Le Nez du Foil Monte Trop Haut : Causes et Solutions pour un Réglage Optimal en Wingfoil

Le wingfoil, cette discipline nautique qui a gagné en popularité de manière significative depuis 2019, représente un sport en pleine évolution, témoignant de l’engouement croissant pour le vol sur l’eau. Pour les pratiquants, qu'ils soient novices ou expérimentés, la compréhension et la maîtrise des réglages du matériel sont essentielles. Un des défis fréquemment rencontrés concerne le comportement du foil, et plus spécifiquement la tendance du nez de la planche à monter trop haut, un phénomène souvent appelé "cabrage". Ce comportement, s'il n'est pas corrigé, peut rendre le vol instable, fatigant, voire compromettre la sécurité et le plaisir de la navigation.

Pour bien ajuster le foil sur votre planche, il est crucial de comprendre l'influence de sa position dans les rails US. Ce réglage est l'une des clés pour un vol équilibré et contrôlé.

Réglages Fondamentaux du Foil : Influence de la Position et des Angles

Positionnement du Foil dans les Rails de la Planche : L'Équilibre du Vol

La position du foil sous la planche est un sujet vaste et dépend grandement du combo planche/foil utilisé, mais aussi du ressenti personnel de chaque rider. Le réglage du foil est une partie très complexe et il n’y a pas qu’une seule configuration possible. Il est primordial de se familiariser avec l'impact de chaque ajustement.

Plus le foil est avancé dans les rails, plus il soulève le nez de la planche. Inversement, reculer le foil a pour effet de faire piquer le nez, ou du moins de le maintenir plus bas. Une erreur fréquente, notamment pour ceux qui passent du kitefoil, est de placer le foil trop en avant, ce qui limite le rôle du pied arrière dans le contrôle de la planche. Reculer légèrement le foil permet d'engager davantage le pied arrière, facilitant ainsi le contrôle de l'angle de la planche et créant une position plus harmonieuse. Ce n'est pas plutôt la position des appuis par rapport au foil qui compte ? Absolument, et cette position est directement influencée par l'emplacement du foil dans le boîtier.

Lorsque l'on débute, il est recommandé de placer le foil au tiers arrière des boîtiers, ou même complètement en arrière pour les toutes premières sessions. Cette position permettra d'avoir une planche plus maniable qui ne cabrera pas à la moindre accélération. Certains riders professionnels peuvent avancer le foil pour obtenir plus de lift et de manœuvrabilité, mais il faut être prudent à ne pas le pousser trop en avant, au risque d'empêcher le pied arrière de faire son travail. Le poids du rider a également un impact, comme le confirment des pratiquants plus lourds. Un rider de 172CM et 70KG naviguant avec des planches comme la Takoon Glide V2 60 litres, ou des protos persos de 75 et 105 litres, et des foils F-one SK8 850 & Phantom 1080, rapporte que la position du foil est un ressenti très personnel. Il observe que lui et un ami, qui naviguent avec les mêmes planches (Takoon 5.0 80L) et des gabarits similaires, mais des foils légèrement différents, positionnent le foil à des extrémités opposées des rails : l'un complètement à l'arrière, l'autre complètement à l'avant. Cela indique que l'un préfère plus de pied arrière et l'autre l'inverse, soulignant que les appuis sont bien différents selon les préférences individuelles, sans que cela n'impacte l'efficacité globale du foil, mais plutôt le confort de navigation.

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Un foil trop reculé plonge dès que l'on ne borde pas la wing si l'on est trop centré sur le flotteur. C'est typiquement le cas en sortie de jibe et dans les périodes de "flottement", avec un foil un peu plus avancé, le manque de lift/d'appui sous le pied avant lors de ces moments est compensé. Par contre, la force du vent n'a pas vraiment d'impact direct sur la position du foil. Un simple changement de stabilisateur ou d'aile avant peut changer radicalement la position du foil pour obtenir un même ressenti sur l'eau.

Pour le décollage par petit vent en strapless, un foil plutôt sur l'arrière est un gros avantage. Cependant, si l'arrière de la planche, du fait de cette inclinaison, s'enfonce dans l'eau, cela crée un frein, la vitesse retombe et le décollage est raté. En vol, ce n'est pas plutôt la position des appuis par rapport au foil qui compte ? Une autre expérience révèle que sur la graduation d'une board, d'un côté c'est plus de contrôle et de l'autre décollage plus facile. Si l'on gagne d'un côté, on perd de l'autre. Ce réglage dépend aussi des conditions de vent en fonction de l'aile choisie. Willy, un expert, a proposé dans un premier temps une position standard du boîtier de foil dont le centre est à 34 cm de l'arrière de la board. Compte tenu du poids d'un rider nécessitant d'avancer le foil par rapport à un gabarit plus léger, avancer le boîtier de 4 cm (soit 38 cm par rapport à l'arrière) n'a pas été choquant.

Il est clair qu'avec des straps, le réglage joue un rôle important. Nos planches sont équipées de boîtiers US Double Entry. Ce système SCS, développé par GONG, permet un montage ultra-rapide du foil (sans dévisser les vis). L'installation est simplifiée : aligner les trous, glisser le foil, et serrer les vis. Pour les riders avancés, il est crucial d'ajuster le foil en fonction de la réponse de la planche à la répartition du poids. Un petit décalage de position peut avoir un grand impact sur le comportement une fois en vol. Lors du changement d'une pièce du foil, il est généralement nécessaire d'ajuster sa position dans le boîtier. C'est un réglage qui se trouve par essais et erreurs, en ajustant centimètre par centimètre par rapport à la position habituelle. Pour l'apprentissage des straps, les planches sont conçues de manière que le réglage fonctionnel de base positionne le foil au centre du boîtier. Les straps doivent être vissés dans le trou central de la plaque à 5 trous. Il convient d'acquérir de l'expérience avec ce réglage avant de l'affiner centimètre par centimètre.

Le Rake et l'Angle d'Incidence : Des Finesses Cruciales

La plupart d'entre nous vissent leur foil sous la planche sans trop se poser de questions, et quand tout a été correctement choisi, la magie opère. Pourtant, de nombreux réglages peuvent modifier plus ou moins profondément le comportement du foil. Si vous débutez en foil, il est préférable de ne pas vous embarrasser avec ces réglages complexes au début.

Le terme "rake" concerne l'angle entre la verticale (en considérant le plat de carène à l'horizontale) et le mât. Dans les faits, cela correspond à l'angle moyen entre le bord d'attaque et le bord de fuite si ceux-ci ne sont pas parallèles. Un décalage de centre de poussée pour un mât d'un mètre peut correspondre à 3,5 cm.

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Concernant l'angle d'incidence, les choses sont un peu différentes. Dans la conception d'un foil, l'angle d'incidence de l'aile est en général choisi à 0, et c'est le braquage du stabilisateur (effet déporteur) qui permet au foil de compenser tout le poids situé en avant (poussée vélique, poids du gréement et du flotteur). In fine, le foil navigue en général avec le fuselage très proche de l'horizontale, surtout à vitesse soutenue. Lorsque l'on veut partir au planning, on se recule sur la planche pour pomper, ce qui a pour conséquence d'enfoncer légèrement le cul de la planche dans l'eau. Si la planche est cabrée de 3°, on a aussi cabré l'aile du foil de 3°, ce qui augmente de façon substantielle sa traînée, mais aussi sa portance. Une fois en l'air, si l'on prend beaucoup de vitesse, on va devoir appuyer plus fort sur le pied avant pour donner une incidence légèrement négative à l'aile, ceci afin de limiter sa puissance et ne pas sortir de l'eau. Automatiquement, on se retrouve avec une carène qui pique du nez.

Lorsque l'on fait une touchette, plus ou moins brutale, la carène vient toucher l'eau d'un seul coup sur une grande partie de sa surface. Cela freine d'un coup, et il faut s'accrocher pour ne pas être projeté en avant. Sur les foils modernes et bien conçus, l'optimum se situe sur des valeurs autour de 1,5 à 2,5°. Il est à noter que certains utilisent des valeurs positives et d'autres négatives pour simplifier, c'est une question de référentiel. Ce qui est important, c'est que si le fuselage est à l'horizontal, la carène est légèrement cabrée.

Mesurer des angles de 1 ou 2° n'est pas évident, mais la technologie peut venir à votre secours. Il convient de repérer sur le fuselage du foil une zone plate qui semble alignée avec l'intrados de l'aile. Une fois votre foil inséré dans le boîtier, foil en l'air et planche posée à peu près à l'horizontal sur ses straps, posez votre téléphone à plat contre la carène juste devant le boîtier d'aileron. Ensuite, posez votre téléphone sur la zone de mesure du foil, et vous lirez automatiquement l'angle qu'il y a entre le plan de référence de votre fuselage et la carène. Les puristes de la mécanique des fluides feront très justement remarquer que prendre le plat du fuselage (ou le plat de l'intrados de l'aile) comme référence de mesure est un peu rapide et pas très juste, cela ne correspondant pas à la réelle incidence nulle du profil. Cependant, c'est une méthode beaucoup plus commode.

Les Cales de Réglage : Des Ajustements Précis pour le Foil

La modification de l'angle d'incidence du foil peut être obtenue par l'utilisation de cales. Dans ce cas, il suffit de serrer plus ou moins la vis arrière ou avant du talon pour incliner différemment le foil. Depuis que Cobra a créé ses boîtiers "Foil Ready", ils sont passés à un boîtier moins profond, et certaines marques de foil (dont Starboard) ont créé des talons qui viennent s'appuyer en fond de boîtier.

Vous pouvez créer des cales en coulant de la résine ou en prenant une empreinte avec de la pâte à modeler en fond de boîtier, mais le plus simple reste l'utilisation de cales empilables. Ces dernières permettront de modifier facilement l'angle de rake en fonction de l'épaisseur ou du nombre de cales utilisée. Dans tous les cas, l'utilisation des cales n'est nécessaire que sous la vis avant. Ceci est encore plus vrai depuis que les boîtiers FoilBox sont pour la plupart des boîtiers rectangulaires. Nous conseillons cette solution de calage sans réserve sur les flotteurs dédiés au foil, et qui sont équipés de boîtiers renforcés. Que ce soit du Flika ou du Cobra, cette solution a été éprouvée pendant des mois sans aucun problème structurel. Les cales sont percées pour laisser le passage de la vis de talon et sont souvent rangées dans une boîte avec un emplacement dédié pour chacune d'elles, afin d'éviter d'en perdre et surtout d'avoir un réglage reproductible et rapide à mettre en place.

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Les scientifiques dans l'âme expliqueront que l'assemblage conique est le meilleur. D'autres qu'il devrait être doublement conique pour être de qualité (cas du boîtier Probox). On pourrait aussi ajouter qu'un appui en fond de boîtier est une hérésie concernant le talon Tuttle puisque le boîtier n'est pas fait pour cela (système hyperstatique). Toutes ces remarques sont pertinentes et théoriquement justes. Dans les faits, le système d'assemblage Tuttle n'est pas parfait, mais il est là et on fait avec. Les solutions présentées ici fonctionnent parfaitement, y compris l'appui en fond de boîtier.

L'Importance du Matériel Adapté pour un Vol Stable et Sûr

Le matériel de wingfoil (wing, planche, foil) adapté vous permettra de progresser plus vite. Le sport est tout jeune, à peine deux ans depuis les premières planches de wingfoil de série, et de nombreux riders souhaitent s’essayer à cette nouvelle discipline.

Le Choix de la Planche : Volume et Stabilité Essentiels

L’erreur la plus fréquente se fait dès le départ avec le choix d'une planche trop petite. Même si vous avez déjà un bon niveau technique et des années, voire des décennies de pratique en windsurf, surf, kitesurf ou SUP, ne surestimez pas vos capacités. La stabilité de la planche est essentielle lorsqu'on débute le wingfoil. Choisir une planche trop petite, c'est se mettre des bâtons dans les roues avant même d'avoir commencé. Le volume de la planche est très important, et négliger quelques litres de volume rend la planche très instable, ce qui ne vous aidera pas à décoller ni à voler. Ce choix vous épuisera et vous poussera à l'abandon puisqu'il est presque impossible de s'en sortir avec une planche de petit volume pour un débutant. Votre temps d'apprentissage s'allongera et vous serez aigri.

Pour choisir votre planche de wing débutant, prenez votre poids plus ou moins 40L environ. Il vaut mieux plus que pas assez au risque de beaucoup, beaucoup galérer.

Le Choix du Foil : Éviter les Extrêmes pour Débuter

Un foil trop extrême, qu'il soit trop rapide et sensible ou trop gros, n'est vraiment pas la meilleure chose à faire. Une aile avant High Aspect demande beaucoup de vitesse pour décoller et reste très exigeante quant à la technique. À l'inverse, une aile trop grosse va se soulever très rapidement, il faudra alors contrer cette montée avec le pied avant (si vous y arrivez). Pour un foil de wingsurf, il vous faut un low aspect ratio en tant que débutant, puis un haut aspect ratio pour les confirmés (environ 1750 cm² en général). En lightwind, si votre aile avant est trop petite, vous ne porterez pas.

Il n'y a pas 50 réglages possibles pour une aile de wingsurf. Le foil, lui, peut se régler de multiples façons. Par exemple, une aile trop petite ne vous permettra pas de décoller ni de voler agréablement. Une aile trop grande risque d’être lourde et ingérable si le vent est trop fort. Il est conseillé de se référer au windrange de chaque aile.

L'Aile (Wing) : Gonflage et Manutention pour la Performance

Une aile pas assez gonflée entraîne une déformation de l'aile, ce qui a un impact sur la tenue générale de la wing. La performance de l'aile est assurée par les boudins gonflables qu'il faut mettre sous pression. Si votre aile est sous-gonflée, elle se pliera, mais à l'inverse, si elle est trop gonflée, elle ne sera pas aussi efficace. Pour un débutant et pour sortir dans quasiment toutes les conditions, une 5m² est souvent préconisée.

En wingfoil, posséder deux leashs est primordial : un pour l'aile et un pour la planche. Négliger l'utilité des leashs vous fera perdre votre temps et votre énergie. Si l'aile s'envole, la bataille vitesse de nage/vitesse du vent est perdue d'avance. Pour le leash de planche, c'est le même principe. S'il n'y en a pas, votre planche va dériver. Avec une aile qui s'envole et une planche qui s'en va, vous n'êtes pas dans les meilleures conditions pour naviguer, alors pensez aux leashs !

Pendant la préparation, si vous gonflez votre aile avant de vous préparer et d'enfiler votre combinaison, vous risquez de rencontrer un sérieux problème. L'aile est tellement légère que le moindre vent peut l'emporter et l'abîmer. Si vous la gonflez avant, où allez-vous la mettre pendant que vous vous préparez ? C'est donc une très mauvaise idée qui risque de réduire à néant vos chances de naviguer si un problème survient. Tout comme en windsurf ou en kitesurf, il ne faut jamais laisser son matériel sur la plage ou ailleurs sans l'avoir attaché au risque qu'il s'envole. Dès le gonflage de l'aile, il est conseillé de l'attacher au leash de la pompe. Une fois gonflée, attachez-la au poignet avec le leash dès que vous la changez de place.

Techniques de Pilotage pour un Vol Stable et Efficace

S'améliorer en wingfoil demande de la pratique, de la technique, et une bonne compréhension de l'équipement.

La Position du Corps et la Répartition des Appuis : Clés du Contrôle

Montez n'importe comment sur la planche n'est pas évident et ce pour tous les niveaux de pratiquant. Mais il existe quelques conseils qui faciliteront la chose. Le premier exemple c'est de ne pas tenir son aile dans les mains mais plutôt de la laisser flotter à l'envers (bien sûr accrochée aux leashs). Ensuite, se mettre directement debout et prendre ensuite l'aile dans les mains ne vous fera que couler la board. Alors n'hésitez pas à suivre la bonne méthode.

Restez centré sur la planche avec une position légèrement fléchie. Une légère flexion des jambes permet de mieux contrôler votre foil par une meilleure gestion et réactivité de vos appuis. Jules Bustin, moniteur de voile, témoigne : "L'erreur la plus fréquente que j'observe, c'est la position du corps. Les riders laissent leurs épaules partir en avant, avec la wing. Il faut se redresser, les épaules doivent presque partir légèrement en arrière pour permettre de contenir la traction de la wing."

Le placement des straps se fait après avoir réglé son foil. En vol, c'est la position des appuis par rapport au foil qui compte. Le ressenti peut être très personnel : là où certains préfèrent avoir le pied arrière hors du strap, d'autres préfèrent le garder. À chacun de choisir ses placements. Plus à l'arrière, plus de pied arrière. Erwan de Wind Magazine conseille l'inverse, avoir plus de pied avant pour éviter que la planche ne se pose dans les manœuvres type jibe. Cela laisse plus de temps pour le switch des pieds aussi. La position dépend de la taille du foil et de la force du vent. Ayant une grosse aile Carver 1700 AFS, un pratiquant doit la reculer si le vent monte. En dockstart, un foil en butée dans le box permet d'avancer à fond les pieds et, pour compenser l'excès de lift, de rapprocher le pied arrière du pied avant. Cela permet aussi de pomper sans avoir les pieds trop écartés et limite les erreurs d'assiettes longitudinales. Avec une jambe écartée, on a tendance à plus vite faire "marsouiner" (cabrer et faire plonger) le flotteur/foil. Avec un stance serré, on a un placement plus fin, de part et d'autre du centre d'équilibre/de pousser du foil. Plus on navigue foil reculé, à réglage pression pied avant/pied arrière équivalent, plus on a un foil assez verrouillé latéralement.

Contrôlez la wing efficacement pour générer de la puissance sans trop d’effort. Tenez l'aile trop bas n'est pas la meilleure des techniques si l'on souhaite rester debout sur sa planche. En la tenant de cette manière, elle finira toujours par toucher l'eau et c'est la chute assurée. Il faut donc garder les bras bien en l'air. La wing vient se placer légèrement plus bas que la normale (presque en face de vous) lorsque vous remontez au vent, cela permet de développer une force horizontale plus forte. Attention toutefois à ne pas toucher l’eau avec l’oreille de votre wing, ou vous irez dire bonjour aux poissons. En fonction des wings que vous utiliserez, en fonction de leur profil, il faudra plus ou moins border votre wing, c'est-à-dire tirer sur la main arrière. Trouvez le point où votre wing développe le plus de puissance possible !

Gérer le Pumping : Amplifier la Vitesse et le Lift

Le pompage est une technique pour maintenir ou gagner de la vitesse en l'absence de vent fort. Le pumping peut vous permettre de gagner quelques degrés et de conserver votre vitesse, très souvent utilisé en compétition. On observe deux pumpings distincts : celui de la wing et celui du foil. Le pumping de la wing doit se faire avec les deux bras simultanément, il ressemble à un pumping de chute que l’on pourrait réaliser en planche à voile. On vient utiliser l’élasticité des épaules pour générer de la puissance. Le pumping du foil se fait par la variation propulsée de la hauteur de vol, ce qui signifie que l’on va appuyer alternativement sur la jambe avant et arrière pour faire osciller le foil et faire accélérer la planche. Synchronisez le mouvement de la wing avec celui de la planche pour maximiser l'efficacité du pompage.

Remonter au Vent (Le Près) : Une Compétence Essentielle pour l'Autonomie

Savoir comment remonter au vent en wingfoil est l’un des critères les plus importants de l'autonomie. C’est le passage obligé pour devenir autonome dans votre pratique. Le principe est assez simple : on vient "grappiller du terrain" au fur et à mesure que l’on enchaîne les bords, petit à petit. On fait du zig-zag face au vent. C’est comme en montagne, c’est dur de monter une montagne en ligne droite, il faut "zig-zaguer". À la voile, on nomme nos directions des allures, le près est l’une d’entre elles. C’est l’allure qui nous permettra de remonter au vent ; elle se situe entre la traversée et le bout au vent. Remonter au vent ressemble globalement à faire des zigzags sur l’eau, du moins c’est la façon dont on présente cela lorsque l’on cherche à l’expliquer aux enfants. Le vrai terme est louvoyer. On utilise communément l’expression “tirer des bords”.

Pour remonter au vent, il va falloir mettre le foil dans une position particulière : la contre-gîte, c’est-à-dire que la planche doit être penchée vers le vent en appuyant principalement sur les talons. L’objectif est d’orienter votre planche légèrement vers le vent (le nez de la planche légèrement orienté vers le vent). Pour ce faire, on vient appuyer sur les talons, ce qui aura pour effet d’incliner légèrement la planche. Pour un bord confortable, vous devez vous retrouver dans une sorte d’équilibre : la wing vous tire (sous le vent), le foil vous pousse. Mettez-vous dans une position qui vous permette d’appuyer légèrement sur les talons afin d’incliner la planche tout en étant confortable. Un repère simple, lorsque l’on remonte au vent, on a l’impression de mettre les fesses en arrière ; gardez cela à l’esprit lorsque vous naviguez (en excentrant le centre de gravité, on va pouvoir avoir plus de contrepoids et donc transmettre plus de puissance dans le foil pour le faire remonter).

La VMG correspond au compromis entre le CAP, c’est-à-dire l’angle de votre remontée au vent, et la vitesse. Si l’on remonte serré au vent (le plus proche du face au vent), notre vitesse sera très faible, mais la distance à parcourir sera moindre. À l’inverse, si l’on navigue presque au travers au vent, notre vitesse sera élevée, mais la distance à parcourir pour rejoindre le même point le sera également. Il s'agit ici des variations de vent. Une adonnante, c’est lorsque le vent tourne en votre faveur, qu’il vous permet de gagner encore plus de terrain. Une refusante, c’est l’inverse, lorsque le vent tourne en votre défaveur. Ces effets peuvent être dus à un effet de côte, aux nuages ou à un changement direct du vent.

Manœuvres : Apprendre le Virage

Le virage en bascule (carve) est une technique essentielle : pour tourner, engagez la planche en appuyant sur les orteils ou les talons, selon la direction du virage. Anticiper le mouvement : tourner en foil nécessite une bonne anticipation. Le jibe (virage sous le vent) requiert de la fluidité dans le mouvement. Le tack (virage face au vent) est plus technique.

Éviter les Erreurs Communes et Accélérer la Progression

L'apprentissage de toutes les techniques et manœuvres propres à nos sports (wing, kite) et particulièrement dans les sports à foil, prend du temps.

Les Pièges à Éviter : Leçons des Expériences Courantes

  • Débuter en shorty : Naviguer en short ou combinaison shorty n’est pas la meilleure des idées. C’est très agréable en été, quand il fait chaud, mais en wingfoil, cela risque de se retourner contre vous. Quand on débute en wing, on est très souvent à genoux pour se stabiliser avant de se mettre debout. Le frottement entre la planche et votre peau (genoux et dessus des pieds) va vous blesser très rapidement.
  • Dériver et descendre au largue : Partir en se laissant porter par le vent en descendant au largue est une mauvaise idée qui est souvent faite par les débutants. Pour gagner du temps, il faut tout de suite s’habituer à naviguer travers au vent en reculant l’aile.
  • Ne pas démonter son foil : Les matériaux qui constituent le foil peuvent s’oxyder en restant accrochés ensemble à cause de l’humidité. Ce couple galvanique entraîne un blocage du foil. Même en mettant du Tef Gel qui limite le risque, il faut absolument démonter son foil après chaque séance !
  • Ne pas assez gonfler son aile : Une aile pas assez gonflée entraîne une déformation de l’aile, ce qui a un impact sur la tenue générale de la wing. La performance de l’aile est assurée par les boudins gonflables qu’il faut mettre sous pression.
  • Opter pour un foil trop extrême : Un foil trop extrême, qu’il soit trop rapide et sensible ou trop gros, n’est vraiment pas la meilleure chose à faire. Une aile avant High Aspect demande beaucoup de vitesse pour décoller et reste très exigeante quant à la technique.

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