après tout, on part souvent plonger qu’une ou deux fois par an, on n’imagine pas qu’une otite puisse gâcher ça) pensez à bien vous rincer les oreilles à l’eau claire après chaque plongée et à les sécher correctement.
Otite et voyage en avion
Avec une otite externe oui, il est possible de prendre l’avion puisque ce type d’otite n’entraîne pas de problème d’équilibrage. Il est déconseillé aux personnes souffrant d’un dysfonctionnement de la trompe d’Eustache de prendre l’avion ou, tout du moins, d’utiliser des médicaments en vente libre pour l’atténuer afin d’éviter que les symptômes ne soient exacerbés pendant le vol.
Barotraumatisme de l'oreille
Le barotraumatisme à l'oreille est la conséquence d'un brusque changement de pression. Découvrez quels en sont les symptômes et traitements. Un barotraumatisme de l'oreille ou otite barotraumatique correspond au blocage de la trompe d'Eustache et à la lésion des tissus de l'oreille du fait d'une forte variation de la pression externe. Un barotraumatisme apparaît lorsque la pression à l'extérieur de l'oreille n'est pas suffisamment compensée par les mécanismes physiologiques de l'oreille. Dans certains cas, des barotraumatismes peuvent également se produire en présence de faibles différences de pression.
Manœuvres d'équilibrage des pressions
Quand nous plongeons, notre corps subit la pression due au poids de l’eau. On ressent principalement ce phénomène au niveau des oreilles. Dès les premiers mètres, une gêne apparaît, comme parfois en montagne ou en avion, mais avec plus d’intensité. En simplifiant une oreille, on peut dire qu’elle se compose d’une oreille externe, d’un tympan, d’une oreille moyenne et d’une trompe d’Eustache. Le tympan est une membrane souple qui sépare l’oreille externe de l’oreille moyenne. Celle-ci communique avec les fosses nasales par l’intermédiaire de la trompe d’Eustache. Lors de notre immersion, la pression à l’extérieur de l’oreille augmente, et comprime l’air emprisonné dans l’oreille moyenne. En se comprimant, cet air diminue de volume. L’oreille moyenne est alors en dépression et « tire » sur toutes les parois environnantes.
Il ne faut jamais atteindre la douleur.N’oubliez pas que l’oreille est un organe fragile, siège de l’audition et de l’équilibre, et qu’il faut la protéger. Dès qu’une gêne apparaît, il faut pratiquer une manœuvre dite » d’équilibrage des pressions « . La plus simple consiste à pincer votre nez et à souffler progressivement bouche fermée, comme si vous vous mouchiez, sans toutefois être brusque. Vous sentirez alors un » mouvement » des tympans lorsque la manœuvre a réussi. En faisant cela, vous pratiquez la manœuvre dite de Valsalva (pour d’autres méthodes, voir les livres Plongée Plaisir). Elle a pour effet de forcer l’ouverture de la trompe d’Eustache pour amener de l’air dans l’oreille et rétablir l’équilibre des pressions de chaque côté du tympan. A 80%, les accidents ou incidents de plongée concernent les oreilles[ ].
Lire aussi: Comment soigner l'otite du baigneur ?
Otite barotraumatique aiguë
A la descente, si l’équilibre des pressions ne s’effectue pas dans l’oreille moyenne, la dépression créée déforme le tympan qui se tend à l’extrême et se congestionne. Cette congestion peut gagner la trompe d’Eustache, et réduire sa perméabilité, rendant encore plus difficiles les manœuvres d’équipression. Une otite barotraumatique aiguë peut déboucher sur une perforation du tympan. Le plongeur ressent généralement une forte douleur, accompagnée parfois de saignements et d’acouphènes (bourdonnements, sifflements …). Certains cas présentent aussi une surdité temporaire, voire des vertiges.
Vertige alternobarique
Ce phénomène, souvent bénin, se produit généralement lors de la remontée. Assez fréquent (10% des plongeurs), il est dû à un manque de perméabilité de l’une des deux trompes d’Eustache, ce qui retarde l’équilibre des pressions dans l’une des deux oreilles moyennes. Les informations transmises aux organes de l’équilibre (vestibule) n’étant pas symétriques, il en résulte un vertige bref et fugace avec désorientation.
Accident de décompression
Lors de la phase de désaturation, une bulle d’azote peut se trouver coincée dans l’artère terminale d’une des deux oreilles. Une bulle peut également apparaître dans les liquides de l’oreille interne. Dans les deux cas, un accident de décompression peut se déclarer, avec troubles de l’équilibre, vertiges, nausées, et vomissements. Ces symptômes sont parfois accompagnés d’une perte d’audition et de bourdonnements.
Exercices pour améliorer l'équilibrage des pressions
- Exercices de la langue: Il s’agit de mobiliser la base de la langue. Exercices bouche ouverte puis bouche fermée. Alternativement, tirer la langue le plus en avant possible comme pour toucher le menton, puis la rentrer et la pousser le plus possible en arrière et en bas, en laissant la pointe de la langue sur le plancher de la bouche. Contrôler l’abaissement de l’os hyoïde* et de la pomme d’Adam lors de cet exercice.
- Exercices du voile du palais: Il s’agit de « relever la luette ». C’est le plus important des exercices. On a recours à un mouvement de déglutition incomplet s’arrêtant au stade de contraction du voile du palais, sans déglutition de salive. Commencer par des exercices exagérément lents pour sentir les sensations avant de réaliser des contractions du voile rapides et successives qui sont les plus efficaces pour ouvrir la trompe d’Eustache. D’abord bouche ouverte, langue au repos, ébaucher un mouvement de déglutition, sans avaler, en essayant de creuser le voile et de relever la luette. A la limite, une sensation de nausée peut survenir quand ce mouvement est poussé au maximum.
- Exercices de la mâchoire inférieure: Avancer et reculer le plus possible la mâchoire inférieure.
- Exercices de la langue et du voile du palais: D’abord bouche ouverte, la pointe de la langue appliquée contre les incisives inférieures, l’arrière de la langue est poussé en bas et en arrière. Puis pratiquer un mouvement de déglutition incomplet s’arrêtant au stade de contraction du voile. Contrôle de l’efficacité de cet exercice : l’os hyoïde abaissé par la poussée de la base de la langue, la langue doit être encore plus abaissée par le mouvement de déglutition incomplet.
- Exercices de la mâchoire, de la langue et du voile: La pointe de la langue prend appui contre les incisives inférieures, la mâchoire inférieure est projetée en avant, la langue est sortie au maximum hors de la bouche (la pointe toujours appliquée contre les dents). * L’os hyoïde est un os en fer à cheval situé à la partie haute du cou, dont vous pouvez sentir les branches horizontales en appuyant au-dessus de la pomme d’Adam.
Importance de l'assurance plongée
En tant que plongeur, il est fortement conseillé de souscrire une assurance spécialisée telle que DAN (Divers Alert Network). DAN est un choix judicieux en raison de son expertise dans la plongée, de ses recherches médicales continues pour améliorer la sécurité des plongeurs, et de sa hotline assurée par un personnel médical spécialisé en médecine hyperbare.